(Comic) The Middleman: The Doomsday Armageddon Apocalypse

Après avoir adoré la série The Middleman, il était évident que je n’allais pas vouloir laisser tomber l’univers comme une vieille chaussette sale. Rappelons brièvement que cette fiction étasunienne est inspirée du comic book du même nom créé par Javier Grillo-Marxuach. C’est d’ailleurs lui qui s’est aussi occupé de la version télévisée. Malheureusement, après douze petits épisodes diffusés sur ABC Family courant 2008, elle a été annulée. De manière à satisfaire les fans et parce qu’il avait encore un script non produit sous la main, Grillo-Marsuach a publié sous forme d’un comic un épisode inédit, soit le treizième et dernier de la première saison. Il s’agit de The Middleman: The Doomsday Armageddon Apocalypse ; l’ouvrage semble introuvable à l’heure actuelle, sauf si l’on est prêt à se délester d’une somme très conséquente en occasion ; les petits malins penseront à opter pour une autre solution de manière à pouvoir tout de même lire les ultimes aventures de Dub-Dub et les autres. Sorti aux États-Unis le 31 juillet 2009, il comporte 72 pages et a été dessiné par Armando M. Zanker. Puisqu’il s’agit de la suite de la série, le physique des personnages se base sur celui des acteurs ; à noter que les comics antérieurs à la production télé sont illustrés par Les Mcclaine et les visages y sont donc quelque peu différents. En 2009, lors du Comic Con, les acteurs ont lu le script original et par chance, il est possible d’écouter tout ça sur Youtube. Bien que cela paraisse évident, il vaut mieux le préciser : la BD est à lire après avoir regardé la série. Aucun spoiler.

The Middleman et Wendy se retrouvent lancés dans une nouvelle aventure haute en couleur où un être maléfique semble, encore une fois, vouloir conquérir le monde entier. Naturellement, leur vie personnelle vient également s’en mêler et compliquer une situation déjà fortement explosive.

Bien qu’à l’origine The Middleman ait été couché sur papier, il est probable que beaucoup de ceux ayant découvert cette fiction l’ait connue à travers la télévision. Pour cette raison, il est légitime d’être quelque peu anxieux en débutant ce comic. Tout le monde sait parfaitement que la narration et les principaux codes de ces deux médias sont différents et requièrent un travail d’adaptation assez pointu. L’esprit vivant et délicieusement décalé va-il parvenir à se montrer convaincant ? Le scénario arrivera-il à être solide et intéressant ? La première page étant à peine lue que toutes les craintes tombent rapidement. The Doomsday Armageddon Apocalypse possède indiscutablement cette identité propre à The Middleman. Les références à la culture populaire foisonnent à n’en plus savoir qu’en faire, l’humour est pétillant et plutôt extraordinaire, il y a une sacrée dose d’action, et les dialogues sont très bavards et truffés de répliques colorées. De même, il existe toujours ces informations cocasses sur les lieux ou sur ce que font les personnages et qui étaient affichées à l’écran dans la série télé. L’histoire continue en fait sur la lancée amorcée par les douze épisodes précédents. Comme d’habitude, The Middleman et Dub-Dub doivent ainsi sauver la planète d’un mégalomane pas si inconnu que ça et dont on se doutait déjà qu’il allait donner du fil à retordre aux héros. Sur leur chemin, ils rencontrent à nouveau la succube Roxy et, aussi incroyable que cela puisse être, le vrai nom du Middleman, l’origine de sa mission et l’identité de la mystérieuse femme dont il serait amoureux sont révélés. En d’autres termes, le comic répond à plusieurs questions bien qu’il soit au final assez dommage que l’on ne saura jamais ce qu’il en est du père de Wendy. Il paraît assez évident qu’il n’est pas qu’un simple parent démissionnaire. Dans tous les cas, si l’atmosphère est survitaminée et que le rythme est endiablé, les planches n’oublient absolument pas d’y injecter de la romance, de l’amitié et une forte teneur émotionnelle. La conclusion est effectivement très douce-amère et fait beaucoup de mal au cœur. Enfin, quid des illustrations ? Le trait de crayon d’Armando M. Zanker n’est pas du tout désagréable et il est très facile de reconnaître les acteurs derrière ces dessins en deux dimensions ; Matt Keeslar y a tout de même un visage trop carré. Les couleurs et le découpage des planches sont très sympathiques et permettent sans aucun problème de rappeler au lecteur l’univers chatoyant.

Au final, difficile de trop en dire sans dévoiler l’intrigue de The Doomsday Armageddon Apocalypse. Ce qu’il faut retenir est que ce comic réussit parfaitement à utiliser la recette de la série télévisée en y associant de l’humour cocasse, des références, de l’aventure, de personnages attachants, des émotions et une sacrée dose de dynamisme. En d’autres termes, la lecture est extrêmement plaisante et il va de soi que si l’on a apprécié les douze épisodes précédents, il est plus que conseillé de tester cet ouvrage permettant de prolonger l’expérience et de répondre à quelques questions laissées en suspens.

Par |2020-04-03T18:00:10+02:00mars 16th, 2013|Séries étasuniennes, The Middleman|6 Commentaires

The Middleman (série complète)

Comme toujours, puisque l’on n’a jamais le temps de tout regarder, il est nécessaire de faire des choix. Parfois on se dit qu’on rattrapera plus tard, parfois on laisse tomber parce qu’en fait, la série ne nous semble pas très engageante. Grâce au livre Les Autres Séries de Critictoo, j’ai décidé de donner sa chance à une production qui ne m’avait pas intéressée lors de sa diffusion : The Middleman. À l’origine, The Middleman est un comic book écrit par Javier Grillo-Marxuach. À noter qu’il est toujours en cours à l’heure à laquelle ce billet est posté. C’est Grillo-Marxuach, connu également pour avoir travaillé sur le scénario de plusieurs épisodes de Lost, Charmed et Medium, qui a lui-même créé et développé sa propre adaptation pour la télévision. Compte tenu des audiences très faibles, la commande des treize épisodes devant constituer la première saison a été réduite à douze d’une quarantaine de minutes. Ils furent diffusés entre juin et septembre 2008 sur ABC Family. Ce n’est qu’en février 2009 que l’annulation de la série fut officielle ce qui fait qu’elle ne comporte donc qu’une toute petite saison. Toutefois, le treizième épisode jamais tourné existe sous la forme d’un comic book, The Middleman : The Doomsday Armageddon Apocalypse, et fait office de series finale. Pour l’occasion, les personnages ont le physique des acteurs. Il n’existe pas de version française du comic à ce jour. J’ai dans l’idée de l’acheter et quand je l’aurai lu, j’en parlerai bien évidemment sur Luminophore. Aucun spoiler.

Wendy Watson, la vingtaine, est recrutée par hasard par une agence secrète combattant les forces du mal, que ces dernières possèdent des super-pouvoirs ou qu’elles proviennent d’une autre galaxie.

Sans aucun doute, The Middleman est une série extrêmement atypique ne pouvant plaire à tout le monde. Ce n’est d’ailleurs que peu étonnant qu’elle n’ait pas trouvé son public tant elle change radicalement de ce qu’il se fait sur les ondes. Il est d’autant plus incroyable que sa chaîne fut ABC Family, celle qui apprécie la morale bien pensante et le paternalisme chrétien. Il est logique d’être moyennement tenté de se lancer dans une série annulée en cours de route. Après tout, pourquoi s’y investir alors que l’on n’aura jamais de réelle fin ? D’une, il en existe une sous format papier pour The Middleman et de deux, la série possède presque des épisodes indépendants reposant à chaque fois sur la même formule. En d’autres termes, si frustration il y a en terminant le douzième épisode, elle provient du fait qu’on aurait aimé en voir plus et non pas car on se ronge les sangs de savoir ce qu’il se passe après. The Middleman ne doit donc pas être boudée pour son avortement hâtif. En plus, nous savons tous que ce n’est pas parce que le couperet fatidique tombe très tôt que la qualité n’est pas au rendez-vous. Les douze épisodes possèdent ainsi un côté formula qui aurait pu se révéler répétitif au fil du temps puisque la mécanique est toujours strictement identique. Cela dit, comme la série n’aura jamais eu le temps de durer, on ne sent en aucun cas l’aspect rébarbatif. Chaque épisode consiste en une enquête très particulière de l’agence secrète où ses membres tentent de lever le voile sur un crime. Tandis qu’ils combattent le mal, ils continuent en même temps de côtoyer leurs connaissances et à la fin des quarante-minutes, le problème est résolu. Bref, on a vu des milliers de séries de ce genre mais ce qui permet à The Middleman de se détacher de la masse est son ambiance et son ton.

Alors qu’elle s’ennuie durant son travail de réceptionniste, Wendy Watson, une artiste accumulant les boulots alimentaires pour vivre de son art, est recrutée par The Jolly Fats Wehawkin Temp Agency, une organisation secrète ayant décelé chez elle la capacité de rester calme face à des situations extraordinaires. Pour faire simple, si jamais il lui arrive de se retrouver face à un monstre venu d’on ne sait où, elle ne crie pas et fait preuve de détachement. Sans trop savoir comment, elle devient le sidekick de The Middleman, un homme arborant un costume de nazi d’Eisenhower combattant le mal pour que nous, nous n’ayons pas à le faire. Véritable super-héros des temps modernes, il ne se passe pas une journée sans qu’il ne brave le danger. N’ayant rien à perdre et étant curieuse de nature, Wendy accepte ce poste très secret dont elle ne doit parler à personne et pénètre dans ce monde risqué mais aussi, définitivement coloré et excentrique. The Middleman aurait pu être une série extrêmement sérieuse où la Terre s’apprête à exploser toutes les secondes à grands renforts d’effets dramatiques. Or, elle prend totalement le téléspectateur à contre-pied car si notre planète peut être à tout moment au bord de l’explosion, pas une seule fois le scénario en devient tragico-catastrophique. C’est même tout le contraire. En multipliant les situations improbables voire totalement ubuesques, en appuyant ses délires excessifs via la mise en scène et la bande-son, en utilisant les stéréotypes et autres caricatures pour les détourner ainsi qu’en y insufflant un registre humoristique pince-sans-rire truffé de références omniprésentes à la pop culture, le résultat est totalement décalé et presque surréaliste. Là où la série devient brillante est qu’elle ne se prend pas une seule fois au sérieux et est quasi voire totalement parodique. Wendy rencontre dès lors un boys band extraterrestre, des zombies, des succubes, des truites assoiffées de chair fraîche, des fantômes, des vampires-marionnettes, un singe-savant passionné de cinéma noir ou encore des luchadors. Les méchants sont parfois très méchants ou stupides et bien sûr, ils sont systématiquement vaincus. Chaque épisode, en plus de porter un titre extra dans son genre (The Ectoplasmic Panhellenic Investigation, The Obsolescent Cryogenic Meltdown, The Manicoid Teleportation Conundrum, etc.), est dédié à une thématique spécifique faisant appel à des univers connus des fans de science-fiction et de fantastique. Sur certains points, l’ensemble ressemble assez à Men in Black (ou à Dr. Horrible’s Sing-Along Blog dans une certaine mesure) même si ici, le kitsch est fort présent et totalement assumé. Ajoutons-y des dialogues débités à toute vitesse, des savoureuses expressions inventées, des gros mots bippés ou encore des informations écrites à l’écran favorisant le second degré et il est facile d’être charmé – à partir du moment où l’on apprécie l’excentricité et la loufoquerie, bien sûr. The Middleman utilise en fait les codes des comics books et réussit parfaitement à les intégrer à la télévision. Au final, les épisodes sont définitivement fun à regarder étant donné que le rythme est très enlevé, les répliques croustillantes à souhait et parce que l’on ne voit jamais le temps passer tant on rit, on s’amuse face aux gimmicks (My plan is sheer elegance in its simplicity !) et on se plaît à tenter de déceler le maximum de références.

Outre son atmosphère kitsch et décalée, The Middleman propose une galerie de protagonistes principaux et secondaires bien développée et plus qu’attachante. Si la série porte son nom, The Middleman n’est pas réellement le héros mais dans le cœur des téléspectateurs, il a tout pour devenir un des chouchous. Il est devenu Middleman après avoir été choisi par l’ancien Middleman et tout comme ce dernier, il ne sait rien de l’organisation, O2STK (Organization Too Secret To Know), qui lui offre tous ses gadgets super sophistiqués – attendez, ils avaient Internet dans les années 1970 ! Droit, fidèle, patient et véritable gentleman, le Middleman actuel semble impossible à corrompre et prend son travail très au sérieux. Après tout, le sort du monde repose sur ses épaules et il faut bien remplir le cahier des charges habituel. Toujours habillé de son costume tiré à quatre épingles, il compte sur son assistante, la grincheuse Ida (Mary Pat Gleason) qui est en réalité… un androïde ! Comme tout héros qui se respecte, il a sa Middle-mobile, son Middle-gun, sa Middle-watch et une vie très mystérieuse puisqu’on ne sait rien de lui. Ah si, il adore le lait. C’est Matt Keeslar qui lui offre ses traits et il effectue un excellent travail rendant son personnage adorable. The Middleman décide ainsi de recruter son successeur et son choix se porte sur Wendy, devenant par la suite sa partenaire de choc. Artiste, elle semble être l’opposée du Middleman étant donné qu’elle est impétueuse et a tendance à fonder dans le tas avant de réfléchir. Natalie Morales l’incarnant la rend à la fois sexy, futée et intelligente. Le point éminemment positif et rafraichissant de la série, celui qui fait vraiment un bien fou, est que pas une seule seconde le scénario n’installe une dynamique amoureuse entre les deux. Il n’y a absolument aucune ambiguïté. Veillant l’un sur l’autre, ils finissent par s’apprécier grandement, devenir de vrais amis voire plus car l’un voit en l’autre une petite sœur et l’autre un père. Ils sont très touchants et délicieux à leur manière.

The Middleman s’attarde certes sur les intrigues interstellaires et galactiques mais la série n’oublie aucunement la dimension plus personnelle de Wendy, la véritable héroïne de la série. Elle développe grandement les sentiments, le fait parfois à grands renforts de propos gentillets, mais comme le tout est entouré d’une folie ambiante, ce n’est pas un problème. À vrai dire, l’ensemble est définitivement mignon. N’arrivant jamais à détacher sa vie professionnelle de la personnelle, Wendy amène souvent ses problèmes de boulot chez elle et réciproquement. Naturellement, le résultat s’avère quelque peu chaotique. Elle vit dans un loft avec sa meilleure amie, Lacey Thornfield, jouée par la jolie Brit Morgan à mille lieues de son rôle dans True Blood. Celle-ci surnomme Wendy Dub-Dub ou Dubbie, appellation que reprennent la plupart des personnages. Pétillante et campée sur ses positions, Lacey n’hésite pas à se placer en hors-la-loi pour manifester son mécontentement face à la non-protection des animaux. L’amitié entre les deux est très joliment mise en scène et se révèle être un moteur plutôt important des épisodes. Lacey finit par ne plus trop se poser de questions en voyant sa meilleure amie s’envoler vers son travail à toute heure du jour et de la nuit. Il faut dire qu’elle est tellement sous le charme du Middleman, qu’elle surnomme Sexy Boss et Pillow Lips, qu’elle se laisse assez facilement apprivoiser. Et quant au Middleman, Lacey ne le laisse clairement pas indifférent… Les deux jeunes femmes sont amies avec Noser (Jake Smollett), le guitariste nonchalant cachant un terrible secret susceptible de ruiner sa crédibilité. À côté de tout ça, quelques autres figures apparaissent régulièrement et sont toutes hautes en couleur telles que Pip, le fils du propriétaire de l’immeuble n’en ratant pas une pour être méchant, les différents Interrodroid ou encore Tyler (Brendan Hines – Lie to Me) qui prendra de l’importance vers la fin. Ajoutons-y plusieurs invités dans des rôles truculents et désopilants comme Mark Dacascos (The Crow : Stairway to Heaven) en tant que Sensei Ping, Kevin Sorbo (Hercules : The Legendary Journeys), Todd Stashwick (The Riches) ou encore Mark Sheppard (Supernatural, Battlestar Galactica).

Au final, The Middleman est une série possédant une vraie identité avec son univers coloré, très fantaisiste, jouant totalement la carte de l’excentricité et du kitsch assumé. S’il est clair qu’elle n’est pas à destination de n’importe qui, ceux appréciant les mondes franchement décalés faisant preuve de second degré et n’hésitant pas à inclure des références à la pop culture absolument partout devraient être charmés par cette curiosité inventive. Grâce à son dynamisme, ses attachants personnages, sa sincérité, ses dialogues ciselés et son humour quasi perpétuel, cette production rapidement avortée s’approprie totalement l’univers des comics pour s’en amuser. Difficile alors de cacher sa joie devant l’entrain de ces agents secrets prêts à sauver le monde des monstres en tous genres sortis tout droit de l’univers SF et fantastique. Ce coup de cœur personnel est à consommer sans modération !

Par |2017-05-01T13:59:40+02:00novembre 28th, 2012|Séries étasuniennes, The Middleman|8 Commentaires