Gakkô ja Oshierarenai! | 学校じゃ教えられない!

Malgré toute la qualité de la plupart des travaux du scénariste Sakamoto Yûji, je me suis dit que ce ne serait pas un mal que de changer temporairement de fusil d’épaule. C’est pourquoi je me suis dernièrement consacrée à un autre ayant tout pour mon intérêt : Yukawa Kazuhiko (Magerarenai Onna, Mahiru no Tsuki). Attaquons-nous à la série Gakkô ja Oshierarenai!, constituée de dix épisodes diffusés sur NTV entre juillet et septembre 2008 ; le premier détient quinze minutes additionnelles. Aucun spoiler.

Le lycée Tôai était encore jusqu’à peu uniquement dédié aux filles. Parce qu’il commence à battre de l’aile, son équipe administrative accepte d’ouvrir les portes aux garçons. Seuls cinq d’entre eux intègrent les rangs de l’établissement dès la nouvelle rentrée. S’ils croient dans un premier temps arriver dans un harem, ils réalisent qu’il va peut-être plutôt leur falloir survivre dans cet environnement parfois presque hostile. Heureusement, leur jeune et fraîche professeure principale est là pour les aider et les mener vers le succès.

   

Impossible de le cacher, Gakkô ja Oshierarenai! ne me disait rien qui vaille sur le papier. Comme je l’ai déjà répété à maintes reprises, le cadre scolaire ne m’attire guère et j’estime avoir fait le tour de la question. Les débuts de la série ne m’ont d’ailleurs pas du tout rassurée et je me suis mise à penser que le visionnage s’annonçait compliqué. Mais je suis quelqu’un de persévérant et d’obstiné, donc je n’ai pas lâché le morceau. Contre toute attente, la suite s’améliore progressivement, mais ne le nions pas, tout reste ici profondément classique, souvent ridicule et très redondant d’autant que les protagonistes se résument pour la plupart à une unique caractéristique et peinent à intéresser. Alors, émouvoir l’audience… Tous les poncifs habituels sont de sortie et aucun élément ne surprend. Enfin, non, pas tout à fait. La touche de Yukawa Kazuhiko transpire à plusieurs reprises et permet d’élever un peu le niveau. Effectivement, le scénariste ne peut s’empêcher une fois de plus de jouer la carte de l’anticonformisme et de l’importance de ne pas se focaliser sur les attentes de la société. Le récit aborde plusieurs thématiques universelles et coutumières du genre, mais s’il s’y emploie de manière parfois pataude et grossière, il plaît pour son message de tolérance et de bienveillance. Cela se voit surtout avec l’un des principaux personnages s’interrogeant sur sa sexualité. Il aime son ami depuis des années et ne sait que faire. Sans lourdeur ou caricature trop appuyée, la série évoque les préférences de ce garçon et développe ce fil rouge de façon plutôt naturelle et simple. Chaque épisode commence par une question, qu’il s’agisse de la grossesse, de la masturbation, du but à donner à sa vie, du pouvoir de l’amour, etc. Tout y reste gentillet, superficiel et cliché, mais l’air de rien, Gakkô ja Oshierarenai! se montre un peu plus fine et ouverte que la moyenne. En revanche, sa réalisation s’avère anecdotique, tout comme sa musique.

Les cinq personnages venant d’intégrer le lycée Tôai ne l’ont pas tous choisi. Mizuki Kazuki (Nakamura Aoi – Hanazakari no Kimitachi e (2011)) a suivi son grand ami d’enfance immature Nishikawa Tomu (Morisaki Win), tandis que les autres sont là sur pression familiale ou pour des raisons financières. Sans surprise, l’écriture travaille ces garçons les uns à la suite des autres en veillant bien à les associer à une des filles de l’établissement, dont une interprétée par Naka Riisa (Lucky Seven). La prof principale, Aida Mai, est le catalyseur de ces rencontres. Elle impose à ses nouveaux étudiants d’incorporer fissa un club et pas n’importe lequel, le sien dédié à la danse de salon. Certes, pour l’instant il n’a aucun membre et le conseil des élèves réfute son existence, mais elle a plus d’un tour dans son sac. Kazuki et ses comparses passent alors plus de temps à apprendre à danser qu’à se trouver en classe, sans que des scènes de danse apparaissent beaucoup à l’écran. Au fait, où diable sont les enseignants ?! Afin de pimenter la situation et créer facticement des embûches, s’y ajoutent un trio de filles infernales et mesquines ainsi qu’une vice-principale revêche et guindée. Mai essaye d’inculquer à son petit groupe l’importance de l’amitié, de l’entraide et de toutes ces valeurs relationnelles sur lesquelles elle compte beaucoup. Cette prof a pour défaut notable d’être jouée par Fukada Kyôko (Mirai Kôshi Meguru) bien qu’à la réflexion, ce rôle lui va à la perfection. Effectivement, Mai est une femme un peu simplette, toujours guillerette, se voulant mignonne, vêtue à la mode et s’exprimant d’un ton enjôleur. Elle croit au pouvoir de l’amour avec un grand A et, outre l’ouverture de chaque épisode digne d’un conte, elle ponctue toutes ses remarques d’une multitude de références aux princesses de Disney. Cela saute aux yeux, il n’y en a que pour ça, soit de façon très directe, soit à travers des métaphores filées. Or, si elle se place tel un cupidon excentrique, elle s’oublie et cache sa solitude… Forcément ! Sinon, le principal (Tanihara Shôsuke – Tsugunai) veille sur ce petit monde dans sa tour d’ivoire et n’ose sortir de son bureau pour de curieuses raisons. Bref, la production ne lésine pas sur les stéréotypes, avec une interprétation régulièrement bancale, des rebondissements préfabriqués et un humour assez lourd.

Au final, Gakkô ja Oshierarenai! fait partie de ce catalogue sans fond des séries japonaises se déroulant en milieu scolaire. Tout y sonne déjà-vu et souffre d’un sentiment diffus de redite, amplifié par un jeu souvent en roue libre et des traits comiques poussifs. Malgré tout, le visionnage demeure assez supportable à condition de procéder à un rythme homéopathique, cela grâce à un message de tolérance toujours bienvenu, une ambiance légère et une absence de réelle prétention. La fiction n’a pas pour objectif de révolutionner le genre, seulement de propager, certes très naïvement et superficiellement, de belles valeurs et de mettre un peu de baume au cœur et des étoiles dans les yeux. Les plus cléments en la matière apprécieront ainsi peut-être ce gros bonbon sucré, les autres passeront sans regret leur tour.

By |2017-12-15T23:26:19+02:00décembre 20th, 2017|Gakkô ja Oshierarenai!, Séries japonaises|2 Comments

Saiyûki (2006) | 西遊記 (film)

Malgré le succès très relatif de l’adaptation japonaise de Saiyûki datant de 2006, un film portant le même nom a vu le jour le 14 juillet 2007. Ce long-métrage dure approximativement deux heures et contre toute attente, il ne s’inscrit pas après la fin de la série télévisée, car il s’insère sûrement à mi-parcours. Il peut aussi se regarder indépendamment du reste, mais comme d’habitude, ce serait se passer de plusieurs références. L’équipe créative est la même que pour les épisodes précédents et Sakamoto Yûji s’est donc encore une fois chargé du scénario. Aucun spoiler.

Toujours sur la route de Tenjiku, la prêtresse Sanzô Hôshi et ses trois compagnons yôkai rencontrent la princesse d’une région devenue désertique suite aux actes malveillants de créatures surnaturelles. Le quatuor n’a aucune envie de s’attarder dans les environs tant leur voyage s’annonce interminable, mais ils finissent par accepter d’aider cette jeune femme désespérée. Il semblerait toutefois qu’elle ait un peu arrangé la réalité et que les apparences soient plutôt trompeuses…

Compte tenu de la conclusion logique de la série télévisée, il s’avère presque normal que ce film ne propose pas une continuation en bonne et due forme. Il s’apparente plus à une aventure supplémentaire et n’apporte pas grand-chose de plus à ce que l’on connaît de l’univers. Seul le budget plus important change la donne, ce qui permet d’offrir de jolis plans, paysages et décors sortis tout droit de la culture chinoise. Le générique d’ouverture, avec ses dessins stylisés, se veut aussi assez agréable. En revanche, n’attendez surtout pas des effets spéciaux spectaculaires parce qu’ils sont dans la même veine que précédemment. De toute manière, cet aspect un peu kitsch participe probablement au charme ridicule de Saiyûki. À défaut de se révéler sensationnelle, la forme convainc donc un peu plus. Malheureusement, tout le reste ne ressemble qu’à une longue répétition de ce qui a déjà été illustré à maintes reprises, le rythme languissant en sus. Le manque flagrant d’originalité et de créativité nuit grandement à l’ensemble. Les amateurs de la série seront aux anges puisque tous les ingrédients reviennent de plus belle. Autrement dit, le trio de démons se plaint, cherche avidement à manger, fait preuve égoïsme et se dispute. Ils tombent subitement sur un temple en proie à un maléfice et Sanzô Hôshi choisit de s’en mêler malgré les cris de ses compères. La pétillante voleuse Rin Rin et l’immortel Rôshi surgissent de nulle part pour lancer quelques vannes ou moqueries, les rebondissements prévisibles se multiplient, le naïf Son Gokû dépasse sensiblement les bornes et se fâche avec tout le monde avant de remporter la partie. Les antagonistes sont abattus après une petite leçon de vie et tout est bien qui finit bien. Cette recette éprouvée avait sérieusement montré des signes d’usure et ce n’est pas en lui offrant un plus grand écran qu’elle gagne des points. L’humour redondant et les gags au goût discutable répondent aussi à l’appel. Bref, tout est déjà vu et moyennement enthousiasmant. L’occasion aurait été d’approfondir les personnages, de rompre la monotonie ou d’apprendre des erreurs initiales, mais non, c’était sûrement trop demander.

À l’instar de la série, ce film place les protagonistes face à un dilemme moral. Doivent-ils continuer leur chemin ou secourir toute une région plongée dans les ténèbres ? Depuis que deux frères démons arborant des cornes, Ginkaku (Kishitani Gorô) et Kinkaku (Kaga Takeshi – Fire Boys), sont arrivés, l’eau s’est évaporée et le royaume s’apparente désormais à un vaste désert. Pire, ces êtres malveillants ont jeté un sort aux souverains afin d’occuper leur trône et les ont transformés en deux tortues. La princesse Reimi tente tant bien que mal de combattre ces monstres, mais peine grandement à la tâche. Lorsqu’elle apprend que le supposé illustre quatuor se trouve dans les environs, elle demande leur soutien. Bien sûr, Sanzô Hôshi accepte sans hésiter une seule seconde en dépit des récriminations des autres. Comme d’habitude, les ennemis à abattre se révèlent hautement caricaturaux, mégalomaniaques et idiots. L’accent n’est de toute façon pas réellement mis sur eux, mais plutôt sur Reimi, bien plus troublée que ce qu’elle laisse paraître. Elle cache effectivement la totalité de la situation à ces nouveaux amis et les utilise pour une raison mystérieuse, bien qu’aisément devinable. La jeune femme a la chance d’être incarnée par Tabe Mikako (Deka Wanko) qui propose un portrait bien plus fin et attachant que les trublions de service, égaux à eux-mêmes. Son Gokû hurle et gesticule dans tous les sens tandis que Sagojô et Cho Hakkai officient en tant que faire-valoir. Le récit suit une trame linéaire, l’humour vole au ras des pâquerettes et les scènes d’action demeurent en arrière-plan, ce qui n’est peut-être pas un mal en raison de leur fadeur. L’autodérision dont fait preuve ce long-métrage lui permet toutefois de se montrer supportable comme le démontre l’irruption d’une copie carbone du quatuor, avec notamment la présence de Kusanagi Tsuyoshi, le confrère de Katori Shingo. Autrement, le charmant Tanihara Shôsuke (Tsugunai) doit se satisfaire de la place du général ne détenant aucun moment digne de ce nom.

Pour résumer, le film Saiyûki s’apparente à un bonus dispensable de la série initiale déjà peu recommandable en se déroulant à mi-chemin du voyage vers Tenjiku. Plutôt que de veiller à offrir davantage à son public, il se contente d’employer une histoire familiale sévèrement éculée où les redondances côtoient les inepties et la morale bon marché. Les héros presque fades se bornent ainsi à aider des humains en proie à des monstres idiots et stéréotypés. Ce serait mensonger d’écrire que l’ensemble s’avère mauvais, mais l’interprétation en roue libre de la majorité de la distribution, les stupidités permanentes et les gags peu enthousiasmants ne font qu’accentuer la lourdeur ambiante. Alors que les épisodes précédents ennuyaient trop souvent, cette aventure inédite souffre sans surprise de son aspect rallongé et ne divertit qu’à de rares occasions grâce à quelques absurdités bien senties. En bref, seuls les amateurs du concept de base y trouveront possiblement un certain intérêt tandis que les autres passeront sans regret leur tour.

By |2017-05-01T13:58:01+02:00septembre 14th, 2016|Saiyûki (2006), Séries japonaises|0 Comments