Taiyô no Uta | タイヨウのうた

Cela faisait plusieurs mois, voire années à vrai dire, que je repoussais l’inévitable. Dans mes rayons se trouve effectivement depuis un petit moment le j-drama Taiyô no Uta. Ah, encore une de ces séries japonaises ayant pour thème une maladie et où le héros meurt après vous avoir asséché. Je ne suis pas particulièrement amatrice de ce genre d’histoires car je trouve qu’elles en font souvent trop, Kamisama Mô Sukoshi Dake en est un bon exemple. Plus récemment, Sekai no Chûshin de, Ai wo Sakebu m’avait laissé un bon sentiment, sans toutefois me passionner ; si tant est qu’on puisse l’être en voyant quelqu’un mourir à petit feu. Ces dramas maladie ne sont pas aisés à caser dans notre programme car on sait que ce ne sera certainement pas une partie de plaisir. On trouve toujours autre chose à voir qui sera normalement plus gai. Mais bon, j’avais quand même envie de tester Taiyô no Uta, d’autant plus que j’ai le soi-disant must see dans mes cartons, Ichi Rittoru no Namida, et je souhaitais voir Taiyô no Uta auparavant. C’est donc dans ces conditions que je me suis enfin motivée. Taiyô no Uta, qui signifie la chanson du soleil, fut diffusé sur TBS entre juillet et septembre 2006 le temps de dix épisodes de 45 minutes. L’histoire n’est pas japonaise à la base puisqu’il s’agit d’une adaptation très libre d’un film hong-kongais de 1994, Xin buliao qing (C’est la vie, mon chéri). En fait, la série est davantage une adaptation du film japonais Taiyô no Uta, de juin 2006, avec la chanteuse YUI et Tsukamoto Takashi. D’ailleurs, peut-être que je me trompe mais j’ai l’impression que les deux ont été tournés exactement au même endroit. Aucun spoiler.

   

Amane Kaoru ne peut jamais sortir de chez elle la journée car elle souffre d’une maladie incurable, le xeroderma pigmentosum (XP), qui détruit sa peau sous les rayons ultraviolets. Passionnée de musique, elle passe toutes ses soirées à chanter dans la rue, en espérant un jour pouvoir sortir son propre album. En rencontrant Kôji qui vient de perdre son emploi, elle tente de raviver en lui son amour pour la musique.

Il y a deux ans, j’ai regardé Taiyô no Uta, le film. Sans être ennuyant, il n’est pas non plus transcendant. Il a la bonne idée de ne pas sombrer dans le mélodramatique et d’en faire des tonnes. Malheureusement, le drama n’est pas aussi intelligent. Il est vrai que la durée est bien plus longue puisqu’il est ici question de dix épisodes. Il convient donc de les remplir avec du nouveau matériel. Et dans ce cas précis, le résultat est plus que médiocre. Taiyô no Uta est une série assez indigeste, sombrant régulièrement dans la surenchère et alternant les clichés les uns à la suite des autres. Elle n’est pas mauvaise au sens strict du terme car elle possède quelques moments sympathiques. Non, elle est juste très passable.
Il est donc question d’une jeune fille de 19 ans, Amane Kaoru, atteinte d’une maladie incurable extrêmement rare, le xeroderma pigmentosum, et qui plus est, à son stade le plus alarmant. Elle ne peut ainsi aller à la lumière du jour, risquant de voir sa peau brûler et de subir des dommages neurologiques irréversibles. Cet enfant de la lune, appellation tristement jolie de cette maladie, sort ainsi tous les soirs, seuls moments où elle peut profiter de l’air libre. Depuis quelque temps, elle se passionne pour la musique et espère réussir à chanter et émouvoir un jour plusieurs personnes. Elle est ici incarnée par Sawajiri Erika (Ichi Rittoru no Namida) que je n’aime pas beaucoup. Malheureusement, ce n’est pas Taiyô no Uta qui me fera changer d’avis. Elle est peu convaincante et n’arrive pas à nous toucher réellement par ce qui lui arrive. Ne parlons même pas des deux seules chansons qu’elle interprète et de ses manies lorsqu’elle chante. Elle n’a assurément pas le talent de YUI et le fait que l’on entende toujours uniquement deux chansons et ce, à répétition, finit par taper sur le système.

Un jour, Kaoru, finit par rencontrer celui qu’elle croise régulièrement un peu partout, Kôji. Il porte les traits de Yamada Takayuki (Byakuyakô, Sekai no Chûshin de, Ai wo Sakebu, Water Boys), véritable habitué des séries tristes. Contre toute attente, l’acteur ne paraît pas ici non plus des plus inspirés, bien qu’il ne soit jamais mauvais. Kôji est un garçon paumé qui n’a aucune ambition. Dans la version cinématographique, il n’existe pas du tout cette histoire de délinquance et d’orphelin, etc. C’est vraiment une mauvaise idée. Pauvre Kôji qui n’a pas eu une existence facile. Kaoru et lui n’ont pas de chance quand même. Oh, la vie est tellement injuste dans ce triste monde. Dans le même registre, ce triangle amoureux insipide avec Masami, la chanteuse fade et n’ayant aucune volonté propre incarnée par une Matsushita Nao tout aussi molle et insipide, est navrant et inintéressant. Les épisodes ne semblent qu’une succession de stéréotypes d’une histoire mélodramatique.
Kaoru et Kôji finissent ainsi par tomber amoureux mais ne peuvent s’aimer librement parce que la vie est cruelle. Tout le monde se ligue contre eux. Il y a par exemple la rivale avec cinq de tension mais aussi celle qui a une dent contre la planète entière et qui ne sert à rien. Le couple maudit ne dégage aucune alchimie. Rien de rien. On ne se sent pas vibrer, être ému par eux. Non, on regarde cela de manière neutre et sans rien ressentir. Les émotions ne sont jamais présentes, même lors du dernier épisode qui est supposé être le point culminant de leur relation. De toute manière, les deux personnages ne sont pas sympathiques pour un sou, l’un est bien trop rigide et l’autre pas attachant. En fait, ce qui est assez désagréable est que l’écriture sonne forcée, comme si elle voulait nous obliger à ressentir tel ou tel sentiment. Évidemment, ce n’est pas comme cela qu’une bonne série fonctionne. La musique de Sawano Hiroyuki est loin d’être désagréable mais là aussi, elle donne l’irritante sensation de vouloir nous dicter notre propre ressenti. Au final, Taiyô no Uta perd totalement en naturel et en authenticité.

Si Taiyô no Uta a pour toile de fond cette fameuse maladie, elle ne s’y attarde au final pas tant que ça. Il s’agit plus d’un sempiternel je t’aime moi non plus et de nombreux retournements de situation usés jusqu’à la corde. Toutefois, on apprend certaines choses assez basiques concernant la pathologie dont souffre Kaoru. La série essaye de parler d’amitié, de futur ou encore de responsabilités mais ne convainc encore une fois pas.
À côté de ça, quelques autres personnages sont présents mais ne sortent jamais des sentiers battus. Ce sont plus des faire-valoir qu’autre chose et si le début de la série les met plus sérieusement en avant, dès le milieu, il n’y a plus rien à se mettre sous la dent. On peut toutefois noter des protagonistes sympathiques comme le père de Kaoru (Katsumura Masanobu | LIFE, Last Chrismas) ou encore la meilleure amie de la jeune fille (Satô Megumi | Hana Yori Dango). Les autres sont soit transparents, soit sans réelle dimension. Comme toujours, il est possible d’y voir quelques acteurs plus ou moins connus comme Kaname Jun (Ashita no Kita Yoshio, Atashinchi no Danshi), Becky (Nodame Cantabile, Churasan), Takenaka Naoto (Nodame Cantabile, Water Boys), Tanaka Kei (Byakuyakô, Sekai no Chûshin de, Ai wo Sakebu), Kiritani Kenta (Tiger & Dragon), Yamamoto Kei (Zettai Kareshi, Zeni Geba), Satô Jirô (Gokusen 3) ou encore Hamada Gaku (Hachimitsu to Clover).

En définitive, Taiyô no Uta se révèle être une série sans âme ne parvenant jamais à réellement toucher. Est-elle triste ? Clairement non car elle ne fait preuve d’aucune sensibilité. Pour que cela soit le cas, il faudrait que l’on puisse un minimum s’attacher aux personnages ou que l’on ne sente pas une écriture forçant sur le drame. Le j-drama multiplie à outrance les rebondissements dignes d’un soap et les longueurs mais il évite quand même globalement l’écueil du misérabilisme et du pathos. Ouf. Cela ne suffit toutefois pas à le rendre agréable à regarder. Il a le malheur de trop en faire et de rester malgré tout superficiel, d’être assez mal joué, de proposer des chansons faibles alors qu’elles sont censées être superbes et d’être mal écrit en plus d’être convenu. Cela ne me donne vraiment pas envie de débuter Ichi Rittoru no Namida en dépit des critiques positives…

Par |2017-05-01T14:00:44+02:00septembre 17th, 2011|Séries japonaises, Taiyô no Uta|11 Commentaires

Onnatachi wa Nido Asobu | 女たちは二度遊ぶ

   

Pour la seconde fois, Luminophore va faire un tour du côté des keitai dramas, les fameuses séries télévisées diffusées sur téléphones portables. Après Sweet Room, je me suis donc intéressée à Onnatachi wa Nido Asobu, peut-être davantage connue sous sa traduction littérale anglaise, Women Play Twice, soit les femmes jouent deux fois. Cette production de BeeTV est composée de cinq parties, totalisant ainsi 29 épisodes de cinq minutes environ. À noter que la version que l’on trouve sur la Toile est celle du DVD. Par conséquent, l’ensemble a été compilé et dure un peu plus de deux heures. La série fut diffusée entre le 1er mars et le 5 mai 2010. Il s’agit d’une adaptation du roman écrit par Yoshida Shûichi (auteur, entre autres, du magnifique AkuninLe mauvais) publié dans un magazine entre 2004 et 2005. Ici, la chanson de fin, The meaning of us, est interprétée par la chanteuse populaire Namie Amuro. Sinon, le réalisateur, Yukisada Isao, a travaillé sur quelques films tels que Go!, Sekai no Chûshin de, Ai wo Sakebu ou encore Haru no Yuki. Aucun spoiler.

À l’instar de Sweet Room et de probablement bien d’autres dramas pour téléphones portables, Onnatachi wa Nido Asobu raconte plusieurs histoires différentes tout en possédant un certain fil rouge. Dans ce cas précis, il s’agit de l’écrivain en panne d’inspiration joué par Santamaria Yûsuke (Binbô Danshi). Tous les jours, il va dans un petit café tenter d’écrire quelque chose. Il est sous pression parce que son éditeur attend ses travaux. Or, rien ne vient. Il écoute alors les conversations des autres clients concernant un moment de leur vie amoureuse et s’en s’inspire fortement. Ces clients sont à chaque fois des hommes et ont été marqués par une femme ayant rapidement disparu de leur vie. Ces récits ont un ton et une ambiance généralement différents mais il en ressort néanmoins une continuité et un sentiment d’homogénéité. Ils vont bien les uns avec les autres car ils narrent les débuts souvent branlants d’une relation amoureuse et/ou leur fin pouvant être brutale. Il y a ainsi quatre vignettes consacrées à cinq femmes particulières et le drama se conclut sur une cinquième, dédiée à l’auteur qui est décidément un petit peu perdu.

La première histoire est sur une femme qui passe son temps à ne rien faire, jouée par Aibu Saki, et qui intrigue fortement le personnage interprété par Kashiwabara Takashi (Itazura na Kiss, Gotaisetsu, Hachimitsu to Clover). La seconde, mettant en avant le duo Mizukawa Asami (Nodame Cantabile, Last Friends)/Kôra Kengo (Ohisama), est sur une autre héroïne sortant d’une relation amoureuse avec un certain fracas. La troisième est quant à elle dédiée à une très belle femme portant les traits de Koyuki (Ikebukuro West Gate Park, Engine) qui se fait suivre par un doux rêveur (Koyanagi Yû – Marumo no Okite). Et enfin, la quatrième relate la rencontre entre une femme (Yûka) ayant le malheur de travailler le dimanche et un jeune homme, incarné par Tsukamoto Takashi (Kisarazu Cat’s Eye, TEIÔ). N’importe qui connaissant un minimum le monde du petit/grand écran japonais se rend aisément compte que la distribution est plutôt prestigieuse et sans surprise, l’interprétation est de qualité.

Ces cinq intermèdes sont dans l’ensemble réussis et du fait de leur durée minimale, vont directement à l’essentiel. Il n’y a donc guère de risque de s’ennuyer mais l’ensemble manque un tant soit peu de profondeur. Ce sont les aléas de cette diffusion sur téléphones portables et de ces mini-épisodes. La seconde histoire est un plus faible que les autres et la troisième est certainement celle qui laissera le plus circonspect certains spectateurs car elle propose une expérience plus que surréaliste. Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié le passage dans le bain sorti de tout contexte en plus d’être extrêmement poétique ; il m’a presque réconciliée avec Koyuki, c’est fou. Si je devais choisir mon épisode favori, ce serait certainement celui avec Tsukamoto Takashi et Yûka. Quoi qu’il en soit, ces vignettes privilégient toutes les sentiments qu’elles mettent en avant avec une certaine subtilité, et il en ressort une douceur, voire une mélancolie car ces hommes ont parfois fini le cœur brisé et en gardent encore des blessures plus ou moins fraîches.

Pour conclure, il y a assez peu de choses à retenir d’Onnatachi wa Nido Asobu si ce n’est que la série fait la part belle à de délicates histoires amoureuses plutôt chaleureuses et non dénuées pour certaines d’une atmosphère douce-amère. Elle se regarde comme un film puisqu’elle est sortie en DVD ; de cette manière, l’ennui ne pointe pas réellement le bout de son nez. Le drama raconte cinq récits du point de vue des hommes et bien que les femmes en soient la figure centrale, leur traitement est assez superficiel. On ne profite en fait que de la vision masculine du sexe opposé, ce qui est assez original dans ce genre de productions. La réalisation est impeccable et la bande-son soignée, mais on ne peut s’empêcher de ressortir un peu sur sa fin car la série aurait gagné à être davantage développée. Toutefois, l’ensemble est suffisamment convaincant et joliment romantique pour être conseillé, d’autant plus que la durée n’est que de deux heures.

Par |2018-07-06T17:48:07+02:00septembre 5th, 2011|Keitai dramas, Onnatachi wa Nido Asobu, Séries japonaises|0 commentaire