Upstairs Downstairs (saison 2)

Sans réelle surprise compte tenu des audiences en demi-teinte et de la constante comparaison négative avec Downton Abbey, Upstairs Downstairs a été annulée au terme de son second chapitre, ultime saison dont nous allons discuter aujourd’hui. Composée cette fois-ci de six épisodes de soixante minutes, soit le double de la précédente, elle fut diffusée en Angleterre sur BBC One entre février et mars 2012. Aucun spoiler.

Sans être mauvaise, la saison une de cette sorte de suite d’Upstairs, Downstairs de 1971 (Maîtres et Valets en France) ne convainquait guère. Ne disposant effectivement pas d’une véritable identité et se contentant d’accumuler des vignettes historiques, elle peinait à créer un lien affectif avec son public. Puisqu’il s’agissait justement des débuts de la série, il était logique d’être relativement compréhensif. En revanche, cette nouvelle salve d’épisodes ne tolère pas d’erreur et requiert davantage de densité et de réussite. Malheureusement, le premier épisode commence déjà par de mauvaises nouvelles fort irritantes. La galerie des protagonistes a été amputée de deux de ses importantes figures, celles qui formaient d’ailleurs une sorte de pont avec la série des années 1970. Dame Eileen Atkins, l’actrice incarnant avec talent la délicieuse Maud, ayant décidé de claquer la porte au nez de la production pour des divergences artistiques, elle disparaît de cet univers. Dès lors, la mère de Hallam Holland est annoncée comme morte et incinérée, ses cendres trônant désormais sur la cheminée. Si son ombre plane et qu’elle est mentionnée à plusieurs reprises, son absence est assez cruelle pour la fiction qui n’avait vraiment pas besoin de subir cette perte. Qui plus est, la sympathique Rose Buck est aussi très peu présente bien que là, la raison soit dramatique et non volontaire. Son interprète, Jean Marsh, ayant été victime d’un accident vasculaire cérébral, elle n’apparaît que de manière sporadique, le scénario ayant déplacé l’ancienne servante dans un sanatorium afin de soigner sa tuberculose. Sans ces deux femmes, l’atmosphère diffère légèrement et fait craindre le pire. En revanche, le bon point est que de cette façon, la fibre nostalgique pour le classique britannique parasitant la première saison n’est plus. Sinon, le départ d’Ivy (Ellie Kendrick), l’amatrice de vernis à ongles rouge, n’est pas gênant, mais il aurait été agréable que la jeune fille soit au moins mentionnée dans une discussion. On ne sait pas pourquoi elle n’est plus là et tout le monde semble se ficher d’elle. Quoi qu’il en soit, étant donné qu’il faut colmater ces fuites, de nouveaux arrivants s’intègrent à la distribution. Du côté du rez-de-chaussée et des serviteurs, ajoutons Beryl (Laura Haddock), chargée au départ de s’occuper des enfants de la maisonnée, et Eunice (Ami Metcalf), placée à la cuisine. La première détient plus de temps d’antenne que la seconde, même si ses intrigues sont assez peu enthousiasmantes et résolument clichées ; son histoire romantique avec le chauffeur, Harry Spargo, encore empêtré dans un rôle assez stéréotypé, en est un exemple parlant. Le constat est plus positif avec le Dr Blanche Mottershead, la sœur cadette de Maud, décidant de s’installer au 165 Eaton Place. Jouée par une Alex Kingston (ER, Doctor Who) en forme, cette archéologue trouve aisément sa place et illumine par sa présence et sa jovialité les épisodes. Finalement, en dépit de bouleversements en coulisses, la saison est dans la lignée de celle à laquelle elle succède. Pour le pire comme pour le meilleur.

Après une ellipse mise en scène de façon assez approximative, nous voici arrivés en 1938. Il va s’en dire que dès le début, la Seconde Guerre mondiale s’annonce dangereusement et les épisodes ne feront qu’accentuer cette menace. Sir Hallam s’évertue à protéger son pays, passe de réunion en réunion, envisage des solutions parfois radicales et ne sait clairement ce qu’il convient d’effectuer, si tant est qu’il existe une solution. Déjà vu précédemment, George (Blake Ritson), le duc de Kent et frère cadet du roi, George VI, occupe une place discrètement remarquée au fil des épisodes et continue de conseiller fidèlement son ami. Bien qu’il soit au final assez peu présent à l’écran, il est assurément un élément fort grâce à son charisme et à son attitude posée. À l’instar des débuts de la fiction à la télévision, cette saison deux s’axe grandement sur l’Histoire, tout en y accolant avec plus ou moins de succès des évènements intimistes. Le contexte trouble de l’époque est par conséquent la figure de proue. Entre la montée du nazisme, la tentative de sauvetage d’enfants juifs condamnés à un funeste destin, l’installation de sacs de sable, l’appel des jeunes hommes afin de se préparer au conflit, l’organisation du peuple en prévoyance du futur rationnement, les menaces de bombes, le racisme, l’arrivée des masques à gaz, l’espionnage et des réminiscences de la Grande Guerre, l’atmosphère devient rapidement pesante. De manière peut-être plus marquée qu’en 2011, cette saison a pour fil directeur l’Histoire et crée de faux prétextes et autres rebondissements discutables pour appuyer sa dimension factuelle. Ne le nions pas, la densité et la richesse de cet arc sont indiscutables, surtout que la présence du maître de maison parmi les hautes sphères décisionnaires lui permet de disposer d’un point de vue éclairant. En outre, cette peinture utilise une palette de nuances assez fine et non manichéenne, ne serait-ce qu’avec le personnage détestable de Lady Persephone. Tout ce qui est attesté est donc pertinent et intéressant. Or, c’est réellement le fictif qui pose problème comme le témoignent la trame poussive en lien avec cette femme et son beau-frère ayant subitement changé de caractérisation, ainsi que toutes les petites intrigues placées bout à bout – tout ça pour, en sus, se terminer avec précipitation et dans l’indifférence.

Malgré une esthétique encore très soignée et un sens du détail agréable, ces six épisodes ne parviennent que rarement à intriguer, nonobstant un résultat plus homogène qu’auparavant. L’écriture cherche à davantage impliquer émotionnellement ses téléspectateurs et essaye d’approfondir ses personnages. Cette envie légitime est appréciable et permet justement au tout de se montrer sensiblement plus abouti que ce que l’on avait déjà regardé par le passé. Certes, le visionnage ne se révèle pas réellement divertissant bien que progressivement, ce qui arrive à de rares protagonistes touche sporadiquement. Le rythme est toujours aussi fluctuant, ralentissant lorsqu’il ne faut pas et s’affolant ensuite, injectant énormément d’idées qui auraient mérité une vraie exploration et non pas d’être jetées les unes avec les autres, ruinant leur propre potentiel. À peine a-t-on l’opportunité de commencer à se sentir concerné que l’on est déjà passé à autre chose. Cependant, plusieurs lacunes de la saison précédente sont, cette fois-ci, enrayées et offrent la possibilité à l’ensemble d’être plus satisfaisant. La meilleure nouvelle est que les personnages finissent enfin par former une vraie unité et ne plus se borner à demeurer des éléments disparates. L’entraide, l’amitié, les disputes et les joies des domestiques sont par moments assez joliment retranscrites. Pour cela, il faut principalement remercier la dynamique souvent volcanique entre la cuisinière, Clarice, et Mr. Pritchard. Leur entrain est somme toute assez communicatif bien que certaines réactions soient excessives et expédiées – les conséquences des aventures amoureuses du second le prouvent bien. En tout cas, parmi les autres employés de la résidence, il est compliqué d’être investi par ce que l’on voit du fait de ce manque de naturel omniprésent et d’un aspect sentimental de bas étage. Plutôt que d’injecter des caractéristiques au long cours, le format est mécanique puisque les personnages ont chacun leur tour le droit à une mise en avant. Cet aspect schématique alourdit la saison qui mériterait un bon vent de fraîcheur et de liberté. La propension à dramatiser à l’excès n’est pas non plus d’un grand secours, surtout lorsque des scènes comme une de celles du tout dernier épisode s’approchent presque de la farce. Chez la haute société, seule l’excentrique Blanche attire la sympathie et réussit à émouvoir grâce à une dimension assez inédite où Emilia Fox (Merlin -BBC-) s’invite le temps d’un épisode. Notamment affecté par un Américain joué par Michael Landes, les affres du mariage entre Lady Agnes et Sir Hallam ne touchent aucunement et sont d’une incroyable platitude, le couple n’étant clairement pas empreint de suffisamment de charisme en dépit d’une excellente interprétation. De toute manière, la quasi totalité de la distribution abat un travail solide, mais cela ne suffit pas pour contrebalancer les défauts de la production.

Pour conclure, la deuxième et dernière saison d’Upstairs Downstairs est globalement similaire à la précédente. Elle a la chance de se bonifier avec le temps, sans toutefois en devenir pour autant une réussite. Si elle parvient à être très légèrement plus régulière et à insuffler un semblant d’harmonie entre les domestiques, elle reste tristement limitée par sa propension à trop vouloir forcer ses développements et à papillonner laborieusement d’intrigue en intrigue. Ses principales figures sortent parfois de leur caractère, sont prisonnières de leur état de concept et ne font que s’articuler maladroitement autour de l’Histoire, au demeurant mise en scène avec soin. Le constat est par conséquent mitigé parce que jamais la série ne s’avère inspirée de bout en bout et souffre de son rythme erratique. Il ne suffit pas d’ajouter un lourd passif, des signes distinctifs supposés contraster la psychologie ou des embûches factices pour impliquer le public face à de fades personnages trop peu attachants, et de surcroît, clichés. En d’autres termes, une véritable humanité fait défaut à cette production quelque peu creuse et artificielle. Le visionnage laisse presque triste car la fiction disposait d’armes concrètes pour proposer un divertissement cultivé et passionnant.

Par |2017-05-01T13:59:15+02:00août 13th, 2013|Séries britanniques, Upstairs Downstairs|4 Commentaires

Upstairs Downstairs (saison 1)

Bien que Downton Abbey soit inscrite sur mon programme depuis quelques années, je n’ai pas encore pris le temps de m’y pencher. En revanche, j’ai débuté dernièrement une autre série anglaise ayant été régulièrement comparée avec la susnommée lors de sa diffusion : Upstairs Downstairs. Il s’agit d’une sorte de suite de la production du même nom – mais avec une virgule en plus, soit Upstairs, Downstairs –, disponible en France sous l’intitulé Maître et Valets ; composée de 68 épisodes, celle-ci est passée sur ITV entre 1971 et 1975 et a connu à l’époque son petit succès. Revenons au XXIè siècle. Upstairs Downstairs est quant à elle constituée de deux courtes saisons et a été annulée par la BBC, notamment en raison d’audiences en chute libre. Il ne sera aujourd’hui question que de la première saison de trois épisodes d’une heure, diffusée sur BBC One durant trois nuits consécutives au Noël 2010. La suite – et fin – sera traitée sur Luminophore dans les mois à venir. Aucun spoiler.

Janvier 1936, Londres. Le roi George V est mourant et l’Angleterre accompagnée du monde entier se prépare à pénétrer dans une zone de turbulences. En attendant, le jeune aristocrate diplomate Sir Hallam Holland déménage avec son épouse au 165 Eaton Place, dans une vaste demeure ayant jadis étincelé. Afin de remettre cette bâtisse sur pied et lui offrir sa splendeur d’autrefois, le couple décide de recruter plusieurs employés de maison grâce à Rose Buck, une ancienne domestique dirigeant désormais sa propre agence. Au premier étage (upstairs) vivent alors les amoureux fraîchement mariés et leur entourage proche, tandis qu’au rez-de-chaussée (downstairs) loge le petit peuple se démenant pour que les plus riches ne manquent de rien. Chacun essaye de mener son existence alors que la société de l’époque s’apprête de son côté à être marquée au fer rouge.

Upstairs Downstairs fait partie de ces innombrables séries mêlant la grande Histoire aux histoires plus personnelles d’individus somme toute banals. Pour peu que l’on soit amateur de fictions de ce genre, qui plus est profitant de costumes et d’un cadre assez reculé, celle-ci s’annonce donc alléchante. L’unique crainte est induite par son lien avec la production originale, Upstairs, Downstairs. Est-ce que la version de 2010 multiplie les références, empêchant de pleinement y adhérer en tant que néophyte ? En d’autres termes, faut-il avoir regardé le classique de la télévision britannique pour apprécier cette suite atypique ? Faisant justement partie de cette catégorie de novices, je suis en mesure d’affirmer qu’il n’est pas nécessaire de connaître le feuilleton des années 1970. Pourtant, les trois épisodes de cette première saison démontrent sans aucune hésitation qu’ils sont surtout destinés aux téléspectateurs d’antan. Entre le retour de plusieurs personnages phare, des passages cherchant à flatter la corde nostalgique du public et un accent particulier sur des détails certainement peu anodins, il est clair que cette nouvelle fiction a pour objectif de rendre hommage à l’institution télévisuelle qu’est Upstairs, Downstairs. De l’eau ayant coulé sous les ponts depuis, il aurait été judicieux de le faire plus sobrement et de ne pas laisser une curieuse sensation à ceux, probablement nombreux, n’ayant justement pas pris le temps de connaître le matériel de base. En fait, ce procédé reflète parfaitement les écueils de la saison qui s’empêtre dans des prétextes et faire-valoir pour amener des intrigues prévisibles sous fond d’Histoire. Le tout paraît par conséquent forcé et non naturel, ce qui n’est jamais agréable.

Trois petits épisodes augurent un format concis et une densité scénaristique normalement importante. Malheureusement, ce n’est pas ici le cas. Les débuts de la série sont effectivement assez lents et souffrent d’une période d’exposition trop figée, voire poussive. Puisqu’il s’agit justement du lancement de l’histoire à proprement parler, il est normal de tolérer cette maladresse à condition qu’elle ne dure pas. Comme si elle essayait de rattraper son amorce assez pataude, la suite accélère ensuite le pas et accumule les vignettes décousues ne possédant pas de ligne directrice franche, à l’exception peut-être de l’Histoire dans sa globalité. Bien sûr, le contexte est passionnant et mis en scène de manière soignée. Entre le décès de George V, sa succession houleuse en raison des choix de son aîné, l’arrivée au pouvoir du cadet, la montée en puissance du nazisme et le fascisme, il va de soi que le cadre est riche et vecteur de séquences parfois terribles. Cette première saison réussit à dépeindre avec un certain talent les doutes et angoisses du peuple à cette période, qu’ils fassent partie de la haute société ou d’une plus modeste. Tristement, le ton détaché de l’écriture empêche l’ensemble de disposer d’un vrai souffle susceptible de plaire et d’impliquer les téléspectateurs. Il ne suffit pas de croquer des évènements historiques pour construire une fiction satisfaisante. Dans ce cas, il est alors peut-être préférable de se diriger vers un documentaire… Le constat est peut-être encore plus criant de vérité lorsque, comme c’est mon cas, le superbe The King’s Speech (Le discours d’un roi) se déroulant à cette même période a été visionné très récemment. En dépit du ton peut-être critique de ce billet, Upstairs Downstairs possède des atouts dont la plupart sont en lien avec l’esthétique. Grâce à de magnifiques costumes, des couleurs chatoyantes ou encore des décors exceptionnels, le retour dans le passé est garanti et apprécié. Sur ce point, la saison est on ne peut plus satisfaisante et prouve encore une fois le savoir-faire de la BBC pour les séries de cet acabit.

Comme son titre l’indique, Upstairs Downstairs fait la part belle à deux mondes partageant le même toit bien que n’étant clairement pas nés sous une étoile similaire. Condamnés à demeurer au sol, les domestiques s’affairent dans leurs besognes et doivent travailler dur pour obtenir un salaire tout en satisfaisant au maximum leurs supérieurs. La première saison illustre cette catégorie de la population avec l’attachante Rose Buck, interprétée par Jean Marsh reprenant là son rôle de la version de 1971. Pour l’anecdote, seulement six ans sont supposés s’être déroulés entre les deux séries mais il est forcément évident que l’actrice n’a pu rajeunir et a bel et bien vieilli au cours de ces presque quarante ans les séparant. Rose s’active maintenant à Eaton Place en tant que gardienne de maison et gère le recrutement des divers domestiques. Une demeure de cette taille, recevant en plus moult réceptions en raison de l’appartenance de ses propriétaires à la haute société, requiert sans grande surprise de nombreux employés. Les épisodes s’attardent sinon avec un succès très relatif sur la cuisinière, le majordome ou encore une jeune servante (Ellie Kendrick – Game of Thrones). Il est effectivement compliqué de se passionner pour ces personnages peu développés et ne disposant pas suffisamment de matériel pour marquer en dépit d’une interprétation de qualité. Le constat est moins sévère en ce qui concerne le secrétaire personnel de la mère de Hallam Holland joué par un quasi méconnaissable Art Malik (Borgia, Ben Hur) ; il apporte à l’ensemble un côté quelque peu exotique, voire humoristique. De même, la servante au passé complexe entretenant avec lui une jolie relation platonique figure parmi les réussites plus concrètes. Ce qu’il y a de fortement dommage est qu’en fait, il n’existe que très peu d’interactions entre l’univers des domestiques et celui des aristocrates. Naturellement, à cette période chacun demeurait parmi les siens mais il n’aurait pas été superflu de représenter davantage les relations souvent subtiles se tissant entre eux. Après tout, ces valets font partie intégrante de l’existence de leurs maîtres et savent pertinemment ce qui se trame, parfois même avant les principaux concernés. S’amuser là-dessus, jouer sur les secrets d’alcôve et positions privilégiées auraient injecté un angle d’approche pertinent et peut-être en mesure d’offrir une plus grande homogénéité, lacune dont souffre sensiblement la première saison d’Upstairs Downstairs.

 

Les personnages ne se mélangent ainsi pas suffisamment entre eux même si la saison cherche à se fabriquer des opportunités, donnant par la même occasion l’impression d’essayer de remplir consciencieusement le parfait petit cahier des charges. La caméra tente par exemple de créer un pont entre le chauffeur portant les traits du toujours très charmant Neil Jackson (Blade : The Series) et Lady Persephone (Claire Foy), l’irritante sœur de la maîtresse de maison. Or, il est là aussi compliqué de ressentir quoi que ce soit face à cette dynamique bancale et insipide disparaissant aussi vite qu’elle a débuté. Tout y résonne factice, qu’il s’agisse de la caractérisation des protagonistes ou du scénario en tant que tel. De nombreux rebondissements parsèment les intrigues, certains sont d’ailleurs discutables et favorisent un aspect mélodramatique presque dérangeant. En plus, l’ennui prime puisque l’on ne peut guère s’attacher à ce microcosme bien trop linéaire et sans couleurs. Finalement, ces figures ne sont pas dotées de traits de caractère suffisamment forts pour se détacher les unes des autres. Que l’on se rassure, les nobles sont tout autant maltraités que les plus pauvres. En effet, le couple d’aristocrates que forment Sir Hallam Holland (Ed Stoppard) et son épouse, Lady Agnes (Keeley Hawes – Spooks, Ashes to Ashes), est à la peine et leurs difficultés diverses et variées ne cultivent pas un quelconque intérêt. Il faut dire que chaque élément susceptible d’apporter du piquant s’arrête à peine après avoir commencé. En revanche, la mère du premier ayant décidé de revenir en Angleterre pour terminer sa vie, Maud, est incisive comme tout. Cela étant, la saison laisse encore des regrets car la relation entre la belle-mère et sa bru aurait dû provoquer des étincelles, chose qui ne se déroule pas une seule fois. Là aussi, Upstairs Downstairs profite de ses liens avec la série mère puisque l’interprète de Maud, Dame Eileen Atkins, faisait déjà partie de l’aventure des années 1970. Contrairement à Jean Marsh, elle ne reprend pas ici son rôle.

En définitive, la première saison d’Upstairs Downstairs a pour elle de posséder une forme élégante avec une très belle photographie, une reconstitution consciencieuse ainsi que des décors et costumes assez fascinants. Cependant, si par cette atmosphère soignée elle convainc sur plusieurs points importants dans le cadre d’une série d’époque, elle s’avère bien plus mitigée sur son fond. Assez froide, inconstante au niveau du rythme et ne réussissant jamais à pleinement tirer parti de ses personnages et des dynamiques supposément en vigueur entre eux, elle est presque superficielle ne délivre pas de visionnage mémorable. Ne le nions pas, l’intrication de ses thématiques sociopolitiques avec l’Histoire et l’intime fonctionne relativement bien grâce à un riche contexte pré-Seconde Guerre mondiale, si ce n’est que justement, les évènements fictionnels relatés au cours des épisodes le sont de façon maladroite et s’apparentent surtout à un patchwork dysharmonieux. Seuls les faits historiques finissent donc par occuper convenablement ! Sans être désagréables ou même mauvais, ces débuts apparaissent par conséquent quelque peu fades car ils ne disposent pas d’une identité franche capable de toucher les spectateurs et de créer un véritable lien affectif. Espérons que la suite se révèle davantage maîtrisée.

Par |2017-05-01T13:59:20+02:00juin 14th, 2013|Séries britanniques, Upstairs Downstairs|0 commentaire