Xena: Warrior Princess | Xena la Guerrière (saison 6)

Voilà, un peu plus de trois ans après avoir commencé la série, j’ai terminé dernièrement Xena: Warrior Princess (Xena la Guerrière en VF). J’ai regardé en moyenne deux saisons par an, ce qui me semble tout à fait raisonnable afin d’en profiter un minimum. Mine de rien, je me suis attachée à cette production souvent raillée et je suis contente de m’être lancée dans l’aventure. À vrai dire, j’ai tout de même un regret : celui de ne pas avoir pu visionner la fiction lorsque j’étais adolescente. Il s’avère difficile de savoir ce que j’en aurais réellement pensé, mais je suis quasi persuadée qu’elle ferait partie à l’heure actuelle de celles ayant une place particulière dans mon cœur. Là, non, mais bon, c’est comme ça n’est-ce pas ? Trêve de banalités et passons à la sixième année, la toute dernière. À l’instar des précédentes, elle est composée de vingt-deux épisodes et fut diffusée en syndication entre octobre 2000 et juin 2001. Aucun spoiler.

La cinquième saison avait le mérite de posséder un véritable fil rouge qui représentait celui de la chute des dieux de l’Olympe. Malgré tout, elle peinait à convaincre en raison de thématiques chrétiennes bien trop marquées, de choix scénaristiques discutables et d’une écriture parfois lourde. Difficile de ne pas être quelque peu inquiet en débutant cette suite si l’on a détesté des éléments a priori importants, comme le bond dans le temps et l’ajout d’Eve, la fille de Xena. Effectivement, qui dit avancée sur le fil chronologique signifie la disparition de certains personnages secondaires tels qu’Autolycus ; en définitive, on ne saura malheureusement jamais ce qu’il est advenu de lui. Mais surtout, quand on a autant aimé Joxer et que l’on n’a pas digéré son décès idiotement mis en scène, on craint d’avoir un goût amer dans la bouche. Finalement, quelques épisodes permettent de revoir Ted Raimi, ce qui fait sacrément plaisir. Quant à cette avancée temporelle, elle ne sert pas foncièrement à grand-chose si ce n’est à amener ses héroïnes face à des morts et autres tragiques pertes s’étant déroulées au cours de leur long sommeil. Le constat est exactement le même pour Eve tant son personnage est quasi assimilable à un pétard mouillé. Après l’avoir comparée à un monstre sanguinaire et l’avoir transformée en prêcheuse de bonne parole digne d’Eli, elle disparaît aussi rapidement qu’elle était apparue. Même si le jeu de son interprète est moins caricatural, on ne va guère s’en plaindre, mais il faut avouer que le principal moteur de la saison cinq est donc annihilé. Virgil ne fait pas non plus long feu alors que l’on aurait pu penser qu’il serait au centre de davantage d’intrigues. Dommage, surtout que le 6×06, The Abyss, où il se retrouve confronté à des cannibales est sympathique. Les scénaristes donnent l’impression de ne pas avoir de suite dans les idées puisqu’ils ne se servent pas du tout du matériel qu’ils avaient pris le temps de mettre en place. En fait, les vingt-deux épisodes ne possèdent pas de réel liant entre eux et ressemblent davantage dans la forme à ceux de la première saison. Xena et Gabrielle voyagent en Grèce, mais aussi autour du monde, font des découvertes, combattent de nouvelles menaces et, progressivement, finissent par arriver au bout de leur chemin respectif. En d’autres termes, la série opte pour le parti de conclure au fur et à mesure toutes ses idées. Globalement, le résultat n’est pas décevant ou mécanique en dépit d’un aspect brouillon, car le charme des héroïnes et l’attachement que l’on porte à l’ensemble permettent facilement de ne pas tiquer face à cette absence de véritable enjeu. À l’exception d’une poignée d’épisodes peu inspirés comme la majorité de ceux sur les Amazones, le reste se tient relativement bien.

S’il est clair que la saison six de Xena: Warrior Princess ne possède pas d’arc au long cours, elle continue d’explorer certaines thématiques spécifiques lui ayant réussi avec plus ou moins de succès jusque-là. Les dieux de l’Olympe étant presque tous morts de la main de Xena, il ne demeure techniquement plus qu’Aphrodite. Toujours aussi pétillante, elle illumine par son humour et son entrain les scènes où elle apparaît. Dommage que Cupidon ne soit plus dans les parages, d’ailleurs. L’épisode 6×19, Many Happy Returns, où elle a un rôle important est plutôt drôle. Quant à Arès, s’il n’est pas présent dans un grand nombre d’aventures, il marque définitivement par son côté sexy et charmeur en plus de ses constantes critiques. Rappelons qu’Arès a sacrifié son immortalité pour sauver Eve d’un trépas certain. Il a donc mal aux articulations, ne peut plus se déplacer d’un claquement de doigts et souffre en bon douillet qu’il est devenu. Il désire toujours attirer Xena dans ses filets, mais il a compris qu’il ne faisait pas le poids face à Gabrielle. Le season premiere, Coming Home, où il cherche à récupérer coûte que coûte ses pouvoirs est dynamique et définitivement fun. Il a le mérite de mettre immédiatement dans l’ambiance et de chasser les craintes liées à la saison précédente. L’autre épisode où il est choyé, un des meilleurs de l’année, est le 6×10, Old Ares had a Farm, lorsque l’ancien dieu, poursuivi par une horde d’assassins, décide de se reconvertir en fermier. Avec une bonne humeur garantie, des zygomatiques à contribution et du fanservice à tous les étages, il est un digne représentant des pérégrinations comiques de Xena: Warrior Princess. Toujours du côté de la religion, la montée en puissance de la chrétienté n’est pas oubliée et c’est l’occasion de revoir certains anges comme Michael. La série se trompe concernant Lucifer puisque lorsqu’on le rencontre, il est encore Lucifel, car il n’a pas perdu ses ailes. En tout cas, cet être attiré par le côté obscur sera, dans le 6×03, Heart of Darkness, définitivement damné par Xena, systématiquement présente pour marquer l’Histoire.

Xena et Gabrielle ont toujours parcouru le monde, mais au cours de cette sixième saison, elles ne s’arrêtent clairement jamais. Outre la Grèce, elles se rendent à Rome où dans le 6×12, The God you Know, Caligula (Alexis Arquette) fait preuve de débauche et de folie avant de mettre en place une course à la Ben-Hur. Naturellement, l’Empire romain a sans cesse été lié à Xena et voir que Jules César (Karl Urban) n’a pas encore renoncé à dominer la guerrière alors qu’il est six pieds sous terre est assez amusant. Par ailleurs, dans cet épisode plus que plaisant, le 6×18, When Fates Collide, le dictateur démontre sans le vouloir que quoi qu’il se passe, Gabrielle et Xena seront toujours vouées à se rencontrer et à s’aimer. Sinon, les deux femmes se rendent en Scandinavie et la série se permet de réécrire les mythes nordiques à sa manière. Dans un triptyque présent en milieu de saison, l’intrigue s’attarde par conséquent sur l’anneau des Nibelungen, Beowulf, les Walkyries, Odin et un monstre créé par une Xena alors encore en proie à ses démons. Quand bien même on peut apprécier ces légendes germano-scandinaves, l’ensemble n’est pas ici foncièrement enthousiasmant et manque probablement de rythme. À travers quelques flashbacks se déroulant à l’époque où Xena était avec Borias, la caméra se déplace autrement vers l’est du monde jusqu’à finir par arriver à Jappa, le Japon actuel, dans le series finale. Justement, qu’en est-il de ce double épisode concluant six longues années de télévision ? Honnêtement, il n’est pas très satisfaisant de prime abord. Extrêmement mélancolique, il termine Xena: Warrior Princess par des conséquences définitives. On aurait pu imaginer bien plus positif. Cependant, avec le recul, il s’avère facile de réaliser qu’au final, Xena a parfaitement accompli sa mission qui était celle de sa rédemption. Après avoir mis de côté son but dans la saison cinq, celle-ci le place plus qu’en avant. Si ce qu’on y voit est douloureux et amer, c’est peut-être ce qu’il fallait pour que la princesse guerrière fasse définitivement la paix avec elle-même. Il en va de même pour Gabrielle, ayant évolué avec beaucoup de nuances et de profondeur depuis sa rencontre avec Xena. Accessoirement, c’est aussi l’occasion d’admirer de superbes costumes inspirés du pays du Soleil-Levant. Sans surprise, la musique de Joseph LoDuca accompagne à merveille leurs tribulations autour de la planète et montre encore au cours de la saison qu’elle est une pièce maîtresse de la production. Ce n’est pas étonnant que le compositeur ait obtenu une nomination aux Emmys pour son travail, après avoir en plus remporté la statuette l’année précédente.

Si jusque-là Xena: Warrior Princess n’était pas forcément très claire concernant le lien de ses héroïnes, s’amusant avec des dialogues à lire entre les lignes, elle ne l’est plus du tout au fil de cette année. Il n’y a plus aucun doute, Xena et Gabrielle s’aiment comme de véritables âmes sœurs et ne peuvent imaginer la vie séparées l’une de l’autre. Là aussi la saison est enthousiasmante, car la cinquième n’avait pas suffisamment développé leur relation. A contrario, au cours de ces vingt-deux épisodes, cette dynamique est perpétuellement au centre des propos et fait toujours preuve d’intensité, de tendresse, de facéties ou encore d’émotions. L’évolution des personnages et de leur lien s’est faite en douceur et il paraît indubitable que les quitter attriste quelque peu étant donné qu’elles se sont généralement montrées fortes, sexy (magnifique danse de Gabrielle dans le 6×04, Who’s Gurkhan?), touchantes, drôles et définitivement charismatiques. Si la série utilise l’aventure, l’action et la fantasy pour construire ses scénarios, elle est en premier lieu l’histoire de deux femmes hors du commun cherchant l’harmonie avec les autres, mais aussi avec elles-mêmes. Grâce à l’alchimie palpable entre les actrices, Lucy Lawless – qui s’est nettement améliorée au fil des années – et Renée O’Connor, il n’en faut pas beaucoup plus pour être séduit. Sur une note plus triviale, Xena retrouve un costume plus proche de ses débuts et c’est tant mieux, tandis que Gabrielle continue sa transformation entamée il y a un petit moment. Pour la première fois, le générique subit également un lifting parce que si le style reste identique, les images défilant en arrière-plan sont actualisées.

La saison passe clairement du coq-à-l’âne puisque les épisodes se suivent, mais pourraient presque être regardés dans le désordre sans perdre grand-chose au passage. Comme à son habitude, la fiction navigue entre divers courants que sont le drame, l’humour, voire l’autodérision totalement assumée, et la mise en abîme. Pour faire simple, des épisodes comme le 6×16, Send in the Clones, et dans une moindre mesure le 6×20, Soul Possession, cassent totalement le quatrième mur et repoussent les limites de la métafiction. Les scénaristes se moquent quelque peu d’eux-mêmes, croquent avec délice les fans de la série et se permettent au passage d’expliquer à retardement comment Hope et Gabrielle ont été sauvées entre la fin de la saison trois et le début de la quatrième. Ce n’est pas trop tôt, dirons-nous. Le 6×13, You Are There, avec cette histoire d’interview au XXè siècle est très moyen, en revanche. Quoi qu’il en soit, Xena: Warrior Princess n’hésite pas à jouer de ses défauts et à s’en amuser.

Enfin, accessoirement, c’est l’occasion de voir des visages connus du très petit monde des productions de Raimi/Tapert. Craig Parker (Legend of the Seeker, Spartacus) est ainsi de retour pour la troisième fois, encore dans un autre rôle, et il est ici le fils d’une déesse abusant de l’eye-liner. On pourra remarquer, notamment, Alison Bruce (Legend of the Seeker) en nomade du désert et Craig Walsh-Wrightson (Spartacus, Spartacus: Gods of the Arena) en centurion.

En conclusion, la dernière saison de Xena: Warrior Princess est dans l’ensemble satisfaisante. Si d’une certaine manière elle joue la carte de la facilité en accumulant les épisodes indépendants quitte à en devenir un vaste fouillis, elle prend le temps de diriger progressivement ses héroïnes combattantes vers le départ. Cela permet d’ailleurs au téléspectateur de ne pas se sentir trop floué, car il existe une réelle volonté de terminer la quête de rédemption de Xena et le cheminement intérieur de Gabrielle. Bien sûr, certaines intrigues sont assez laborieuses, d’autres poussives et quelques-unes très maladroites, mais la série n’a jamais été parfaite et c’est de toute manière l’attachement que l’on ressent pour cet univers créatif et bigarré délivrant un divertissement correct qui prime. Finalement, la fiction n’est clairement pas un incontournable du petit écran si ce n’est qu’elle possède une véritable identité et a le mérite d’assumer ses faiblesses, son côté kitsch et les limites de son budget. Sous couvert de sa tonalité parfois cocasse et de ses nombreuses libertés historiques, elle a aussi parfaitement su aborder des arcs extrêmement dramatiques et transmettre de jolis messages faisant souvent honneur au féminisme. En d’autres termes, quoi qu’on puisse en dire, Xena: Warrior Princess aura définitivement marqué toute une génération. Selon différentes manières, évidemment.

By |2017-05-01T13:59:40+01:00décembre 4th, 2012|Séries étasuniennes, Xena: Warrior Princess|2 Comments

Xena: Warrior Princess | Xena la Guerrière (saison 5)

En toute logique, après avoir parlé ces dernières années des quatre premières saisons de Xena: Warrior Princess (Xena la Guerrière en France), il est temps de passer à la cinquième et pénultième. Il est fort probable qu’on vienne à bout de la série sur Luminophore d’ici fin 2012. À l’instar des précédentes, la cinquième comporte vingt-deux épisodes. Elle fut toujours diffusée en syndication, et cela, de septembre 1999 à mai 2000. Aucun spoiler.

Sans se montrer foncièrement mauvaise, la quatrième saison de Xena: Warrior Princess manquait cruellement de liant et d’homogénéité. La plupart des épisodes étaient dispensables et certains en devenaient presque douloureux à regarder. Fort heureusement, elle se terminait sur un très bon season finale où Xena et sa fidèle amie Gabrielle étaient crucifiées par les soldats romains. La suite débute sans surprise par la résolution de cet arc tragique. Ce n’est évidemment pas dévoiler l’intrigue de préciser que, oui, Xena et Gabrielle reviennent parmi les vivants. En décédant, elles accèdent à ce qu’il y a après la mort et dans ce cas spécifique, il s’agit du fameux Paradis/Purgatoire/Enfer que l’on ne présente plus. C’est d’ailleurs là qu’elles rencontrent de nouvelles créatures qui vont avoir une influence considérable sur l’ensemble de cette salve inédite.

Les divinités de l’Olympe avaient malheureusement été très peu étudiées au cours de la saison quatre et celle-ci rattrape totalement la donne. Effectivement, le principal fil rouge relate leur chute qui s’apparente à une sorte d’adaptation extrêmement libre du Ragnarök. Avec beaucoup de sympathie, on pourrait résumer ça en disant qu’il s’agit d’une reprise à la Xena: Warrior Princess, tout simplement. Jusque-là, il demeurait agréable de voir les dieux grecs être dérangés, amusés ou charmés par Xena. Cela collait d’ailleurs bien au personnage très fort qui pouvait sporadiquement rivaliser avec ces êtres immortels. Outre ceux que l’on connaissait déjà, d’autres arrivent cette fois sur le devant de la scène. Après avoir révélé Arès, Aphrodite ou encore Hadès, la saison s’attarde sur Zeus et, surtout, sur Athéna. Les dieux découvrent une prophétie liant leur destin à Xena et ils se retrouvent au pied du mur. Pour survivre, ils ne peuvent que venir à bout d’une partie de la guerrière. Tout ceci est à première vue plutôt sympathique et rondement mené, sauf que sur le terrain, le résultat est bien moins pertinent. Le principal hic est l’allusion que ce crépuscule des dieux laisse entendre. Si le panthéon grec tombe, c’est parce qu’il est mauvais et n’a jamais été correct envers son peuple. À l’inverse, les croyances d’Eli déjà mises en exergue précédemment commencent à prendre racine. Ce n’est pas la peine d’être Nostradamus pour se rendre compte que l’on parle de la chrétienté. C’est là où la saison en devient par moments agaçante. Sans aucune subtilité, on nous illustre les dieux païens comme des individus médiocres, alors que les anges et l’être supposé suprême ont tout pour plaire. L’amour serait au centre de tout ; l’amour ceci, cela. Et on baptise, et on appelle des bébés avec le prénom Eve tellement peu connoté, etc. Le paganisme est montré du doigt tandis que le monothéisme est placé sur un piédestal. Certes, dans la réalité le peuple s’est détaché de ses anciennes croyances pour adopter des nouvelles, mais la série n’est pas obligée d’être aussi lourde de sens et, au final, si puritaine. En cela, la saison est franchement décevante.

En dépit de ce ton presque conservateur, il reste heureusement quelques points positifs concernant cette thématique religieuse. Comme écrit plus haut, les dieux grecs ont un temps de présence nettement supérieur aux saisons passées et, cela s’avère on ne peut plus appréciable. Aphrodite devient par exemple plus que l’élément bêtement simplet et se montre plus fine qu’elle n’en a l’air. Si Zeus est décevant et que d’autres comme Hadès ou, pire, Héphaïstos, n’ont rien de particulièrement intéressant, Athéna compense ces manquements. Assez sage, prudente, nuancée et puissante, elle est telle que la légende nous la décrit. Il s’avère dommage qu’elle ne soit pas davantage présente. Celui qui occupe la plus grande partie de notre écran est Arès qui revient enfin titiller Xena et Gabrielle. C’est un vrai délice de le retrouver, lui qui a beaucoup de choses à dire et à faire. Il est agréable de le voir évoluer et descendre du mont duquel il se trouve. Le season finale est d’ailleurs très surprenant à ce sujet et sera, espérons-le, à l’origine de jolies scènes au cours de la future saison. Durant la première moitié des épisodes, le dieu de la guerre charme Gabrielle et si l’on se doute bien que tout ceci n’est que pour attirer Xena dans ses filets, cette approche est plutôt rafraîchissante. Jusque-là, Arès ne voyait en la pétillante blonde qu’un accessoire. Il finit par se rendre compte qu’elle existe et qu’elle possède une place qu’il n’arrivera jamais à atteindre auprès de Xena. Et, justement, dans la seconde partie de la saison, il met ses sentiments à plat et réalise qu’il est prêt à se sacrifier afin d’obtenir l’amour de la combattante. Bien sûr, tout le monde sait que l’âme sœur de Xena est Gabrielle, mais la relation qu’elle entretient avec Arès est au centre de nombreux propos au cours de cette année. Il est clair que les deux sont attirés l’un par l’autre et ont du mal à réfréner leurs pulsions. L’ensemble chouchoute ceux étant friands de cette dynamique musclée et sensuelle.

La saison cinq s’attarde comme les précédentes sur la civilisation romaine. Après la mort de César, c’est sans étonnement que l’on découvre un Brutus perdu se demandant que faire avec Marc-Antoine – joué ici par Manu Bennett (Spartacus) – Octave et Cléopâtre. Celle-ci n’est plus incarnée par Gina Torres, d’ailleurs. Si l’on passe sur l’abominable réécriture de l’Histoire, de la bataille d’Actium et du personnage de Livie, ce pan de la mythologie de la série n’est pas déplaisant à suivre. L’épisode 5×18, Antony & Cleopatra se révèle donc plutôt agréable. Il convient tout de même préciser que Livie, en plus d’être antipathique au possible, est extrêmement mal jouée et a la psychologie taillée dans un tronc d’arbre. À vrai dire, la supposée future épouse d’Auguste est la source de tous les écueils de cette saison. C’est à cause d’elle que la tonalité de la série change et se focalise sur sa protection, car elle est liée au crépuscule des dieux. Il est vrai que la grossesse de Lucy Lawless est venue perturber les scénaristes, mais étant donné l’ampleur qu’ils ont offerte à cette Romaine pas si romaine que ça, il aurait fallu amener les choses avec davantage de tact. Tout cet arc est bancal, ne serait-ce qu’avec les années ayant défilé à toute vitesse et marquées par le décès honteux et extrêmement mal mis en scène d’un personnage. On se plaît à imaginer qu’un retour à zéro se réalisera tant tout cela parait ubuesque. Eh bien, non. Le destin d’autres protagonistes tels qu’Autolycus n’est aucunement à l’ordre du jour et ni Xena ou Gabrielle ne semblent avoir quelque chose à faire de ce réveil des glaces. Reste l’ajout positif de Virgile, probablement la version Xena: Warrior Princess du Virgile connu, incarné par William Gregory Lee (Dark Angel). Les quatre derniers épisodes ne sont au final absolument pas maîtrisés et beaucoup trop faciles.

La caractérisation des deux héroïnes n’est pas non plus le point fort de la saison. Gabrielle amorce un virage radical par rapport à celui qu’elle arborait jusqu’à présent. De pacifiste elle se transforme en guerrière endurcie n’ayant pas une seule seconde à rougir face à Xena. La voir être aussi puissante fait plaisir, sauf qu’encore une fois, l’évolution est étrange. Elle demeure heureusement toujours attachante, charmante et son nouveau costume lui va à ravir. Le constat n’est pas si reluisant pour Xena, elle qui ne peut plus réellement bouger en raison de la grossesse de son actrice. Ses vêtements changent, son chakram également et il lui faut du temps avant de sauter dans tous les sens et retrouver ses capacités totales. Par ailleurs, le lien entre les deux femmes n’est pas particulièrement enthousiasmant au cours de la saison tant tout tourne comme d’habitude au personnage au centre de tout, Livie. Xena ne fait pas attention à Gabrielle et semble toute puissante. On est loin de la quête de rédemption de la guerrière supposée être la moteur de la série.

Qualitativement, les épisodes sont relativement faibles. Si le début de la saison est correct, dès le milieu les choses se gâtent et ne peuvent revenir en fin de parcours au niveau de la première partie. Ceci étant, le 5×09, Seeds of Faith, est bien écrit et plutôt exaltant lorsque l’on ne sait pas encore de quelle manière les conséquences des actes d’Eli vont être exploitées. Le 5×12, God Fearing Child, ou le 5×14, Amphipolis Under Siege, doivent également se ranger dans le haut du panier. Autrement, il est assez difficile de citer des épisodes bons sur leur ensemble. Ce ne sont pas le 5×11, Punch Lines, avec ces flashbacks soporifiques, le consternant 5×15, Married with Fishsticks, avec ces histoires de sirènes et de poulpes qui prouvent le contraire. Le 5×10, le musical Lyre, Lyre, Hearts on Fire, bien qu’il soit truffé d’anachronismes sympathiques ou d’un Draco survolté, est raté et n’a rien à voir avec la précédente aventure apparentée. Dans un registre similaire, le voyage en Chine n’apporte que de l’ennui si ce n’est une franche rigolade sur la création des soldats en terre cuite du mausolée de l’empereur Qin. Le passage chez les Amazones n’est pas non plus passionnant, même si cela signifie découvrir Claudia Black. Karl Urban est justement encore de retour dans un autre rôle puisqu’il y joue un homme des cavernes appétissant plaisant plus que bien à Selma Blair.

Malheureusement, la cinquième saison de Xena: Warrior Princess s’avère en définitive très moyenne. Si le fil rouge de la chute des dieux est intéressant et que l’on ressent une volonté de densifier les intrigues, des choix scénaristiques plus que discutables viennent parasiter l’ensemble. On notera par exemple la prépondérance de la religion chrétienne qui se révèle étouffante, ou les quelques rebondissements tels que l’arc du cercueil de glace et le personnage de Livie. Ce qu’il y a d’autant plus embêtant, c’est que ces idées vont forcément se répercuter sur la suite. Évidemment, tout ne doit pas être jeté. Gabrielle s’affirme et devient encore plus passionnante qu’auparavant, et Arès nous gratifie de sa présence et de ses piques, tout en prenant bien soin de se faire ratiboiser par Xena. Rien que pour cela, on passe outre les nombreux défauts de l’intrigue générale et le ventre très mou en milieu de saison. Pour son ultime salve d’épisodes, la série a plutôt intérêt à remonter le niveau. Non mais !

By |2018-07-06T17:46:49+01:00avril 20th, 2012|Séries étasuniennes, Xena: Warrior Princess|2 Comments