Damien (série complète)

À l’instar des mythes et légendes dont nous parlions il y a deux semaines avec Olympus, le registre de l’horreur reste encore plutôt minoritaire et souvent mal loti à la télévision. Pourtant, l’heure étant aux remakes et autres reboots, il n’est guère étonnant de voir d’anciennes franchises revenir au goût du jour. The Omen, connue en France sous le titre La Malédiction, a ainsi bénéficié récemment d’une sorte de suite avec Damien. Le succès autant critique qu’au niveau des audiences ne fut pas du tout au rendez-vous ; c’est probablement pourquoi cette série étasunienne fut annulée au terme de sa première saison composée de dix épisodes diffusés sur A&E entre mars et mai 2016. Aucun spoiler.

Le jour de ses trente ans, tandis qu’il travaille comme photographe de guerre dans une zone syrienne, Damien Thorne est attrapé par une vieille femme psalmodiant en latin et réveillant en lui des souvenirs d’enfance enfouis depuis presque toujours. Les circonstances font qu’il se fait expulser du pays manu militari et se voit forcé de retourner à New York. Incapable de reprendre le cours de sa vie, il part alors en quête de réponses sur son passé et réalise que toute son existence est jalonnée de curieux et tragiques décès le laissant étrangement indemne. Au même moment, d’apparents amis de la famille ressurgissent, dont l’ambiguë Ann Rutledge lui révélant qu’il est celui qu’ils attendent tous : l’Antéchrist.

Adolescente, j’ai regardé énormément de films d’horreur et si je m’en suis progressivement détachée, ne trouvant plus grand-chose à vraiment me plaire, je garde pour le genre beaucoup de sympathie et d’intérêt. Je ne crois pas avoir visionné l’intégralité de la série cinématographique The Omen, mais je me souviens du premier volet de 1976 ainsi que du remake peu convaincant de 2006 qui ne méritait pas que je dépense mon argent pour lui. C’est plutôt intriguée et enthousiaste que j’ai lancé Damien, ne sachant trop ce que je découvrirais. Rares sont les fictions télévisées à mettre en avant un protagoniste mauvais, donc que celle-ci veuille carrément aller à la source en optant pour la supposée quintessence du Mal s’avère assez stimulant sur le papier. Cependant, elle brise assez vite les espoirs puisque Damien Thorne est de prime abord un humain comme il en existe des milliards sur la planète et il ne comprend pas de suite ce qui lui arrive. Une partie non négligeable de la saison traite des doutes envahissant ce nouveau trentenaire, lui qui se demande s’il est réellement l’incarnation de Satan, s’il peut déjouer ce qui s’apparente à un funeste destin ou s’il n’est tout simplement pas manipulé par des personnes déséquilibrées. Les coïncidences sont toutefois troublantes, car son enfance dont il ne se souvenait plus remonte subitement à la surface, astucieusement illustrée à l’écran par des flashbacks du long-métrage original. Il revit des évènements mortellement tragiques avec la disparition de ses parents, de sa gouvernante et de plusieurs autres. Et maintenant qu’il vient de souffler sa trentième bougie, les morts s’entassent, toujours dans des conditions improbables et énigmatiques. La série ne laisse pas réellement d’incertitude sur la santé mentale de Damien. Il paraît rapidement clair qu’il est l’Antéchrist et que sa véritable nature sommeille depuis plusieurs décennies et s’apprête à se réveiller. Ces dix épisodes ressemblent surtout à une longue et laborieuse introduction posant les bases d’un univers au potentiel évident.

Damien a grandi et n’est plus le mignon petit garçon à l’aura angoissante. Assez solitaire et tempétueux, il exerce en tant que photographe de guerre et se retrouve régulièrement dans des situations très dangereuses. Bien qu’il soit orphelin, il n’a jamais manqué de rien et mène une vie qui semble lui convenir. Tout du moins jusqu’à son anniversaire où cette femme très âgée lui appose ses mains sur le visage en débitant un discours ésotérique. Il ne comprend pas ce qu’elle lui a dit ni ce qu’elle lui a fait, mais il réalise que quelque chose en lui s’est ouvert. Par chance, il peut compter sur deux amis, Kelly (Tiffany Hines) et Amani (Omid Abtahi – Sleeper Cell), qui proposent de l’aider à démêler le vrai du faux. Dès son retour aux États-Unis, il rencontre Ann Rutledge (Barbara Hershey – Once Upon a Time) lui annonçant à brûle-pourpoint qu’il est l’Antéchrist, qu’elle veille sur lui en catimini depuis sa tendre enfance, qu’elle l’aime et qu’elle est prête à tout pour lui. Et effectivement, elle l’est. Supportant difficilement d’être séparée de l’objet de son obsession, elle met tout en œuvre pour le mener vers sa supposée voie démoniaque et possède pour cela de solides moyens. Un ancien mentor de Damien, John Lyons (Scott Wilson – The Walking Dead), travaille avec elle et dirige Armitage, une société aux secrètes motivations cabalistiques qui aurait pu insuffler un registre conspirationniste tentaculaire, complexifiant ainsi le tout. Damien commence à perdre pied, sombre dans la paranoïa et plus il s’énerve, plus la situation devient incontrôlable. La sœur de Kelly, Simone (Megalyn Echikunwoke – The 4400), prend sa relève et cherche tant bien que mal à comprendre ce qui se déroule avec la progéniture de Satan. Toutes ces relations censées injecter des sentiments, des tourbillons émotionnels et une cohérence globale bottent en touche en raison d’une artificialité constante. Simultanément, un inspecteur de police, le pugnace James Shay (David Meunier – Justified), relie les éléments entre eux et trouve fort étrange que le nom de Damien revienne toujours sur le tapis. Les chiens agissant tels de véritables cerbères, le nombre de la Bête dissimulé sous ses cheveux et l’arrivée d’assassins envoyés par la Vatican ne font qu’essayer de favoriser cette ambiance oppressante, fataliste.

Malgré son sujet démoniaque, Damien ne joue pas vraiment la carte horrifique, mais plutôt celle du thriller religieux, tout comme la série de films la précédant. Cela ne sert à rien d’attendre des scènes effrayantes et gores parce que les épisodes en sont dépourvus. En revanche, elle veille à travailler son atmosphère normalement propice à l’angoisse et à la psychose. Les couleurs sont froides, parfois métalliques, les ombres y occupent une place assez importante et les musiques par moments trop caricaturales de Bear McCreary (Battlestar Galactica, Outlander) cherchent à créer un climat délétère. Sauf que la production n’atteint que peu son but. Elle aurait gagné à se montrer plus subversive et moins plate, ne serait-ce qu’en appuyant davantage son rythme qui se révèle souvent branlant. Si elle ne manque pas d’idées, elle ne parvient à les concrétiser qu’en de rares occasions et suit un chemin balisé, prévisible et dénué de véritable palpitation. Le visionnage n’en devient pas désagréable à condition d’apprécier le genre, mais tout de même, une approche plus originale et surtout une montée en puissance lui auraient permis de proposer un divertissement intrigant et exaltant. Là, tout s’y veut fade et assez monotone. La faute aussi à l’écriture de ses figures principales dépourvues de relief et d’aspérités, dont son protagoniste souffrant d’une caractérisation approximative. L’ensemble aborde avec une certaine justesse les questionnements de cet homme se demandant ce qu’il ferait s’il était l’Antéchrist, si cela allait changer quelque chose et le forcer à propager le Mal sur Terre. Mais pour l’heure, il demeure presque un spectateur de ce qui se déroule et n’a rien d’effrayant, de magnétique ou d’attachant. Bradley James (Merlin) – avec un accent américain pour l’occasion – l’interprète plutôt correctement bien qu’il ne puisse faire de miracles compte tenu des circonstances. Le défaut est le même pour les antagonistes qui n’embrassent pas la dimension machiavélique attendue, mais également pour les amis de Damien comme Amani ne servant qu’à diriger le scénario vers le point choisi. La deuxième moitié de saison commence à dévoiler des signes plus encourageants parce que Damien s’approche de sa véritable nature, mais tout y arrive bien trop lentement et tardivement, avec en sus une conclusion échouée du fait de l’annulation.

Au final, la série avortée Damien a beau vouloir mettre en avant un protagoniste symbolisant le Mal à l’état pur, elle ne s’avère ni glaçante, ni palpitante. Et pourtant, elle se montre très sérieuse dans son exécution et ses ambitions, mais elle n’atteint jamais ses objectifs finaux qui semblent d’ailleurs assez brumeux. En s’attardant autant sur la quête identitaire de ce fameux Antéchrist guère charismatique et en multipliant les scènes d’exposition, elle perd progressivement de sa force, surtout que les personnages sont presque semblables à des coquilles vides n’existant que lors de leur présence à l’écran. Au lieu de surprendre, de clouer au sol et de concocter une mythologie se complexifiant avec nuances et ambivalence, ces épisodes se déroulent mécaniquement. Les clichés, l’absence de développement ou d’une multidimensionnalité salvatrice s’ajoutent à ces nombreux écueils ne rendant certes pas le voyage désagréable, mais l’empêchant d’en devenir convaincant. Dommage.

Par |2017-07-07T22:38:50+02:00juillet 12th, 2017|Damien, Séries étasuniennes|0 commentaire

Beowulf: Return to the Shieldlands (série complète)

Les plus fidèles lecteurs de Luminophore savent que dès qu’une fiction se déroule il y a plusieurs centaines d’années, je n’y résiste pas. Alors quand en plus elle semble vouloir favoriser la fantasy, genre cher à mes yeux, je saute sur l’occasion. C’est ainsi que la série Beowulf: Return to the Shieldlands est arrivée sur mon écran. Comme son titre l’indique d’emblée, elle s’inspire du fameux poème Beowulf dont l’époque de conception demeure encore débattue. Cette œuvre majeure de la littérature anglo-saxonne continue visiblement d’attirer puisque les Brittaniques s’y sont attaqués en ce début d’année. Toutefois, les critiques élogieuses ne furent pas au rendez-vous et cette nouvelle production fut annulée au terme de sa première saison de douze épisodes, diffusés sur ITV entre janvier et mars 2016. Aucun spoiler.

Scandinavie, dans les environs du Vè siècle. Après deux décennies passées à arpenter les Shieldlands en tant que mercenaire, Beowulf revient à Herot. Alors qu’il espère y retrouver le thane Hrothgar qu’il affectionne tout particulièrement, il apprend que celui-ci vient de décéder, laissant le pouvoir à sa veuve, Rheda. Son retour ne plaît guère et ranime le feu de vieilles rancœurs, mais il décide de s’installer au sein de cette région en proie à moult dissensions et à l’apparition de plus en plus fréquente de créatures surnaturelles.

Malgré mon appétence pour les mythes nordiques et germaniques, je n’ai jamais pris le temps de lire Beowulf, probablement parce qu’il me semble assez peu facile d’accès. Je ne connais donc que les grosses lignes de cette histoire et serais bien incapable de préciser si cette adaptation se veut fidèle. De toute manière, ce témoignage littéraire garde encore son mystère et apporte par la même occasion un champ plus vaste de libertés. C’est un fait, les fictions médiévales n’attirent pas plus que de raison, ce qui explique notamment pourquoi elles s’avèrent aussi peu nombreuses. Ne le nions pas, le coût des décors et autres costumes doit également peser dans la balance. Il paraît assez indiscutable que l’arrivée de Beowulf: Return to the Shieldlands est au moins en partie liée au succès sans commune mesure de Game of Thrones. Les analogies entre elles ne manquent pas, outre leur époque et l’association avec une subtile dimension fantastique. Que la production britannique s’inspire fortement de sa consœur pourrait ne pas trop gêner si elle détenait une véritable identité. Or, ce n’est pas du tout le cas. Cette série ne fait qu’employer des poncifs et, en prime, ne parvient jamais à choisir le public qu’elle vise. Quel est-il, finalement ? Elle souhaite sûrement se situer à mi-chemin de la violence de Westeros sur HBO et des aventures légères d’une fiction familiale, mais la recette ne fonctionne guère. Non, tout y sonne bancal et peu homogène, comme si personne n’avait réussi à se mettre d’accord en amont. Pourtant, du point de la cinématographie, elle ne manque pas d’atouts puisque les paysages verdoyants et montagneux apportent une dimension sauvage du plus bel effet. Le reste, en revanche, ne marque pas ou laisse assez circonspect. Par exemple, l’utilisation d’un filtre bleu gris ne suffit pas à insuffler une vraie ambiance, les musiques assez fades de Rob Lane (Merlin) tendent à trop appuyer les émotions, les mouvements de caméra rendent les scènes d’action illisibles, et les costumes des personnages – ou plutôt les coiffures ridicules – amusent au lieu d’immerger convenablement l’audience dans ce monde désespéré. Mais tout de même, Beowulf: Return to the Shieldlands paraît veiller à travailler son esthétique et si elle s’y adonne très maladroitement, l’effort demeure louable. D’ailleurs, les incrustations numériques assez honorables n’ajoutent heureusement pas une note risible supplémentaire à l’ensemble déjà ponctué de flashbacks mal insérés. La série réussit à se saborder toute seule, car en plus de ses figurants inexistants évoluant dans des décors se contentant eux aussi du strict minimum, elle cumule les platitudes, voire une certaine caricature. Son absence de fin en bonne et due forme n’attriste pas surtout que ses ultimes instants ne créent pas une forte attente.

Quand son père est tué par un monstre, Beowulf est adopté par le thane de Herot, Hrothgar. Alors âgé d’une petite dizaine d’années, il se fait rapidement remarquer par son courage et ses talents à l’épée, ce qui lui vaut la jalousie du fils du souverain des lieux, Slean. La mère de ce dernier, Rheda, prend le parti de son enfant et finit par chasser l’orphelin. Bien qu’il n’ait passé qu’un temps très limité auprès de Hrothgar, Beowulf garde pour lui de profonds sentiments et le considère comme un père de substitution. Durant une longue période, il erre dans les Shieldlands et offre ses services au plus offrant. Suite à certaines circonstances, il décide de retourner vers ceux l’ayant banni, mais y apprend brutalement que Hrothgar vient de mourir. Beowulf souhaite uniquement voir le corps du défunt pour lui porter hommage et repartir, mais Rheda et Slean lui refusent ce droit. Afin d’asseoir son intrigue, la série emploie un artifice pour faire rester son protagoniste au centre du cadre, méthode qu’elle n’hésite pas à répéter à maintes reprises de manière tout aussi peu subtile. Disons que l’ensemble n’évite jamais les incohérences et autres facilités. En fait, la fiction se contente des récurrences scénaristiques habituelles des histoires du genre. Sur le papier, le héros se veut brave, vaillant, intelligent, juste et puissant ; comme par hasard, son passé difficile lui apporte un semblant d’épaisseur ; il adule une figure paternelle fantomatique étonnamment incarnée par William Hurt ; la jolie jeune femme aux talents de guérisseuse ne le laisse pas indifférent, mais comble de malchance, elle entretient une relation avec Slean, celui ayant bouleversé son existence vingt ans plus tôt. Les stéréotypes émaillent grandement le récit qui ne cherche guère à injecter un minimum d’originalité. Pire que tout, ce Beowulf est d’une incroyable fadeur et l’interprétation presque monolithique de Kieran Bew (Da Vinci’s Demons) n’arrange pas la situation. Bien sûr, il lui faut un acolyte, Breca (Gísli Örn Garðarsson), non dénué d’humour et aux motivations souvent cupides, bien qu’il ne réponde pour une fois pas au cahier des charges du grand ami fidèle depuis Mathusalem. Quoi qu’il en soit, Beowulf choisit de demeurer à Herot et y s’occupe dorénavant de la sécurité des environs, tout en frayant avec les autochtones à la caractérisation changeante. Slean (Ed Speleers, qui a bien changé depuis le médiocre film Eragon) a la chance d’éviter l’écueil de l’antagoniste primaire puisqu’il démontre plus de nuances qu’au premier abord, mais lui aussi s’empêtre dans des actions parfois peu crédibles. Dans tous les cas, avec ses fêlures et sa nature contrastée, il se montre beaucoup plus sympathique que cet insipide Beowulf. Les tentatives de blagues et les relents amoureux restent en arrière-plan ; heureusement parce qu’ils ne se fondent pas du tout dans le paysage. À l’instar de Game of Thrones, les luttes intestines cherchent vainement à pimenter le scénario tandis qu’une menace se tapit dans l’ombre, prête à anéantir l’humanité entière.

Avant de mourir, Hrothgar prend le soin de donner les pouvoirs à son épouse, Rheda. À elle de veiller maintenant sur Herot. Cette décision provoque une succession d’évènements devenant rapidement incontrôlables. Effectivement, pourquoi le défunt n’a-t-il pas jeté son dévolu sur son fils, Slean, plutôt que sur une femme ? En voilà une drôle d’idée. Pour l’heure, les reproches sont tus, mais une colère sous-jacente s’installe et va crescendo. Rheda, de son côté, commence à s’affirmer et rappelle que du temps de son mari, elle l’aidait déjà dans sa tâche. Son ambition ne s’arrête pas là puisqu’elle souhaite également occuper le poste de jarl, gouvernant ainsi tous les thanes des Shieldlands. Il s’agit d’un des principaux enjeux de la série. Les épisodes mettent en avant les complots ourdis dans la cour de Herot et les régions environnantes. C’est l’occasion d’y découvrir d’autres chefs de clan sauf que leur représentation s’avère aussi peu élaborée que le reste. Ils semblent administrer deux ou trois cabanes et vivre dans une vraie misère. Abrecan (Elliot Cowan – Da Vinci’s Demons), le frère de Rheda à la longue chevelure et dirigeant de Bregan, dispose de davantage d’exploitation, mais sa caractérisation se révèle totalement improbable et incohérente. Le spectateur comprend vite que son discours mielleux s’apparente à une façade prévisible, ce qui n’est dans les faits pas trop dérangeant. Transformer l’individu en mégalomaniaque, si. Son épouse, Saray (Sarah MacRae), apporte un léger vent de fraîcheur à l’aide de rebondissements inattendus et une certaine classe. À vrai dire, quelques femmes sont assez bien traitées dans Beowulf: Return to the Shieldlands. Elvina (Laura Donnelly – Outlander), la guérisseuse à la nature insoupçonnée, et la veuve de Hrothgar plaisent par leurs envies de libre arbitre. La nouvelle responsable de Herot ne manque pas de panache et gagne des points grâce à l’interprétation de Joanne Whalley (The Borgias). Les autres, dont l’horripilante pièce rapportée Kela (Holly Earl), doivent être oubliées. La production a d’ailleurs beaucoup trop de personnages secondaires inutiles, comme les húskarls, ces hommes à cape rouge faisant office de garde personnelle de Herot, ou l’entourage de la forgeronne. D’aucuns pourraient même préciser qu’en réalité, le récit s’embourbe dans une multitude d’idées disparates sans fil conducteur suffisamment fort. L’irruption en filigrane d’une dominante fantastique avec des monstres divers vivant apparemment depuis des millénaires ne change pas la donne. Pourtant, c’était l’occasion de créer une véritable dimension épique et intrigante. Sans surprise, l’empathie n’existe pas et le devenir de ces figures bien falotes n’importe que peu alors qu’elles évoluent dans un climat normalement favorable à une tension létale.

Pour résumer, Beowulf: Return to the Shieldlands passe probablement à côté de son sujet en oubliant de se montrer un tant soit peu enlevée, originale ou tout simplement divertissante. Si le visionnage reste tolérable à partir de l’instant où l’on apprécie les cadres médiévaux mâtinés de fantasy, il ne laisse guère une impression positive. La série a beau vouloir s’inspirer d’une illustre légende au potentiel évident, elle préfère se contenter de copier quelques éléments déjà vus dans des fictions apparentées avec cette succession d’archétypes et autres artifices dispensables. Pour sa défense, elle met de côté la surenchère tristement habituelle de violence et de sexe afin d’attirer davantage le grand public, sauf que ses maigres velléités d’humour et de légèreté s’avèrent aussi mortifères que la personnalité de son héros dépourvu d’un quelconque charisme. Au bout du compte, cette production se prend peut-être trop au sérieux et son manque de rythme, cela malgré maints évènements jetés à la sauvette, ne fait qu’accentuer le sentiment d’assister à un spectacle indigent. Qu’elle ait été annulée n’étonne finalement pas.

Par |2017-05-01T13:58:01+02:00septembre 21st, 2016|Beowulf: Return to the Shieldlands, Séries britanniques|0 commentaire