GTO Drama Special | GTO ドラマスペシャル (Épisode spécial)

Fort du succès de la série hebdomadaire de 1998, il était presque logique que les producteurs décident d’offrir à GTO un épisode spécial. Celui-ci fut diffusé sur Fuji TV le 29 juin 1999 et dure une heure et demie. S’agissant d’une suite directe, il semble préférable de connaître au préalable l’univers avant de le lancer. Aucun spoiler.

Alors qu’Onizuka a enfin été approuvé par ses collègues et qu’il prend un grand plaisir à enseigner à ses élèves qu’il a tous mis dans sa poche, la directrice lui demande d’aller travailler temporairement dans un autre établissement. Il accepte d’autant plus facilement que ce lycée n’accueille que des filles. Trois d’entre elles s’attachent d’ailleurs tout particulièrement à lui et requièrent son aide dans moult domaines parfois improbables. Et sans aucune surprise, les quiproquos continuent de ponctuer son quotidien, électrisant la situation déjà complexe avec sa chère et tendre, Fuyutsuki Azusa.

Le dernier épisode de GTO délivrait une conclusion tout à fait satisfaisante et proposer un spécial s’annonçait périlleux. Le risque est toujours de tirer sur la corde, de ne pas réussir à répéter le succès de naguère et d’anéantir une impression générale jusque-là somme toute très positive. Malheureusement, c’est exactement ce qui se passe ici. En lui-même, cet unitaire ne s’avère pas mauvais et se regarde assez aisément, à condition d’accepter le cabotinage, les excès par moments outranciers du protagoniste et les rebondissements quasi surréalistes. Sauf que le scénario demeure d’une platitude gênante. Au lieu de ramener sur le devant de la scène les élèves et les enseignants que l’on a apprécié suivre auparavant, d’autres prennent vite le relais et, en si peu de temps et avec une écriture non inventive, voire paresseuse, ils n’ont pas l’opportunité de s’installer. La série n’a jamais brillé par sa psychologie étudiée, mais elle plaisait pour sa désarmante sincérité et ses quelques réflexions élevant le niveau. La fin de l’année scolaire approche et voilà Onizuka à devoir intégrer les rangs d’une école exclusivement féminine. Le corps professoral ne tolère pas ses manières d’ancien délinquant, les filles se moquent de lui et n’en fichent pas une, et le héros se retrouve sans le vouloir dans des situations compliquées. Trois d’entre elles le manipulent à leur guise et le transforment en génie de la lampe capable de régler n’importe quel problème. Parce que la vie s’annonce mouvementée ! Oui, il s’agit ni plus ni moins que du canevas narratif d’origine. En bout de course, l’histoire y inclut une thématique plus profonde avec un adulte se jouant d’une adolescente un peu perdue, mais cette intrigue surgit comme un cheveu sur la soupe et se termine brutalement et en oubliant d’injecter des émotions. C’est toutefois l’occasion d’y découvrir une jeune Katase Nana (Owakon TV). Pendant qu’il veille à surmonter les obstacles et à inculquer des valeurs à ses élèves, Onizuka bataille également ferme pour maintenir les sentiments d’Azuza. La belle a beau lui avoir plus ou moins présenté son cœur, elle se conduit assez curieusement en se rapprochant d’un autre homme et l’arrivée de son père, rigide et conservateur, n’arrange pas l’ex-loubard toujours aussi niais, bien qu’attachant à sa façon. Leur couple évolue ainsi cahin-caha, mais à l’instar du reste trop quelconque pour intéresser, l’aspect romantique ne favorise pas une ambiance à proprement parler. Son meilleur ami, le policier, se satisfait d’une place accessoire, cela dans le but unique de rappeler son existence aux téléspectateurs. Clairement, tout s’y veut incolore.

Au bout du compte, comme un peu trop régulièrement avec ces bonus, celui-ci n’apporte rien de plus et laisse une impression mitigée. Ce fort complaisant GTO Drama Special se contente effectivement de la formule de la série hebdomadaire avec ce prof résolvant les soucis d’élèves dans le besoin, sans rien inventer ou offrir au passage. Pire, outre ce sentiment de réchauffé guère concluant, il souffre d’un rythme branlant notamment dû à un manque d’enjeux et à un registre bancal. Bien que les ingrédients de base soient de retour, dont cet humour absurde et la personnalité bigarrée de son héros, la recette ne fonctionne pas et les blagues tombent souvent à l’eau. L’idéal aurait peut-être été de donner davantage d’exposition aux figures déjà connues plutôt que d’y ajouter de nouvelles se bornant à des traits stéréotypés.

Par |2020-04-05T22:19:33+02:00mai 18th, 2020|GTO (1998), Séries japonaises, Tanpatsu|0 commentaire

Galileo XX | ガリレオ XX (Épisode spécial)

Au grand dam de maints téléspectateurs, la deuxième saison de Galileo s’est passée des services d’Utsumi Kaoru et l’a remplacée par une plus jeune inspectrice jouée par Yoshitaka Yuriko. Le choix de la production semble assez curieux au vu du succès précédent, mais elle a tout de même veillé à offrir une jolie porte de sortie à cette femme avec l’unitaire Galileo XX. D’ailleurs, il porte le sous-titre Utsumi Kaoru Saigo no Jiken, soit la dernière enquête d’Utsumi Kaoru. D’une durée de cent dix minutes, il fut diffusé sur Fuji TV le 22 juin 2013 et peut être regardé indépendamment du reste de la série, même en ne connaissant absolument rien à l’univers du brillant physicien. Aucun spoiler.

Après plusieurs années à travailler à la police de Tôkyô, les supérieurs d’Utsumi Kaoru décident de l’envoyer aux États-Unis pour une supposée formation enrichissante. Avant de partir, elle se lance dans une affaire au demeurant facile, mais qui risque finalement de peut-être briser sa réputation.

Bien que Galileo XX se rapporte au monde de Galileo, il n’a pas grand-chose à voir avec le matériel initial. Déjà, beaucoup seront déçus de constater que Yukawa Manabu se contente de minuscules apparitions. La science est aussi rangée au placard. À la place, c’est bel et bien Kaoru l’héroïne. L’intrigue se déroule juste avant le début de la seconde saison de la série. Dans les faits, l’unitaire n’a rien d’exceptionnel et ressemble à une histoire typique du genre. Un homme se promène dans un parc et pousse dans un fauteuil roulant une femme âgée grotesquement maquillée. Or, cette personne est décédée. A-t-elle été assassinée ? La réponse ne traîne pas. Si elle souffrait de démence, elle est probablement morte d’épuisement physique. En revanche, l’individu en question travaillant à l’origine comme son auxiliaire de vie avoue avoir tué la fille de la vieille dame ; puis il se rétracte, accusant Kaoru de l’avoir menacé. Comment démêler le vrai du faux dans cette sordide affaire ? L’inspectrice a-t-elle fait arrêter un innocent ? Elle commence à douter de ses capacités, mais continue de faire preuve de pugnacité alors que ses collègues et supérieurs ne se gênent pas pour la maltraiter ouvertement. Plus que jamais, Kaoru réalise qu’être une femme au sein de la police s’avère compliqué. Contre toute attente, Galileo XX offre effectivement un registre féministe du plus bel effet et une certaine critique de la société patriarcale nippone.

Kaoru n’est pas dupe, si elle est envoyée aux États-Unis, c’est parce que ses patrons ne savent que faire de cette trentenaire célibataire s’accrochant à sa carrière. Généralement, aucune de ses consœurs ne poursuit cette voie tant elles finissent par toutes se marier et demeurer au foyer. Pour l’État, il paraît inconcevable de donner des responsabilités plus importantes à la policière maintenant assez chevronnée et de toute manière, cette idée ne vient même pas sur le tapis. Trop âgée, plus assez malléable et de sexe féminin, elle cumule les tares. Kaoru ne se formalise pas trop de cette situation inconfortable puisqu’elle comprend qu’il s’agit là d’un combat perdu d’avance. Cela ne l’empêche toutefois pas de soupirer à maintes reprises, d’être plutôt blasée et de rêver d’un monde plus égalitaire. Son affaire en cours ne fait qu’accentuer sa fatigue psychique, car ses supérieurs la malmènent, l’instrumentalisent et ne la considèrent jamais à sa juste valeur. Tout au long de Galileo XX, l’héroïne cherche à lever le voile sur une enquête bien plus complexe qu’à première vue tout en bataillant contre le système masculiniste, la politique de l’établissement, les préjugés et autres embûches apparentées. Quasiment seule contre tous, elle ne baisse pas les bras et croit réussir à obtenir le soutien d’une dirigeante incarnée par Yo Kimiko (Churasan). Cependant, celle-ci suit son propre agenda et ne désire que couvrir ses arrières, la police paraissant être vérolée de l’intérieur. Cette rapide analyse de la société refusant l’égalité des genres ne favorise pas du tout la carte du manichéisme et prouve à sa manière que le sexe d’un individu ne conditionne pas ses actes ou compétences.

En filigrane, l’unitaire se permet ainsi d’illustrer les difficultés pour une femme d’évoluer dans un univers aussi conservateur. L’interprétation de Shibasaki Kô et la richesse de la caractérisation du personnage apportent à l’ensemble une densité, une vulnérabilité et une sensibilité appréciables. Autant la série ne parvient guère à fédérer et toucher l’audience avec son registre bancal, autant cet unique épisode atteint aisément son but que d’émouvoir, de pousser la réflexion et de divertir convenablement. Effectivement, l’affaire criminelle se veut correctement menée et tient en haleine jusqu’à l’épilogue. L’ambigu auxiliaire de vie incarné par un solide Yûsuke Santamaria (Anata no Tonari ni Dareka Iru) se joue de Kaoru et semble cacher divers éléments pour des raisons totalement obscures et au demeurant incompréhensibles. S’y enchevêtrent un vieux dossier, des luttes de pouvoir, une conspiration, des mensonges, du maquillage de preuves, des secrets enfouis depuis des décennies et des menaces plus ou moins déguisées. Kaoru a d’autant plus de peine à se faire entendre que l’investigation ne se déroule pas à Tôkyô, mais à Nagano, et que la presse s’en mêle. La mécanique de l’intrigue ne sort pas des sentiers battus sauf que l’écriture reste suffisamment habile pour ne pas ennuyer d’autant plus que quelques points d’humour transparaissent de-ci de-là. La patronne de l’hôtel fort particulier dans lequel séjourne l’inspectrice ainsi que son collègue du moment (Yagira Yûya – Yutori desuga Nani ka), otaku sur les bords, insufflent une sympathique légèreté. Notons aussi la présence d’un enquêteur local interprété par le convaincant Ibu Masatô (Fûrin Kazan).

Pour résumer, sans la science et Yukawa Manabu, l’unitaire Galileo XX s’écarte fortement de la série de laquelle il se rattache, ce qui s’avère une excellente idée. S’il n’a rien d’indispensable et se contente au bout du compte d’une histoire policière classique, il démontre un certain savoir-faire dans son déroulement et ne manque pas d’allant. En plus de se révéler donc suffisamment intrigant et d’injecter des touches parfois moins dramatiques, il se dote surtout d’une critique féministe subtile et tellement inattendue qu’elle en devient encore plus agréable. Les amateurs de l’inspectrice passionnée seront par ailleurs ravis de constater qu’elle détient l’opportunité de quitter la tête haute l’univers du brillant physicien cartésien, car elle mène elle-même l’affaire du début à la fin et sort psychologiquement grandie de cette expérience émotionnellement éprouvante. En un unique épisode, l’unitaire réussit là où la fiction mère a échoué, c’est-à-dire apporter davantage de dimension à cette protagoniste.

Par |2017-05-01T13:57:55+02:00février 1st, 2017|Galileo, Séries japonaises, Tanpatsu|2 Commentaires