Waraeru Koi wa Shitakunai | 笑える恋はしたくない

Les fêtes de Noël n’ayant pas la même résonance au Japon que par chez nous, ce n’est pas vraiment étonnant qu’elles soient aussi peu mises en avant. Et même lorsque c’est le cas, il n’est pas évident d’y retrouver leur esprit particulier. Néanmoins, en cherchant bien, on finit toujours par trouver quelque chose à se mettre sous la dent ; côté renzoku de Noël, il y en a au moins trois. Précédemment, nous avons ainsi vu le sympathique Last Christmas et l’exécrable Xmas Nante Daikirai. Place donc au troisième, Waraeru Koi wa Shitakunai, dont le titre signifie approximativement je ne veux pas d’un amour dont on puisse se moquer. Composée de trois épisodes de 46 minutes, cette série japonaise fut diffusée sur TBS au mois de décembre 2006. Aucun spoiler.

Nagai Suzune et son ami, Tonaka Ippei, font le pari de trouver l’amour avant le réveillon de Noël. Le perdant devra offrir à l’autre la possibilité de voir un de ses vœux être réalisé. Qui des deux va réussir en premier et vont-ils passer de bonnes fêtes ?

   

Vous êtes à la recherche d’une série japonaise sur Noël ? Qui met réellement la fête à l’honneur de toutes les manières possibles et inimaginables ? Vous pouvez arrêter, vous l’avez trouvée. Waraeru Koi wa Shitakunai, c’est tout ça. A contrario, si vous détestez les fêtes de fin d’année, il vaut probablement mieux éviter ce j-drama. Il y a des décorations partout : à chaque coin de rue, dans la galerie commerciale dans laquelle travaillent les personnages principaux, dans l’espèce de bar dans lequel ils passent leur soirée, etc. On a dit partout. Ces mêmes protagonistes arborent en plus de nombreux costumes de circonstance tels qu’un renne ou le fameux Père Noël. La fête est aussi vue à travers le choix musical puisqu’il n’y a quasiment que des chansons traditionnelles ou mettant dans l’ambiance festive. Ceci dit, celle de fin, Hikaru de Fayray, n’a rien à voir mais est tout simplement magnifique. Cerise sur le gâteau, il y a bien une sorte d’esprit de Noël qui ressort de ces épisodes. On y sent cette volonté d’entraide, de bonne entente et ce désir de fête. Les blasés pourront maugréer dans leur coin en ronchonnant parce que pour eux, il y a trop de sentimentalisme mais n’est-ce pas plus ou moins habituel avec Noël ? Tout le monde n’est-il pas un peu niais ? Pourtant, même en étant un peu trop cynique de nature, on peut se plaire à suivre les aventures de ces personnages parce qu’ils sont extrêmement attachants et que l’on en ressort avec le cœur réchauffé.

L’histoire est, somme toute, extrêmement classique car il s’agit d’une comédie romantique. Or, en trois épisodes on n’a guère le temps de s’ennuyer face à ces multiples péripéties d’autant plus que l’émotion est toujours mise en avant avec tact et nuances. En dépit d’un thème propice à la guimauve, on ne peut pas dire que l’on croule sous le niais notamment parce que l’ambiance décontractée, le ton parfois quasi doux-amer et l’humour permettent facilement de passer outre. Contre toute attente, la fin réussit en plus à ne pas tomber dans le pré-fabriqué consensuel. Sinon, la construction est d’ailleurs relativement particulière puisqu’il y a beaucoup de retours en arrière, un peu comme dans Kisarazu Cat’s Eye. L’intrigue n’est donc pas linéaire et cette technique permet de mettre dès lors en avant l’importance de certaines actions sur la vie d’autres personnages.

En dehors de son aspect purement festif, Waraeru Koi wa Shitakunai est une série extrêmement drôle. Si le troisième épisode fait un peu moins rire que les deux autres, cela ne l’empêche pas de posséder quelques moments bien croustillants. L’humour n’est heureusement jamais lourd mais il est accentué par les références omniprésentes, les nombreux jeux de mots, le surjeu de la plupart des acteurs et plusieurs bruitages bien choisis. De ce fait, ceux détestant ce côté très japonais n’auront aucun regret s’ils passent leur tour. Pour les autres, ce n’est que du bonheur car le drama est plutôt délirant et pétillant de bonheur et de bonne humeur. Une caractéristique propre est que l’on entende souvent les pensées des protagonistes qui sont généralement à l’opposé total de ce qu’ils racontent. Le contraste entre leur figure on ne peut plus sérieuse et leurs messes basses est souvent très drôle. Le maître pour cela est le gérant des boutiques de la galerie commerciale, interprété par le toujours aussi génial Sasaki Kuranosuke (Zettai Kareshi). Cruel parce que selon lui, il faut l’être, il fait tout pour que le héros, Tonaka Ippei, ne puisse garder sa pâtisserie dans la galerie. Incarné par Kômoto Junichi (Tiger & Dragon), Tonaka n’a pas un physique de jeune premier mais est un pâtissier passionné. Malheureusement, les clientes préfèrent généralement avoir un joli vendeur et il peine dès lors à faire suffisamment de recette en dépit de gâteaux de très bonne qualité. Un soir de décembre, il parie avec sa grande amie, Nagai Suzune (Yamasaki Shizuyo), elle aussi peu gâtée par la nature, qu’il trouvera l’amour d’ici le réveillon avant elle. Les deux rêvent de trouver un jour l’amour et commencent à désespérer. Hôtesse dans un ascenseur, Suzune ne plaît pas à grand monde compte tenu de son physique assez atypique et de sa voix grave. Durant les trois épisodes, ils vont ainsi tout tenter pour trouver le compagnon idéal et bien évidemment, tout ne se passera pas comme prévu. Ces deux amis, touchants à leur manière, sont entourés par de nombreux personnages très hauts en couleur souvent joués par des acteurs connus dans la petite sphère de la télévision japonaise. On retrouve ainsi le charmant Kiritani Kenta (Tiger & Dragon) comme le fidèle assistant de Tonaka ou encore le charmant Okada Yoshinori (Kisarazu Cat’s Eye) en tant qu’homme très riche mais fort simple. Les fans de Johnny’s et plus précisément de NewS retrouveront avec délice Masuda Takahisa portant ici le prénom de Santa. Doit-on rappeler qu’au Japon, le gros barbu est appelé Santa ? Il y aura donc quelques quiproquos et jeux par rapport à cela. Il est extrêmement chou et semble martyrisé par ses sœurs ne le lâchant pas d’une semelle. Santa est attiré par Yukiko, une jeune journaliste incarnée par Sakai Wakana (Kisarazu Cat’s Eye, Umareru.). Ajoutons par dessus des présentateurs loufoques d’une émission de télévision et le j-drama se montre totalement excentrique par moments.

Au final, Waraeru Koi wa Shitakunai est une série colorée extrêmement réussie sur Noël. Grâce à un humour perpétuel n’oubliant jamais les émotions, l’entrain communicatif de ses personnages et la tonalité quasi burlesque, l’ensemble se révèle définitivement rafraîchissant. S’il est indéniable que les bons sentiments soient présents, la fin évite les écueils habituels, les clichés et la mièvrerie consensuelle. En outre, esthétiquement le j-drama est un véritable succès étant donné que presque tous les plans font penser aux fêtes de fin d’année ; il est alors très facile de se retrouver dans l’ambiance. Cela dit, il ne s’agit pas que d’une série sur Noël et c’est pour cette raison qu’il est tout à fait possible de la regarder à une autre époque et d’être emporté par ce mignon divertissement très agréable racontant les aventures de protagonistes truculents.
Bonus : la magnifique chanson de fin, Hikaru par Fayray