Mars | 戰神

Pour cette cinquième journée de la semaine spéciale Noël, c’est Ageha qui s’est chargée de trouver le sujet : Mars.

Décidément, l’année 2009 aura été pour moi la découverte de séries asiatiques autres que japonaises. Après la Corée du Sud depuis novembre, c’est au tour de Taïwan de passer par mes écrans. On ne peut pas dire qu’il y ait tant que ça de tw-dramas qui circulent sur la toile, bien moins que les j-dramas ou les k-dramas en tout cas. J’avais prévu de débuter par Devil Beside You mais Ageha m’a proposée Mars donc ce fut mon premier tw-drama. Diffusé sur CTS en 2004, il comporte 21 épisodes d’environ 45 minutes. C’est une adaptation du manga du même nom en quinze volumes de Fuyumi Soryo. Aucun spoiler.

Qi Luo est une jeune fille réservée, solitaire, adorant le dessin. Chen Ling est un jeune homme passionné, d’apparence sociable, coureur moto de talent, aimant draguer et faire la fête. A priori, rien ne les destinait à se rencontrer. Et pourtant, un jour, alors qu’il ne trouve pas l’hôpital où il désire aller, Chen Ling demande son chemin à Qi Luo. Elle lui dessine un plan, sans se rendre compte du dessin qu’elle a fait au dos de la feuille ; ce même dessin qui va toucher le cœur de Ling. Plus tard, ils apprennent qu’ils sont dans la même classe. Alors Ling, intrigué par Qi Luo, fera tout pour entrer dans sa vie… Et peu à peu, ils découvriront chacun les blessures secrètes de l’autre, des blessures tellement profondes qu’il est normal de se demander si leurs sentiments naissant les aidera à surmonter leur douloureux passé…
Source : Wiki Drama

Il faut savoir que j’ai lu -et adoré- le manga lors de sa sortie en France. Je l’ai relu et je l’ai autant apprécié, voire davantage. Toutefois, ça remonte à des années donc mes souvenirs me semblaient assez flous. Il s’agit clairement d’un shôjo à lire. Alors qu’il se centre essentiellement sur le couple Rei / Kira, il n’y a pas de temps mort ni de niaiserie et les personnages même secondaires -pas forcément nombreux- sont bien développés. Par ailleurs, les thèmes abordés sont souvent assez sombres voire glauques, mais sans tomber dans la surenchère. C’est finalement très humain. Ce fut une réelle bonne surprise à la lecture. Si je précise ça c’est parce que je pense que ça a forcément influencé sur mon appréciation de l’adaptation. J’avais d’ailleurs un peu peur de ne pas aimer ou de mettre du temps à rentrer dans l’histoire à cause de cela. Forcément, je ne peux pas m’empêcher de comparer. Ce fut déjà un peu bizarre d’entendre les noms chinois et non japonais. Je suis habituée à Kira et Rei moi, pas à Qi Luo et Ling ^^;; Néanmoins, en quelques secondes je voyais déjà Rei en Ling, joué par Vic Zhou. Charmeur mais pouvant être rapidement glaçant, je n’ai pas mis longtemps avant d’être convaincue. Il est vraiment Ling, le Rei du manga. Aucun doute là-dessus. Imprévisible, parfois violent, attachant et mettant la bonne humeur où il passe, Ling est un héros assez typique. Il rencontre un jour Qi Luo et est touché par un de ses dessins. Concernant la transposition à l’écran de Kira, j’ai eu un peu plus de mal. Il faut dire que l’héroïne, timide et renfermée, ne donne pas à la base spécialement envie de s’y intéresser. Ceci dit, Barbie Xu la cerne bien et son interprétation est plus que correcte. Les épisodes liés à son passé douloureux sont vraiment intenses. Au final, j’ai beaucoup apprécié Qi Luo, d’autant plus qu’à l’instar du manga, elle devient de plus en plus forte au contact de Ling et de ses nouveaux amis.
A ce propos, parlons des personnages secondaires. Ils sont bien moins développés que dans le manga. On ne peut pas s’empêcher d’être un chouilla déçu. C’est surtout valable pour le personnage de Qing Mai (Harumi) qui passe limite en deux secondes de psychopathe voulant fracasser la main de Qi Luo à meilleure amie souhaitant l’aider à comprendre Ling. Globalement j’ai quand même apprécié ces protagonistes.

Bon, je vais m’arrêter avec les comparaisons car ça peut embêter ceux qui n’ont pas lu le manga. Je terminerai juste en disant que le scénario suit très bien ce qu’il se passe dans la version papier. Ce qui fait que par moment, surtout au début, je me suis ennuyée parce que je savais ce qui allait arriver. Ce n’est pas une histoire où il se passe tant que de choses que ça, c’est assez lent, donc j’avais un peu de mal à trouver un grand intérêt. Une fois l’histoire bien installée, vers la moitié du drama, ça allait beaucoup mieux. Le scénario est justement le point fort de la série (et du manga ^^). Il est juste dommage que l’on sache ici aussi tôt ce qu’il en est des traumatismes de la vie des personnages. Mars est une histoire d’amour entre deux personnes qui ne semblent pas avoir grand chose en commun mais qui se révèlent ne pas pouvoir vivre l’un sans l’autre. Il paraît assez clair que si Ling n’avait pas eu Qi Luo, et réciproquement, les choses se seraient très mal passées pour eux. Ils s’entraident, se calment et arrivent à surmonter leur passé qui les rattrape. Même s’il s’agit encore d’une histoire d’amour, on est loin des standards habituels auxquels on est trop habitué. Le traitement est finalement assez adulte. Si l’ambiance est résolument sombre, il en ressort une grande joie de vivre, une certaine lumière et ça fait du bien. Malgré ces blessures, il y a toujours la volonté de se reconstruire derrière. Mars est résolument optimiste, sans tomber dans les clichés.

Gros point négatif pour l’aspect plus technique du drama. Je pense que sans ça je serais plus rapidement entrée dans l’histoire. Les vidéos disponibles sont d’une qualité assez abominable. Elles ont une résolution minuscule et sont bien pixelisées. On ne voit jamais en net la tête des acteurs ^^;; Le son est mauvais, il y a comme un chuintement tout du long. Honnêtement, si je comprenais la langue je suis persuadée que j’aurais été embêtée car on entend mal. En plus, mais ça c’est valable pour tous les tw-dramas je crois bien, il y a des sous-titres chinois incrustés. Et tout n’était pas traduit et euh… mes connaissances en mandarin sont proches du néant (je sais juste dire merci, salut et je t’aime xD). Il faut être sacrément motivé pour regarder. Sans la demande d’Ageha je m’en serais bien passée mais je ne le regrette pas, je tiens à préciser. Le début fut juste difficile.

Concernant la réalisation, c’est assez médiocre. On ne peut pas trop blâmer le manque de budget, c’est une série taiwanaise après tout. On n’est pas chez les Américains. Ceci dit, la musique est souvent agaçante. Autant j’ai adoré la chanson d’Alan Kuo du générique d’ouverture, autant j’en avais marre d’entendre des musiques très clichées quand il se passait quelque chose de grave ou de flippant. Ça fait plus rire qu’autre chose et ça enlève pas mal de crédibilité. C’est dommage d’avoir un matériel aussi subtil et de le gâcher avec des ajouts aussi dispensables.

Mars est un excellent manga. Ça je pense que vous l’aurez compris. L’adaptation est fidèle et on ne peut plus correcte. Elle n’a pas la profondeur de la version papier mais elle se débrouille quand même bien. Les acteurs sont très bons et ne surjouent pas vraiment. Par ailleurs, je ne sais pas si c’est valable pour les tw-dramas mais les scènes de baiser font vraies. Ce qui est un miracle et qui fait limite bizarre quand on est habitué aux « baisers » japonais qui ne ressemblent à rien sauf rares exceptions. C’est chouette ^^ Partant d’une histoire somme toute banale, il y a un réel développement crédible et souvent émouvant. On se sent touché par ce qui arrive aux héros qui eux, ne demandent qu’à vivre tranquillement. C’est une série sur la Vie, bien humaine comme il le faut. Malgré des thèmes sombres, il y a toujours une pointe de lumière qui est présente. En plus, l’humour n’est jamais loin, notamment grâce à Ling et son charme limite magnétique. Si sur les photos vous ne voyez que des motos, c’est normal, Ling est un passionné. Mais cet aspect-là est presque absent du drama. Mars est une jolie série, avec quelques défauts mais qui sont largement surmontables. Mon amour pour le manga ne peut pas m’empêcher de reprocher certaines choses mais sans l’avoir lu, j’aurais peut-être été davantage charmée.