Terminator : The Sarah Connor Chronicles | Les Chroniques de Sarah Connor (saison 2)

Mais si voyons, je peux écrire un article deux ans après avoir regardé quelque chose. Comment ça, mes souvenirs sont très lointains ? Je ne sais pas si quelqu’un attendait cet article mais comme quoi, tout vient à point à qui sait attendre. Après tout, vu que la série traite de voyage dans le temps, on va dire que je m’accorde au sujet. De quoi je parle ? De Terminator : The Sarah Connor Chronicles, série désormais rangée au placard. Rappelons rapidement le contexte si vous le voulez bien. En lien direct avec les films Terminator, cette série est composée de deux saisons. La première a été raccourcie à neuf épisodes en raison de la grève. La seconde, qui est le thème de cette entrée, comporte 22 épisodes et fut diffusée entre septembre 2008 et avril 2009 sur la Fox. Terminator : The Sarah Connor Chronicles a été annulée par la chaîne américaine en mai 2009. De ce fait, la série ne possède aucune fin et se termine en plus sur un cliffhanger.
Comme cela est sous-entendu quelques lignes plus haut, j’ai regardé la saison en direct des États-Unis. Cela fait donc plus de deux ans que je l’ai terminée. Le temps a passé et plus les mois défilaient, plus moi je me défilais. J’ai envisagé un moment de la revisionner mais dans ce cas, je crains que cet article n’aurait jamais été publié et je tenais absolument à le faire. Je m’excuse donc si je reste très vague, il me reste une grosse impression générale. Vous allez me dire, cela me permettra peut-être de ne pas vous proposer quelque chose de trop long pour une fois. Aucun spoiler.

La première saison de Terminator : The Sarah Connor Chronicles est sympathique car elle met en avant des personnages plutôt attachants se débattant dans un univers hostile sous fond de robots voyageant dans le temps. Si elle manque un tant soit peu de profondeur, elle possède un certain potentiel. La saison deux reprend exactement là où on nous avait laissé. La séquence du début du season premiere est magnifique avec cette chanson interprétée par Shirley Manson et sa divine voix, le tout étant orchestré par Bear McCreary. Ces premiers moments mettent immédiatement dans l’ambiance et donnent le ton. Ils amorcent également l’arrivée d’un nouveau personnage incarné par la chanteuse de Garbage. Catherine Weaver est la PDG de ZeiraCorp, ou du moins, en apparence. À l’intérieur de son corps on retrouve un T-1001 venu du futur. Ses motivations sont troubles mais il est clair que sa dangerosité est à un très haut niveau. Les T-1000 sont les machines les plus sophistiquées de Skynet puisqu’elles permettent notamment de se liquéfier et d’opter pour l’apparence qu’elles désirent ou encore de dupliquer n’importe quelle voix. L’androïde a pris la place de la véritable Catherine Weaver et dirige ainsi la compagnie tout en mettant au point ses propres recherches. C’est également elle qui emploie désormais Ellison, toujours sur l’affaire Cromartie. Ambivalente, elle fait froid dans le dos car elle n’a rien d’humain. Si Shirley Manson n’est pas une actrice à la base, elle se débrouille ici assez correctement et réussit à interpréter ce personnage angoissant et presque terrifiant. Son attitude avec la véritable fille de Catherine est d’ailleurs particulièrement source de malaise, le robot ne possédant évidemment aucun instinct maternel. Au fil des épisodes, on découvre qu’elle effectue plusieurs expériences dans le but de créer une intelligence artificielle la plus parfaite possible. Si la saison une ne faisait que survoler certaines thématiques de science-fiction, celle-ci ne les évite pas et ne cherche jamais la facilité.

Les épisodes constituant cette saison prennent leur temps, ralentissant ainsi le rythme. Cela ne signifie pas pour autant que l’on s’ennuie et que l’histoire n’avance pas, bien au contraire. La saison prend le temps de poser ses intrigues, de les travailler et de les densifier. Elle n’hésite pas à casser la routine et à proposer des éléments plutôt originaux, quitte à être parfois maladroite. Particulièrement riche, elle ne laisse pas passer grand-chose. En plus de faire réfléchir sur des thématiques comme justement l’intelligence artificielle ou le lien entre l’homme et la machine, elle ne lésine pas sur la psychologie de ses personnages. Portant le titre de la série sur ses épaules, Sarah ressemble de plus en plus à la Sarah de Terminator II. Il est vrai qu’elle est bien moins agressive mais on ressent toute la dimension fragile de l’héroïne. Elle ne se sait plus sur qui compter et en vient même à se demander si son esprit est fiable. L’unique point réellement faible de la saison est justement lié à ce protagoniste et à son obsession pour les trois points. À ce moment, vers le début de la deuxième moitié de la saison, l’intrigue se dilue et on a hâte de retourner au sujet principal. Lena Headey est toujours très bien mais Sarah elle, nous ennuie un peu.

John Connor prend son envol dans ces épisodes. On commence à voir en lui le futur leader. Thomas Dekker effectue en plus un excellent travail et parvient à montrer toute la dualité du personnage. Adolescent, il aimerait pouvoir vivre comme tous les jeunes de son âge et profiter de la vie. Mais il doit toujours fuir, affublé de son androïde garde du corps. L’arrivée de Riley, jouée par Leven Rambin (Grey’s Anatomy) lui permet au départ de s’évader de son quotidien. Riley est à première vue une jeune fille paumée allant de maison d’accueil en maison d’accueil. Toutefois, elle cache bien son jeu et sera à l’origine de plusieurs surprises.
Cameron est évidemment toujours présente et veille sur John du mieux qu’elle peut. Là où cette saison transcende la première est que l’androïde évolue. Ayant eu plusieurs soucis suite à des combats, certains de ses composants doivent être changés. Et c’est ainsi qu’elle développe une réelle personnalité, se rapprochant d’une humaine. Sauf que nous savons tous qu’il y a du métal sous sa peau synthétique. Est-elle réellement sincère ou manipulatrice ? Summer Glau est parfaite dans ce rôle, tout simplement. La relation entre John et Cameron est très particulière et est également à l’honneur au cours des épisodes. Limite incestueuse, les frontières entre les deux sont floues et la véritable nature du robot n’aide en rien.

La saison deux marque le retour de Derek, toujours incarné par Brian Austin Green qui se révèle littéralement au cours de cette série. Si la dynamique qui le lie à John est évoquée à plusieurs reprises, les épisodes sont surtout l’occasion d’en apprendre davantage sur son passé au contact de Jesse, nouvelle arrivante dans la série. Portant les traits de la superbe Stephanie Jacobsen (Battlestar Galactica), cette dernière vient du futur et manigance dans son coin afin de faire tomber tous les robots. Elle a été très proche de Derek. Les deux auraient pu avoir une vie tranquille si leur existence n’avait pas été autant parasitée par Skynet. Jesse n’est plus stable, psychologiquement parlant, et devient un des principaux antagonistes de la saison. De toute manière, presque tous les protagonistes de la série sont brisés et tentent de vivre en composant de manière parfois très bancale avec leur passé / présent / futur.

En définitive, l’ultime saison de Terminator : The Sarah Connor Chronicles est intelligente et a parfaitement réussi à développer une intrigue riche et maîtrisée. Sans être excellente, elle n’en demeure pas moins intense, sombre, dure, complexe et n’hésite pas à développer des personnages ainsi que leurs dynamiques de manière à les rendre profonds et graves. En deux saisons, la série a montré qu’elle possédait sa propre identité et une ambiance pré-apocalyptique intéressante. Il est encore une fois extrêmement frustrant que la suite n’existe pas tant les dernières minutes de la série sont tout particulièrement étonnantes et à l’origine de nombreuses questions plus que stimulantes. Bref, encore merci à Fox.

Terminator: The Sarah Connor Chronicles | Les Chroniques de Sarah Connor (saison 1)

Alors que je n’ai même pas encore écrit les reviews de saisons de deux excellentes séries (j’y peux rien, je bloque, trop de choses en tête sur elles), il sera question aujourd’hui d’une nouvelle série qui a vu sa première saison diffusée cette année. Tout comme pour Moonlight, je ne l’ai pas regardée « en direct » mais ces dernières semaines. Parlons donc de Terminator: The Sarah Connor Chronicles. Le pilote était disponible l’été dernier mais je ne m’étais pas penchée dessus. Les critiques étaient assez mauvaises à l’époque et on ne peut pas dire que la saison une ait fait grand bruit sur le net, ni ailleurs en fait. Les audiences sont moyennes, huit millions environ, mais la série sera de retour en septembre pour une saison deux.
Diffusée dès janvier sur Fox, Terminator: The Sarah Connor Chronicles ne comporte que neuf épisodes. C’est encore une victime de la grève des scénaristes, la saison aurait dû être plus longue. Par conséquent, le season finale n’est pas un season finale au sens strict du terme puisque d’autres épisodes étaient supposés remplir la saison. Il n’est certainement pas nécessaire de présenter Terminator, tout le monde doit au moins connaître de nom les films de James Cameron. Personnellement, je dois dire que j’aime beaucoup l’univers et je suis une grande fan du second opus. Et pas que parce que j’adore Edward Furlong. De ce fait, malgré les critiques peu élogieuses j’ai voulu donner une chance à la série. Apparemment elle a été achetée par TF1 mais savoir quand elle sera diffusée est une autre affaire. Aucun spoiler.

Terminator: The Sarah Connor Chronicles ne dépeint pas un univers plus ou moins différent des films, bien au contraire. La série se situe après les deux premiers films, lorsque John a 15 ans. Le petit souci c’est que vu qu’il s’agit d’une suite, les personnages se doivent d’être cohérents avec leur version grand écran. Si pour John (incarné par Thomas Dekker –Heroes-) ça passe assez bien, c’est moins le cas pour Sarah. Lena Headey est plutôt correcte dans ce rôle mais elle n’a pas le charisme de Linda Hamilton. Et surtout, la Sarah Connor de la série est un tant soit peu trop pépère. En tout cas, pour ma part j’espérais un peu plus de perte de contrôle d’elle-même. Sinon, je ne peux pas trop dire être incollable sur les films d’autant plus que je les ai vus (ou revus) il y a un petit moment et je ne me souviens plus très bien en détails. Est-ce que la série est à 100% cohérente ? Aucune idée. Une chose est sûre c’est que l’histoire de la série se rattache bien aux films. Toutefois, il me semble que les sauts dans le temps ne peuvent être effectués dans les versions cinématographiques. Si l’on se base uniquement sur Terminator: The Sarah Connor Chronicles on retrouve quelques ratages. Cameron, un des robots, est semblable aux humains dans le pilote, alors qu’après elle ne montre pas une grande capacité à paraître humaine. C’est dommage mais ça laisse supposer qu’on la verra probablement s’humaniser au fur et à mesure des épisodes. Espérons-le car les robots qui essayent de nous ressembler sont généralement plus intéressants que ceux qui ne sont que des machines pures et dures. En neuf épisodes la série n’a pas trop le temps -ou ne le prend pas- pour développer cette idée et c’est regrettable. Côté ratage, ce qui m’a le plus fait sourire c’est que les scénaristes ne doivent pas être bons en génétique. Comment un enfant peut-il avoir un groupe sanguin AB si sa mère est O ?

Du point de vue des personnages et des acteurs, Summer Glau (Firefly) incarne Cameron, un robot qui aide John. C’est un bon choix car du point de vue de sa physionomie, rien ne laisserait penser qu’elle abrite à l’intérieur d’elle un endosquelette et qu’elle peut défoncer des murs à vitesse grand V. Summer Glau n’est pas toujours excellente mais en incarnant un robot dépourvu d’émotions elle n’a pas grand-chose à faire. À ce propos, les scènes de combat entre cyborgs sont toujours sympathiques car ils sont tellement « neutres » au niveau des expressions que c’est drôle. Ou flippant. Ou les deux en même temps.

Le scénario est correctement ficelé. Il y a un toutéliage bien fichu et maîtrisé. Si les passages où John est au lycée semblent un peu dépareiller, on peut penser qu’il s’agit là d’un problème de la grève. Avec plus d’épisodes on aurait peut-être su davantage de choses sur les dessins sur les murs ou la fille qui est cloîtrée chez elle. À vrai dire, Terminator: The Sarah Connor Chronicles ne se perd pas dans les intrigues et va généralement à l’essentiel. De ce fait, la série est efficace et l’ennui n’est pas là.

Terminator: The Sarah Connor Chronicles offre une première saison sympathique. Elle ne casse pas des briques mais l’ambiance, les petites touches d’humour et l’univers donnent envie de s’y intéresser. Il y a pas mal d’action évidemment, mais moins que ce à quoi on pourrait penser. Bref, ce n’est pas la série de l’année mais en neuf épisodes on n’a pas le temps de s’ennuyer et elle passe très bien le temps. Honnêtement, j’ai quand même du mal à croire que la série dépassera le cadre de divertissement. Le fait qu’elle soit sur Fox n’aide pas, il y a de grandes chances que ça ne vole pas très haut et qu’il n’y ait une réflexion si poussée que ça. Dommage car le potentiel est plus que présent. Le cliffhanger de fin de saison est risible, on va être gentil et laisser ça sur le compte du manque d’épisodes. Cela dit, ce fut un très grand plaisir que de revoir Dean Winters (Oz) et peut-être pour certains Brian Austin Green (Beverly Hills 90210). Pour ne rien gâcher, Shirley Manson débarque dès la saison deux dans un rôle régulier. Je dois avouer être curieuse de voir la chanteuse de Garbage à l’œuvre.