Yume wo Kanaeru Zô | 夢をかなえるゾウ

Et encore une de ces séries qui traîne depuis trop longtemps parmi mes dossiers… Yume wo Kanaeru Zô est un j-drama composé d’un tanpatsu et d’un renzoku et cela, dans ce sens. Autrement dit, le tanpatsu se visionne normalement avant le renzoku mais il n’est pas obligatoire de regarder les deux. Si je ne me trompe pas, le titre signifie approximativement un éléphant qui exauce vos vœux. La série est une adaptation plus ou moins libre du roman du même nom de Mizuno Keiya. Il existe également un anime. Le j-drama comporte donc un SP de 90 minutes qui fut diffusé le 2 octobre 2008, soit juste avant le début du renzoku. Ce dernier est quant à lui composé de treize épisodes de trente minutes passés entre octobre et décembre 2008 sur YTV. C’est bon, vous suivez ? ^^;
Le tanpatsu et le renzoku sont indépendants, chacun racontant une histoire différente. Toutefois, ils possèdent tous deux un dénominateur commun, à savoir le dieu éléphant, Ganêsha. De ce fait, il est possible de regarder soit l’un ou l’autre. Si vous envisagez de lancer les deux, il est préférable de procéder dans l’ordre de diffusion, ne serait-ce que pour comprendre les références lors du premier épisode du renzoku. Cet article ne fera pas vraiment la distinction entre les deux car ils se ressemblent énormément sur le principe. Aucun spoiler.

Ganêsha est un dieu hindou à tête d’éléphant possédant, dans la série, quelques pouvoirs dignes de sa condition. Suite à certaines circonstances, il peut s’inviter dans la vie d’un modeste humain afin d’exaucer un de ses vœux les plus chers. Dans le SP, il aide ainsi Nogami Kôhei, un jeune salaryman très peu motivé qui ne fait rien de ses journées et dans le renzoku, il s’occupe de Hoshino Asuka, une office lady superficielle qui n’a pas grand-chose à offrir d’intéressant. Ganêsha va ainsi tenter de changer leur vie afin qu’ils soient véritablement heureux. Pour cela, il leur propose d’effectuer certaines tâches bien particulières. À vrai dire, Ganêsha n’a rien du génie dans une bouteille ou d’un dieu au sens strict du terme. Interprété par un Furuta Arata (Kisarazu Cat’s Eye, Oh! My Girl!!) en grande forme, il passe son temps à fumer, à dépenser de l’argent qui ne lui appartient pas et à s’amuser comme un petit fou en voyant ses protégés se démener. Il a la possibilité de changer d’apparence, preuve qu’il n’est pas humain, mais il ne déplace toutefois pas des montagnes. Kôhei et Asuka espèrent voir leur vie être bouleversée à son contact or ils se rendent rapidement compte que les missions qu’il leur attribue sont sacrément farfelues. Effectivement, Ganêsha n’utilise pas de baguette magique pour leur offrir gloire, argent et pouvoir. Non, c’est plus subtil. Dans le cas d’Asuka, il lui demande par exemple d’utiliser sa main gauche toute la journée, de couper ses affreux longs ongles victimes de nail art ou encore d’apprendre à jouer d’un instrument de musique. Si ces activités semblent sorties de nulle part, elles sont généralement vectrices d’une évolution de la personnalité de Kôhei et d’Asuka. Ils vont s’ouvrir sur les autres et voir plus loin que le bout de leur nez. C’est là où Ganêsha ne fait pas grand-chose. Sous prétexte de maximes et d’attitudes banales, les personnages se découvrent et parviennent à se trouver, tous seuls. Le dieu n’est présent que pour dépoussiérer ce qui est caché voire sacrément enterré.

Du fait de ces demandes divines, les quiproquos et les problèmes sont nombreux, offrant dès lors à Yume wo Kanaeru Zô une tonalité très humoristique. Il ne faut pas se leurrer, la crédibilité n’est pas réellement de mise et certains ressorts scénaristiques sont stupides mais la musique aux sonorités indiennes, les dynamiques entre les personnages et l’ambiance délurée font que l’on passe un agréable moment. Par ailleurs, le renzoku se termine de manière plutôt intelligente et fait même extrêmement plaisir car il met en avant une jeune femme qui a sacrément évolué et qui sait dorénavant où elle va. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le renzoku ne dilue pas l’intrigue et parvient à rester rythmé tout au long des treize épisodes. Le tanpatsu va évidemment davantage à l’essentiel.

Ganêsha est ainsi un être déluré. Lorsqu’il apparaît, il ressemble à un humain avec une trompe d’éléphant, à l’instar des représentations de la religion hindou. Pour faire simple, c’est très moche. La trompe qui bouge est atroce et s’avère particulièrement dérangeante. Heureusement, elle est rapidement mise au placard. Ganêsha existe depuis des millénaires et n’en rate pas une pour raconter ses exploits. Il explique qu’il a aidé Picasso, Marie-Antoinette, Klimt, Jules César ou encore Oda Nobunaga. Et, certains d’entre eux viennent même rendre visite à Asuka afin de lui prodiguer leurs conseils souvent délirants. Oda est incarné par le sympathique Namase Katsuhisa (Gokusen, Ashita no Kita Yoshio). Si Ganêsha s’installe dans le petit appartement des deux héros et les fait trimer à tour de rôle, il s’attache à eux et la réciproque est de mise. En raison de son rôle, il est évident qu’il finira par partir et laisser ses protégés voler de leurs propres ailes. La relation entre eux est plutôt jolie et c’est certainement celle entre le dieu et Asuka qui est la plus réussie. Elle a davantage le temps d’être développée de toute manière.

Qu’en est-il de Kôhei et d’Asuka ? Kôhei est incarné par Oguri Shun et Asuka par Mizukawa Asami (Inu wo Kau to Iu Koto, Nodame Cantabile, Last Friends). Le premier n’est pas foncièrement passionnant. A contrario, Asuka au départ à tout pour être désagréable. Décortiquant les numéros du magazine féminin Cuncun comme s’il s’agissait d’une Bible, hautaine, superficielle et intéressée uniquement par les beaux partis, elle espère mettre le grappin sur l’homme de ses rêves. Attention, il faut qu’il ait un compte en banque bien garni, qu’elle puisse vivre dans une grande maison et qu’elle aille à l’étranger en vacances une fois par an. Pas dur, non ? Malheureusement pour elle, elle ne trouve pas chaussure à son pied. La rencontre avec Ganêsha donne un sacré coup dans la fourmilière et tout cela va changer et de manière tout à fait réaliste. Si presque la totalité des acteurs surjoue, cela n’est pas du tout désagréable ici, bien au contraire. La dose de folie douce n’en est alors que davantage accentuée. Le renzoku met en avant quelques personnages secondaires voire tertiaires assez déjantés dans leur genre comme les collègues d’Asuka ou la barmaid au gigantesque nœud papillon qui ne parle pas mais qui finit par surprendre. Si la romance est de mise, elle est au final assez légère et s’avère pétillante voire même presque vache. Contre toute attente, Yume wo Kanaeru Zô ne sombre pas dans le sirupeux et les bons sentiments à outrance. Parmi les prétendants d’Asuka, on peut reconnaître le petit frère de Kashiwabara Takashi, Shûji, qui lui ressemble pas mal physiquement mais aussi au niveau de la voix. Sinon, Maruyama Tomomi (Ashita no Kita Yoshio) et l’habitué des seconds rôles Satoi Kenta sont de la partie dans le renzoku. Quant au tanpatsu, on peut y voir Seto Asaka (Hachimitsu to Clover) et Abe Tsuyoshi (Hana Yori Dango).

Au final, Yume wo Kanaeru Zô est une série sans grande prétention qui se laisse regarder de manière plus que convenable. S’il est évident que certaines blagues tombent à plat et que le délire est parfois à la limite de la stupidité, les épisodes demeurent gentillets sans être pour autant désagréables. Le renzoku est plus sympathique que le tanpatsu, l’héroïne y étant davantage développée et attachante. Bref, il s’agit-là d’un j-drama dispensable mais pour peu que l’on apprécie les petites histoires sur le changement de vie et sur la thématique de l’évolution personnelle, il a la possibilité d’offrir de bons moments.