Mondai no Aru Restaurant | 問題のあるレストラン

À force de disséminer dans ses séries des réflexions féministes, il fallait bien qu’un jour, Sakamoto Yûji (Saikô no Rikon, Woman) ose s’y attaquer plus directement. Pour le prouver, direction Mondai no Aru Restaurant et son restaurant aux nombreux problèmes, une fiction constituée de dix épisodes diffusés sur Fuji TV entre janvier et mars 2015 ; comme souvent, le premier et le dernier disposent de quinze minutes additionnelles. Un remake chinois est sorti sous le titre Solaso Bistro début 2017. Aucun spoiler.

Fatiguée d’être victimisée par des hommes condescendants et méprisants, la restauratrice Tanaka Tamako décide de prendre le taureau par les cornes et de se battre pour de meilleures conditions. Avec plusieurs de ses amies, elles aussi ayant souffert à divers degrés du machisme ambiant, elle lance un établissement de cuisine concurrençant celui qu’elle vient de quitter avec pertes et fracas. Peu importe si leurs rivaux masculins sont capables de tout pour leur barrer la route, elles sont prêtes à en découdre !

Au-delà des qualités propres de Mondai no Aru Restaurant, il convient de la replacer dans son contexte. Même encore en 2015, le Japon reste profondément marqué par ses valeurs traditionnelles et paternalistes. Si les mentalités évoluent, elles le font très lentement et persiste une considérable discrimination de la femme à divers niveaux, dont au sein du monde du travail. Par son message libérateur et son ton ouvertement militant, cette production étonne et plaît, d’autant que rares sont les fictions nippones à se permettre une telle liberté. La population locale n’a pas la culture de la critique franche, ce qui explique en partie cela. Certes, l’écriture ne manque pas de maladresses et souffre d’une tendance manichéenne desservant certainement ses propos, mais tout de même, rien que pour le principe, cette série revêt presque un caractère d’utilité publique. Incroyable, elle a profité d’un passage sur une chaîne de grande écoute, à un horaire tout à fait convenable. Et, oui, Sakamoto Yûji est bel et bien et un homme. Le premier épisode effraye légèrement tant il illustre de manière pêle-mêle et un peu poussive une multitude de conduites aussi révoltantes qu’elles sont le banal lot du quotidien de nombreuses femmes. Attouchements, humour gras, sous-entendus explicites et harcèlement de rue ponctuent leurs journées. L’évènement amenant l’héroïne à remuer ciel et terre pour changer les choses paraît assez surréaliste, mais tristement crédible pour un pays comme le Japon. Le visionnage en devient alors éprouvant et choquant. Heureusement, le récit décide par la suite de ralentir le rythme, de ne pas ressembler à un catalogue de tout ce qui fonctionne mal, sans que son message général perde au passage de sa puissance. Il ne se contente pas de pointer du doigt les comportements parfois abjects des hommes, il souligne toutes les réactions contrastées de ces femmes, les conséquences de ce que cela implique chez elles avec, par exemple, une tendance à l’autodénigrement, à se moquer des mamans au foyer ou à rentrer inconsciemment dans ce jeu misogyne. Avec un de ses personnages, Mondai no Aru Restaurant soutient également les membres de la communauté LGBT, toujours avec beaucoup de bienveillance et de respect. Dans l’ensemble, plus de subtilité et moins de stéréotypes auraient été bienvenus, ne le nions pas, mais répétons-le, l’effort est ici louable et mérite d’être perpétué. À force de parler de ces attitudes discriminatoires, la situation évoluera. Il le faut. Elle le doit.

Si ce n’est son message féministe, cette série ressemble malheureusement un peu trop au combat de David contre le méchant Goliath, avec tous les codes propres à la télévision nippone. Tanaka Tamako est une femme altruiste, dynamique et tenant à suivre ses principes moraux à la lettre. Forcément, quand une de ses amies d’enfance subit une terrible humiliation, elle voit rouge et décide de se venger de ses supérieurs, dont le perfide et mesquin Ameki Tarô (Sugimoto Tetta – Shôta no Sushi) dirigeant l’entreprise. Elle réunit cinq de ses camarades ne se connaissant pas sur le toit d’un immeuble et parmi ces gravats et autres déchets, elle leur propose de lancer leur restaurant. Bon, le délabrement avancé des lieux nécessitera un peu d’huile de coude, mais pour elle, ce pari n’en est pas un puisqu’elle sait s’entourer de personnes compétentes. Toutes ont fréquenté Tamako à un moment donné de leur existence et toutes apprécient sa joie de vivre et son optimisme. L’héroïne, si elle ne manque pas d’allant, peine à fédérer, car elle ressemble plus à un archétype qu’autre chose. Il est tout de même sympathique de voir Maki Yôko (Shûkan Maki Yôko) dans un rôle aussi positif. Les femmes gravitant autour se veulent plus intéressantes, avec une psychologie étudiée, bien que le scénario tende à dessiner trop grossièrement ce qui les anime. Effectivement, les épisodes cheminent de façon un peu mécanique et usent de flashbacks moyennement insérés, avec une voix off légèrement trop intrusive. Bistrot Fou accueille ces personnages hauts en couleur et plutôt attachants même si quelques-uns sont plus développés que d’autres, ce qui paraît assez logique compte tenu de leur nombre conséquent. L’hikikomori Chika (Matsuoka Mayu – Suizokukan Girl) se cache derrière des vêtements informes en raison d’un cadre familial compliqué, Kyôko (Usuda Asami – Poison) croit être une mère divorcée bonne à rien et accepte de son ex-mari les pires bassesses, Yumi (Nikaidô Fumi – Woman) se laisse marcher dessus par ses supérieurs condescendants alors qu’elle est surqualifiée pour son emploi, Nanami (You) a pris sa retraite et espère retrouver l’étincelle, l’adorable et solaire Haiji s’habille en femme et aime les hommes tout en étant né homme (il n’est pas vraiment précisé si elle·il se considère transgenre). À ce propos, Yasuda Ken l’incarnant se montre excellent et, en dépit du risque de verser dans la caricature avec un tel sujet, ce n’est nullement le cas, bien au contraire. L’électron libre Airi (Takahata Mitsuki – Toto Nê-chan) regarde ce microcosme de haut et joue à l’écervelée pour mieux se faire apprécier de sa direction masculine. Mondai no Aru Restaurant présente à travers cette sorte de récit initiatique de beaux portraits et donne une grande leçon d’amitié féminine.

Bistrot Fou comme feu, en français. Comment ça, feu n’est pas fou ?! Tamako réalise seulement après un commentaire éclairé de Haiji qu’elle s’est trompée dans la traduction du nom de son restaurant. Elle ne s’en formalise pas parce qu’après tout, ils sont tous un peu fous, non ? À l’instar des jeux en rythme avec les couverts, cette petite scène reflète parfaitement l’ambiance bon enfant, tendre et joviale de la série. Malgré le sérieux de son message et de plusieurs de ses moments, elle injecte au long cours un vent positif. Les hommes nuisent au bien-être de ces femmes, mais elles savent se serrer les coudes et c’est pour cela qu’elles s’en sortent la tête haute, grâce à cette solidarité. Les disputes arrivent et se suivent de réconciliations. En dépit d’un sentimentalisme parfois appuyé et d’une certaine mièvrerie, Mondai no Aru Restaurant évite plutôt habilement certains écueils habituels, dont cette tendance à limiter ses héroïnes à leurs romances. Effectivement, si l’amour n’est pas étranger à la fiction, il passe vraiment en arrière-plan ou reste platonique. Les personnages existent avant tout en tant qu’individus propres et ne sont pas montrés qu’à travers le prisme de leurs relations. Les indécrottables romantiques seront peut-être déçus sauf que Mondai no Aru Restaurant n’a pas pour objectif de favoriser des papillons dans le ventre. Non, elle souhaite donner envie aux femmes de se battre, de réfléchir sur leur condition et d’essayer de faire bouger les choses. La vengeance n’est pas du tout le moteur, contrairement à ce que les débuts laissent imaginer. Les épisodes illustrent surtout des tranches de vie. Dommage que les antagonistes, tous des hommes, soient aussi anecdotiques et unilatéraux. Entre le dirigeant détestable, ses sbires caricaturaux presque idiots et le jeune trublion (Suda Masaki – Tamiô), il n’y a pas grand monde à qui se raccrocher. Le chef Monji Makoto (Higashide Masahiro – Gochisô-san) s’en sort mieux, comme l’ex-collègue de Tamako (Fukikoshi Mitsuru – Yasha) finissant par évoluer un peu. En fait, tout va trop vite dans cette production partant dans tous les sens. L’humour existe, mais est moyennement géré, avec des blagues tombant à plat et empêchant parfois de prendre au sérieux ce qui se passe. Le ton est donc branlant, comme si le scénariste n’avait pu choisir entre la comédie et le drame. De surcroît, plusieurs intrigues auraient nécessité davantage d’exploration et les difficultés sont évacuées en deux coups de cuillère à pot. Pire, celles-ci ont de temps à autre leur résolution derrière l’écran, ce qui se révèle très frustrant ; le dernier épisode en souffre beaucoup, d’ailleurs. À noter que la nourriture revêt une place plutôt triviale, quand bien même les héroïnes montent leur restaurant et parlent souvent de leur plat favori qu’est le pot-au-feu. Les voir batailler ferme pour réussir met toutefois beaucoup de baume au cœur. La musique assez sympathique de Dewa Yoshiaki et de Habuka Yuri apporte du peps à cet ensemble doté d’une réalisation classique, avec la chanson énergique Mondai Girl de Kyary Pamyu Pamyu. Et les connaisseurs savoureront quelques clins d’œil à d’autres travaux de Sakamoto Yûji, dont la présence amusante des chats, probablement Matilda et Hassaku de Saikô no Rikon.

Pour résumer, malgré un traitement pas toujours très heureux du fait de grossières ficelles et de caractérisations parfois limitées, Mondai no Aru Restaurant ressemble à un pamphlet féministe encourageant et très pertinent. En plus de critiquer ouvertement le sexisme sous toutes ses formes et les conséquences plus ou moins directes que celui-ci favorise, la série célèbre les femmes dans leur individualité et essaye de leur donner la force de se battre pour leurs idéaux, de ne pas se laisser étouffer par ces signaux misogynes insidieux, constants. L’écriture induit par moments un arrière-goût de déception, car avec plus de finesse et une tonalité moins versatile, la production aurait pu avoir un impact beaucoup plus marqué ; d’autant qu’avec cette lutte contre ces grands méchants caricaturaux, elle se perd un peu dans ses propos. Mais répétons-le, outre cette tendresse communicative et cette énergie lumineuse, elle plaît pour la portée de son message éclairant, bienveillant et devant être propagé.

Par |2017-12-01T18:05:10+01:00décembre 6th, 2017|Mondai no Aru Restaurant, Séries japonaises|0 commentaire

Tentai Kansoku | 天体観測

Laisser traîner des séries dans ses dossiers depuis plusieurs années peut parfois avoir du bon. Si, si. En tout cas, je ne regrette pas d’avoir attendu avant de lancer Tentai Kansoku, car j’ai pu profiter de vidéos d’excellente qualité au lieu d’autres beaucoup plus discutables. Malgré une distribution plutôt connue, cette production de douze épisodes est quelque peu passée inaperçue lors de sa diffusion sur Fuji TV entre juillet et septembre 2002. Aussi incroyable que cela puisse paraître, le scénario s’inspire de la chanson du même nom de BUMP OF CHICKEN – signifiant approximativement l’observatoire astronomique – qui, d’ailleurs, est reprise dans le générique de début. Aucun spoiler.

Il y a trois ans, au cours d’une belle nuit étoilée d’été, les sept membres d’un club d’astronomie universitaire hurlaient à pleins poumons leurs espoirs et souhaits quant au futur. Probablement encore naïfs et optimistes, ils laissaient alors parler leur cœur. De l’eau a coulé sous les ponts puisque maintenant qu’ils ont tous quitté les bancs de la fac, ils se détachent progressivement les uns des autres et sont confrontés à la dure réalité de la vie. D’aucuns baissent les bras et choisissent de changer de cap tandis que d’autres veillent à préserver cette amitié et ce qui les a animés auparavant. Finalement, tout le monde n’est-il pas en quête d’un but, d’un fil conducteur, d’un gouvernail dans la lignée d’une étoile polaire ?

Les séries japonaises romantiques pullulent. De même, celles favorisant les sentiments familiaux se veulent tout aussi prégnantes. En revanche, assez peu s’attardent réellement sur la camaraderie. Certes, nombre d’entre elles mettent en avant des relations amicales, mais il n’empêche que ce registre demeure plutôt discret et, de surcroît, dans la majorité des cas, ce sont les adolescents qui sont choyés. Tentai Kansoku bouleverse légèrement les habitudes avec son histoire d’autant plus qu’elle décide de se pencher sur des adultes inexpérimentés en proie aux doutes. Ils viennent à peine de quitter le cocon protecteur de leurs parents et comme tout oisillon, manquent d’assurance, vacillent, souffrent et cherchent à établir un terreau suffisamment solide pour installer les fondations de leur avenir qu’ils désirent le plus éclatant possible. Dès son enfance, n’importe quel individu s’imagine un tas de choses sur son futur. On se promet de ne pas être comme ci ou comme ça, de ne jamais tolérer certains évènements, de s’évertuer à terminer ses projets, etc. Or, il n’est pas rare que des années plus tard, le constat diffère. Ne pas avoir accompli ses rêves de jeunesse est-il une tare ? Faut-il s’entêter à les poursuivre ou, au contraire, lâcher prise et évoluer ? Est-ce qu’un juste milieu ne représente pas la meilleure approche ? Cette production illustre le portrait d’une bande de sept anciens étudiants qui, malgré leurs dissemblances notables, sont gouvernés par un même désir et nécessitent d’interagir pour mieux se construire. Mais quand on ne sait pas qui l’on est, peut-on aider son prochain ? Les thématiques sont donc clairement universelles et susceptibles de fédérer une large audience. Cela ne signifie nullement que la série n’évite pas plusieurs écueils, mais son optimisme, ses tentatives de dépeindre une belle amitié et son essai de pousser la réflexion de son public sur sa propre existence font assez aisément mouche. C’est grâce à son message éternel qu’elle parvient généralement à faire oublier son âge désormais avancé et ses vêtements parfois très kitsch. Ses jolies références aux objets célestes lui offrent un symbolisme appréciable. Les nostalgiques des fictions japonaises des années 1990 s’inspirant de la simplicité et de la riche banalité de la vie devraient y trouver une multitude de ressemblances.

Trois filles et quatre garçons se sont juré fidélité et loyauté lors de leur unique soirée passée à observer les étoiles. Le club d’astronomie dont ils faisaient à l’époque partie n’était qu’un prétexte pour s’amuser ensemble. Depuis lors, la routine semble avoir pris ses quartiers. Preuve que la roue tourne, ces amis ne sont pas tous présents au mariage de la sympathique Miyabe Satomi (Tabata Tomoko) avec un homme qu’elle connaît vraisemblablement depuis peu, mais qui paraît en mesure de répondre à ses rêves d’antan. Exercer en maison de retraite et s’occuper de son époux (Tanaka Tetsushi – Bloody Monday) ont toujours figuré au sommet de ses priorités. Satomi est peut-être la seule la plus proche de son message crié dans la nuit trois ans plus tôt. Sayama Kyôichi (Itô Hideaki – Yasha) voulait sauver l’économie nippone et s’il travaille jour et nuit, il réalise que son entreprise écrase les plus faibles tel un bulldozer implacable. D’idéaliste fils unique élevé par sa mère, il est devenu assez amer, mais garde solidement les pieds sur terre. Son couple avec Sawamura Mifuyu (Koyuki – Engine, Kimi wa Pet) n’est qu’un vague souvenir tant les deux se sont progressivement écartés. Cette dernière échoue aux concours d’enseignement et donne des cours dans des écoles du soir, perdant peu à peu de son enthousiasme de naguère. L’alchimie entre eux n’est que peu présente et moyennement convaincante, et les étudiants que Mifuyu rencontre, dont un incarné par Koike Teppei, se révèlent proprement inutiles en plus de se montrer caricaturaux. La seconde romance de la bande unissant Ida Yuri (Konishi Manami – Pandora, Ashita no Kita Yoshio) à Kisaki Takeshi (Odagiri Joe – Atami no Sôsakan) a également implosé, bien qu’étonnamment, les deux vivent en colocation, sans le dire à qui que ce soit. Le taiseux Takeshi se place de toute manière volontairement en retrait des autres, ne fait aucun effort et laisse son ancienne compagne faire bonne figure alors qu’elle est malmenée dans son emploi ingrat. Hasegawa Kenta (Yamazaki Shigenori – Last Friends), lui, souffre de sa situation professionnelle qu’il juge honteuse, estimant que la poissonnerie familiale est une tare, et cherche l’amour. Le retour au pays du boute-en-train et nonchalant Kawamura Tomoya (Sakaguchi Kenji – Honjitsu mo Hare. Ijô Nashi, Iryû) dynamite cette bande devenue moribonde, car il est bien décidé à recoller les morceaux. Il pousse chacun d’entre eux à se surpasser et montre joliment qu’il convient toujours de se battre. Tentai Kansoku a au moins le mérite d’amener à croire en son étoile et qu’en dépit des adversités et critiques, d’essayer de faire ce que l’on aime.

À travers ses épisodes et ses personnages, Tentai Kansoku s’évertue donc à représenter une génération nageant entre deux eaux. Si son parti pris intéresse, son écriture force malheureusement à ranger cette série dans la catégorie des dispensables. Certes, douze semaines d’antenne permettent un approfondissement certain, mais elles ne suffisent pas pour exploiter convenablement les supposé sept protagonistes qui ne se connaissent en réalité pas encore, mutuellement comme individuellement parlant. Sans surprise, tous ne sont pas logés à la même enseigne et quelques-uns comme Kenta ou Satomi restent en retrait. Ils détiennent bien sûr l’opportunité de rayonner, si ce n’est que comparés au trio de tête que forment Kyôchi, Mifuyu et Tomoya, ils font bien pâle figure et la narration souffre d’un traitement schématique. La fiction a la mauvaise idée d’injecter un triangle amoureux, voire un carré avec l’irruption d’une femme incarnée par une fort médiocre Hasegawa Kyôko (Big Money!) s’avérant handicapée par diverses phobies. Alors que les débuts de la production poussent à vanter le naturel, la suite s’empêtre rapidement dans des développements mélodramatiques ainsi que des situations préfabriquées sorties de nulle part. Trop d’éléments sonnent faux dans cette chronique au bout du compte presque artificielle et forcée, et les multiples flashbacks redondants cassent un rythme déjà aléatoire. Les héros sont chevaleresques à souhait, se fâchent quand il faut et, cerise sur le gâteau, la conclusion se perd dans des rebondissements inutiles n’appuyant clairement pas l’empathie comme ils sont, apparemment, supposés le faire. Par exemple, tout ce qui se trame autour de Takeshi et de son patron campé par Matsushige Yutaka (Kodoku no Gourmet) est ridicule et traité superficiellement. Sans être antipathiques, les principaux visages peinent à émouvoir totalement bien que de beaux moments soient régulièrement présents. Pour la défense de cette fiction branlante, la tentative de ses personnages de reconnecter avec l’insouciance d’antan, leurs réactions face aux échecs, au manque de courage et aux deuils divers ne sont pas dénués d’intérêt, et figurent sûrement parmi les grandes réussites.

En résumé, avec cette plongée dans le cœur d’une bande de sept anciens camarades d’université, Tentai Kansoku aurait pu appartenir au panthéon de ces séries générationnelles s’attardant sur ces jeunes diplômés aux portes de la vie adulte. Ce n’est pas tant son message un peu trop idyllique ou idéaliste qui l’entrave, mais plutôt sa propension à troquer le naturel pour du mélodrame presque poussif. Dans ce type de production, le sentiment d’identification est nécessaire et, malheureusement, il finit ici par légèrement se rompre tant les naïfs protagonistes se détachent parfois d’une existence somme toute réaliste. Plus de subtilité et de finesse lui auraient permis de marquer davantage une audience qui n’attendait que ça. Subsiste cette mise en exergue du bouillonnement émotionnel de cette période de transition, mais elle n’est pas suffisante pour pleinement convaincre.

Par |2017-05-01T13:58:15+02:00février 3rd, 2016|Séries japonaises, Tentai Kansoku|0 commentaire