GARO: Gold Storm Shô | 牙狼: GOLDSTORM 翔 (film)

C’est un fait, la franchise GARO n’a pas dit son dernier mot. Après avoir mis sur les rails une nouvelle chronologie avec Yami wo Terasu Mono, Dôgai Ryûga a récemment repris du service. Pour cela, le chevalier a commencé par un film intitulé GARO: Gold Storm Shô. Durant quatre-vingt-deux minutes, il est sorti dans les salles japonaises le 28 mars 2015. Il existe également une série du même nom ; elle s’inscrit à la suite du long-métrage et sera traitée sur Luminophore d’ici quelque temps. Les productions dérivées de cet univers ayant de quoi donner le tournis, n’hésitez pas à consulter ce billet récapitulatif. À noter que cette fiction inédite peut très bien être regardée indépendamment du reste et, d’ailleurs, officier comme porte d’entrée. Aucun spoiler.

À une période indéterminée, le prêtre Makai Sôtatsu (Emoto Akira – Soredemo, Ikite Yuku) mourrait au combat dans les bras d’Agô, un individu fort particulier à qui il avait au préalable transmis son désir de voir un jour le monde débarrassé des Horrors. C’est aussi à cette époque qu’apparut pour la première fois le chevalier Garo, l’acteur le plus susceptible d’exaucer leur souhait. Finalement, les années se sont écoulées et la conjoncture n’a guère évolué. Agô semblait avoir définitivement disparu, mais il surgit de nulle part et choisit de tout faire pour accomplir le but de son ancien maître. Sans le vouloir, Ryûga et Rian se retrouvent mêlés à cette situation et comprennent qu’il convient d’arrêter Agô avant qu’il n’anéantisse dans sa quête l’humanité.

Comme souvent avec les films de GARO, Gold Storm Shô ne convainc guère. Déjà, malgré un budget probablement plus élevé que celui des séries télévisées, il ne se montre pas forcément beaucoup plus abouti. Les chorégraphies des combats s’avèrent peu originales et redondantes, la musique manque légèrement de souffle, et les effets spéciaux deviennent bien trop prédominants. Certes, cette nouvelle chronologie cherche à instaurer un style différent de celle d’origine, mais il n’empêche que cette propension à favoriser le numérique aux dépens de l’artisanal ennuie, voire irrite. C’est un parti pris qu’il faut sûrement accepter si l’on souhaite un minimum apprécier ce que l’on regarde. Sur la forme, le long-métrage ne provoque donc pas un quelconque enthousiasme et, tristement, le récit reste dans ce registre fort banalisé. Effectivement, le scénario est presque inexistant et les personnages ne font pas grand-chose à part subir maints prétextes à des rebondissements et autres développements faméliques.

Suite à une lutte assez sympathique dans un bar, Ryûga apprend que son armure doit être purifiée. Pour cela, Zaruba lui conseille de visiter une ancienne prêtresse aux immenses pouvoirs, Ryume (Kuwae Sakina). Il s’y rend en compagnie de Rian et tous deux rencontrent Agô (Isaka Shunya), un puissant et pugnace guerrier dont la véritable nature bouleverse sensiblement la donne. Tout au long de Gold Storm Shô, le chevalier Makai cherche par conséquent à faire entendre raison à Agô et c’est à peu près tout. L’intérêt du film se veut alors très limité et, outre un motif mercantile, la cause de sa mise en chantier paraît bien brumeuse. D Ringo, le gérant d’un kebab ambulant campé par Izumiya Shigeru (Sanbiki no Ossan), apporte un minimum d’énergie et d’humour, mais il ne suffit pas à pimenter le reste. Cela étant, Ryûga s’avère moins prétentieux et agaçant que d’habitude, sa coupe de cheveux moins ridicule aidant peut-être au passage.

Pour terminer, Gold Storm Shô semble surtout s’apparenter à un assez laborieux et dispensable prologue de la série télévisée à venir. Un nouveau cadre et quelques visages sont introduits de manière plutôt sommaire tandis qu’un ennemi très peu creusé cherche à atteindre son but qui, naturellement, devrait plonger la Terre entière dans le désarroi le plus complet. En d’autres termes, ce film à l’intrigue vraisemblablement indépendante se montre bien trop incolore pour satisfaire. S’il n’ennuie pas réellement grâce à sa courte durée de vie et à quelques scènes d’action correctes, il ne donne pas spécialement envie de lancer la suite des aventures du chevalier.

By |2017-05-01T13:58:14+02:00mars 2nd, 2016|Films, GARO, Séries japonaises|0 Comments

Top Caster | トップキャスター

À défaut de regarder des séries de fraîche date scénarisées par Sakamoto Yûji (Soredemo, Ikite Yuku, Saikô no Rikon, Mother), je me plonge dans ses travaux plus anciens. C’est ainsi que Top Caster est récemment arrivé sur mon écran. Ce getsuku fut diffusé sur Fuji TV entre avril et juin 2006 et comporte onze épisodes ; comme souvent, le premier et le dernier durent quinze minutes additionnelles. Aucun spoiler.

La présentatrice de journal Tsubaki Haruka est de retour à Tôkyô après huit années passées à New York. Elle revient au pays dans un climat assez particulier puisqu’elle l’avait fui suite à une erreur notable. Qu’importe, le directeur des programmes lui propose de prendre les rênes d’une émission télévisée et elle est bien décidée à en sortir victorieuse. Pour l’occasion, elle s’entoure de plusieurs collègues et choisit d’employer une jeune recrue comme assistante personnelle.

Si le Japon prouve régulièrement apprécier immerger son public dans le monde professionnel, l’univers des médias n’est, contre toute attente, pas des plus chéris. Comme son titre l’indique, Top Caster tente d’en faire la part belle, car il se déroule au sein de la rédaction d’un journal télévisé qui, pour être honnête, n’est assurément pas authentique. En fait, la série donne immédiatement le ton et s’apparente à un mélange bancal de plusieurs genres doté d’une réalisation banale et d’une musique poussive composée par un Satô Naoki (Orange Days, H2) que l’on a connu plus inspiré. Sans aucune surprise, le résultat final reste profondément basique et l’on en vient à se demander si le scénariste est vraiment celui qui, quelques années plus tard, est capable d’écrire de vraies pépites de sensibilité et de finesse. Parce qu’il faut l’avouer, ce n’est pas du tout le cas de Top Caster qui, outre ses nombreux écueils, opte pour un humour assez lourd n’hésitant pas à multiplier des blagues sur les flatulences et autres odeurs corpulentes peu ragoûtantes. Les personnages secondaires gravitant autour des héroïnes ne font qu’accentuer cette impression constante d’hystérie collective. Ça hurle un peu trop, ça gesticule dans tous les sens et tous paraissent idiots et incompétents. Naturellement, aucun n’a le droit à un développement satisfaisant et leur utilité semble plus que discutable. Pourtant, plusieurs acteurs sympathiques comme Tamaki Hiroshi (Nodame Cantabile, Guilty), Matsuda Shôta et Namase Katsuhisa (Gokusen) se trouvent dans les parages, mais les individus qu’ils incarnent sont soit insipides, soit irritants. Leurs collègues féminines, à savoir Matsushita Nao (Gegege no Nyôbô) ou encore Sudô Risa (Shinya Shokudô), ne sont pas davantage choyées. De toute manière, même les pièces maîtresses de la fiction ne sont pas exploitées convenablement.

La légende de la télévision Tsubaki Haruka remet les pieds au Japon après l’avoir quitté avec perte et fracas. À l’époque, elle n’a pas perdu que son emploi parce qu’elle a aussi rompu simultanément avec son petit ami, Yûki Masato, devenu depuis un des décisionnaires de CNB Television. Forcément, quand elle retrouve un poste quelque peu similaire et son ex, l’ambiance est assez froide, mais cela ne la dérange vraisemblablement pas. Le directeur paternaliste arrondit les angles et doit sûrement être la caution amusement rigolo de la série pour son calme olympien. Haruka ne brosse personne dans le sens du poil, révolutionne tout sur son passage et instaure ses propres règles. En résumé, si elle revient, c’est pour faire les choses comme elle le souhaite. Sa forte tête est indiscutable et elle démontre à maintes reprises qu’elle sait où elle désire se rendre. Cette femme à poigne impressionnant autrui est incarnée par Amami Yûki (BOSS) à qui ce type de caractérisation va comme un gant. Pour autant, le personnage est rapidement décevant, car il ne tient pas ses promesses sur le long terme. Le premier épisode amène à imaginer une battante vivant pour sa passion et tentant de se détacher du carcan traditionnel japonais. Celle-ci se place presque en moteur en veillant à ouvrir les yeux à celle qu’elle cherche à pousser vers une voie plus active, la candide présentatrice de météo, Asuka Nozomi, qui travaille en attendant de trouver le mari idéal. Top Caster laisse croire à un message féministe pertinent et moderne avant de se prendre les pieds dans le tapis et ne rien développer du tout, préférant asseoir une mécanique répétitive où tout est bon pour multiplier les situations propices au sentimentalisme gratuit.

Chaque épisode repose sur un format similaire où le but est, pour l’équipe de Haruka, de dévoiler une exclusivité avant les concurrents. Impossible de ne pas éclater de rire en découvrant la qualité de ces révélations qui sont surtout très ridicules. Entre une supposée voyante, un médecin ayant commis une erreur médicale ou le suicide d’un homme, il n’y a pas grand-chose de bien trépidant. Cela n’empêche pas la journaliste de se penser investie d’un pouvoir divin et de prouver que la justice prévaut avant tout. Attendez, Haruka bat à plates coutures le meilleur des policiers ! Les espèces d’enquêtes illustrées dans Top Caster ne dégagent rien à part une morale bon marché favorisant les valeurs chères au Japon. Le registre parfois dramatique de ces affaires est souvent ruiné par l’humour douteux et redondant. Quoi qu’il en soit, Haruka décide dès son arrivée au Japon d’embaucher une assistante personnelle et la force à venir vivre chez elle et de la suppléer en tout. Oui, le principe est improbable et ridicule. Qu’importe. Nozomi (Yada Akiko – Last Christmas) est à première vue l’employée nippone typique rêvant au prince charmant. La série oppose constamment ces deux femmes et les fait se disputer, l’idée étant qu’elles cheminent progressivement pour se dépasser. L’amitié entre elles est palpable, mais peine à convaincre pour cause d’un classicisme rébarbatif. L’ajout d’une tonalité romantique avec l’ancien petit ami de Haruka, Masato (Tanihara Shôsuke – Magerarenai Onna, Tsugunai), n’est pas des plus réjouissants non plus. Qui plus est, cet homme change un peu de personnalité à tout moment, reproche qui pourrait presque être émis à l’encontre de bien des personnages. Les derniers épisodes leur mettent des bâtons dans les roues totalement artificiels et prévisibles, probablement afin d’injecter un peu de suspense préfabriqué. Bref, le perpétuel mélange des genres dans cette production donne le sentiment qu’elle se cherche une identité propre, comme si le scénariste ne pouvait choisir entre les affaires journalistiques et les relations entre les protagonistes.

Pour conclure, Top Caster est une série dépourvue d’originalité se contentant de répéter inlassablement un schéma monotone où son héroïne journaliste triomphe des adversités pour supposément dénicher le scoop du siècle. Cette fiction n’est pas profondément mauvaise, mais elle sombre dans les défauts habituels de cette flopée de j-dramas génériques où aucun élément ne réussit à divertir sur une durée convenable. Même les personnages demeurent incolores, voire pénibles, et l’interprétation régulièrement excessive laisse place à une frustration plutôt désagréable. En ne se montrant ni drôle ni touchant, mais plutôt incohérent et stupide, Top Caster ne parvient jamais à intéresser un minimum d’autant plus que tout est bon pour injecter une morale fort consensuelle, cela malgré des prémices encourageantes.

By |2018-07-06T17:48:29+02:00juin 26th, 2015|Séries japonaises, Top Caster|0 Comments