Nemureru Mori | 眠れる森

Dites donc, la superstar qu’est Kimura Takuya n’avait pas eu le droit aux honneurs depuis plus d’un an par ici, il était temps d’y remédier. Pour l’occasion, je me suis penchée récemment sur Nemureru Mori, une assez vieille série qui, étonnamment, est plutôt discrète parmi la communauté des amateurs de j-dramas. Cette fiction scénarisée par feu Nozawa Hisashi (Aoi Tori, Kôri no Sekai) comporte douze épisodes d’un peu moins de cinquante minutes ; comme souvent, le premier et le dernier sont rallongés d’un bon quart d’heure. Elle est passée sur Fuji TV entre octobre et décembre 1998 et, d’ailleurs, elle fut un vrai succès d’audience. Aucun spoiler.

Le 24 décembre prochain, cela fera quinze ans que Minako a été le témoin de l’assassinat de ses parents et de sa grande sœur. Ce jour-là, elle n’a pas perdu que sa famille, mais également la mémoire. Depuis, elle mène une existence la plus normale possible et s’apprête justement à épouser la veille de Noël son fiancé. En mettant de l’ordre dans ses affaires, elle tombe sur des lettres qu’elle avait reçues d’un jeune inconnu alors qu’elle n’était elle-même qu’une enfant. Cette curieuse personne lui demandait de la rejoindre à une date bien précise dans ce qu’elle nomme la forêt endormie. Coïncidence, ce moment est arrivé et, pour une raison qu’elle ne s’explique pas, Minako décide de s’y rendre. À partir de cet instant, des bribes de souvenirs commencent à remonter à la surface…

Nemureru Mori est régulièrement comparée à la très solide série Sora Kara Furu Ichioku no Hoshi. Cette analogie est présente dans les esprits non pas forcément en raison de leur interprète principal, mais plutôt parce qu’elles s’apparentent toutes deux à un récit jouant beaucoup sur une ambiance fataliste où prédominent les mystères. Malheureusement, celle qui nous concerne aujourd’hui ne tient pas sur la durée et, après un début extrêmement intrigant, se perd notamment dans une mise en scène théâtrale et des rebondissements somme toute trop prévisibles. La réalisation est en effet peu satisfaisante. À la rigueur, qu’elle fasse datée pourrait aisément s’excuser compte tenu de son âge désormais avancé, mais là n’est pas le problème. La caméra appuie parfois trop certains plans, semble s’amuser de l’effet des révélations supposément fracassantes et, bien que jolie, la musique intrusive de Yoshimata Ryô (Bara no nai Hanaya, Atsu-hime) force les émotions. La voix off sensiblement monocorde de Minako où elle énonce quelques truismes accentue ce côté artificiel. Sans surprise, l’ensemble de ces écueils formels finit par atténuer l’empathie surtout que l’aspect mélodramatique s’avère tout autant prononcé, quitte à frôler le misérabilisme. Pour l’anecdote, il est bizarre d’entendre seulement quelques notes instrumentales de With or Without You de U2 et pas la chanson dans son intégralité. Le rythme lent, voire lénifiant, et la sombre photographie participent à l’atmosphère lourde où les secrets et non-dits entravent le passé, le présent et le futur des protagonistes. Cette production se montre grandement ambitieuse et se dote d’un symbolisme intéressant, parfaitement croqué dans son générique, s’inspirant du conte de la Belle au bois dormant.

Ôba Minako a, en apparence, tout pour être heureuse. Son travail dans une serre lui plaît, Hamazaki Kiichirô, son fiancé, est attentif à son bonheur et d’ici quelques semaines, elle devrait se marier avec lui. Bien qu’elle soit orpheline, cette situation ne lui pèse pas vraiment. Elle ne parle que peu de son enfance dont elle ne se souvient pas réellement, comme si sa mémoire avait été étrangement effacée. Et pour cause, elle est persuadée que sa famille est morte dans un accident de voiture quinze ans plus tôt alors qu’en réalité, elle a été décimée par l’ancien petit ami de sa sœur, Kokubu Yoshiharu. Or, depuis peu, elle a comme des sortes de flashbacks la déstabilisant totalement. Quand elle fait la connaissance d’Itô Naoki, un homme sachant tout sur elle dans les moindres détails, elle prend légitimement peur et espère ne jamais plus le revoir. Sauf que lui n’a pas dit son dernier mot et décide de la suivre, de continuer de l’espionner et de lui lancer des messages toujours très cryptiques. Au lieu de se plaindre à la police ou d’en parler à son compagnon, Minako ne peut s’empêcher d’être attiré par Naoki. Pour une raison qu’elle ne s’explique pas, il ne lui est pas totalement étranger même si elle croit ne l’avoir jamais rencontré auparavant. Progressivement, les deux se rapprochent tandis que le voile se lève sur les souvenirs de la jeune femme qui, dans le but de faire table rase du passé, accepte de chercher la vérité sur ce qui s’est véritablement déroulé dans sa maison, la veille de Noël. Car effectivement, si Kokubu a été emprisonné, il vient d’être libéré pour bonne conduite, a déjà disparu dans l’espoir de se venger et, de surcroît, les preuves semblent être bien légères pour l’accuser… Ainsi, Minako est une jolie princesse dont la mémoire a été endormie et qui attend, patiemment, le prince charmant pour la délivrer des griffes de la sorcière. Dans ce conte sordide des temps modernes, qui interprète quel rôle ?

Nemureru Mori ressemble à un cruel voyage initiatique où les éléments pour avancer sont disséminés au gré des épisodes. La première partie de la série attise réellement la curiosité tant le récit se veut encore flou et que tout paraît possible. L’ambivalence de l’étrange homme surveillant de loin Minako, le climat délétère et les mystères entourant la plupart des autres personnages entretiennent cette atmosphère intense. L’histoire n’est pas avare en rebondissements, se complexifie, gagne en épaisseur et n’hésite pas non plus à troubler les pistes pour mieux perdre initialement ses téléspectateurs anticipant le dénouement. Toutefois, l’intrigue du meurtrier de la famille de l’héroïne s’étiole vers la moitié du chemin et s’empêtre dans de grossières ficelles et maintes facilités scénaristiques franchement dispensables. Les protagonistes réfléchissent stupidement, prennent pour argent comptant des faits sortis d’un chapeau, relient des évènements qui, pourtant, n’ont aucun rapport entre eux, etc. Qui plus est, si l’écriture cherche à provoquer l’intérêt de son audience et maximiser le suspense et la tension, elle s’avère finalement présomptueuse. Ses moult révélations sont prévisibles et le véritable coupable ou même ses motivations sont assez aisément devinables. Les liens entre les personnages qui, au bout du compte, sont tous connectés, sonnent convenus et très clichés. La série se donne de grands airs pour un résultat un peu trop classique pour étonner ou subjuguer. L’interprétation peu inspirée de plusieurs acteurs n’aide pas, c’est certain, comme le prouve Jinnai Takanori (1 Litre no Namida) en supposé meurtrier avec des yeux excessivement grands ouverts. Cet antagoniste ne se veut d’ailleurs pas suffisamment inquiétant et ne dégage pas grand-chose, à l’instar d’un peu trop de ceux tentant de le démasquer.

Bien que la fiction s’attarde grandement sur le responsable du massacre de la famille de Minako, les inspecteurs de police y sont quasi absents. C’est l’héroïne souffrant clairement d’un stress post-traumatique et plus particulièrement ses proches qui se lancent dans cette course aux fantômes. Nemureru Mori ne se limite donc pas à une franche investigation, mais se focalise à la place sur son aspect humain, les blessures secrètes et ce que l’on peut cacher consciemment ou non. Les émotions y sont traitées avec beaucoup de pudeur et une certaine sensibilité même s’il est compliqué d’adhérer à la plupart des personnages. Par exemple, Minako est techniquement une femme affable, douce et susceptible de plaire, sauf qu’elle manque singulièrement d’aura. Plutôt que de se battre, d’illustrer les difficultés que de vivre sans souvenirs de son passé ou de résister, elle plonge dans une sorte de passivité redondante. Nakayama Miho (Nisennen no Koi) lui offrant ses traits garde au long cours un regard sans étincelles que son pendant masculin, Kimura Takuya (Pride, Karei Naru Ichizoku), ne parvient pas à atténuer ; son interprétation reste assez correcte en dehors de cette propension à jouer avec ses cheveux. Le Johnny’s entre dans la peau d’Itô Naoki, cet homme énigmatique espionnant Minako depuis quinze ans pour un motif inconnu. Il dit en être amoureux, mais est-ce réellement ça, l’amour ? Que veut-il ? L’ambiguïté du personnage est agréable et sa caractérisation assez finement croquée bien qu’il demeure compliqué à cerner. En marge de ses congénères, taciturne, assez froid, il ne se laisse pas apprivoiser et ne change pas de ligne de conduite. Dès que son plan est sur le point de s’exécuter, il rompt avec Yuri, sa petite amie (Honjô Manami) profondément irritante dont l’utilité dans la fiction est proche de zéro. Au bout du compte, chacune de ces figures paraît bouleversée par ses propres démons.

Telle une princesse, Minako se débat dans un monde où les péchés et autres émotions prennent une importance considérable. La série souhaite favoriser la carte de la psychologie, mais s’y adonne par moments avec une grande approximation. Les clichés ne sont jamais très loin et certains passent mieux que d’autres. Outre le questionnement pertinent, bien que traité superficiellement, d’un futur sans connaître son histoire personnelle, Nemureru Mori touche plusieurs sujets comme l’inceste, le complexe d’Œdipe, les violences domestiques, l’adultère et d’autres encore qu’il convient de taire pour ne pas dévoiler de trop le récit. Une sorte de pentagone amoureux est mis en exergue avec Minako et son fiancé, Naoki, son meilleur ami et Yuri. Les apparences sont souvent trompeuses dans ce jeu de pistes où la plupart camouflent leurs véritables motivations. Le prochain mari de l’héroïne, Kiichirô (Nakamura Tôru – Soratobu Tire, Team Batista), n’est pas aussi innocent qu’à première vue et, tout comme son père, il semble souffrir de la disparition soudaine de sa mère plusieurs décennies auparavant. Le fidèle camarade de Naoki, Nakajima Keita (Yûsuke Santamaria – Anata no Tonari ni Dareka Iru), se laisse porter sur le chemin le plus arrangeant pour lui, tout en rêvant d’emporter le cœur de Yuri. Le scénario manque de fluidité et de cohérence dans la construction de son fil rouge, de ses personnages, mais également des relations les unissant. Minako et Naoki auraient dû bouleverser plus que de raison, mais une alchimie notable leur fait défaut. Le couple que Minako forme avec Kiichirô n’est pas non plus foncièrement crédible et peine à impliquer. La fin gratuitement frustrante reflète d’ailleurs à merveille les lacunes narratives, car le devenir d’un protagoniste survient brutalement, avec très peu d’indices allant dans ce sens.

Pour conclure, à travers les réminiscences d’une femme ayant inconsciemment fui la tragédie de son passé, Nemureru Mori propose une réécriture intimiste d’un conte de fées contemporain. Avec son ambiance mélancolique et résignée, elle réussit sans mal à fasciner dès ses débuts d’autant plus qu’elle se dote d’une intrigue en forme de puzzle mystérieux qui n’attend que d’être achevé. Si ses premiers pas se révèlent exaltants pour leur intensité, elle perd malheureusement en finesse, souffre d’approximations et de maladresses peu engageantes, et se voit parasitée par une mise en scène et des rebondissements excessivement funestes. Ces écueils n’occultent pas les bonnes idées narratives et le registre tristement désabusé joliment insufflé, mais en sus du rythme régulièrement laborieux, ils empêchent de rendre cette fiction indispensable.

Par |2017-05-01T13:58:19+02:00novembre 6th, 2015|Nemureru Mori, Séries japonaises|0 commentaire

Strawberry on the Shortcake | ストロベリー・オンザ・ショートケーキ

Poursuivons donc les fouilles archéologiques de la télé nippone avec une énième vieillerie : Strawberry on the Shortcake. Cette série scénarisée par Nojima Shinji (Pride, Bara no nai Hanaya, Love Shuffle) que l’on ne présente normalement plus fut diffusée sur TBS entre janvier et mars 2001. Elle se compose de dix épisodes durant quarante-cinq minutes chacun, à l’exception du premier et du dernier qui disposent d’un petit quart d’heure additionnel. Un remake sud-coréen est sorti courant 2014, SOS Nareul Guhaejwo (SOS Save Me). Aucun spoiler.

Irie Manato ne supporte que difficilement sa morne existence et pour ne pas y être directement confronté, il décide de jouer un rôle quand il se trouve en compagnie d’autrui. Au moment même où il rencontre la pétillante Misawa Yui, il comprend qu’il souhaite conquérir son cœur envers et contre tout. Sauf que cette jeune fille, elle, aime un autre et, de surcroît, s’apprête à devenir sa demi-sœur. Doit-il étouffer ses émotions et accepter, par exemple, de se rapprocher d’une camarade de classe qui n’est visiblement pas indifférente à son charme ?

Dans les années 1990/2000, les histoires de Nojima Shinji avaient le vent en poupe, trustaient les audiences et plaisaient pour leur sensibilité et leur capacité à dépeindre efficacement les sentiments. Sans surprise, Strawberry on the Shortcake est un nouveau récit romantique ; en prime, il ne croque pas une seule relation, mais plusieurs liées entre elles. La série s’attarde en effet sur une sorte de carré amoureux autour duquel gravitent quelques électrons libres. Quand vous souhaitez déguster une pâtisserie, commencez-vous par la fraise la surplombant ou, au contraire, réservez-vous la pour la toute fin ? Si l’on se fie aux propos narrés dans les épisodes, il y a de fortes chances pour que vous soyez quelqu’un de passif dans le second cas alors que dans le premier, vous prenez le taureau par les cornes en décidant vous même de votre destin. Irie Manato et sa voisine et camarade d’enfance Sawamura Haruka s’opposent ainsi à Misawa Yui et à Saeki Tetsuya, un jeune adulte bloqué au lycée pour diverses raisons. Quatre protagonistes pour quatre caractères différents. Chacun cherche à se construire, doute, peine et veille à ne pas se perdre au passage, car il semble toujours plus facile de suivre le mouvement et de se mentir au lieu d’affronter la vérité et ses propres craintes. Dans une certaine mesure, Strawberry on the Shortcake dépeint des sujets fédérateurs et se focalise plus particulièrement sur les relations amoureuses au sein d’un établissement scolaire.

Pour échapper à la réalité, Irie Manato s’est créé une personnalité totalement imaginaire et se cache derrière des lunettes inutiles. S’il en est quelque peu conscient, il ne s’en formalise pas et préfère perpétuellement endosser ce rôle de composition plutôt que de se frotter au monde. Cet adolescent vit seul avec son père et ne mérite pas d’être plaint. Ses journées s’écoulent tranquillement, trop peut-être, parce que sa vie est dénuée d’étincelles. Pour autant, il ne fait rien pour la changer et reste prostré dans son attitude indécise et son manque de courage flagrant. Manato n’est pas un personnage foncièrement attachant et le voir si timoré finit rapidement par ennuyer. L’interprétation du Johnny’s Takizawa Hideaki (Majo no Jôken) n’est pas des plus inspirées, ce qui n’arrange forcément pas la situation. Dans tous les cas, quand une jeune fille guillerette au manteau rouge l’aborde sur un pont et lui lance un défi, il est intrigué, voire charmé. Qui est cette Yui ? Comment peut-elle être aussi insouciante et taquine ? Alors qu’il rêve de la rencontrer de nouveau, il apprend qu’elle s’apprête à venir vivre chez lui, la mère de celle-ci épousant son propre père. Manato est ainsi livré à un cas de conscience. Certes, Yui ne partage aucun lien de sang, mais elle demeure sa demi-sœur et puis, surtout, elle ne paraît pas du tout amoureuse de lui, à son désarroi. Les épisodes s’attardent sur la dynamique les unissant qui semble presque vouée à l’échec ; la narration de Manato au ton mélancolique laisse augurer un épilogue pessimiste. Il n’empêche que les pions sont régulièrement chamboulés, la série ayant pour elle d’entretenir les possibilités ouvertes.

Si Manato est renfermé comme une huître, Yui est tout l’inverse. Ingénue, boute-en-train et vive, elle fait preuve d’une grande détermination et choisit de tout mettre en œuvre pour arriver à ses fins. Que l’élu de son cœur soit attiré par une autre ne la freine absolument pas. Quitte à devenir agaçante, elle le suit partout et ne recule devant aucun obstacle. Son obstination mérite d’être saluée si ce n’est qu’elle finit rapidement par tourner à l’obsession et au ridicule comme le démontre la conclusion de la fiction sombrant dans des rebondissements excessivement dramatiques et, surtout, hautement non crédibles. En fait, la série veille à ne pas se contenter des ressorts scénaristiques éculés et préfère opter pour une approche plus adulte, avec une réflexion plus poussée, moins adolescente. De la sorte, elle prend le temps de développer ses héros, ce qui est, techniquement, une excellente chose, même si le résultat global reste peu convaincant. Dans tous les cas, l’écriture cherche sûrement à rendre le personnage de Yui mignon et attendrissant, mais c’est tout le contraire qui se passe. Qui plus est, Fukada Kyôko (Kamisama Mô Sukoshi Dake) lui offrant ses traits est d’une telle médiocrité qu’elle accentue les lacunes latentes. C’est très simple, l’actrice donne encore une fois l’impression de pavaner. La relation entre Yui et Manato est à l’image des protagonistes séparément : rébarbative. Les deux ne disposent pas d’une véritable alchimie et plombent régulièrement la série, car si l’on ne s’attache pas à ceux-ci, il ne subsiste plus grand-chose à quoi se raccrocher. Heureusement, leurs amis complétant le quatuor romantique se veulent plus consistants et intéressants.

Manato se prend d’affection pour Yui. Yui est amoureuse de Tetsuya qui, lui, en pince pour l’une de ses enseignantes, Asami Mariko (Ishida Yuriko – Sayonara Watashi), n’ayant pas encore réussi à faire le deuil de son mari décédé. Tetsuya est bien plus âgé que ses camarades de classe puisqu’il a redoublé plusieurs fois, apparemment en raison d’une maladie assez grave. Il a surtout pour lui d’être campé par un Kubozuka Yôsuke (Ikebukuro West Gate Park, Long Love Letter) virevoltant. Ce lycéen majeur donne l’impression de se laisser porter et de s’amuser perpétuellement, mais il sait se montrer davantage réfléchi et mature. Bien que sa liaison avec la prof soit incolore, le personnage en tant que tel égaye grandement la série qui en a rudement besoin tant elle se révèle redondante. Les épisodes se ressemblent tous, avancent très lentement et tout tourne autour de relations peu engageantes. Tatsuya n’est toutefois pas le seul à sortir légèrement des sentiers battus étant donné que la voisine de Manato, Haruka (Uchiyama Rina), s’avère sympathique. Elle a un faible pour le héros depuis presque toujours, sauf qu’elle n’a jamais osé le lui avouer. Sa lucidité et son évolution plaisent, et elle paraît bien l’une des rares à progresser au fur et à mesure du déroulement de l’histoire. D’ailleurs, ses moments avec Tatsuya apportent une dose d’humour et de gentilles disputes salvatrices. Les chansons d’ABBA entendues de-ci de-là, à savoir Chiquitita et SOS, rythment également ces aventures qui tendent à trop régulièrement sombrer dans une torpeur ambiante, non dénuée d’un soupçon nostalgique. Il est en plus amusant de retrouver ces compositions occidentales, surtout qu’elles commencent à dater et qu’elles offrent un contraste plutôt agréable avec ce qui se passe devant nos yeux.

Pour résumer, Strawberry on the Shortcake plonge dans un lycée où quatre individus essayent tant bien que mal que de se forger une identité propre, tout en veillant à choyer la personne faisant battre leur cœur plus vite. La série en tant que telle n’est pas mauvaise d’autant plus qu’elle cherche à explorer finement ses protagonistes et qu’elle évite toute grossière prévisibilité, mais elle ne parvient que très rarement à impliquer émotionnellement son audience qui a de quoi bâiller devant ce scénario délayé si redondant et peu exaltant. Le héros falot et sa demi-sœur égocentrique rapidement agaçante ennuient, et les autres élèves ont beau être plus intéressants, ils ne sont pas suffisants pour contrer cette romance scolaire se voulant vainement plus réfléchie et sérieuse que d’habitude. Un peu plus d’énergie, d’humour et d’entrain auraient au moins été nécessaires pour rendre le visionnage un minimum satisfaisant.

Par |2017-05-01T13:58:24+02:00août 26th, 2015|Séries japonaises, Strawberry on the Shortcake|2 Commentaires