The Originals (saison 4)

Maintenant que The Vampire Diaries a quitté l’antenne, il ne reste plus de cet univers que The Originals. Cependant, celle-ci devrait aussi s’en aller cette année. En attendant, place à sa quatrième saison, diffusée sur The CW entre mars et juin 2017. Contrairement aux précédentes, elle a sacrément été raccourcie puisqu’elle ne comporte que treize épisodes. Aucun spoiler.

Cinq ans se sont écoulés depuis que Marcel a vaincu les Mikaelson. En l’absence de cette famille toxique, La Nouvelle-Orléans retrouve sa prospérité. Sorcières, vampires et humains cohabitent désormais dans une certaine harmonie. Mais évidemment, cette tranquillité relative ne peut durer. Hayley, retranchée dans le bayou, tente tant bien que mal de sauver ses proches tandis que Klaus s’enfonce dans la dépression, emprisonné par celui qu’il a toujours considéré comme un fils. Rapidement, la tendance s’inverse et les Originels réapparaissent pour le pire comme pour le meilleur. Contre toute attente, la production change cette fois quelque peu de fusil d’épaule et a l’excellente idée de ne pas retomber dans ses travers narratifs. Effectivement, si la question des trahisons et des complots n’est bien sûr pas totalement écartée, l’intrigue générale décide plutôt de jouer la carte de la collectivité. Pour survivre et protéger une ville qui leur tient tous à cœur, les différentes factions y résidant n’ont guère d’autre choix que de se serrer les coudes. Les Mikaelson ne représentent pas forcément les pions à abattre, car une menace plus grande et insidieuse survient : le Néant. Cette entité mystérieuse possède de sérieux atouts, dont une force magique prodigieuse et une capacité à prendre le contrôle de la plupart des individus. Sacrifices d’enfant, rêves prophétiques, manipulations et réminiscences de douloureux évènements figurent au programme de ce qui s’annonce comme une lutte sans merci.

Avec seulement treize épisodes, The Originals ne s’embarrasse pas de rebondissements annexes et va directement à l’essentiel. En ça, le rythme conserve un bon tempo et l’histoire avance de manière homogène en dépit de quelques développements plus discutables. La fiction cherche à approfondir tous ses personnages et plus particulièrement une des dernières arrivées, Freya. Jusqu’à présent, cette sœur disparue se bornait à la place d’un artifice sorcier, fort pratique pour ramener les morts et aider sa fratrie in extremis. Pour le coup, ses capacités ne sont pas suffisantes face à ce Néant décidément coriace et vicieux, lui qui réussit à titiller les tourments et doutes des héros. Mais au-delà de ses liens familiaux, Freya se voit offrir une dimension plus humaine, plus détachée des Mikaelson, avec l’arrivée de Keelin (Christina Moses) qui éveille en elle des sentiments inédits. Si toute cette partie ne soulève pas les foules et s’avère quelque peu gratuite et préfabriquée, elle ne fait pas de mal et continue de symboliser l’ouverture d’esprit de The Originals. Il n’empêche que Freya manque de chaleur et ne parvient pas à s’installer au même niveau que ses frères et sœurs. À ce propos, ceux-ci semblent tous progressivement changer. L’époque où ils tuaient impunément, provoquant de terribles dommages collatéraux, est révolue. Quelques-unes de leurs victimes de naguère viennent se venger, mais elles sont plus là pour dépeindre l’évolution des Mikaelson. La quête de rédemption, d’un apaisement, les anime grâce à Hope, petite fille portant bien son prénom. L’épilogue s’armant d’une belle touche mélancolique aurait d’ailleurs pu être celui de la série. Espérons que la vraie fin saura se montrer aussi satisfaisante.

Grâce à ce bond temporel bienvenu, l’enfant de Klaus et de Hayley a grandi et se révèle capable de réfléchir. Éveillée, adorable et innocente, elle abrite en elle des pouvoirs insoupçonnés attirant le Néant. La saison s’attache certes à protéger La Nouvelle-Orléans des attaques pernicieuses de cet antagoniste tentaculaire, mais surtout Hope (Summer Fontana), réel joyau des Mikaelson. Ils sont prêts à déplacer des montagnes pour elle, quitte à se séparer de tout ce qui leur est cher, de tout ce qui compose leur existence depuis des millénaires. Voir ces protagonistes faire preuve d’un tel dévouement, d’un véritable sacrifice, illustre leurs progrès et le fait que The Originals travaille assez correctement son matériel. Cette saison met en effet à l’honneur cette envie de se transcender, d’aller de l’avant et de ne pas persévérer dans les attitudes néfastes d’autrefois. Les personnages ne perdent en rien de leur verve et la série n’oublie jamais de rappeler leur monstruosité, mais la roue tourne. Klaus se découvre une fibre paternelle et protectrice, Elijah souffre de constater que sa relation avec Hayley ne s’annonce pas si aisée, la louve-garou réalise l’étendue de son triste héritage parental, Kol erre comme une âme en peine après le décès de Davina, Rebekah s’interroge sur ses sentiments pour Marcel. Ce dernier reprend des couleurs en roi de La Nouvelle-Orléans et parce qu’il sait, contrairement à ses créateurs, faire table rase du passé et écraser ses ambitions intimes. Sa dynamique avec Vincent apporte aussi un peu d’humour et de sympathie, tout comme la présence de l’adorable Josh qui mériterait plus d’exploitation. Les épisodes se suivent, laissent une impression assez positive et profitent à la fois de l’ambiance de la ville, du tempérament volcanique des personnages et de leur bagage considérable.

Pour conclure, cette quatrième saison de The Originals bénéficie de son raccourcissement pour aller directement à l’essentiel, tout en n’oubliant évidemment jamais d’illuminer les tourments de ses héros contrastés. Plutôt bien amenée et construite, elle a en plus la qualité de ne plus limiter ces derniers à leurs affres millénaires, mais de délivrer une menace plus globale et inquiétante. Le sens de la famille n’a jamais été aussi fort et les Mikaelson acceptent petit à petit la possibilité de se dévouer corps et âme à autrui, de racheter leurs actes de jadis, quitte à perdre au passage leurs privilèges. Grâce à cette atmosphère létale et imprévisible ainsi qu’à l’attachement pour cet univers, le visionnage en devient satisfaisant. Souhaitons que la suite et fin poursuive cette lancée menant vers une rédemption où l’amertume côtoie la chaleur humaine.

By |2018-01-20T15:07:07+01:00janvier 24th, 2018|Séries étasuniennes, The Originals|0 Comments

The Originals (saison 3)

Si sa grande sœur vient de définitivement quitter l’antenne, la poursuite de The Originals a été annoncée il y a quelques jours. Mais avant tout ça, il convient de parler ici de sa troisième saison constituée de vingt-deux épisodes passés sur The CW entre octobre 2015 et mai 2016. Notons que la quatrième, toujours en cours de diffusion, a été sacrément raccourcie. Aucun spoiler.

Bien que plusieurs mois se soient écoulés depuis leur terrible confrontation contre leur tante Dalhia, Klaus et Elijah continuent de se disputer. Et pour cause, l’hybride semble se ficher royalement de la malédiction pesant sur Hayley qui, désormais, ne retrouve son corps d’humaine qu’à la pleine lune. Comme d’habitude, il se montre sans remords et agit à sa guise. Freya tente tant bien que mal de tempérer les ardeurs de ses frères jusqu’à ce qu’une ancienne connaissance arrive à La Nouvelle-Orléans, suivie de deux autres bien décidées à bouleverser le quotidien des Mikaelson. Cette nouvelle saison de The Originals délivre sur un plateau une prophétie annonçant l’anéantissement de ses héros d’ici un an. La série aime visiblement cette carte scénaristique puisqu’elle l’utilise un peu trop souvent. Si Klaus et le reste de sa fratrie ne la prennent au départ guère au sérieux, notamment parce qu’ils sont normalement immortels, ils finissent par s’en inquiéter et chercher à la briser. Les vampires sachant maintenant que lorsqu’un Originel trépasse, toute sa descendance décède également, l’atmosphère s’alourdit et souffle un vent allant crescendo de paranoïa et d’anxiété. Cette épée de Damoclès représente le principal fil rouge de ces aventures inédites mettant bien sûr en avant les dissensions latentes au sein de cette famille dysfonctionnelle, mais aussi une lutte ouverte entre les différentes lignées. Effectivement, plusieurs individus essayent de défendre la survie de leur créateur, voire d’éliminer les potentiels ennemis. Pendant ce temps, outre des électrons libres susceptibles de bouleverser tout équilibre précaire, les sorcières n’ont pas non plus dit leur dernier mot et entendent récupérer le contrôle de leur ville. Plus que jamais, les Mikaelson se retrouvent donc confrontés à un grand danger et risquent de ne pas en sortir indemnes.

La saison précédente avait pour majeure tare de se contenter d’une même formule et de répéter à l’infini des rebondissements plus ou moins similaires. Ne le nions pas, la troisième ne change pas foncièrement la donne. Encore une fois, les Originels tentent de limiter les conséquences de leurs terribles actions de jadis. Il paraît évident qu’à force de se comporter des millénaires durant telles des brutes sanguinaires, les adversaires vindicatifs ne manquent pas. Si le motif des disputes et de cette sorte de course contre la montre diffère des années passées, le fond demeure envers et contre tout le même. Klaus ne supporte pas d’être contredit, règne en tyran, se méfie de tous et autoalimente sa propre tragédie. Complots, trahisons, jalousie et cupidité jalonnent la route de ces protagonistes névrosés. Voir les personnages se lancer tête baissée dans n’importe quelle difficulté, sans jamais réfléchir, ne jamais apprendre de leurs erreurs et intervenir stupidement en ne se débarrassant pas directement de la cause de ces problèmes a de quoi laisser plus que perplexe. La qualité générale de l’écriture de The Originals n’a jamais été foncièrement élevée, mais la série gagnerait à s’avérer plus subtile, moins redondante et à embrasser pleinement son riche potentiel. Malgré tout, le rythme effréné de cette saison, la prise de risques en fin de parcours avec, enfin, de principales figures écartées pour de bon, portent leurs fruits et divertissent plutôt efficacement. À défaut d’être originaux ou toujours très bien exécutés, ces épisodes ne laissent pas le temps de respirer, enchaînent les péripéties et savent parfois se poser pour proposer des moments plus délicats et émotionnels. L’intéressant choix de chansons, certes un peu trop calibrées, participe à cette ambiance mêlant surnaturel et drames familiaux.

Klaus profite encore de la place préférentielle de The Originals avec du matériel conséquent et une envie d’explorer davantage sa psyché. Par chance, il commence à se nuancer et accepter ses faiblesses. Cami n’y est probablement pas étrangère et leur jolie relation s’épanouit avec une certaine grâce poétique non dépourvue d’amertume. L’alchimie entre les deux interprètes permet par ailleurs d’atténuer quelques écueils d’écriture, dont des répliques trop didactiques. L’hybride gagne ainsi en maturité, ce qui se veut plutôt salvateur après des milliers d’années au compteur ! C’est pourquoi ses liens avec ses comparses s’apaisent aussi et qu’il devient capable de tolérer des secrets inavouables révélés à des moments scénaristiquement opportuns. Elijah, lui, passe un peu en retrait au cours de cette saison, ce qui ne l’empêche pas d’être toujours charismatique et fort séduisant. Les derniers épisodes, avec une action impulsive le bouleversant grandement, le font toutefois partir sur une bonne note. Et bien sûr, les autres Mikaelson ne sont pas oubliés même si Rebekah n’apparaît que de manière sporadique et que Freya, elle, n’est utilisée que comme arme de sorcellerie bien pratique. Cette sœur sortie de nulle part nécessite impérativement d’être développée par la suite. The Originals ne serait pas non plus elle-même si elle n’en profitait pas pour évoquer les frères techniquement morts, comme le dérangé Kol ou le rigide Finn… Ces querelles nourrissent à l’infini toute intrigue et sont d’autant plus décuplées lorsqu’une menace plus importante se manifeste. Cependant, les Originels savent se serrer les coudes quand leur unité est en ligne de mire, quitte à décimer le reste de la planète.

La prophétie prédit aux Mikaelson encore en vie qu’un d’entre eux périra des mains de la famille, le deuxième d’un ami et le troisième d’un ennemi. Qui est qui ? Cette annonce grandiloquente est amenée par Lucien Castle (Andrew Lees), engendré plusieurs siècles plus tôt, en France, par Klaus. Ce vampire apporte une énergie communicative et en dépit d’une caractérisation très stéréotypée et d’une impression initialement prévisible, il possède plus d’un tour dans son sac. Son ton badin contraste avec sa psychopathie et d’ailleurs, il ressemble beaucoup à son créateur qu’il dit vouloir protéger coûte que coûte. Après tout, il ne tient pas à disparaître simultanément. La relation compliquée de l’hybride avec Aurora (Rebecca Breeds) et Tristan de Martel (Oliver Ackland) risque de mettre le feu aux poudres à La Nouvelle-Orléans, car eux aussi viennent d’arriver. Ce frère et cette sœur peinent à s’installer dans le paysage et à se révéler franchement enthousiasmants en raison de ressorts éculés. Leur mode de fonctionnement évoque un peu trop curieusement celui des Mikaelson avec ce côté fusionnel, malsain, obsessionnel et profondément toxique. Quoi qu’il en soit, ce trio, avec Lucien, occupe les protagonistes la majeure partie de la saison et n’hésite pas à s’arroger tous les moyens nécessaires pour atteindre un but au demeurant obscur. Naturellement, les descendants d’Elijah ne demeurent pas non plus inactifs et, à l’image de leur créateur, ramènent sur le devant de la scène un groupe d’anciens vampires connu sous le nom du Strix. Les enjeux prennent leur temps avant de se dévoiler à l’audience, avec un début plutôt poussif, mais la suite démontre une structure mieux exécutée. En bref, les visages changent, mais depuis le retour des Mikaelson en Louisiane, le résultat reste sempiternellement le même avec des humains en payant toujours le prix fort.

Cette année, une autre thématique importante se rapporte à la sorcellerie. En tant que nouvelle régente, Davina espère ressusciter Kol, mais est dans un premier temps obligée de répondre aux demandes pressantes de ses ancêtres et aux attentes des siens. La jeune femme n’a jamais été en mesure de convaincre et ces épisodes continuent sur cette fade lancée. Heureusement, Vincent figure maintenant sur les rangs des personnages principaux de la série et, en sus de ses capacités manifestes, n’hésite pas à amuser avec son humour moqueur et son mépris des vampires. Il se rapproche de Marcel dont l’ambivalence pose question à Klaus comme aux téléspectateurs. Au bout du compte, ce dernier saisit-il réellement ce qu’il désire au plus profond de lui-même ? Lui aussi gagne en intérêt en fin de parcours et annonce des rebondissements futurs assez exaltants. La production a probablement pour faiblesse de détenir trop de différents héros et de ne pas toujours savoir qu’en faire. Hayley, par exemple, n’est qu’une ombre depuis presque les débuts. Au départ, elle se bornait à attendre Hope et là, que fait-elle ? Pas grand-chose à part s’accrocher à un insipide Jackson tout en rêvant d’Elijah. Ne parlons surtout pas de l’incursion brève et oubliable de Jason Dohring (Veronica Mars) en inspecteur de police se méfiant de Cami qu’il juge fort suspecte.

En résumé, la troisième saison de The Originals rectifie un peu le tir de la précédente, sans pour autant se départir au passage de sa mécanique trop formatée. Ces épisodes ont effectivement pour défaut de se contenter d’une formule devenue routinière depuis un sacré bout de temps et de présenter régulièrement de fâcheux airs de déjà-vu. À travers une prophétie annonçant la fin des Mikaelson et des guerres de lignée, cette famille cherche une solution à ses maints problèmes, mais se retrouve prise à son propre piège. Trahisons, complots et vengeance continuent ainsi d’alimenter un scénario peu innovant et peinant à installer rapidement ses principaux enjeux, mais habilement construit. Si plusieurs personnages manquent cruellement de coffre et que l’ensemble démarre tranquillement, le rythme plutôt musclé et la multiplicité des jeux de dupe emportent l’adhésion. Le divertissement répond donc à l’appel et permet de ne pas se focaliser sur les diverses lacunes de cette série où romance et filiation se disputent au fantastique.

By |2018-01-20T14:53:28+01:00mai 17th, 2017|Séries étasuniennes, The Originals|0 Comments