Xena: Warrior Princess | Xena la Guerrière (saison 4)

Cela fait deux ans jour pour jour que Xena: Warrior Princess est apparu sur Luminophore. Nous voici ainsi déjà à discuter de sa saison quatre, composée encore une fois de vingt-deux épisodes et diffusée en syndication d’octobre 1998 à mai 1999. Aucun spoiler.

Quelle déception ! En commençant de la sorte, au moins les choses sont claires. J’ai terminé cette quatrième année très frustrée et, vraiment, vraiment ennuyée. Xena: Warrior Princess est typiquement le genre de production dont je n’attends pas grand-chose. Les anachronismes ou les libertés incroyables prises avec le factuel ne me dérangent même pas alors que dans la plupart d’autres séries, j’aurais les poils qui se hérissent. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit là, à mon avis, d’une œuvre réécrivant l’Histoire à sa manière, avec son propre style et qui s’en amuse. Je la visionne vraiment au second degré à ce niveau-là. Sinon, je pourrais immédiatement éteindre ma télévision de toute manière. Ceci pour prouver que mes attentes sont peu élevées, mais pas que j’apprécie avoir l’impression que le respect du téléspectateur ne se trouve plus dans l’équation. C’est vraiment ce que j’ai ressenti en regardant cette saison. Si la première était loin d’être fabuleuse, il s’agissait justement des débuts et l’on pouvait se montrer davantage tolérant. Les suivantes sont plutôt sympathiques et comportent des épisodes franchement réussis. Celle-ci ? Comment dire… À part deux ou trois aventures, il n’y a rien. Où est passée la fiction qui jonglait à merveille entre les émotions et l’humour décalé ?

La saison trois s’était terminée sur le sacrifice de Gabrielle. En se jetant dans un trou sans fond, elle tuait avec elle sa propre fille, Hope. Xena et Joxer se retrouvaient alors comme pétrifiés sur place. La tension dramatique était à son paroxysme et cette nouvelle année aurait justement pu travailler cette thématique. S’il est indubitable que Xena souffre et ne peut faire son deuil dans le season premiere, l’épisode est moyennement convaincant. La peine de la guerrière est palpable, il y a de très belles scènes et en dépit d’apprécier les Amazones, surtout quand Victoria Pratt (Day Break, Mutant X) est dans les parages, on s’ennuie assez. La grande méchante sorcière que l’on croise à plusieurs reprises au cours de la saison, Alti, est désagréable au possible, car unilatérale. Callisto est loin. Néanmoins, elle apporte un semblant de fil rouge à l’ensemble. Xena voit effectivement son futur et celui de Gabrielle. Son futur proche ? Distant ? Ça, elle ne le sait pas et les évènements qui lui sont assénés sont très loin d’être joyeux. Plusieurs épisodes sont ainsi en lien avec cette vision, Xena souhaitant tout faire pour qu’elle ne se produise pas. Ce qui dérange ici n’est absolument pas ce bond dans le temps – qui est d’ailleurs joliment mis en scène avec ces teintes bleutées et tout ce qu’il laisse entendre –, mais le retour de Gabrielle. Ce n’est pas dévoiler le scénario que de révéler que la jolie blonde revient auprès de Xena. C’était couru d’avance, mais il n’y aucune explication quant à sa réapparition soudaine. Le problème Hope est expédié en moins de deux et, hop, passons à autre chose. Fantastique.

Suivent de nombreux épisodes indépendants n’apportant strictement rien à l’intrigue générale et étant de qualité très discutable. Voir les héroïnes avoir des poux ne m’a pas fait rire. Surtout lorsque lesdits poux font des bruits stupides. Ceci étant, compte tenu de la petite phrase piquante dans le season finale, on peut se douter que les scénaristes ont compris avoir fait là une erreur. L’arc en Inde est presque soporifique à l’exception du 4×14, Devi, et si l’on peut adhérer à cette envie de Gabrielle de se rapprocher de la sérénité et de la plénitude, la frontière avec le niais et l’insipidité n’est pas loin. C’est toutefois l’occasion de voir Timothy Omundson (Psych, Jericho) en peace and love espérant pouvoir guérir les gens comme par miracle. Sa relation avec Gabrielle est plutôt bien traitée, les deux possédant des traits de caractère similaires. La mini-intrigue avec Najara, incarnée par Kathryn Morris (Cold Case), est assez correcte, bien que le personnage s’avère convenu. C’est tout de même lui qui dirige Gabrielle vers ce nouveau chemin teinté d’amour. Autrement, comme les saisons précédentes, cette nouvelle est marquée par le retour d’Autolycus ou encore de Joxer. Le passé de Xena est parfois à l’honneur et s’axe essentiellement sur Borias. Il y a des bonnes idées, mais elles sont rarement suffisamment exploitées. Le personnage joué par Shiri Appleby (Roswell) est également présent le temps d’un épisode. Sinon, on peut noter que Craig Parker (Legend of the Seeker, Spartacus) interprète un deuxième second rôle dans la série : celui d’un roi presque déchu.

Les moments les plus intéressants de la saison sont ceux en lien avec Rome et, plus particulièrement Pompée et évidemment César. Passons la réécriture d’évènements historiques majeurs et les grossières erreurs pour s’attarder sur la dimension épique de la lutte entre Xena et deux des têtes pensantes de l’époque. Le 4×21, Ides of March, est particulièrement réussi et termine l’année à proprement parler. Par contre, il se veut assez consternant de remarquer que le titre français de cet épisode est Les idées de Mars. Vraiment ?! Brutus est ici un personnage intéressant et il est dommage qu’il ne soit pas davantage exploité. Le point culminant de cet unitaire est sûrement le changement de Gabrielle lorsqu’elle se rend compte que tout est fini ou presque. La saison se termine dès lors de manière tragique, mais cette conclusion est poétique et très belle, les deux héroïnes étant réunies et c’est ce qui importe probablement le plus à leurs yeux. Le season finale représente une aventure indépendante plutôt sympathique se déroulant à notre époque. Outre l’autodérision dont il fait preuve envers la série, il a pour principale qualité d’utiliser Arès qui montre enfin son nez. Durant chaque semaine, je souhaitais le voir et, systématiquement, c’était chou blanc. Il s’est fait désirer (tsss, honteux :P). Si tous les épisodes ou presque possèdent leur petit moment de subtext, il est cette fois-ci dit noir sur blanc que Gabrielle est l’âme sœur de Xena – et réciproquement.

En bref, la saison quatre de Xena: Warrior Princess est, espérons-le, une exception parmi les six qui composent la série. Disposant de très peu d’épisodes un minimum correct, elle souffre d’un manque d’envergure, d’humour réussi et ennuie la majeure partie du temps. Il reste la mythologie sympathique et le duo phare toujours aussi attachant, sauf que cela ne suffit clairement pas.

Par |2017-05-01T14:00:39+02:00novembre 1st, 2011|Séries étasuniennes, Xena: Warrior Princess|5 Commentaires

Xena: Warrior Princess | Xena la Guerrière (saison 3)

Hop, prenons notre machine à remonter le temps et repartons en Grèce antique, à l’époque où Xena et Gabrielle s’affairaient à lutter contre les dieux et contre leurs propres démons. Après avoir traité des deux premières saisons de Xena: Warrior Princess, c’est en toute logique que nous arrivons à la troisième composée de vingt-deux épisodes, toujours diffusée en syndication et ce, entre septembre 1997 et mai 1998. Aucun spoiler.

Beaucoup s’accordent sur le fait que la saison trois est indiscutablement la plus réussie de la série. C’est donc avec un certain espoir et une légère appréhension que je l’ai débutée. Honnêtement, je ne peux pas m’empêcher d’avoir été un peu déçue en la terminant. Je m’attendais à mieux. Bien sûr que le niveau est nettement plus élevé qu’au cours de la première année, mais j’ai préféré la seconde partie de la saison deux à la totalité de celle-ci. Si cette troisième salve d’épisodes tente d’instaurer un fil rouge qui est celui en lien avec le faux dieu, Dahak, l’ensemble est parfois assez confus et manque de cohésion. Alors qu’en milieu de parcours, l’orage semble passé, on revient à cet arc et certains éléments sont laborieusement assemblés ; quand bien même le développement demeure intéressant sur certains points, le public a de quoi en ressortir légèrement frustré. Toutefois, l’intrigue Dahak est pertinente, car elle permet notamment de mettre à mal la relation entre Xena et Gabrielle. Pendant les deux saisons précédentes, elles se disputaient, évidemment, mais cela ne dépassait jamais certaines limites. Cette fois, une vraie rupture s’installe et plusieurs épisodes sont nécessaires avant qu’un semblant de paix s’instaure entre elles. Or, cette quiétude est fragile et il suffit de peu pour que les bases s’effondrent. Il va de soi que le lien qui les unit ne sera plus jamais identique et perd nettement en légèreté. En ça, la saison est réussie parce qu’elle creuse leur relation et n’hésite pas à bousculer les habitudes du téléspectateur. On se sent mal pour elles et il n’y aucun parti pris. La question n’est pas de savoir qui a tort ou qui a raison, on désire simplement qu’elles se réconcilient et l’on est touché par ce qu’elles vivent. Si Dahak est le point de départ de ce clivage entre les deux, il n’est pas le seul instigateur, les antécédents tourmentés de Xena n’arrangeant effectivement rien. Le double épisode, 3×06-07, The Debt, est ainsi l’occasion d’aller en Chine et d’approfondir la transformation passée de la jeune femme en véritable guerrière. Au final, la saison trois est avant toute chose celle sur la relation entre les héroïnes. Elles traversent des épreuves difficiles et peinent à s’en sortir, si tant est qu’elles soient en mesure de s’en échapper…

Si Xena est celle qui porte le rôle-titre, il se veut indubitable que sans Gabrielle, la série ne serait rien. Elle le prouve à de très nombreuses reprises au cours de cette année. La jolie blonde est souvent un élément plutôt comique par son côté boute-en-train et amical, mais ces vingt-deux épisodes s’apparentent surtout à une vraie leçon de courage la concernant. La petite paysanne jamais sortie de son village est bien loin. Elle-même ne se reconnaît plus et se perd dans ce long dédale embrumé. Elle ne sait plus qui elle est et traverse une grande zone d’ombre. Le season finale en est le point culminant et l’audience n’a de cesse de se poser des questions quant à la résolution de ce cliffhanger effroyable, bien qu’avec Xena: Warrior Princess, on puisse s’attendre à tout. Renée O’Connor excelle dans ce rôle et à côté, Lucy Lawless, nonobstant son charme incroyable, ne fait clairement pas le poids, atténuant l’impact de certaines séquences riches en émotions.

Côté personnages, la série a toujours su en faire revenir quelques-uns de manière récurrente pour notre plus grande joie. Joxer, par exemple, est généralement présent et c’est systématiquement un véritable plaisir de le voir, surtout qu’il est vecteur de nombreuses scènes comiques. Son amour à sens unique pour Gabrielle est mignon comme tout et pour tout vous dire, j’aimerais beaucoup qu’il se concrétise d’ici la fin de la fiction. Parmi les humains, le fantasque voleur Autolycus est également de retour et, lui aussi, est drôle et plus que sympathique. Moins agréable, César, portant toujours les traits du charismatique Karl Urban, s’invite le temps de quelques épisodes pour s’amuser à torturer Xena par tous les moyens possibles et inimaginables. Les deux anciens amants possèdent une alchimie palpable et bien qu’ils se haïssent, on ne peut s’empêcher de sentir la dimension sexuelle qui s’échappe d’eux. Quant aux divinités, Aphrodite, sans Cupidon malheureusement, joue quelques tours plutôt drôles se retournant généralement contre elle. Et nous avons gardé le meilleur pour la fin, à savoir Arès, le dieu de la guerre. Toujours sexy en diable, totalement filou sur les bords et allant là où ses intérêts peuvent être servis, il est attiré par Xena tel un aimant. Quel plaisir que de le voir désormais aussi régulièrement ! Il ne reste plus qu’à espérer que ce sera encore le cas par la suite et que sa relation avec Xena profitera de davantage d’exploitation. Par contre, c’est avec une grande tristesse que j’ai appris que son interprète, Kevin Smith, est décédé quelque temps après la fin de la série, lors d’un tournage. À noter la présence de Shiri Appleby (Roswell) dans le rôle d’une voleuse à la langue bien pendue et de Marton Csokas (Celeborn dans The Lord of the Rings) en tant que Borias, un ancien amant de Xena.

Tous les épisodes ne se valent pas durant cette saison. Il y a les habituels loners qui sont assez variables, qualitativement parlant. La série se permet encore une fois d’utiliser quelques éléments mythologiques, voire historiques. Le résultat est d’ailleurs généralement correct, si ce n’est le passage avec les chevaliers de la Table ronde dans le 3×05, Gabrielle’s Hope, qui se révèle plus ridicule qu’autre chose. Le 3×16, When in Rome…, est marqué par l’apparition de Vercingétorix ; le 3×08, The King of Assassins, voit l’arrivée de Cléopâtre, jouée par Gina Torres (Firefly, Alias). Dans le rayon épisode sortant des chemins battus, le 3×12, The Bitter Suite, est presque exclusivement musical. Contre toute attente et même en détestant ce genre de procédés, il est convaincant. Il existe une explication quant à ces passages chantés et les paroles sont parfaitement adaptées. De plus, il mélange le drame et l’humour, recette ayant toujours fonctionné dans la série. La bande-son, composée par Joseph LoDuca est d’ailleurs de nouveau réussie et dans ce cas, les voix des acteurs sont plutôt plaisantes. Tout le monde ne s’est pas prêté au jeu ceci dit, mais les dégonflés (ou les casseroles ? ^^) sont minoritaires. S’il fallait retenir les épisodes les plus agréables, on pourrait citer le 3×02, Been There, Done That, le 3×13, One Against An Army, le 3×10, The Quill Is Mightier ou encore le season finale, le 3×22, Sacrifice.

En définitive, la saison trois de Xena: Warrior Princess semble être celle de la maturité. La série va plus loin, ose aborder des thématiques difficiles et ne se perd pas trop en chemin. Les personnages évoluent et parviennent pour certains à un point de non-retour. Gabrielle représente le centre de la plupart des intrigues et doit traverser des épreuves tragiques, mettant à mal sa relation avec Xena. Si la tension dramatique est à son paroxysme, que les trahisons et la vengeance deviennent presque régulières, l’humour est toutefois toujours présent et allège l’ensemble de manière à ne pas rendre l’année trop étouffante. Il est dommage néanmoins que cette saison soit parfois bancale et que certains épisodes se révèlent dispensables, mais la saison forme néanmoins un tout plutôt réussi et généralement plus que sympathique.

Par |2018-07-06T17:46:38+02:00août 3rd, 2011|Séries étasuniennes, Xena: Warrior Princess|5 Commentaires