Footballers’ Wive$ | Femme$ de footballeurs (saisons 2 à 5)

Publié par | 27 janvier 2012

Aussi incroyable que cela puisse paraître, j’ai décidé en 2011 de reprendre Footballers’ Wive$ là où je m’étais arrêtée en 2008, soit après la fin de la première saison. Ce n’est pas tant que j’avais vraiment envie de voir la suite mais je me suis dit que pour quelques épisodes, autant aller jusqu’au bout. Rappelons un petit peu le contexte si vous le voulez bien. Footballers’ Wive$, Femme$ de footballeurs chez nous, est une série anglaise diffusée sur ITV entre 2002 et 2006. Elle fut annulée au terme de sa saison cinq en raison d’audiences peu satisfaisantes et ne dispose pas de réelle fin. Il existe un mini épisode d’un peu moins de dix minutes qui est passé lors du Sport Relief, un téléthon anglais se basant sur le sport, et qui conclut plus ou moins la série de manière explosive. Les saisons sont composées de huit-neuf épisodes d’une quarantaine de minutes en règle générale. Comme le titre du billet le laisse comprendre, il sera ici question du reste de la série, la saison une ayant déjà son propre article. Aucun spoiler.

Footballers’ Wive$ est un pur soap opera avec tous les rebondissements qui sont de circonstance. La série est à regarder au minimum au second degré au risque de frôler l’apoplexie. Il y a des morts dans tous les sens, des revenants, des (faux) suicides, de la drogue, un hermaphrodite, des échanges de bébé (pas un, des !), des viols sur des personnes dans le coma, un chien qui tue un bébé en l’étouffant, un personnage qui fait exploser son appartement à cause d’un surplus en laque, de la magie noire, une cougar avant-gardiste et tant d’autres évènements incroyables et totalement sortis de nulle part. Tous les épisodes sont d’une stupidité affligeante mais, à l’exception de la dernière saison, demeurent visionnables en raison d’un manque total de sérieux de la part des Anglais. En plus, les saisons étant courtes, le rythme est effréné et ne laisse aucun répit. Les personnages sont tellement caricaturaux que l’on ne peut que se moquer d’eux et en rire. Certes, j’ai regardé la série en accéléré parce qu’il ne faut quand même pas pousser mais ceux qui sont amateurs du genre devraient probablement y trouver leur compte. Il est dommage que la saison cinq soit aussi mauvaise.

Durant la série, seuls deux protagonistes seront présents tout du long. L’image de Footballers’ Wive$ n’est autre que la vénéneuse Tanya qui, avec ses ongles de vingt centimètres de long, passe son temps à manigancer dans son coin afin d’avoir l’argent, le pouvoir et du sexe. Elle est horrible sauf qu’en même temps, c’est elle le moteur des intrigues les plus décalées et les plus jouissives. C’est typiquement le genre de personnage qui mérite une bonne correction mais qui est le plus fascinant. Son interprète, Zöe Lucker, y est pour beaucoup d’ailleurs car elle dégage une certaine classe tout en réussissant à être kitsch. De toute manière, tous les personnages sont superficiels et de vraies caricatures ambulantes. La série s’inspire du monde du foot anglais et sans y connaître quoique ce soit à part les Beckham, on n’a aucun de mal à le croire. Cela dit, même si les paillettes, les histoires romantiques ou savoir qui mettra la nouvelle star du foot dans son lit sont nombreuses, la série ose aborder quelques thématiques et le fait avec pas mal de tact. On peut penser par exemple à l’homosexualité, tellement taboue dans le monde du sport et qui n’est ici pas que suggérée.
Côté acteurs connus, on pourra y reconnaître dans des rôles importants Jamie Davis (Hex) ou encore Laila Rouass (Primeval).

En bref, Footballers’ Wive$ est une série totalement assumée n’hésitant pas une seule seconde à utiliser toutes les ficelles scénaristes possibles et inimaginables afin de tenir en haleine le téléspectateur. Elle n’est jamais tendre avec ses personnages qu’elle utilise et jette comme de vulgaires chaussettes, n’hésitant pas au passage à les égratigner. Il paraît assez évident qu’une telle liberté de ton n’aurait jamais été possible aux États-Unis. Le scénario est inexistant, l’interprétation est extrêmement fluctuante, la musique insupportable, les vêtements atroces et tout cela sonne creux et ridicule. Mais bizarrement, la série possède un côté décalé ainsi qu’un aspect irrévérencieux qui font que l’on peut regarder quelques épisodes sans trop en souffrir. Par contre, de là à tout voir, c’est autre chose…

Shikei Kijun | 死刑基準

Publié par | 24 janvier 2012

Shikei Kijun ou le tanpatsu que je souhaitais voir depuis un petit moment mais entre le temps que les sous-titres arrivent et celui où je parvienne à le caser en raison de l’animation de Noël, il a fallu que je sois patiente. C’est fin décembre 2011 que j’ai enfin pu me mettre devant. Il s’agit donc d’un tanpatsu en un seul épisode de 114 minutes qui fut diffusé sur WOWOW le 25 septembre 2011. Le titre signifie approximativement « le critère de la peine de mort ». L’épisode est une adaptation apparemment assez libre du roman du même nom de Kamo Takayasu. Aucun spoiler.

Mito Yûsuke est professeur de droit et enseigne à l’Université. Bien qu’il ait passé avec succès l’examen du barreau, il n’a jamais cherché à devenir avocat. Lors de ses études, il s’est lié d’amitié avec Ôtomo Kôjiro, un avocat désormais surnommé « M. anti-peine de mort », et Nagase Mariko, désormais procureur. Tous trois sont donc liés par le même domaine de spécialisation mais y exercent de manière différente. Suite à l’assassinat de Mirei, l’épouse de Kôjiro, ils se retrouvent avalés dans une spirale infernale dont le thème n’est autre que celui de la peine de mort.

 

Rappelons qu’au Japon, la peine de mort est effective. Elle s’exécute uniquement par pendaison. Il y a régulièrement des débats quant au sujet de l’abolir ou pas. En 1995, peu de temps avant l’attentat au gaz sarin dans le métro de Tôkyô par la secte Aum Shinrikyô, elle était d’ailleurs sérieusement discutée. Cet acte terroriste a changé la donne. En février 2010, les résultats d’un sondage ont montré que plus de 85% des Japonais se disaient favorables à la peine de mort. Ces chiffres seraient parait-il à prendre avec des pincettes car les questions auraient été volontairement orientées. Quoiqu’il en soit, la peine de mort est bel et bien réelle au Japon. 2011 fut marquée par une absence d’exécution, une première depuis 1992. Shikei Kijun aborde par conséquent de manière frontale ce sujet épineux et toujours d’actualité. En France, la peine de mort a été abolie comme vous le savez. Un parti politique semble pourtant vouloir retourner à cette pratique… Chaque individu sur Terre a ses propres convictions et il est probable que tout le monde s’est un jour posé cette question qui est de savoir si oui ou non, il est pour la peine de mort. Même si l’on est contre, que se passe-t-il si quelqu’un tue, violente ou martyrise un être proche ? Ne voudra-t-on pas que ce quelqu’un subisse les pires châtiments ? Qu’il meure alors qu’en théorie, on est contre la peine de mort ? Peut-on demeurer rationnel ? Sans avoir vécu cette expérience, une réponse définitive est impossible. De même, du côté de la justice, comment dire quel crime justifie la peine capitale ? Existe-t-il un ou plusieurs critères ? Le tanpatsu lance de nombreuses interrogations intéressantes mais malheureusement, reste assez vague dans ses réponses.

Ôtomo Kojiro, interprété par Ozawa Yukiyoshi, est un avocat à qui tout semble sourire. Convaincu de la nécessité d’abolir la peine de mort, il bataille ferme afin d’obtenir juste cause. Les médias le suivent à la trace et lors de ses affaires pouvant mener à la peine capitale ; il réussit toujours à retourner la situation de manière à sauver la vie de ses clients. En raison de ses convictions et de son attitude un tant soit peu cavalière, il s’est fait de nombreux ennemis. Plusieurs d’entre eux portent les traits des familles des victimes, espérant trouver un semblant de réconfort dans l’exécution du criminel ayant perturbé à jamais leur vie. À cause d’Ôtomo, ils pensent alors que la justice n’a pas correctement fonctionné, la condamnation à perpétuité n’étant suffisante à leurs yeux. L’un d’entre eux, Sabae Shinzô, joué par Kashiwabara Takashi (Gotaisetsu, Itazura na Kiss, Hachimitsu to Clover, Byakuyakou) a perdu sa petite fille quelques années plus tôt, tuée par un homme ayant profité de son innocence. Sa femme et lui désiraient que cet être abject soit condamné à mort. En raison de la plaidoirie d’Ôtomo, il y échappa. Shikei Kijun débute par ce procès et y présente les menaces de Sabae envers l’avocat de la défense. Les paroles de ce père brisé sont compréhensibles tant de toute manière, n’importe quel châtiment ne lui ramènerait son enfant. Les années passent et un soir, en rentrant, Ôtomo découvre sa femme assassinée dans la cuisine. Les soupçons portent immédiatement sur Sabae bien qu’il nie l’évidence-même puis se fait mutique. Rapidement mis sous les verrous, il attend son procès médiatisé. Comme souvent, Kashiwabara Takashi est ici très bon et toute en nuances. En dépit des années, son personnage n’a jamais réussi à apprendre à vivre avec la douleur et n’a pas fait le deuil de sa fille. Plutôt que d’essayer d’avancer, il se terre dans le passé. Lorsqu’il se fait arrêter, il ne cherche pas à prouver son innocence ou à s’expliquer, persuadé que de toute façon, personne ne l’écoutera. Finira-t-il exécuté, lui qui voulait justement que l’homme qui a détruit sa famille le soit ? Il ne peut qu’en rire jaune. Shikei Kijun met en avant les deux côtés de la balance. Le présumé coupable hait les avocats. Un avocat, désormais victime, hait tout autant le présumé coupable. L’épisode dresse le portait de ces deux hommes que tout oppose mais qui sont reliés par un dénominateur commun qui n’est autre que l’application de la justice.

Alors que Sabae est à l’ombre, Ôtomo est au grand jour car les caméras, et plus particulièrement la journaliste Iijima Noriko interprétée par Kyono Kotomi (Suna no Utsuwa), braquent leur attention sur lui. Tout le monde souhaite savoir si ce fameux M. anti-peine de mort va changer et se ranger du côté des pro peines capitales. Ne voudra-t-il pas que Sabae soit exécuté ? Comme si cela ne pouvait être encore plus dur pour lui, ses deux camarades d’étude se retrouvent mêlés à cette affaire. Suite à certaines circonstances, Mito Yûsuke quitte en effet son poste de professeur et décide de devenir avocat. L’ironie du sort est telle qu’il intègre les rangs de la défense commise d’office dans le procès Sabae. Quant à Nagase Mariko, elle doit occuper les bancs de l’accusation en tant que procureur. En plus d’avoir perdu sa femme qui venait de découvrir qu’elle était enceinte, Ôtomo voit deux anciens camarades se battre sur une même affaire. Comment réussir à garder un esprit sain dans ces conditions ? L’épisode distille donc un sentiment d’objectivité et l’importance de réussir à mettre ses sentiments et ses convictions personnelles de côté lorsqu’il est question de justice. Seuls les magistrats jugent. Chacun a son rôle. Cela n’empêche pas que les avocats sont humains et ont aussi des doutes. Au final, un avocat peut-il accepter tout client ? Ou plutôt de pouvoir, allons-nous plutôt parler de devoir ? Les coupables méritent-ils de toute manière d’être défendu bec et ongles ? Le tanpatsu amorce à ce sujet plusieurs interrogations et y répond de manière assez satisfaisante.

Shikei Kijun bénéfice d’une écriture solide et propose ainsi de nombreuses thématiques comme la peine de mort, l’importance d’une justice équitable mais qui demeure tout de même limitée, la nécessité d’avoir des avocats, la notion de conscience, etc. Le tanpatsu démarre très fort en mettant littéralement les pieds dans le plat. Donnant l’impression au départ d’être anti-peine de mort, il finit toutefois de manière assez molle et reste totalement neutre. C’est peut-être pour des raisons personnelles ou en raison de ma culture française que je n’ai pas pu m’empêcher d’être déçue par cette absence de prise de risque. On pouvait espérer voir en Shikei Kijun une production osant traiter un sujet difficile tout en prenant parti. Ce ne fut pas le cas. Cela ne la rend assurément pas médiocre mais on ne peut s’empêcher d’avoir un goût de trop peu dans la bouche, d’autant plus que la chaîne n’est autre que WOWOW qui se montre généralement peu consensuelle. Le tanpatsu se perd par ailleurs quelque peu dans ses propos. Si au départ il était question des critères menant à la peine de mort, ils sont rapidement écartés et l’on n’obtient encore une fois, qu’une très vague réponse. Néanmoins, est-ce qu’il existe réellement une liste pré-établie de points nécessitant une sommaire exécution ? Le nombre de crimes ? La violence ? La cruauté et la barbarie ? L’âge de ou des victimes ? Bien qu’une liste ait été établie depuis le procès de Nagayama Norio (vous pouvez la retrouver sur la page Wikipedia), il est évident que l’on ne peut l’appliquer de manière aussi tranchée .

Outre la peine de mort qui est le moteur de fond de Shikei Kijun, les presque deux heures mettent en avant le procès de Sabae ainsi que l’investigation menée par Tsushima, un policier opiniâtre proche de la retraite, convaincu que le travail a été bâclé. Il est aidé par Mito Yûsuke qui, en dépit de son aversion pour celui qui aurait tué la femme de son ami, réalise qu’il n’est peut-être pas si coupable que ce qu’il en a l’air. Ce dernier est joué par Yamamoto Kôji (Atashinchi no Danshi) qui propose ici une interprétation plus que correcte. Alors que Mito aurait pu rester professeur de droit, il décide de changer de chemin et de devenir avocat. Il s’est intéressé depuis toujours à la question de la peine de mort, en grande partie parce que son père (Yamamoto Kei – Zeni Geba, Zettai Kareshi) fut juge. Il a vu chez lui la difficulté à juger des êtres humains, surtout lorsque la question de la peine de mort était soulevée. Le tanpatsu alterne par conséquent entre le tribunal et l’enquête de terrain. Au fil des minutes, les personnages se rendent compte que la réalité est toujours plus complexe qu’elle n’en a l’air et qu’il est important de prendre son temps et de ne pas jeter des conclusions hâtives, surtout lorsqu’il est question de la peine capitale. La machine judiciaire est régulièrement pointée du doigt et montre surtout que l’ensemble de ses faiblesses est due à l’homme en tant que tel.

Sur une note plus terre à terre, une grande partie des acteurs est connue dans le monde du petit écran japonais. On peut ainsi y voir, en plus de ceux déjà nommés, Satô Jirô (JIN, Gokusen 3), Mitsuishi Ken (BOSS, Zeni Geba), Yajima Kenichi (Hagetaka) ou encore Hirooka Yuriko (Shôkôjo Seira). Sinon, la musique est simple, bien choisie et utilisée à bon escient.

En définitive, Shikei Kijun aurait gagné à se limiter à quelques thèmes comme justement, les critères pour la peine de mort, mais finit par diluer sa puissance dans son discours. À force de vouloir trop en dire, elle ne peut suffisamment approfondir quoique ce soit comme on pouvait l’espérer et reste un peu trop en surface. Il ne faut tout de même pas bouder son plaisir car si le résultat est par ailleurs légèrement lisse, il se montre sans conteste intéressant. Le tanpatsu pousse effectivement à la réflexion et dispose d’une interprétation impeccable et en finesse, d’une mise en scène sobre sans en devenir soporifique ainsi que d’un scénario constant. Il s’agit là d’un épisode à voir pour peu que l’on apprécie le genre mais il est préférable d’en connaître les limites avant de se lancer de manière à ne pas en sortir quelque peu déçu.

Babylon 5 (saison 2) – The Coming of Shadows

Publié par | 21 janvier 2012

Fin 2011, j’ai enfin repris le chemin de Babylon 5 après avoir laissé en plan la série plus de trois ans. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire dans un billet malheureusement très succinct et dont je ne suis pas du tout satisfaite, il s’agit d’une série américaine de cinq saisons et six téléfilm diffusée entre 1993 et 1998. Après avoir regardé The Gathering, le premier téléfilm, puis la saison une, je me suis remise dans le bain en visionnant la seconde saison dont il sera question aujourd’hui. Composée de 22 épisodes, elle fut diffusée en syndication entre novembre 1994 et novembre 1995. Il y eut une pause de sept mois entre le 2×18 et le 2×19. Aucun spoiler.

Je gardais en souvenir une impression correcte de la première saison de Babylon 5. Sans être la pépite décrite par de nombreux amateurs, il me paraissait évident que les fondements de la série y étaient correctement exposés et pouvaient effectivement se révéler vecteurs d’une future densité et richesse. C’est probablement parce que je n’avais pas été extrêmement enchantée que j’ai mis autant de temps avant de lancer la suite. Et plus trivialement, je n’avais tout simplement pas encore le coffret DVD. Une fois ce petit souci réparé, je suis donc repartie dans l’espace. Comme je l’avais écrit il y a trois ans, je tiens à me préserver de tout spoiler donc j’évite de trop m’aventurer sur la toile à la recherche d’informations. Merci d’en tenir compte et de ne pas non plus ruiner mes futures découvertes.

The Babylon Project was our last, best hope for peace. A self-contained world five miles long, located in neutral territory. A place of commerce and diplomacy for a quarter of a million humans and aliens. A shining beacon in space, all alone in the night. It was the dawn of the Third Age of Mankind… the year the Great War came upon us all. This is the story of the last of the Babylon stations. The year is 2259. The name of the place is Babylon 5. Ce sont sur ces mots prononcés par John Sheridan que chaque épisode de cette nouvelle saison débute.

La première saison se terminait vers la fin 2258, la seconde démarre très peu de temps après, début 2259. Le Président de l’Alliance Terrienne, Luis Santiago, y était assassiné, bouleversant dès lors l’équilibre précaire entre les différentes instances en place. Le commandant de Babylon 5, Jeffrey Sinclair, disparaît comme par magie et est remplacé par un nouveau, John Sheridan. Ce changement est assez étrange à première vue bien qu’extrêmement appréciable. Sinclair n’était pas sympathique et manquait cruellement de charisme. En quelques scènes, Sheridan réussit à se montrer bien plus agréable que son prédécesseur. À vrai dire, ce départ précipité fut voulu à l’époque par la production qui trouvait Sinclair trop diplomate et calme. Elle désirait un personnage masculin plus entrepreneur et dynamique, d’où Sheridan. Le créateur de la série, J. Michael Straczynski, fut bien obligé d’accepter et réussit à installer un nouveau protagoniste principal sans trop de heurts tout en n’oubliant pas Sinclair derrière puisqu’il est cité à plusieurs reprises ; il apparaît même en guest star. D’ailleurs, si l’on n’est pas au courant de ce bouleversement en production, on pourrait croire qu’il s’agit d’un choix décidé bien auparavant tant il s’insère parfaitement dans l’intrigue. Le season premiere est ainsi marqué par l’arrivée de John Sheridan. Incarné par Bruce Boxleitner, Sheridan est un homme fiable, compétent mais surtout taillé pour diriger des vaisseaux spatiaux et non pas pour commander une station aussi particulière que Babylon 5. Tout du moins, à première vue. C’est sur ordre du nouveau Président de l’Alliance Terrienne, William Clark, qu’il s’attelle à la tâche. Volontaire, plutôt drôle et sachant écouter les autres, Sheridan réussit rapidement à se faire sa place bien qu’il doive toujours composer avec les différentes races qui composent ce fameux avant-poste commercial et diplomatique de l’Alliance Terrienne. Il montre au fil de la saison qu’il est bien plus intelligent qu’il ne pourrait le laisser penser et surprend à de nombreuses reprises. Se déplaçant sur un terrain miné, il doit essayer de limiter les dommages collatéraux dans un monde qui est en train, petit à petit, d’imploser.

 

 

La saison dégage principalement trois arcs qui finissent inévitablement par être liés. Dans un premier temps, Sheridan doit faire des choix concernant le fameux nouveau Président de l’Alliance Terrienne. Est-il aussi propre qu’il ne le laisse paraître ? N’a-t-il pas un lien dans l’assassinat de celui qui occupait ce poste jusque là ? Que fait donc le Corps Psi par derrière ? Ces nouveaux épisodes s’attardent sur les membres de cette effrayante agence de télépathes qui semble prête à tout. Leurs publicités ressemblant plus à de la propagande qu’autre chose ou leurs méthodes discutables font froid dans le dos. La jolie et sympathique Talia Winters est leur représentante sur Babylon 5 mais elle est loin d’être la seule à l’honneur au cours de la saison et surtout, elle se pose des questions, chose qu’elle n’a pas le droit de trop faire… Par ailleurs, d’autres personnages, comme Ivanova, expliquent le pourquoi de leurs inimitiés avec ces êtres particuliers. Si l’accent concernant cette intrigue n’est pas encore très pointu, il paraît évident que l’on n’est qu’au début et que le pire est à venir. L’Alliance Terrienne est truffée de taupes, de traîtres et il est difficile de savoir à qui se fier quand tout le monde semble vouloir tirer la couverture sur lui pour sa propre gloire ou ses désirs personnels. Que faire lorsque l’on est supposé maintenir la paix dans toute la galaxie ?

Ah, la paix… La hache de guerre a été bel et bien enterrée entre les Minbari et les Terriens mais celle entre les Centauri et les Narn est encore en l’air. La saison développe la haine féroce entre ces deux peuples qui se détestent et qui sont bien décidés à se briser mutuellement. Cette animosité montrée d’abord presque uniquement par les représentants officiels que sont Londo Mollari et G’Kar, prend des proportions incroyables et la moitié de la saison atteint un point de non retour. Cette intrigue brise le cœur à plusieurs reprises. L’épisode 2×09, The Coming of Shadows, est un bijou télévisuel comme on aimerait en voir davantage. Avec ce climax, les dés sont jetés et comme le dit Sheridan, c’est à partir de là que plus rien ne fut comme avant. Difficile de ne pas sentir son rythme cardiaque accélérer et de ne pas être horrifié par ce à quoi l’on assiste en direct. Des scènes comme celle dans le bar, alors que les deux ennemis boivent ensemble, sont tout simplement tragiquement belles. Si ces propos paraissent brumeux à ceux qui n’ont pas vu la saison, il va de soi que ceux qui au contraire l’ont regardée, doivent se rappeler sans problème ce qu’ils ont ressenti face à cet épisode mais aussi lors de la fin de saison qui est de cette envergure. G’Kar et Londo sont loin d’être des enfants de chœur. Ils demeurent toutefois compréhensibles par leurs actions sans qu’on ne puisse leur pardonner. Évoluant au contact des autres, ils tentent d’apprendre de leurs échecs. Malheureusement, leurs sociétés font qu’ils ne parviennent pas à se dépêtrer de ce qui les opposent. Ces deux protagonistes sont des incontestables valeurs sûres de la série.

Autre point non négligeable quant au fil rouge de cette saison : la venue des Ombres. Liée de manière inextricable au triste destin des Narn et des Centauri, le simple fait d’entrapercevoir leurs vaisseaux spatiaux donne des bouffées d’angoisse. Tout ceci n’est encore qu’à son balbutiement. Les Ombres sont surtout évoquées et craintes, la suite devrait amener à les combattre, ou tout du moins, à essayer de le faire. Il est clair que beaucoup périront. Même en ne sachant pas ce qui nous attend, on ne peut qu’être touché par ce que l’on voit à l’écran car on sait que ce sont elles, les menaces. Au lieu de répéter des erreurs passées, les Centauri et les Narn devraient s’associer avec le reste des races afin d’en venir à bout ! La saison sonne résolument comme une tragédie shakespearienne qui mène droit au malheur et à la destruction. Ces Ombres permettent d’en apprendre notamment davantage sur cette espèce si particulière que sont les Vorlons. Kosh, leur représentant, est beaucoup plus mis en valeur que lors de la première saison et le season finale, The Fall of Night, est à ce sujet incroyable et stupéfiant. Le 2×16, In the Shadow of Z’ha’dum, tout aussi fantastique, apporte de nombreuses réponses tout en soulevant de nouvelles interrogations et augmente encore une fois considérablement l’intérêt que l’on peut avoir pour la série.

À côté de tout cela, la saison développe également de nombreux points importants et souvent très intéressants. Du côté des Terriens, c’est toujours avec plaisir que l’on suit la charmante et forte Susan Ivanova qui gagne ses galons. Le tout aussi agréable et attachant Michael Garibaldi n’est pas en reste après la peur qu’il nous avait fichu en fin de saison une. Souffrant de s’être fait avoir comme un bleu, il a du mal au départ à retrouver confiance en lui. Il sera à l’origine de jolies scènes comme celle avec une soldat dans le 2×10, GROPOS. Le docteur Franklin n’est clairement pas non plus oublié et son passé ainsi que ses valeurs sont régulièrement mis en exergue. Avec le nouveau commandant, ces quatre Terriens forment le noyau dur de Babylon 5. Celui sur qui on peut compter, celui qui semble indéfectible notamment en raison de l’amitié et du respect qui les lient.
Outre les Terriens et Kosh, les 22 épisodes traitent des Minbari. Ayant appris en fin de première saison que la mystérieuse Delenn faisait partie du Conseil Gris, on y découvre ainsi quelques éléments. Afin de se rapprocher davantage des Terriens, elle décide de subir une transformation qui la changera à jamais. On y voit ainsi ses difficultés à accepter son nouveau visage et à tout ce qu’il implique ou encore l’attachement que lui porte Lennier. En outre, il semblerait qu’un rapprochement entre Sheridan et elle soit à venir, ce qui ne me déplairait pas tant ils s’accordent bien malgré leur race et leur caractère différents. C’est avec un certain ahurissement que je me suis rendue compte que Delenn était jouée par Mira Furlan (Lost). Je crois que c’est grâce à son nouveau changement physiquement que j’ai réalisé qui se cachait sous ses traits.
On pourrait aussi parler du Centauri Vir Cotto qui voit son maître sombrer dans la noirceur ou encore de la mise en avant de plusieurs cultures autres que la terrienne par des chansons, de la cuisine, des scènes sur d’autres planètes, des rites de passage, la religion, etc. Ceux ayant regardé Stargate SG-1 reconnaîtront Carmen Argenziano en tant que Centauri et grand ami de Londo. Tous les épisodes ne se valent pas, certains sont moins passionnants mais une fois arrivé en milieu de saison, la série fait presque un sans faute. Et que l’on ne se trompe pas, ce sont pas les effets spéciaux désormais désuets qui empêchent d’être emporté par ce souffle épique. Bien au contraire ! Par ailleurs, difficile de ne pas ressentir une grande influence de Tolkien et plus particulièrement du Seigneur des Anneaux dans certains éléments de la saison. La série garde toutefois les pieds dans la réalité en y injectant plusieurs références aux XIXè-XXème siècle.

Au final, cette seconde saison continue sur le même chemin que celle qu’elle suit tout en gagnant en intensité et en grandeur. Les bases de la mythologie ayant été précédemment posées, elle démarre définitivement l’intrigue générale et lance le coup d’envoi des menaces à venir. Toutes les histoires semblent liées et mènent à une gigantesque fresque de science-fiction. La montée d’adrénaline est au départ ténue mais plus les épisodes avancent et plus elle va crescendo. Une grande guerre commence. Malheureusement, cette bataille n’est au final que le sommet de l’iceberg car le téléspectateur sait qu’une tragédie attend l’ensemble des personnages. Chacun d’entre eux semble à sa place, apportant en plus sa pierre à l’édifice. C’est là que Babylon 5 montre à quel point sa construction est plus qu’excellente. Avançant doucement mais sûrement, elle sait où elle va et révèle de manière progressive les pièces de son puzzle. Il est possible que la suite ne tienne pas ses promesses mais ces épisodes donnent de l’espoir tant on y sens le brio de l’écriture. Très riche et maîtrisée, cette saison prouve qu’effectivement, la série semble partie sur de bonnes voies pour devenir un incontournable de mon petit écran. Sachant allier le fond et la forme, elle distille un climat de tristesse et de pessimisme assez incroyable tout en contrebalançant avec une atmosphère parfois plus douce, calme et drôle. Il serait très étonnant que j’attende cette fois trois ans avant de regarder la suite… ;)

Kisarazu Cat’s Eye : Nihon Series | 木更津キャッツアイ : 日本シリーズ (film)

Publié par | 18 janvier 2012

Histoire de mettre de l’ordre dans tout ce qui traîne dans mes dossiers, j’ai enfin décidé de clôturer l’aventure Kisarazu Cat’s Eye ; ou tout du moins, de commencer à la terminer. Après le renzoku diffusé durant l’hiver 2002, deux films ont été réalisés à plusieurs années d’intervalle. Aujourd’hui, il ne sera question que de Kisarazu Cat’s Eye : Nihon Series, le suivant sera traité plus tard en 2012. Sorti en salles au Japon en novembre 2003, il a bien évidemment été écrit par Kudô Kankurô et dure un peu plus de deux heures. Aucun spoiler.

Six mois après avoir découvert qu’il avait un cancer en phase terminale, Bussan est toujours vivant, les médecins lui ayant annoncé que sa vie était mystérieusement prolongée. Il décide de continuer à se faire remarquer dans Kisarazu, entre autres en organisant un Fuji (mi) Rock Festival avec les Kishidan (qui sont de passage dans leur ville natale), en retrouvant un ami décédé, en (re)cherchant le grand amour, etc. Mais la réalité va vite le rattraper… Que faire lorsqu’il ne vous reste plus que six mois à vivre ?
Source : Nautiljon

C’est avec un immense plaisir que je me suis replongée dans l’univers déjanté, très haut en couleur et totalement débridé de Kisarazu Cat’s Eye. C’est fou comme cette bande de copains m’avait manqué. Il est évident qu’il faut visionner ce film après la série, d’autant plus qu’il la suit directement. Bussan, toujours sous les traits du génial Okada Junichi (Tiger & Dragon), a un sursis. Pas encore mort, il a le droit à six mois supplémentaires et cela ne le réjouit pas. Du tout. Attendez, comment peut-on se préparer à sa mort si elle est à chaque fois repoussée ? Et puis franchement, plus personne ne le prend au sérieux. Il est vraiment mourant au fait ?  Le ton du film est toujours plus ou moins similaire à celui emprunté par le renzoku. Bien que l’on parle de cancer, de phase terminale et de décès, l’humour est toujours omniprésent et si de tristes émotions réussissent généralement à se frayer un chemin, elles sont à chaque fois contrebalancées par les blagues et les délires en tous genres. Le souci est que justement, les aspects désaxé et survolté sont poussés un peu trop loin. On s’amuse certes mais plusieurs intrigues sont un poil poussives ce qui empêche de pleinement profiter de cette expérience cinématographique.

 

 

Le film débute en 2033 avec les copains qui sont toujours réunis chez Master (Satô Ryûta – Ikebukuro West Gate Park, JIN 2, Pride…), attendant une pizza livré par le sosie de Bussan avant qu’il ne meure trente ans plus tôt. Les acteurs choisis pour incarner les vieux potes sont bien trouvés et parviennent à imiter parfaitement leurs jeunes homologues. On y reconnaît notamment Watanabe Ikkei, habitué des seconds rôles qui interprétait le père d’Ucchie dans la série, ou encore Watanabe Tetsu. Bref, rien n’a changé de leurs côtés si ce n’est qu’ils ont désormais mal partout, que certains ont grossi et ont des rides. Suite à un concours de circonstances, on retourne dans le passé et nous revoilà face aux visages connus. La totalité du film suit le même mode de fonctionnement que celui de la série. En d’autres termes, l’intrigue n’est absolument pas linéaire et les fameux rembobinages sont plus que présents. Cette marque de fabrique de Kisarazu Cat’s Eye fonctionne toujours correctement bien qu’elle soit parfois frustrante.

Globalement, Nihon Series suit deux fils rouges distincts qui finissent par se rejoindre. Le long-métrage est marqué par le retour d’un mort pas vraiment mort ou peut-être pas finalement qui se met à fabriquer des faux billets. Évidemment, les amis s’y retrouvent mêlés et ont du mal à se dépêtrer de cette situation. Entre temps, ils organisent un festival de rock avec les Kishidan de retour pour l’occasion. Aikawa Shô (Kurosagi) est de la partie pour se montrer en tant qu’acteur / yakuza super cool et qui fait toujours rêver Bussan. Le père de ce dernier fricote encore avec Rose, Nekota fait sa souris et plonge dans l’exotisme offerts par les Sud-Coréennes, etc. Kisarazu et ses habitants n’ont donc absolument pas changé et si l’on navigue désormais en terrain connu, les rebondissements sont tellement ahurissants que l’on ne peut les prédire. Ajoutons la musique entraînante, la bonne humeur et le surjeu parfaitement dosé des acteurs toujours aussi sympathiques ainsi que les gimmicks et nous voilà face à un sympathique moment.  Cependant, que l’on ne se leurre pas. Si on s’amuse, la recette ne fonctionne plus aussi bien qu’autrefois. Le film souffre de longueurs et de surenchère. Quoiqu’on puisse dire, la série est une succession de n’importe quoi mais parfaitement écrite et dirigée. Pour faire simple, c’est une pagaille organisée. Ici, c’est malheureusement moins le cas. En cela, on ne peut qu’être un peu déçu.

Bien sûr que l’on est extrêmement heureux de retrouver Kisarazu Cat’s Eye. La bande d’amis est tellement vivifiante, unie et adorable que l’on ne peut que fondre. De même, tous les autres personnages secondaires contribuent à rendre ces deux heures plutôt agréables. Si l’humour déjanté et la dingue ambiance forment une formule intéressante, la recette prend moins bien dans ce Nihon Series. Passer d’un épisode d’une quarantaine de minutes à un film de deux heures n’est pas chose évidente, le rythme en pâtit ainsi ici. Le délire est également poussé un peu trop à son extrême, ce qui est un comble lorsque l’on sait à quelle série on a à faire. Au final, comme souvent, ce long-métrage n’est pas dispensable, il sert juste à prolonger l’expérience du renzoku et se veut être un divertissement honnête mais d’un niveau inférieur. Prochaine étape, le World Series !

Bones (de la saison 1 au 5×08)

Publié par | 15 janvier 2012

En 2010, après avoir suivi consciencieusement la diffusion de Bones sur M6, j’ai décidé de lui dire adieu. Je me suis arrêtée au 5×08, au même moment que la longue pause puisque le 5×09 est passé six mois plus tard en France. Sachant que je n’ai aucune envie de reprendre la série, qu’elle s’arrête en 2012 ou dans dix ans, l’article ne sera donc basé que sur ce que j’ai regardé.
Bones, qui signifie os en français comme vous devez le savoir, est une série américaine se basant sur les romans de Kathy Reichs. Toutefois, l’auteure étant anthropologue judiciaire dans la vraie vie, les épisodes s’inspirent plutôt du personnage en tant que tel et non pas de ses livres. La série, débutée en septembre 2005, est toujours en cours, la saison sept étant actuellement diffusée aux États-Unis sur la Fox. Aucun spoiler.

Temperance Brennan est une anthropologue hautement qualifiée qui travaille à l’Institut Jeffersonian. En examinant les squelettes de personnes décédées, elle est capable d’en reconstituer la vie et les circonstances de la mort. De telles capacités n’échappent pas au FBI qui fait appel à ses services dans le cadre d’affaires criminelles lorsque les méthodes traditionnelles d’identification des corps ne donnent rien. Temperance travaille en collaboration avec l’agent spécial Seeley Booth, ancien sniper de l’armée qui se méfie de la science et des scientifiques.
Source : Allociné

Il y a deux bonnes raisons si je me suis intéressée à Bones. La première est le sujet, à savoir l’anthropologie qui est à mes yeux une très grande fascination. La seconde est la présence de David Boreanaz dans le rôle de Seeley Both. L’acteur aura toujours une place particulière dans mon cœur en raison de son rôle d’Angel dans la série éponyme et dans Buffy the Vampire Slayer. Sans courir après, j’ai attendu que la série passe sur M6 de manière à la visionner en VF. C’est assez étonnant chez moi mais c’est parce que j’ai regardé BTVS en VF et je suis donc habituée à la voix française de David Boreanaz.

Bones comme os mais aussi et surtout comme le surnom que Booth, l’agent du FBI, donne à Temperance Brennan incarnée par Emily Deschanel. La série débute lorsque le FBI demande à Booth de collaborer avec l’anthropologue de manière à résoudre des enquêtes disposant d’un cadavre sans chair. Brennan est une femme extrêmement intelligente et en plus d’exercer comme personne, elle écrit des romans à succès. Riche, belle et douée, elle a tout pour plaire. Sauf qu’elle est inadaptée socialement. Elle n’a qu’une seule amie, Angela, qui travaille également avec elle et qui se charge de la reconstitution des visages des victimes. Brennan aurait pu être agréable mais, et c’est en partie ça qui fait que la série a peu à peu finit par me courir sur le haricot, elle est bien trop stupide sur certains points. Comment peut-on être aussi compétente sur de nombreux sujets et ne rien connaître à la vie ? Elle donne l’impression de ne pas sortir de sa grotte et de ne jamais interagir avec qui que ce soit. Cette attitude peut être tolérable lors des premières saisons mais au fil du temps et de son contact avec ses collègues et surtout avec Booth, elle aurait dû quelque peu évoluer. C’est à peine le cas. Son attitude est tellement caricaturale par moment que l’on pourrait se demander si elle ne souffre pas du syndrome d’Asperger. Sûre d’elle et suffisante, elle est convaincue que la science résout tout et ne comprend pas l’importance des émotions et de la psychologie. Ah non, elle ne croit tout simplement pas à la psychologie. Comme si la psychologie était une histoire de croyance, tsss. Il est vrai que sa famille n’a pas arrangé sa personnalité. À l’âge de quinze ans, ses parents disparaissent mystérieusement pour une raison inconnue. Elle se retrouve alors avec son frère qui finit lui aussi par lui tourner le dos. Elle lève le voile sur son passé au fil des saisons et retrouve certains membres de sa famille. Son père porte les traits de Ryan O’Neal.

Au départ, Bones devait s’occuper des cadavres liés à l’enquête dans son laboratoire et informer Booth de ses propres conclusions. Mais l’héroïne est têtue, voire bornée, et tient à aller sur le terrain. C’est ainsi que les deux forment une paire atypique. Bones est encore une de ces multiples séries à instaurer une certaine tension sexuelle entre les deux personnages principaux. Les sentiments amicaux naissent puis les amoureux arrivent mais c’est compliqué, bla bla bla, et la série peut stagner, ou pas, de ce côté-là. Il est indubitable que les deux acteurs possèdent une véritable alchimie et que les personnages s’accordent bien mais il faut réussir à ne pas tourner en rond sans phagocyter pour autant l’intrigue. D’après ce que j’ai pu lire concernant les épisodes suivant le 5×08, la série prend quand même quelques risques. Le souci avec ce schéma narratif usité jusqu’à la corde c’est que si le couple se concrétise, il peut ainsi tuer la série.
À l’inverse de sa collègue de terrain envers qui il a des sentiments, Booth est un homme pour qui la religion et les affects ont une part prépondérante. Fanfaron, n’appréciant que peu les scientifiques et les affublant d’ailleurs du sobriquet de fouine, il est marqué par son passé de sniper. Son frère que l’on voit de temps en temps est interprété par Brendan Fehr (Roswell). Il a un fils qu’il chouchoute comme il peut mais il ne vit pas avec lui.

Bones propose une galerie de personnages secondaires et tertiaires plutôt sympathiques bien qu’ils ne soient pas tous aussi développés que ce que l’on voudrait. À part Angela, la meilleure amie de Bones, on retrouve parmi les scientifiques Jack Hodgins, un homme richissime sarcastique obsédé par les complots adorant s’occuper de la partie entomologie, Zack Addy un jeune génie qui aura un développement ridicule lors de la saison trois ou encore Camille Saroyan, celle qui prendra les rênes du labo dès la saison deux. Elle a un passif assez intéressant avec Booth. L’arrivée du psychologue Lance Sweets joué par John Francis Daley (Freaks and Geeks) permet à la série de se redynamiser, le personnage étant en plus vraiment attachant.

La série est un forensic show à l’instar des CSI et consorts. Il faut donc apprécier l’aspect procedural, chaque épisode ou presque se suffisant à lui-même. Il est vrai qu’il y a un développement au long cours des relations entre les personnages mais cela avance très peu. De ce fait, les intrigues sont linéaires et non feuilletonnantes. Voici donc encore une des raisons qui a fait que j’ai arrêté. En 2010, j’ai stoppé toutes les séries de ce genre que j’avais sur mon planning parce qu’elles m’ennuyaient au possible. Si mêler l’anthropologie aux enquêtes est un bon angle d’approche, la série finit inlassablement par manquer d’originalité et repose toujours sur le même schéma. Et soyons honnête deux secondes, les intrigues tiennent parfois très difficilement la route côté scientifique. À noter que certaines scènes peuvent dégoûter quelques âmes sensibles. De mon côté, en grande fan d’horreur et de gore que je suis, ça va mais on peut comprendre que certains aient quelques difficultés à ne pas avoir envie de détourner les yeux par moment. Un bon point de la série est de dédramatiser ces scènes en instaurant généralement un ton badin et blagueur. On se retrouve certes face à de l’atroce mais le glauque n’est jamais présent. Bones réussit à alléger ces instants dramatiques.

Bones est un forensic show comme les chaînes adorent. Cela n’est évidemment pas synonyme de qualité. Si la série n’est pas mauvaise, elle manque juste de saveur et souffre du syndrome de déjà-vu. Bien sûr que le cadre change mais à part ça, que reste-t-il ? Des personnages relativement agréables bien qu’au final assez peu étudiés ? Une relation ambiguë entre les deux héros ? De l’humour léger ? Bof… La recette fonctionne, nous sommes d’accord. La preuve, les audiences sont bonnes. Mais décidément, la série est rébarbative et les ficelles deviennent tellement visibles à la longue que l’effet de surprise est quasi nul. C’est donc sans aucun regret que la suite sera sans moi, d’autres productions télévisuelles plus originales et créatives m’attendent de pied ferme.

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