Water Boys | ウォーターボーイズ (saison 1)

Comme je l’ai écrit précédemment, je suis assez en retard dans les bilans de j-dramas vus en 2009 donc avant de commencer ceux de 2010, il va falloir un petit peu patienter. Ceci dit, ça ne change rien pour vous. Retour sur la première saison de Water Boys que j’ai regardée en DVD. Eh oui, c’est mon premier coffret de série tv japonaise ! Le boîtier est très joli d’ailleurs, il est tout bleu avec quelques effets pailletés. Composé de onze épisodes, le renzoku fut diffusé entre juillet et septembre 2003 sur Fuji TV. Seul le dernier épisode dure une heure tandis que les autres disposent des quarante-cinq minutes habituelles. En fait, à l’origine il y a un film Water Boys, avec entre autres Tsumabuki Satoshi, Tamaki Hiroshi et Takenaka Naoto ; il est sorti au Japon en 2001 et s’inspire de faits réels. Compte tenu du grand succès que fut ce long-métrage, certains producteurs ont donc décidé d’en tirer parti et de réaliser une série reprenant cette histoire de natation synchronisée masculine. C’est ainsi que Water Boys est arrivé à l’antenne. Les audiences étant très bonnes, une seconde saison fut par la suite mise en route en 2004 et la conclusion de l’ensemble eu lieu dans un tanpatsu en deux épisodes en 2005. Fondamentalement, la seconde saison n’est pas la suite de la première d’autant plus qu’elle change totalement sa distribution donc il est possible de se limiter à l’une ou l’autre. Aucun spoiler.

Shindô Kankurô et ses amis tentent de monter un club de natation synchronisée masculine dans leur lycée mais ils se heurtent à de multiples difficultés. Entre les critiques parce qu’il s’agirait d’une discipline réservée aux filles et leurs propres problèmes personnels, ils ne savent parfois plus où donner de la tête. Mais ils sont persévérants et passionnés, n’est-ce pas tout ce qui compte ?

   

Water Boys – le drama – débute deux ans après la fin du film du même nom. Les lycéens ne sont plus les mêmes et les miracles perpétrés dans la piscine du lycée Tadano se sont finalement quelque peu tassés. Kankurô doit ainsi repartir de zéro s’il veut réussir à mettre au point un club digne de ce nom lui permettant de pratiquer la discipline de natation synchronisée dont il rêve depuis quelque temps. À vrai dire, la série télévisée est une redite du film. L’ayant regardé, je peux ajouter qu’il s’agit d’une production éminemment sympathique car elle est drôle, déjantée comme il faut et définitivement attachante. Si l’on apprécie l’humour japonais et que l’on n’est pas allergique aux thématiques habituelles de leurs comédies sportives, le tout peut se révéler franchement agréable. Sans grande surprise, le j-drama reprend exactement les mêmes ingrédients mais dilue beaucoup son intrigue puisqu’il est nécessaire de transformer 90 minutes en onze épisodes… Inévitablement, le rythme en pâtit et à la longue, les rebondissements deviennent plutôt répétitifs d’autant plus que tout y est très classique. Les personnages sont caricaturaux et les dynamiques se tissant entre eux n’évitent pas non plus les clichés.

Le héros, Kankurô, joué par Yamada Takayuki (Arakawa Under the Bridge, Byakuyakô, Sekai no Chûshin de, Ai wo Sakebu, H2, Yamikin Ushijima-kun, Taiyô no Uta, Churasan, Long Love Letter) est le gentil garçon par excellence n’évitant pas quelques bourdes mais ayant le cœur sur la main. Son meilleur ami, Tatematsu Norio (Moriyama Mirai – Last Christmas) fait quant à lui office du boute-en-train de service bien qu’il ne soit pas toujours aussi joyeux qu’il ne le laisse paraître. Les deux décident donc de se lancer dans ce club de natation synchronisée et cherchent de nouveaux membres, qui seront Takahara Gô (Ishigaki Yûma – Hanazakari no Kimitachi e, H2, Gokusen, Engine), la brute effrayante ne sachant pas nager (!), le légèrement enrobé Ishizuka Futoshi (Ishii Tomoya) et le très sérieux et froid au premier abord Tanaka Masatoshi (Eita – Soredemo, Ikite Yuku, Voice, Orange Days, Nodame Cantabile, Last Friends). Les cinq doivent dès lors batailler face à des réfractaires comme le prof de natation incarné par Sugimoto Tetta (Inu wo Kau to Iu Koto, Shôta no Sushi) mais ils ont aussi du sacré pain sur la planche tant ils sont nuls et qu’ils n’y connaissent pas grand-chose. Tout ce qu’ils désirent, c’est de pouvoir proposer un vrai spectacle à la fin de l’année pour montrer de quoi ils sont capables. Entre temps, ils n’oublient pas de se disputer, de se réconcilier, de se complimenter et en définitive, de devenir de grands amis.

À côté d’eux, il y a les filles comme Hanamura Kyôko (Kashii Yû – Meitantei no Okite, Innocent Love, My Boss, My Hero) faisant tourner la tête de Tanaka, Onishi Asako (Miyaji Mao), l’amie d’enfance de Kankurô ayant plus que des sentiments amicaux pour lui, ou encore dans le rôle d’une championne de natation synchronisée, Aibu Saki. Puisqu’il s’agit d’une comédie, ce n’est pas étonnant d’y voir des personnages très hauts en couleur susceptibles de donner une crise d’angoisse à ceux ne supportant pas le surjeu japonais. L’humour y est d’ailleurs assez poussif avec le loufoque Isomura Kiyomasa (Yashima Norito – Kaibutsu-kun, Binbô Danshi, Sora Kara Furu Ichioku no Hoshi) qui n’est autre que le frère du personnage interprété par Takenaka Naoto (Nodame Cantabile). D’ailleurs, le j-drama ne renie pas du tout s’inspirer et reprendre des éléments du film d’autant plus qu’il fait revenir également Tamaki Hiroshi à quelques reprises. Ajoutons sinon les employés du bar dans lequel se rendent régulièrement les cinq compères où on peut reconnaître Emoto Akira mais il y a aussi beaucoup d’autres visages connus comme Tanaka Kei, Hiraizumi Sei, etc.

Ce qu’il y a d’agréable est que pour une fois, le sport n’est pas le baseball, le football ou toute autre discipline à la mode. Non, le scénario s’intéresse à la natation synchronisée masculine qui amène énormément de préjugés. La série se permet alors d’en jouer et montre assez finement que le principal est de toujours se faire plaisir et de ne jamais dévier de son rêve. L’aspect sportif n’est pas désagréable et pourrait même plaire à ceux qui y sont réfractaires en règle générale car il s’agit d’un sport non conventionnel ; accessoirement, les acteurs sont en micro-slips ! Malgré les difficultés de la vie adolescente, le petit groupe est de plus en plus soudé et résiste toujours aux épreuves. Évidemment, tout cela n’évite pas les clichés habituels des séries sur le sport et de celles s’attardant sur des adolescents. L’esprit d’équipe avec tout ce qui en découle est régulièrement mis en avant, tout comme le fait qu’à force de travailler, les résultats suivront. Ces thématiques ne sont pas aussi prégnantes qu’on aurait pu le croire mais c’est notamment parce que l’ambiance est décomplexée et que la romance occupe une certaine partie de l’histoire. Le résultat est parfois niais, très optimiste et dégoulinant de guimauve et/ou de bons sentiments mais globalement, l’aspect mignon permet de ne pas être trop critique. De même, la musique composée par Satô Naoki (Hagetaka, Orange Days, H2) est absolument délicieuse et n’hésite pas non plus à reprendre de nombreuses vieilles chansons connues, dont même des françaises ! Certaines séquences de natation en deviennent alors presque épiques. Le générique de début mais aussi celui de fin chanté par Fukuyama Masaharu sont autrement plutôt jolis à voir et à entendre.

En définitive, il paraît clair que cette première saison de Water Boys n’a vraiment rien de révolutionnaire. Avec un scénario prévisible, des rebondissements convenus, des bons sentiments et un message plus que classique, il y a de quoi s’ennuyer surtout que les répétitions sont nombreuses. Malgré tout, grâce à une ambiance survoltée, un humour exagérément bien dosé, une bande-son travaillée et des personnages au final plutôt attachants, les épisodes se révèlent dans l’ensemble agréables. Pour apprécier la série à sa juste valeur, il est vraiment nécessaire de ne pas avoir de problème particulier avec ce genre très codifié et l’approche comique japonaise. Forcément, en ayant vu le film auparavant, la série perd certainement une grande partie de sa saveur. C’est d’ailleurs pour cette raison que la saison deux me laisse dubitative ; s’il s’agit d’un vrai copier-coller, le tout risque d’être imbuvable… Quoi qu’il en soit, Water Boys est une mignonne petite comédie sans prétention offrant un peu de soleil et de baume au cœur.