The Librarian | Les Aventures de Flynn Carson (téléfilms)

Sauf rares exceptions, je n’aborde pas les téléfilms sur Luminophore, préférant me contenter de séries au sens strict du terme. Mais je trouve que ce ne serait pas un mal que d’évoquer la trilogie The Librarian (Les Aventures de Flynn Carson en version française) ici puisqu’elle a donné naissance dès 2014 à une production dérivée intitulée The Librarians (Flynn Carson et les Nouveaux Aventuriers chez nous) que j’envisage de regarder assez prochainement. À l’origine, The Librarian se limite à un unique unitaire, mais le succès ayant été au rendez-vous, il fut suivi de deux autres. Il n’est probablement pas nécessaire de les visionner pour lancer The Librarians, mais j’imagine que les références et clins d’œil n’y manquent pas et prolongent l’éventuel plaisir. Histoire de bien faire les choses, j’ai justement choisi de rafraîchir mes souvenirs surtout que je n’avais encore jamais testé le troisième et dernier volet. Aucun spoiler.

Il existe donc trois téléfilms formant cette trilogie. Tous durent une heure et demie et sont passés sur la chaîne étasunienne TNT un peu avant Noël.

  1. The Librarian: Quest for the Spear (Les Aventures de Flynn Carson : Le Mystère de la lance sacrée), diffusé le 5 décembre 2004
  2. The Librarian: Return to King Solomon’s Mines (Les Aventures de Flynn Carson : Le Trésor du roi Salomon), diffusé le 3 décembre 2006
  3. The Librarian: The Curse of the Judas Chalice (Les Aventures de Flynn Carson : Le Secret de la coupe maudite), diffusé le 7 décembre 2008

Malgré son âge maintenant assez avancé, Flynn Carsen – Carson en version française – continue d’user les bancs de l’université. Il a beau multiplier les diplômes et maints domaines de recherche, il semble incapable de sortir des quatre murs de cet établissement et entrer dans la vie active. Un de ses professeurs las de le voir aussi immature décide de le jeter dehors et de le forcer à se prendre en main. Contre toute attente, l’éternel étudiant réussit sans aucune difficulté à trouver un travail comme conservateur dans une bibliothèque. Il ne se doute pas que ce poste n’a rien de tranquille. Chasses au trésor, courses contre la montre et affrontements de forces naturelles rythment désormais son quotidien loin de tout repos. Si aux yeux des autres, dont ceux de sa mère rêvant d’une belle-fille, il n’est qu’un banal intellectuel caché derrière une montagne de poussière, il brave en vérité les dangers toutes les semaines de l’année !

Les trois téléfilms démontrent une qualité assez homogène, disposent des mêmes atouts et défauts, et répètent un unique canevas narratif. Le premier souffre d’une réalisation et d’incrustations franchement médiocres tandis que le dernier se perd dans quelques développements un peu trop fantastiques pour le genre, mais pour autant, l’ensemble s’avère globalement équivalent. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une fiction familiale décontractée ne se prenant pas au sérieux et assumant sans honte ses nombreuses lacunes. L’idée n’est pas d’en mettre plein la vue et de toute manière, le budget probablement limité ne le permet pas. Non, à la place le but est d’amuser en bonne compagnie, car une partie du charme de cet univers repose sur son protagoniste solidement incarné par le sympathique Noah Wyle (ER, Falling Skies). Flynn Carsen est, sur le papier du moins, le stéréotype de l’étudiant instruit manquant totalement de sens pratique et d’expérience de la vie. Plongé dans ses livres, il est assez déconnecté des autres et peine à entretenir une relation amoureuse convenable. Le scénario ne lésine pas sur les clichés du genre et se présente surtout comme une sorte de parodie de la fameuse franchise cinématographique Indiana Jones. Les références y pullulent, d’ailleurs, et participent à l’atmosphère plutôt rigolote.

Avec son nouvel emploi, Flynn se lance à la recherche d’artefacts magiques que de vils personnages tentent de s’approprier pour régner sur le monde, devenir puissants, etc. Bref, ceux-ci agissent comme de vrais méchants cupides et le conservateur veille au grain malgré ses propres doutes sur ses compétences physiques. Au fil des épisodes, il gagne en assurance et démontre de sérieuses aptitudes à se sortir de n’importe quelle situation, aussi fantasque et dangereuse qu’elle puisse être. L’écriture n’apporte aucune originalité aux histoires de cette trempe et ressemble souvent à un patchwork d’éléments disparates avec ces objets mystérieux issus de tous les mythes existants, ces luttes de pouvoir, ces supérieurs bienveillants (Bob Newhart) cachant certainement une partie de leur exacte nature, ces sectes grandiloquentes prêtes à tout pour atteindre leur but… Aucune surprise réelle ne vient troubler le scénario qui suit une formule déjà éprouvée depuis plusieurs décennies, ce qui ne favorise cependant pas un quelconque ennui parce que les répliques assez vives contrebalancent ces difficultés et ponctuent les péripéties rocambolesques. Forcément, Flynn étant incapable de se défendre seul, il faut lui associer quelqu’un susceptible de l’aider dans sa quête. C’est l’occasion d’y rencontrer trois femmes aux atouts différents. L’une (Sonya Walger – Lost) est sportive, la deuxième intellectuellement stimulante (Gabrielle Anwar – Burn Notice) et la troisième (Stana Katic – Castle) fort énigmatique. Amour, amitié et succession de visages connus alimentent ainsi les intrigues non dénuées d’incohérences et d’inepties presque attendrissantes.

Pour conclure, les téléfilms The Librarian se nourrissent de tous les codes et poncifs des récits aventuriers de la trempe d’Indiana Jones, quitte à en devenir parfois un petit peu indigestes, ridicules et sans franche identité. Le visionnage demeure malgré tout satisfaisant grâce à une courte durée, un sens de l’autodérision, un rythme savamment dosé, un humour truculent et moult péripéties divertissantes. Certes, apprécier les contes, légendes et autres mythes permet certainement de s’avérer bien moins critique et de tolérer ces écueils, dont cette gentillesse permanente, mais la générosité de l’ensemble plaît. Pour peu que l’on ait un faible pour les productions sans prétention choyant à la fois les courses au trésor, la dimension romantique et la bonne humeur, celle-ci ne déçoit donc pas et effectue plus que correctement son travail. Espérons que la série dérivée conserve cette fraîcheur, ce ton décomplexé et ne souffre pas d’un aspect trop répétitif.

By |2017-05-01T13:57:55+02:00février 8th, 2017|Séries étasuniennes, Téléfilms, The Librarians|0 Comments

CSI: Immortality | Les Experts (téléfilm)

Il y a plus de cinq ans, j’écrivais sur Luminophore douter reprendre un jour le chemin de CSI. La neuvième saison de cette production apparemment éternelle ne m’avait guère convaincue et je commençais à saturer du format procédural. Depuis tout ce temps, je m’en suis d’ailleurs totalement détachée ; l’époque où je me lançais à l’aveugle dans n’importe quelle série est révolue. Les téléspectateurs américains se sont eux aussi désolidarisés de cette franchise et, petit à petit, toutes les fictions dérivées ont disparu de l’écran. Actuellement, seule la récente CSI: Cyber est encore à l’antenne. Eh oui, après quinze années de normalement bons et loyaux services, CBS a choisi d’annuler CSI (Les Experts en France). Pour ne pas laisser un de ses anciens succès s’en aller en catimini, la chaîne a mis en chantier un téléfilm intitulé Immortality. D’une durée d’approximativement quatre-vingts minutes, soit deux épisodes habituels, il fut diffusé le 27 septembre 2015. Aucun spoiler.

Un homme à première vue banal entre dans l’un des casinos de Las Vegas et se fait exploser, causant ainsi plusieurs victimes. La propriétaire des lieux, Catherine Willows, décide de revenir de Los Angeles où elle travaille désormais en tant qu’agent du FBI. Pendant que Sara Sidle et ses collègues cherchent à lever le voile sur les agissements de ce possible terroriste, le nom de la fameuse Lady Heather apparaît. Quel est donc son rôle dans cette affaire prenant rapidement d’importantes proportions ? Ne faut-il pas contacter la seule personne capable de comprendre cette femme mystérieuse ? Il se trouve justement que Gil Grissom vient d’arriver dans la région après avoir parcouru les mers du globe.

Pourquoi retrouver CSI après l’avoir oubliée pendant environ six ans ? J’avais tout simplement envie de découvrir de quelle manière la série comptait s’en aller. Le format est tel qu’il n’est pas très compliqué de rattacher les wagons ensemble et de suivre sans problème l’intrigue. Qui plus est, même si j’ai fini par perdre l’intérêt pour les épisodes, j’ai conservé une certaine sympathie pour quelques-uns de ses héros et, surtout, pour l’adorable Gil Grissom. Je me suis donc dit que ce téléfilm représentait une excellente occasion de tourner la page et, qui sait, de voir si j’ai bien fait de couper les ponts vers 2009 ou 2010. Comme je m’en doutais, cet unitaire se visionne facilement et ne nécessite pas d’être au fait du contexte préalable pour y adhérer. Malheureusement, pour un final, cet Immortality ne marquera pas les esprits. En dehors du retour de quelques figures d’antan, il dispose d’un scénario traditionnel et manque d’étincelles pour provoquer un franc enthousiasme. Bien sûr, la réalisation se veut soignée et l’on sent comme d’habitude les moyens mis en œuvre, mais le public est en droit d’attendre un peu plus d’originalité et d’intensité pour un départ normalement définitif.

Quand j’ai arrêté CSI, Gil Grissom venait aussi de quitter le navire et, sans lui, l’intérêt avait disparu. Sara n’était plus là non plus, d’ailleurs, et elle n’est revenue que plus tard. Du coup, les revoir tous les deux et apprendre qu’ils ne sont plus mariés m’a un peu brisé le cœur, j’avoue. Immortality joue beaucoup sur leur relation et à l’instar des années passées, la production continue dans la subtilité pudique. Ce couple a toujours été avare en grandes effusions et, suite à certaines circonstances, ils ont divorcé jusqu’à ne plus finir par se parler. L’amour et le respect sont palpables, mais leur route s’est séparée à un moment donné. En insérant le retour de Lady Heather dans l’équation, c’est l’occasion pour ces deux individus de se montrer honnête l’un envers l’autre et avec eux-mêmes. Le téléfilm devrait probablement plaire aux amateurs de cette romance en filigrane ayant fait les beaux jours de la série, en dépit ici d’une écriture maladroite. Grissom, sinon, est égal à lui-même. Calme, pondéré, un peu étrange et délicieusement décalé, il retrouve la police scientifique en réalisant que tout a changé, bien que l’esprit subsiste. Les petits clins d’œil des bonnes vieilles aventures font plaisir et auraient pu être beaucoup plus importants, à l’instar du traitement inexistant des personnages secondaires.

Une bombe explose donc dans un casino, ce qui permet à Catherine et à Jim de revenir, eux qui avaient aussi disparu du paysage. La première dispose d’un matériel plus conséquent que le second, mais elle reste grandement en retrait. En dehors de son visage inexpressif terrifiant quiconque, l’unique élément amusant réside dans l’identité d’une jeune recrue gravitant autour d’elle qui, contre toute attente, ne nous est pas inconnue. Nick n’est pas une seule seconde mentionné. Que ce soit les rats de laboratoire, dont Hodges qui semble avoir maintenant le droit de sortir sur le terrain, le chef sur le départ campé par Ted Danson ou bien l’attachant Greg, ils se contentent ici d’une simple figuration. Bien sûr, ils ont, espérons-le, eu l’occasion de rayonner plus tôt, mais davantage de lumière et d’unité auraient été bénéfiques. De toute façon, ce n’était pas avec son épilogue que CSI atténuerait subitement ses lacunes inhérentes. Lady Heather n’est pas aussi vénéneuse qu’autrefois et il est tout de suite évident qu’elle n’est pas coupable de ces bombes, mais un catalyseur presque poussif du couple phare. Et, comme trop régulièrement, si l’on connaît un tant soit peu les acteurs récurrents de séries, le commanditaire de ces crimes saute vite aux yeux.

En résumé, le téléfilm clôturant CSI s’avère malheureusement assez fade et bien trop classique. Il ne donne pas l’impression de terminer quinze longues années d’activité à l’écran. Avec cette enquête superficielle s’apparentant à un prétexte pour ramener d’anciens visages, il souffre d’une grande prévisibilité. À la rigueur, le côté convenu du récit serait tolérable si les émotions, elles, se voulaient palpables. Or, malgré une ambiance plutôt propice à la romance, ce n’est pas le cas. Le visionnage n’en devient pas désagréable, car tout y est rondement mené, mais ce n’est pas cet Immortality qui fait regretter l’annulation de cette fiction aux ressorts définitivement usés.

By |2017-05-01T13:58:11+02:00mars 9th, 2016|CSI, Séries étasuniennes, Téléfilms|0 Comments