Veronica Mars (saison 1)

Luminophore met enfin Veronica Mars à l’honneur ! Petit retour dans le passé si vous le voulez bien. L’année dernière, je vous proposais de choisir une série parmi quelques unes que j’avais déjà regardées mais que je n’avais jamais traitées ici. Après vous avoir obéi avec Dark Angel, vous avez choisi l’apprentie détective en herbe. Le temps a passé et j’ai un peu laissé traîné les choses mais ça y est, le blog prend le chemin de Neptune et le reste de la série devrait donc ne pas trop tarder.
Quiconque connaissant un minium les séries a forcément eu vent de Veronica Mars, créée par Rob Thomas (Party Down, 90210). Ce qui est toujours assez marrant c’est que ce ne sont pas forcément les productions recueillant les audiences les plus importantes qui finissent par marquer les esprits. Pour information, aux États-Unis il n’y avait en moyenne que 2,5 millions de téléspectateurs devant la série. Derrière ce titre portant le nom de son héroïne se cachent trois saisons totalisant en tout et pour tout 64 épisodes. Seule la première saison sera traitée aujourd’hui. Celle-ci comporte 22 épisodes diffusés entre septembre 2004 et mai 2005 sur feue UPN. À noter que la série est disponible dans son intégralité en DVD en France et est passée à plusieurs reprises sur M6. Aucun spoiler.

Veronica Mars faisait autrefois partie des élèves populaires de Neptune High, un lycée de Neptune en Californie. Amoureuse de Duncan, amie avec Lilly, la sœur de ce dernier, et fille du shérif, elle croyait avoir tout pour elle. Jusqu’au jour où Lilly est retrouvée près de la piscine, la tête massacrée. Suite à certaines circonstances, Veronica quitte alors son statut doré et se retrouve seule, sans ami et décide d’aider son père, désormais détective privé, tout en continuant de se rendre au lycée où tout le monde ne se gêne pas pour se moquer d’elle. Heureusement, elle peut toujours compter sur sa force de caractère et sur sa principale motivation qui est de découvrir qui est le véritable assassin de son amie et ce qu’il s’est passé au cours d’une soirée bien trop floue dans sa mémoire.

De ce que je me souviens, je n’ai pas regardé la première saison en direct des États-Unis puisque je l’ai rattrapée vers l’été 2005, soit quelques semaines après la fin de sa diffusion. Ce fut à l’époque un coup de cœur immédiat, et un vraiment très intense même. J’ai en mémoire des soirées entières passées à lire tout ce que je pouvais à son sujet en essayant par exemple de deviner qui se cachait derrière la porte (D’ailleurs, je ne suis plus très sûre donc ne me le dites pas !). Depuis la fin de la série, je n’avais jamais pris le temps de me remettre dans le bain et je dois avouer avoir gardé un goût quelque peu amer en raison de la troisième et dernière saison. Mais nous ne sommes pas encore là donc n’y pensons pas. C’est par conséquent quelque peu fébrile que j’ai lancé mon DVD de Veronica Mars et j’ai eu très peur au départ. Si les premiers épisodes ne furent pas un supplice, ce ne fut clairement pas le festival des délices dont j’avais le souvenir. Il n’y a rien de plus désagréable que de se rendre compte que l’on n’apprécie plus quelque chose que l’on a porté aux nues. Finalement, à partir du 1×04, The Wrath of Con, j’ai retrouvé une bonne partie de l’esprit qui me plaisait et progressivement, j’ai réalisé que je n’avais pas fantasmé toutes les supposées qualités de la série. En revanche, je suis persuadée de ne pas avoir autant aimé la saison que lors de mon premier visionnage. Je ne sais pas trop de quelle manière l’expliquer. Est-ce que mes goûts et mon sens critique se sont affinés ? Probablement. Est-ce que je ne suis plus dans le public cible ? Je ne l’étais déjà plus vraiment en 2005 et je doute que cela change quoi que ce soit. Non, je crois juste que l’on peut  se forger une opinion définitive d’une série dans un second temps. Passée la période de la découverte pure et dure, on peut réellement voir si l’on réussit toujours à passer de bons moments et en retirer du concret sur du long terme. Rassurez-vous, c’est le cas de Veronica Mars mais il est impossible de nier que la saison est loin d’être parfaite car elle souffre de quelques maladresses. Sur cette longue introduction, entrons donc dans le vif du sujet.

 ♪ A long time ago, we used to be friends ♪ Ce sont sur ces paroles de la chanson phare de The Dandy Warhols que débute la saison via son sympathique générique. Loin d’être choisies au hasard, elles reflètent parfaitement la vie de Veronica au début de la série. Autrefois populaire, elle est tombée de haut en quelques secondes et a dû s’endurcir pour ne pas couler comme tout le monde l’aurait voulu. Veronica Mars, avant d’être une enquête sur la mort d’une lycéenne ou des histoires de détectives sous fond de vie lycéenne, est une série sur Veronica Mars, le personnage. C’est elle qui porte l’univers à la force de ses petits bras et qui lui offre ses lettres de noblesse. Et avant toute chose, il est impossible de ne pas parler du travail de son interprète, Kristen Bell, qui est tout simplement, fabuleuse. Si l’on n’avait pas encore réalisé son talent malgré son interprétation lors de la scène post-fête sous fond de drogue, la dernière scène du 1×08, Like a Virgin, doit probablement faire tomber toutes les barrières en raison de son intensité et de son extrême sensibilité. Quand bien même la saison dispose de nombreuses qualités, c’est sans aucun doute Veronica qui en est le moteur et c’est elle qui lui permet de se transcender. Lorsque sa meilleure amie, Lilly Kane, est massacrée et laissée morte à côté de sa piscine, Veronica est mise au ban de la société car elle n’est plus désirée ; elle dont le shérif de père accuse le propre père de Lilly et qui à première vue, se trompe en beauté car le supposé coupable, un ancien employé des Kane, passe aux aveux. La famille Mars tombe en disgrâce, Veronica est évitée comme la peste au lycée, son père, Keith, est viré de son poste et doit travailler comme détective privé pour subvenir à leurs besoins. Et en plus, la mère de la jeune fille les quitte, ne supportant plus d’être traitée comme une paria. C’est donc une Veronica solitaire que l’on retrouve dans le pilote se déroulant un an après le meurtre de Lilly. Sa vie a radicalement changé mais elle en a retiré une grande force. Celle que l’on découvre est née lors du meurtre de son amie. Veronica, c’est à la fois une petite blonde pétillante et dégourdie comme tout, un extraordinaire sens de la répartie, un humour décapant, des émotions à fleur de peau, une incroyable loyauté, une grande intelligence et bien plus encore. Jolie, drôle, futée et toujours capable de sortir des répliques du tonnerre, on a de quoi avoir envie de lui ressembler tant elle est géniale sans être dénuée de défauts. Elle est parfaitement imparfaite et c’est pour ça qu’elle aussi chouette dans cette saison. Veronica Mars is smarter than me, ça c’est certain. Bien décidée à se venger de tout ceux qui l’ont malmenée au cours de l’année précédant son arrivée dans notre télévision, elle oublie parfois d’enlever ses œillères et demande beaucoup de certains en ne donnant pas forcément suffisamment en retour. Bref, Veronica Mars est une personnalité éminemment sympathique qui doit beaucoup au charme de son interprète mais aussi à la solidité de l’écriture de sa caractérisation et à la totalité de ses liens avec les autres personnages.

La première saison donne en premier lieu l’impression de n’être qu’une succession d’épisodes assez routiniers et convenus. Le fait que les protagonistes sonnent aussi clichés n’aide en rien. Il faut attendre plusieurs épisodes avant que l’ampleur de l’intrigue principale soit perceptible et que l’on puisse ainsi se rendre compte que Veronica Mars n’est pas un teen show si habituel que ça. La saison prend définitivement son envol vers le 1×08, Like a Virgin, lorsque Veronica réalise qu’il existe un épais mystère autour du meurtre de son amie et qu’elle commence véritablement ses propres investigations. Le principal fil rouge de la saison est donc consacré à l’enquête de la jeune lycéenne afin de lever le voile sur ce qu’il s’est vraiment passé. Pourquoi Lilly a-t-elle été tuée ? Qui lui a ainsi broyé le crâne ? Qui est donc ce soi-disant coupable et pourquoi donc s’accuse-t-il ? Quels secrets cachent les Kane si bien sous tous rapports ? Progressivement, de nombreux éléments apparaissent, parfois de manière totalement anodine, et l’histoire tend ainsi à se densifier. Alors que certains épisodes donnent l’impression de n’être que des loners, ce n’est pas toujours le cas car ils parsèment quelques points-clés que l’on mettra en résonance une fois les principales interrogations levées. Bien évidemment, lors d’un second visionnage on connaît l’identité du tueur et ses motivations mais cela n’est en aucun préjudiciable car on repère toujours certains éléments passés inaperçus la première fois. Cette enquête est rondement menée et se termine en apothéose dans le season finale, maîtrisant à la fois le rythme, la tension plus que haletante, les révélations, l’action et les émotions. Certains téléspectateurs peuvent deviner l’identité du tueur avant la mise à nue mais pour ma part, ce ne fut pas du tout le cas à l’époque. Loin de là même malgré toute la logique par derrière. La saison a par conséquent le mérite de ne pas faire traîner en longueur l’histoire du meurtre de Lilly puisque tout est réglé dans le dernier épisode. C’est de suite agréable et cela prouve parfaitement que les scénaristes savaient vers quoi se diriger.

Le second arc principal est lié à Veronica et à la soirée à laquelle elle a assisté quelques jours après le décès de son amie. Affaiblie par la disparition de Lilly, rejetée par tout le monde et victime d’affreuses rumeurs, elle fut droguée et se retrouva le lendemain matin dans un lit, sans sa culotte. Le nouveau shérif, Don Lamb (Michael Muhney), aussi compétent qu’aimable, lui suggérant d’aller voir le magicien pour savoir ce qui lui est arrivé, elle cherche à découvrir au fil de la saison et plus particulièrement dans les derniers épisodes ce qu’il s’est passé et qui l’aurait violée. Son apparente conclusion se situe dans le très réussi 1×21, A Trip to the Dentist. En d’autres termes, la vie de Veronica est très loin d’être facile à Neptune mais elle peut heureusement compter sur l’arrivée d’un tout nouveau lycéen, Wallace Fennel, incarné par Percy Daggs III, pour l’aider. Devenant rapidement amis, ils sont souvent fourrés ensemble et un des points extrêmement appréciable est que la série ne délivre absolument aucune romance sous-jacente entre ces deux là. Ils sont BFF, best friends forever, et c’est tout. La dynamique entre les deux est vraiment jolie et rafraîchissante dans une série de ce genre, voire dans une série tout court. Wallace est un des rares à se rendre compte à quel point Veronica est un marshmallow sous cette carapace toute dure qui serait indestructible.
Veronica aide ainsi son père, Keith joué par l’extrêmement sympathique Enrico Colantoni, lorsqu’elle n’est pas en cours, voire même lorsqu’elle se trouve carrément au lycée. Très proches et comptant l’un sur l’autre, ils se connaissent sur le bout des doigts et savent exactement quelles sont les limites à ne pas franchir. Keith veut protéger son enfant mais il le sait tellement brillant qu’il ne peut toujours lui barrer la route. La relation entre Veronica et Keith, soit entre une fille et son père, est probablement une des plus réussies du petit écran, toutes séries confondues. Leurs joutes verbales et leur amour font tout ce qu’il faut pour qu’on les adore. Veronica a beau essayer de rechercher sa mère, disparue depuis qu’elle a quitté le domicile familial, elle pense à son père en premier, lui qui ne l’a jamais laissée tomber et qui ne le fera jamais malgré certaines découvertes très douloureuses.
Malheureusement pour Veronica, elle ne peut compter sur grand monde d’autre. Eli ‘Weevil’ Navarro (Francis Capra) change néanmoins quelque peu la donne et se prend d’affection pour cette petite blonde qui semble n’avoir peur de rien en plus d’avoir réponse à tout. Chef lycéen d’un gang de motards, il est régulièrement en contact avec la justice mais sous ses airs de gros dur se cache un cœur plus faible à l’origine de quelques surprises. Autrement, la jeune héroïne doit composer avec les richissimes lycéens n’hésitant pas à lui faire sentir à quel point elle est désormais indésirable. Son ancien petit-ami et frère de Lilly, l’insipide Duncan (Teddy Dunn), la snobe depuis plus d’un an, avant même la mort de sa sœur pour une raison inconnue. Ne parlons pas de Logan Echolls, le meilleur ami de Duncan, vu par Veronica comme le psychotic jackass habituel des établissements américains ou de quelques uns de ses copains comme Dick Casablancas interprété par le chouette Ryan Hansen (Party Down, Friends with Benefits). Dick est, au final, peu visible dans cette première saison si ce n’est dans les derniers épisodes. Lui et son frère Beaver (Kyle Gallner – Smallville) prendront une toute autre ampleur dans la seconde. En définitive, le début de la série est assez cliché car on a d’un côté la chouette fille que tout le monde déteste, entourée de riches pas très futés et pas non plus sympathiques pour un sou, n’hésitant pas en plus à se moquer des pauvres et des minorités. Bref, on a vu beaucoup mieux. Cependant, la saison finit par prendre le téléspectateur à contre-pied en développant de manière tout à fait inattendue certains protagonistes et en n’hésitant jamais à montrer leurs fragilités. C’est par exemple le cas de Weevil mais surtout celui de Logan interprété par Jason Dohring (Moonlight) à qui le rôle va comme un gant. Fils à papa prétentieux et arrogant à première vue, Logan est très loin d’avoir une vie facile et non dénuée d’accrocs. Lui aussi a perdu quelqu’un lorsque Lilly est décédée car elle était sa petite-amie. Difficile de trop en dire sans dévoiler quelques rebondissements bien que probablement tout le monde en soit au fait mais la relation qui finit par prendre de l’importance entre Veronica et lui chemine tranquillement pour s’imposer et le fait bien, aux renforts de scènes très réussies dont la plus marquante est sans aucun doute celle du 1×18, Weapons of Class Destruction, au motel. Le duo fonctionne du tonnerre, que les deux soient en train de mutuellement se critiquer ou d’être plus gentils l’un envers l’autre. Sans conteste, c’est avec ce revisionnage que je me suis rendue compte à quel point j’appréciais énormément ce LoVe, chose que j’avais un peu occultée après le désastre de la troisième saison (incroyable les ravages qu’elle a pu faire à mon niveau !). Quoi qu’il en soit, Veronica est au départ très seule et se complait d’ailleurs quelque peu dans sa solitude mais finit par découvrir de nouveaux alliés comme Mac (Tina Majorino), Meg (Alona Tal – Supernatural), Leo (Max Greenfield – GRΣΣK, New Girl) le policier, ou d’autres qui finissent par oublier certaines rancœurs passées voire qui découvrent des vérités cachées. Veronica Mars travaille tous ses personnages, les rend complexes et ils sont généralement intégrés de près ou de loin à l’intrigue principale.

Sur une note plus triviale, on pourra aussi s’amuser à reconnaître dans des petits rôles quelques visages plus ou moins connus comme Paris Hilton en tant que bimbo superficielle (oh),  Jane Lynch (Glee, Criminal Minds) en prof assez coincée, Adam Kaufman (le pénible Parker de Buffy the Vampire Slayer, Without a Trace) en voisin a priori violent de Veronica, Steven Williams (21 Jump Street, The X-Files, Supernatural) en prof amateur de colles inventives, Travis Schuldt (Scrubs) en acteur/collègue du père de Logan, Aaron Paul (Breaking Bad) en amateur de films pornos, Anthony Anderson (K-Ville) en producteur de rap, Adam Scott (Party Down) en prof moins agréable qu’il n’en a l’air avec une horrible coupe de cheveux,  Leighton Meester (Gossip Girl) en supposée Blair Waldorf version soft. N’oublions pas non plus dans des rôles plus importants Alyson Hannigan (Buffy the Vampire Slayer, How I Met Your Mother), Harry Hamlin et Lisa Rinna (Melrose Place), qui jouent respectivement la sœur, la mère et le père de Logan. D’ailleurs, les deux derniers sont mariés dans la vie et n’hésitent pas ici à se tourner quelque peu en auto-dérision. Aaron Ashmore (Smallville) est présent le temps de quelques épisodes et son personnage se fera avoir en beauté par Veronica après avoir cru être plus intelligent qu’elle. Mais il y a aussi le génial Vinnie Van Love joué par le tout aussi génial Ken Marino (Party Down, Reaper) que l’on voit peu au cours de la saison et qui n’a heureusement pas dit son dernier mot de détective privé à la cool.
Il est sinon assez drôle de constater que Kristen Bell, Ryan Hansen, Ken Marino, Adam Scott, Jane Lynch, Enrico Colantoni, Alona Tal, Daran Norris et Jason Dohring qui apparaissent tous dans cette saison à un moment donné ont joué ensemble dans Party Down, série co-créée par Rob Thomas.

En résumé, la première saison de Veronica Mars installe donc une grande intrigue au long cours qui est celle du meurtre de Lilly, incarnée par Amanda Seyfried (Big Love), parfaite en tant que jeune fille sexy faisant preuve d’une confiance en elle à toute épreuve. Afin de mieux planter le contexte mais aussi de manière à découvrir le personnage, de nombreux flashbacks sont ajoutés dans les épisodes où l’ont voit généralement Lilly en compagnie de Veronica. À l’époque, les deux adolescentes paraissaient totalement opposées. Veronica était la petite fille sage et posée voire ingénue tandis que Lilly aimait draguer tout ce qui bouge, faire augmenter la tension artérielle de sa mère BCBG, et s’amuser parfois des autres. Ces retours dans le passé disposent généralement d’une teinte bleutée et peuvent aussi être assimilés à la volonté de Veronica de garder dans sa vie Lilly, alors qu’elle n’est plus là. La toute dernière scène de la saison le prouve bien, elle s’imagine encore la présence de Lilly et a besoin de s’en affranchir pour avancer, chose que la découverte du coupable devrait lui permettre de faire. Par ailleurs, l’ajout de ces flashbacks est parfaitement réfléchi et généralement en lien avec les tourments et pensées de Veronica sur le moment.
Outre l’enquête, les autres épisodes mettent généralement en avant des investigations de tous genres, parfois en lien avec la vie d’adulte de Keith, parfois avec celle de Veronica ou parfois, un mélange des deux. Certaines sont plus réussies que d’autres et progressivement, la saison s’améliore d’épisode en épisode. Parmi les épisodes de ce style les plus pertinents on pourra penser au 1×04, The Wrath of Con, qui est drôle et rythmé, au 1×10, An Echolls Family Christmas, se déroulant à Noël comme le titre le suggère, au 1×12, Clash of the Tritons, sous fond de société secrète,  au 1×16, Betty and Veronica, avec de nombreuses mascottes au programme ou encore au magnifique 1×18, Weapons of Class Destruction, point de départ de nombreuses choses et avec une affaire très solide. En fait, on pourrait citer un grand nombre d’épisodes tant ils peuvent être satisfaisants. Les enquêtes des Mars sont traitées avec un certain réalisme, ôtant tout le glamour que l’on aurait pu y associer et sonnant quelque peu film noir. Malgré un côté assez routinier qui pourrait lasser, ce n’est jamais le cas car on avance dans l’intrigue sans réellement le savoir et surtout, en plus de la manière assez particulière que le duo original a pour mener ses affaires, il y a toute cette atmosphère et cette tonalité typique à la série.

Veronica Mars est aussi peu consensuelle pour une série visant les adolescents parce qu’elle dispose notamment d’un ton caustique, acide voire totalement acerbe par moment. L’héroïne est déjà une très grande utilisatrice de l’ironie, du second degré et de toutes les variantes possibles et inimaginables afin de se jouer intelligemment et subtilement de certains moins futés. Comme le shérif dites-vous ? Ben voyons. Mais ce n’est pas tout. Cet aspect presque cynique assez inhabituel pour un teen show se retrouve également dans le message délivré dans la saison. Mais ce n’est pas tout (bis). Il ressort également de tous ces épisodes une atmosphère douce-amère flirtant avec le mélancolique. L’humour est omniprésent dans Veronica Mars, ne serait-ce grâce aux dialogues acérés et percutants, mais le fond est difficile. Très difficile. Et parfois très noir. Entre les meurtres, les discriminations, les viols, les drogues et le fait de droguer les filles sans leur consentement, la violence familiale, les maladies psychologiques souvent taboues, l’adultère, les enfants cachés, l’adoption, les échanges de bébé, il y a du lourd. Si accumulées de cette manière les thématiques peuvent sonner clichées ou donner l’impression qu’il y a une surenchère ce n’est pas le cas une seule seconde tant le traitement est toujours subtil et faisant preuve d’une certaine retenue. On nous montre certaines choses, on nous en dit d’autres mais le cheminement nécessaire pour relier tous les éléments est laissé à sa propre appréciation. Et heureusement, l’humour est toujours là pour désamorcer des situations critiques et tout particulièrement sombres. Un autre point fort de la saison et participant à l’identité de la série est sa propension à multiplier les références à la pop culture. C’est bien simple, il y en a absolument partout, et tout cela se fait avec une spontanéité assez incroyable. Le constat est d’ailleurs le même concernant l’intrigue sur Lilly, on ne sent jamais une envie de trop en faire mais juste une envie de faire les choses bien comme il faut, avec une ambition mesurée et extrêmement sincère.

Et pour terminer, un petit mot sur la forme qui est assez originale avec l’utilisation de nombreux filtres souvent très jaunes et verts ou bien de couleurs assez tamisées. (D’ailleurs, les premiers épisodes des DVD Z1 passent très mal sur une télé HD en raison d’un grain trop important.) Il y a un soin particulier du côté de la photographie et si celle-ci ou le montage sont parfois maladroits, on y sent une volonté rafraîchissante de s’approprier une ambiance propre. Autrement, si les premiers épisodes utilisent un tout petit peu trop de chansons, ce léger défaut tend à se faire plus discret par la suite. De toute manière, la saison travaille sa bande-son et n’utilise pas de tubes connus mais des artistes plus indépendants ce qui est toujours sympathique quand les chansons sont réussies car on en vient à faire des découvertes (The Postal Service ! The Notwist !).

 Au final, la première saison de Veronica Mars prend son temps pour démarrer et montrer ce qu’elle a vraiment dans le ventre mais lorsqu’elle commence à le faire, elle le fait avec un certain talent. Bénéficiant d’une écriture globalement solide, d’une superbe héroïne jolie, pugnace, intelligente, téméraire et piquante, de personnages nuancés et forts ainsi que de relations bien plus creusées qu’à première vue, elle possède une véritable identité parmi toutes ces séries pour adolescents sans âme. Ajoutons-y aussi la complexité mesurée de son fil rouge, l’atmosphère drôlement acide, les dialogues ciselés en plus d’être intelligents et les nombreuses références et on en sort presque fasciné. Et, cerise sur le gâteau, elle fait confiance à l’intelligence de ses spectateurs en disant toujours juste ce qu’il faut pour ne pas le perdre mais aussi pour lui donner l’impression d’être futé, tout en n’hésitant pas à multiplier les rebondissements afin de garder un bon rythme haletant. Tout n’est pas parfaitement maîtrisé car il y a quelques flottements dans la saison et il faut un peu de temps à la saison avant de se montrer vraiment enthousiasmante mais il en ressort tellement de naturel et de spontanéité que l’on se plaît à suivre les aventures hautes en couleur des Mars à Neptune. Et en plus, la seconde saison est dans mes souvenirs aussi réussie. Smell you later~

By |2018-07-06T18:03:24+01:00août 30th, 2012|Séries étasuniennes, Veronica Mars|8 Comments

(Bilan) L’année sériephile 2006-2007 ~ Partie 2/3

Place à la deuxième partie de ce bilan 2006/2007 après la première. Le récapitulatif n’est pas encore tout à fait terminé puisque j’envisage de discuter des séries anglaises (même si je n’en ai regardé que deux, je commence les troisième et quatrième sous peu) et d’établir un petit classement des meilleures séries toutes confondues de cette saison. Oui, je suis friande de classements, à condition qu’ils soient détaillés un minimum. Et comme à chaque fois je parle, je parle et je parle trop. Bref, arrêtons les bavardages et passons aux choses sérieuses.

Lost : Comme j’ai déjà pu l’écrire à de très (trop ?) nombreuses reprises, Lost et moi, nous ne sommes pas vraiment amies. J’ai trouvé la saison une très moyenne, la deux m’a davantage plu et j’ai totalement adhéré à la trois. Ce qui est étonnant lorsque l’on regarde les taux d’audience chuter considérablement aux États-Unis. A priori, si j’étais comme l’Américaine de base, je devrais avoir décroché, mais pas du tout ! J’ai bien aimé l’introduction de cette saison ; axer le season premiere sur les Autres était plus que bien fichu et donnait envie de voir la suite. De toute manière, je dois dire que j’adhère à tout ce qui concerne ces derniers, et plus particulièrement autour de Harry Potter Ben. Bref, le début m’a bien emballée, même si l’équipe des campeurs de l’île était séparée. Le truc étonnant aussi c’est que j’ai apprécié un épisode centré sur Kate. Pas adoré non plus, il ne faut pas exagérer, mais je ne me suis pas ennuyée. Alors, oui, il y avait Nathan Fillion, si ce n’est que ça ne fait pas tout. Est-ce que l’on a obtenu des réponses aux multiples questionnements ? Un certain nombre. Est-ce que le tout se tient ? Eh oui ! C’est dingue, n’est-ce pas ? Tout le monde râle sur les scénaristes en répétant qu’ils ne savent pas où ils vont, mais sur certains points éclaircis maintenant, on peut se cacher parce que l’on avait tort.

Il y a eu un petit ventre mou au milieu de la saison bien que rien de bien méchant puisque tout est reparti de plus belle vers la fin, qui est extra. Même les personnages d’habitude pénibles (genre Charlie) sont agréables à suivre. J’ose avouer que j’ai adoré ce qui arrive à Charlie, ainsi que la manière dont il prend la chose et la maturité dont il fait preuve. Il a réellement évolué dans le bon sens depuis qu’il est sur l’île. Locke, après avoir été très nul en ce début de saison – et en fin de saison deux aussi – est devenu super cool. Les autres (pas les méchants, hein, les autres campeurs), il n’y a pas de réel changement. Quant au season finale, dès les premières images je me doutais bien qu’il y avait un truc parce que voir Jack comme ça, avec une barbe de trois mois, ça cache quelque chose. J’avais raison, même si pendant tout le double épisode, j’étais là « aaah mais c’est trop bizarre, c’est avant, c’est après ? Je ne comprends rien x.x. »
Bref, apparemment les scénaristes vont continuer dans cette voie et là, je ne nie pas que je suis très curieuse de découvrir ça. N’empêche, c’est dommage que TF1 relèguera sûrement la fiction en seconde partie de soirée parce que pour une fois, je serais plutôt du genre à dire qu’il faut la mettre en prime.

Nip/Tuck : La saison trois était plus que moyenne. La suivante remonte le tout. Au vu du season finale, je pense qu’ils auraient dû arrêter la série à ce moment-là. Il est vrai qu’il y a des points négatifs sur lesquels on pourrait discuter des heures et des heures, mais j’ai retrouvé un Nip/Tuck que j’aime. Il y a eu beaucoup d’invités sans que cela ne fasse trop défilé. Cependant, Catherine Deneuve m’a énervée ; cela dit, je ne l’ai jamais supportée de toute manière. Pour la saison cinq, je suis assez sceptique, mais je crois que ce changement de décor ne devrait pas faire trop de mal à la série. J’aimerais bien un retour d’Ava ; je sais, je rêve.

Prison Break : J’en ai déjà parlé donc je n’ai pas trop envie de me répéter. Je dirai seulement que la saison deux est beaucoup plus faible que l’excellente saison une. Ce n’est pas nul, loin de là, mais il y a quelques éléments sur lesquels on peut largement s’énerver. Par contre, au vu du season finale, je me demande comment les scénaristes vont s’en sortir pour faire quelque chose de cohérent.

Rome : Déjà parlé aussi. Je remets juste mon commentaire sur le series finale. C’était tout simplement extraordinaire. Au début, j’étais un petit peu sceptique lorsque j’ai constaté qu’on ne verrait aucune image de la bataille d’Actium, mais c’est mieux ainsi. On s’est focalisé sur les protagonistes, Marc-Antoine et Cléopâtre d’abord ; Pullo, Vorenus et Césarion d’un côté, et Octavien, Atia et Octavie de l’autre. Tous les personnages vivants encore (!) ont eu leur minute de gloire. Et rha, là, là, la musique, les décors, la réalisation du triomphe d’Octavien étaient à couper le souffle. J’avais l’impression d’y être, je vibrais littéralement avec le peuple romain. Et puis j’ai adoré Atia, encore plus que d’habitude. Cette série va me manquer.

Smallville : Comme j’ai déjà pu le répéter à plusieurs reprises, j’aime cette série parce qu’elle me détend. La saison six a parfaitement su remplir son rôle de guilty pleasure. C’était plutôt bien mené, il y a eu des points mythologiques pertinents (la zone fantôme, la Justice League…), certains personnages se sont révélés plus creusés qu’avant – et, beaucoup plus intéressants même (oui je fais allusion à toi Lana, dingue n’est-ce pas ?) – les relations entre certains se sont approfondies pour devenir plus intenses et parfois plus complexes, il y a eu un élément majeur : Green Arrow (♥♥♥), il y a eu aussi Tahmoh Penikett en slip gris (♥). Qu’est-ce que je pouvais espérer de plus, franchement ? Non, sans rire, j’ai vraiment bien aimé cette saison. Oui, il y a des trucs nuls, mais il y a eu quelques réussites comme l’épisode 6×20, Noir. J’ai complètement accroché au season finale ; déjà, l’intro était jouissive avec ce petit récapitulatif de la saison, mais alors, à la fin, j’étais tout émoustillée par Bizarro. J’aime beaucoup Clark, mais Bizarro a ce côté très sûr de lui qui fait qu’on ne peut pas résister. Oui, je sais, Smallville c’est un peu stupide et niais sur les bords si ce n’est que je n’ai pas honte de regarder cette série et de l’apprécier.

Supernatural : Je crois que j’ai préféré la saison deux à la première, les deux J. sont meilleurs et les épisodes donnent plus l’impression de suivre un arc bien particulier. Il n’empêche que j’aime surtout la série lorsqu’elle ne se prend pas la tête ; l’épisode où ils ne font que se disputer parce qu’un illusionniste (j’ai un doute…) leur joue des tours est très drôle. Celui de la prison était pas mal non plus, d’ailleurs. Par contre, ce qui est un petit peu nul, c’est que l’on sait très bien qu’il ne leur arrivera rien de bien méchant puisque la fiction fonctionne sur leur tandem : en enlever un ne rimerait à rien ; de ce fait, on est forcément moins angoissé lorsqu’un évènement normalement stressant survient.

Ugly Betty : Dès le premier épisode, j’ai accroché à cet univers un petit peu décalé et à cette Betty pas très jolie. Je n’ai jamais vu les autres adaptations, ni la série originale, donc impossible pour moi de comparer. Tous les personnages sont adorables, que ce soit Marc, Amanda, Willie, Hilda, Ignacio, etc. Chacun aura sa petite minute de gloire et on rit avec eux (ou on pleure, mais plutôt de joie). C’est tout à fait le genre de séries qui peut vous remonter le moral en flèche et qui vous colle le sourire pendant plusieurs heures.

Veronica Mars : Il y a deux ans déjà – ou presque – je pénétrais dans cet univers. Le voilà qui se referme maintenant puisque la série est annulée. À propos de la saison trois, j’ai déjà pu m’étendre dessus à plusieurs reprises. Elle m’a déçue – profondément. Est-ce le passage sur The CW qui a provoqué cette baisse de régime ? Je ne sais pas ; mais une chose est sûre, c’est que j’ai perdu la Veronica super cool avec ses enquêtes très intéressantes et qui ne donnent pas l’impression de nous prendre pour des idiots. À la place, c’est une Veronica désabusée et égocentrique avec ses affaires assez ennuyantes, résolues en quelques minutes. En plus de cela, voir les personnages secondaires genre dix secondes par épisode, ça énerve. Rendre Logan en stupide, stupide, stupide étudiant tout mou, c’est atroce. En revanche, rien que pour nous agacer encore plus, les trois derniers épisodes de la série sont excellents. Eh oui. Depuis le commencement de la saison, on attendait ce comportement de la part de Dick, et le voilà enfin. Ça vient certes un peu tard, mais j’étais contente du traitement. Il y avait moyen de faire un truc très bien fichu avec lui dès le début… Veronica est chouette, elle fait des bourdes et il y a de lourdes conséquences, mais elle n’est pas Wonder Woman et c’est appréciable. Logan, dans le series finale, est redevenu celui que j’ai adoré dans les deux premières saisons, on a vu du BFF avec Wallace et V., Mac est toujours aussi géniale, et la voir avec le geek fan de Battlestar Galactica, c’était marrant. Pour cette conclusion, on a eu le droit à plein d’anecdotes, mais il aurait fallu faire tout ça avant mon très cher Rob Thomas. Donc, oui, la série va me manquer, mais il y a eu tellement de gâchis que ça me rend triste. Kristen Bell on ne la verra plus, mais on pourra l’entendre dans Gossip Girl à la rentrée. En effet, ce sera elle, la blogueuse qui aime se moquer de ses camarades. J’ai hâte de regarder ça même si je suis très sceptique quant à l’adaptation de ces romans.