TEIÔ | 帝王

À l’instar des séries occidentales, j’ai pas mal de retard concernant les billets dédiés aux j-dramas ; je vais donc tâcher de rattraper tout ça avant la fin de l’année. C’est tout de même plus difficile d’écrire quelque chose plusieurs semaines après avoir terminé une série. Si vous vous rappelez bien, cet été j’avais parlé des nouveaux j-dramas de la saison. TEIÔ était le premier de la liste, non pas forcément pour son scénario mais plus pour la présence de Tsukamoto Takashi que j’aime bien en règle générale. Dès que la série fut disponible, je l’ai donc visionnée. Le titre du renzoku signifie empereur. Composée de neuf épisodes d’une petite vingtaine de minutes, la série fut diffusée entre juillet et septembre 2009 sur TBS. Il s’agit d’une adaptation du seinen manga en huit tomes scénarisé par Kurashina Ryô et publié en 2006-2007 – mangaka également à l’origine de Jotei et de Yaô, eux-même déjà transposés à l’écran. Aucun spoiler.

Sakaki Ryô ne réussit pas à mener une vie sereine qui le rende véritablement heureux. Essuyant de nombreux échecs dont celui d’une carrière comme footballeur professionnel, il cherche désespérément un moyen de retrouver l’étincelle. Lorsqu’un de ses meilleurs amis, Eitarô, est dans une délicate situation en raison de sa petite-amie, Ryô accepte d’essayer de renverser l’hôte numéro un de Roppongi. Il n’a alors pas d’autre choix que d’intégrer le monde de la nuit. Contre toute attente, il finit par se plaire à ce nouveau travail et décide alors d’y mener une véritable carrière.

   

C’était à mes yeux impossible de ne pas tester le premier renzoku de Tsukamoto Takashi (Kisarazu Cat’s Eye, Tiger & Dragon, 6-jikan Go ni Kimi wa Shinu, Ganges Gawa de Butterfly, Tempest, Onnatachi wa Nido Asobu) où il a le rôle principal. Bien qu’il ne fasse pas partie de mes favoris, c’est un acteur pour qui j’ai une grande sympathie depuis que je me suis lancée dans les j-dramas. Malheureusement, il est ici extrêmement mauvais. Sans vouloir lui chercher des excuses, il faut avouer qu’il n’a franchement pas été gâté par le scénario et la caractérisation de son personnage. Tout comme Jotei, TEIÔ se déroule donc parmi les hôtes, ces personnes offrant du divertissement à ceux qui veulent bien les payer. On imagine manipulations, malversations et un jeu de pouvoirs jouissif ou tout du moins, intense. Après tout, le héros, Ryô, intègre les rangs des hôtes afin de détrôner la star, le machiavélique Renjô Tôru (Yamada Yûsuke) ayant un grand faible pour le maquillage outrancier. Cette série n’apportera rien de ce que l’on pouvait imaginer. Un des nombreux problèmes est que Ryô est profondément agaçant et que l’on finit presque par avoir envie de le voir souffrir le martyr. Oh, il est gentil, altruiste et tout le monde l’adore. En plus, il accepte tout sans jamais broncher et essaye de tout faire pour que tout le monde soit heureux, même si ces personnes lui ont auparavant planté un couteau dans le dos. Grâce à sa personnalité positive, il réussit rapidement à monter les échelons et commence à se faire un nom dans cet univers artificiel. Ce n’est pas dévoiler l’intrigue que de le dire puisqu’on nous l’annonce dès le départ ! Il est aidé par son ami joué par Hakamada Yoshihiko (Soratobu Tire, Fumô Chitai) à qui il demande régulièrement des conseils. Ryô est considéré comme étant quelqu’un de formidable mais il ne fait strictement rien à part sourire niaisement. Personnellement, ce n’est pas comme ça que je vois le meilleur hôte… Cet aspect mielleux faisant penser aux Bisounours est irritant d’autant plus qu’il n’est pas du tout crédible. Comme si un hôte ne voulait pas que ses clientes achètent les bouteilles les plus chères… À vrai dire, la totalité de TEIÔ repose sur cet aspect gentillet tant tout y semble tellement facile. Alors que l’on pouvait espérer de la méchanceté et de nombreuses crasses entre les différents hôtes, il n’y a rien si ce n’est des regards caricaturaux et des réactions extrêmement surjouées. Le résultat s’avère particulièrement inepte et sans aucun intérêt.

Durant chaque épisode, l’ambitieux Ryô cherche ainsi à faire fructifier sa carrière et contre toute attente, il ouvre son propre club avec des hôtes féminines. La déception est inévitable car tout va trop vite malgré une torpeur ambiante et l’envers du décor n’est pas une seule seconde exploité. Il n’y aucun effort de développement concernant les employés, les employeurs ou les consommateurs. Il est vrai qu’en neuf petits épisodes d’une vingtaine de minutes, il n’est pas aisé de pousser l’intrigue, mais tout de même, un minimum s’impose. En plus d’avoir des personnages très caricaturaux, les dialogues sont creux, plats et souvent stupides. Résultat : on ne prend rien au sérieux, on ne s’attache à personne et on espère voir la fin de cette série arriver très rapidement. À partir du moment où TEIÔ s’axe sur le monde féminin de la nuit, les femmes apparaissent et elles sont apparemment interprétées par une foule de gravure idols. De ce fait, il est possible que si l’on apprécie ce genre d’actrices ayant un faible pour les bikinis, le j-drama a peut-être un certain intérêt, quand bien même on ne voit pas ici grand-chose. Pour l’anecdote, Ryû Raita (Shôta no Sushi) y joue un grincheux changeant rapidement d’avis sur le bien-fondé des hôtes.

Enfin, le fait que de nombreuses années s’écoulent sur la durée de la série n’aide en rien car on a l’impression de tout survoler. C’est souvent assez difficile de savoir s’il s’est vraiment passé plusieurs mois alors que l’on a plus impression que seuls quelques jours viennent de s’écouler. La forme n’est pas d’un grand secours avec une voix-off assommante et scolaire ainsi qu’un budget probablement anémique. Heureusement, la chanson du générique de fin, Break Down, AAA est franchement sympa et permet de donner une bonne dose de rythme au renzoku. Un des membres du groupe, Atae Shinjirô, y joue d’ailleurs le rôle d’Eitarô, l’ami entraînant Ryô à Roppongi.

Au final, TEIÔ est une mauvaise série voulant parler du monde de la nuit japonaise mais qui se révèle surtout insipide et totalement plate. N’utilisant même pas son concept jusqu’au bout, elle accumule les stéréotypes naïfs, les scènes abracadabrantes  et n’hésite pas à se fourvoyer dans une atmosphère mielleuse où les bons sentiments font la loi. Pour son manque d’envergure, de crédibilité et d’interprétation, le j-drama est clairement à éviter.