Kaseifu no Mita | 家政婦のミタ

Par , le 28 février 2018

Aussi incroyable que cela puisse paraître, j’ai certes déjà regardé maintes séries japonaises et plusieurs écrites par Yukawa Kazuhiko (GTO, Rebound), je n’avais pourtant encore jamais testé l’un des derniers très grands succès d’audience : Kaseifu no Mita. La gouvernante Mita fut diffusée sur NTV entre octobre et décembre 2011 le temps de onze épisodes ; plusieurs d’entre eux durent une heure au lieu des quarante-cinq minutes habituelles. Divers remakes dans différents pays, dont la Corée du Sud, ont depuis été réalisés. Aucun spoiler.

Dépassé par la situation depuis le décès brutal de son épouse, Asuda Keiichi décide d’engager une gouvernante pour s’occuper de l’intendance du logement et de ses quatre enfants. Cette femme a beau se montrer terriblement efficace, elle laisse une curieuse et presque dérangeante impression. Elle arbore constamment un masque impassible, ne dévoile jamais le fond de ses pensées et ne remet pas en question les requêtes lui étant adressées. C’est pourquoi sa supérieure conseille vivement au père de famille de faire attention, car rien ne dit que cette employée n’irait pas jusqu’à tuer quelqu’un si cela lui était demandé…

Le risque lorsque l’on entend parler d’une fiction en termes plutôt dithyrambiques est de voir ses attentes s’élever et, arrivé devant, de finir déçu. Malheureusement, c’est exactement ce qui s’est passé pour moi avec Kaseifu no Mita parce que, pour être honnête, je ne comprends pas du tout en quoi elle mérite autant d’éloges. Elle n’est pas dénuée de qualités, je ne le nie pas, mais elle ne sort finalement que peu du schéma nippon classique et verse par moments dans la caricature en raison d’une écriture grossière et forcée. Une fois de plus, Yukawa Kazuhiko distille de jolies et pertinentes idées sans réussir à les mettre en pratique de bout en bout. Cette absence de subtilité nuit à l’appréciation générale d’autant que le rythme laborieux fait traîner les choses en longueur, avec une mécanique répétitive. Quasiment à chaque épisode, un des membres de la famille requiert l’aide de Mita alors qu’il ne le devrait pas, celle-ci s’en charge et induit un environnement explosif, les regrets arrivent et des scènes de pleurs et de réconciliation concluent le chapitre. Et ainsi de suite. Au-delà de la redondance du canevas narratif, le récit ne paraît surtout pas vraisemblable. Comment peut-on prendre au sérieux ce qui s’y déroule tant beaucoup trop de réactions manquent de crédibilité et les dialogues de conviction ? Trop de situations s’avèrent excessives et mélodramatiques à souhait, tout comme les longs discours explicatifs supposés maximiser une empathie très aléatoire. Car les personnages ne sont aucunement attachants malgré une interprétation générale de qualité. Comme l’illustre sa réalisation plutôt conventionnelle, bien que très satisfaisante, et la sympathique musique du fidèle compositeur du scénariste, Ike Yoshihiro (Nobuta wo Produce), jouant sur plusieurs tableaux, la série essaye surtout d’associer une tonalité dramatique à une plus riche en suspense.

Kaseifu no Mita travaille beaucoup sa dimension émotionnelle, ne serait-ce qu’avec la famille Asuda, en déliquescence depuis la mort de la maman. Celle-ci faisait le lien entre chacun de ces membres et sa disparition entraîne un grand vide, réveille des rancœurs et conduit à l’éclatement de cette unité finalement factice. L’audience constate en plus rapidement que ce décès n’est pas si accidentel que ce que le père laisse croire à ses enfants et qu’il porte lui-même le poids d’une culpabilité écrasante. Et pour cause, il envisageait de divorcer et la trompait avec une collègue de bureau. Cet homme (Hasegawa Hiroki – Suzuki Sensei) n’inspire que peu de sympathie à cause de son égoïsme et de son malaise contagieux, quand bien même l’écriture souligne à bon escient ce qui le ronge de l’intérieur, avec une réflexion intéressante sur les difficultés du supposé sens parental, de la pression sociale obligeant à épouser une femme enceinte. Il n’empêche qu’il se veut plus souvent pathétique et ambivalent qu’autre chose. À travers l’implosion insidieuse et d’une rare violence sourde des Asuda, la fiction a pour elle de questionner les liens familiaux et de montrer que tout n’est pas inné, logique, que les relations ne sont pas dues, mais en perpétuel travail. Dommage toutefois, une fois de plus, que le traitement reste aussi stéréotypé, avec des rebondissements plutôt prévisibles et une architecture apparente. En raison de clichés, ces enfants peinent également à se rendre attachants bien que plusieurs scènes de confrontation fassent mouche et atteignent en plein cœur les téléspectateurs. L’aînée, Yui (Kutsuna Shiori – Meitantei Conan), tente de pallier l’absence de sa mère, blâme son père et ne réussit plus à se comporter en l’adolescente insouciante qu’elle devrait être ; Kakeru (Nakagawa Taishi – Minami-kun no Koibito) et Kaito (Ayabe Shûto), les garçons du milieu, suivent le mouvement ; la petite dernière (Honda Miyu) ne comprend pas trop ce qui se passe, mais sa maman lui manque terriblement. L’irruption de Mita s’apparente à l’effet d’une bombe et les place devant leurs responsabilités qu’ils tendent tous à transférer à autrui, pour plus de facilité personnelle.

Parce qu’il n’arrive plus à gérer quoi que ce soit et ne sait comment réagir, Keiichi a l’idée de recruter une gouvernante. Un beau matin, à sept heures tapantes, une femme sonne à la porte d’entrée : Mita. D’un point de vue purement professionnel, elle symbolise l’employée modèle. D’une efficacité redoutable, elle réussit de manière presque incroyable à résoudre la plupart des problèmes, à concocter de bons plats ressemblant à ceux de feu la maman, à répondre au bout du compte à toutes les attentes des Asuda. La famille a le pouvoir de lui demander tout ce qu’elle désire avec l’assurance que Mita s’en chargera, si cela reste dans ses capacités. Encore mieux, elle ne juge jamais les requêtes aussi saugrenues qu’elles puissent être. Encore mieux, vraiment ? N’est-ce pas plutôt préoccupant de voir quelqu’un agir tel un automate, comme s’il n’était pas animé par un souffle d’humanité ? Les enfants, tout comme le papa, sont alors tentés, sans forcément toujours le réaliser consciemment, de multiplier les réclamations outrageuses, amorales. L’air de rien, Mita démasque les tourments et défauts de ces personnages préférant critiquer les autres et se voiler la face au lieu de se remettre eux-mêmes en question. Kaseifu no Mita part donc d’une situation où les protagonistes sont à la dérive et se déchirent avant de finir par les faire avancer, panser leurs blessures parfois vivaces et apprendre à se rapprocher. Les ficelles demeurent convenues, mais l’impact émotionnel réussit heureusement à tempérer dans l’ensemble ces lourdeurs et cette absence de franche spontanéité. Les figures secondaires appuient d’ailleurs ce côté affecté, dont la simplette et très maladroite belle-sœur euphorique, Yûki Urara (Aibu Saki), qui, à trop souhaiter être serviable, ajoute de l’huile sur le feu et un humour se voulant probablement cocasse. La série ne doit pas son succès qu’à sa dominante mélodramatique catalysée par la notion de perte et de deuil, mais aussi très certainement à son ambiance plus mystérieuse et troublante portée par une héroïne stoïque.

Le scénario joue beaucoup sur l’aura énigmatique entourant Mita. Qui est cette femme ? Comment est-elle devenue comme ça ? La gouvernante ne se sépare jamais de son uniforme et de son masque impassible, austère. Impossible de savoir ce qu’elle pense ou, plus prosaïquement, si elle pense. Elle abat les tâches qui lui sont imposées à la chaîne, sans poser de question. Elle obéit, ni plus ni moins. Bien sûr, le public se doute que cette posture insondable cache un passé douloureux, que ce personnage n’a pas toujours été comme ça. Tout du moins, c’est peut-être ce que l’on préfère croire tant ce tempérament s’avère dérangeant. Le scénario distille progressivement des indices sur Mita favorisant le suspense et laissant imaginer toutes les éventualités. L’absence de limites de cette femme injecte effectivement une atmosphère inquiétante amplifiée par l’interprétation en sobriété de Matsushima Nanako (Yamato Nadeshiko), cela en dépit des difficultés liées à un rôle de cette trempe. Les Asuda se reposent trop sur elle parce qu’ils ne savent que faire, comment réagir. Ils ont besoin d’un modèle, d’un phare, sauf que Mita n’est pas là pour ça. Ce n’est pas sa fonction. C’est à eux de se prendre en charge, de ne pas attendre que quelqu’un règle leur situation d’un coup de baguette magique. Le récit joue assez bien sur l’ambivalence de cette figure, elle qui provoque au long cours des sentiments divers, allant de la répulsion à la fascination et à la pitié. Elle ressemble parfois presque à une Mary Poppins atypique par sa capacité à se rapprocher aisément des enfants et grâce à son sac paraissant sans fin et rempli de choses utiles au moment opportun, mais simultanément, son quasi-mutisme et ce détachement extrême mettent mal à l’aise.

Pour conclure, Kaseifu no Mita plonge au sein d’une famille perdue vivant une véritable crise sommeillant probablement depuis plusieurs années, mais implosant après le décès brutal de la maman, dernier élément de cette unité artificielle. L’irruption parmi eux d’une impassible gouvernante à l’aura mystérieusement inquiétante leur permet de commencer un éprouvant cheminement intime. Cette femme apporte également des réflexions pertinentes sur les relations familiales, sur les fondements de cette cellule si particulière et sur la question des choix, des responsabilités. Malgré toutes les qualités d’ensemble, cette série souffre de plusieurs écueils assez handicapants, dont son écriture mécanique et répétitive forçant les situations et les émotions. Ce manque de naturel et d’authenticité amplifié par des personnages guère attachants nuit justement à l’appréciation et amène à se demander pourquoi une fiction aussi classique a autant suscité l’intérêt général. Finalement, peut-être que Mita et ce qui l’entoure ne sont qu’une métaphore de tout ce qui fonctionne mal dans la société japonaise actuelle et ont ainsi réussi à créer avec le public un sentiment d’identité ?

Into the Badlands (saison 1)

Par , le 21 février 2018

Quand j’étais plus jeune, je ne ratais jamais la moindre production mettant à l’honneur les arts martiaux. Tout m’accrochait, je ne faisais jamais la difficile et presque systématiquement, j’en ressortais ravie. Mon intérêt et mon enthousiasme pour ce genre n’ont pas vraiment faibli depuis cette date, mais, admettons qu’à la télévision et même au cinéma, nous n’avons pas grand-chose pour nous contenter. Into the Badlands ne pouvait que finir par arriver sur mon écran un jour ou l’autre. Cette série étasunienne a été créée par Alfred Gough et Miles Millar, connus pour leur travail sur Smallville, et se compose pour l’instant de deux saisons. La première nous concernant aujourd’hui possède six épisodes diffusés sur AMC entre novembre et décembre 2015. Aucun spoiler.

Le monde n’est plus que ruines depuis qu’une succession de terribles guerres l’ont ravagé voilà presque un demi-siècle. Plus personne ne sait vraiment ce qui s’est passé. Peu importe, sur les Badlands, la paix se maintient maintenant à peu près, grâce à la trêve initiée par sept hommes et femmes. Ces individus, ces barons, contrôlent chacun de leur côté une région propre détenant ses coutumes et un mode de fonctionnement unique. Tous ont toutefois pour point commun d’avoir banni les armes à feu et de les avoir remplacées par une faction de combattants surentraînés, les Clippers, chargés de les protéger et de faire régner l’ordre. Mais l’arrivée d’un jeune garçon, M.K., aux pouvoirs curieusement dangereux, risque bien de cristalliser les ambitions et la cupidité de ce microcosme proche de la rupture.

Comme je l’ai écrit plus haut, j’aime les arts martiaux. Je doute ainsi être la personne la plus objective pour discuter d’Into the Badlands qui, clairement, rempli une case laissée vacante en répondant aux attentes les plus folles – tout du moins, en ce qui concerne sa démarche. En effet, la série ne lésine jamais sur les scènes de combat et se permet de s’offrir un style assez particulier, de multiplier les codes inhérents aux fictions dystopiques et au kung-fu. Ces épisodes ressemblent à une sorte de mélange entre un western atypique, un monde post-apocalyptique et désabusé à la Mad Max, et des séquences virevoltantes issues du wu xia pian. D’ailleurs, ces dernières ne manquent pas d’allant, sont rondement chorégraphiées, lisibles à l’écran et spectaculaires. Les personnages bataillent de façon rapprochée, avec leurs poings et pieds, leur tête ou encore des sabres. Difficile de ne pas y voir des clins d’œil au cinéma chinois, surtout lors du pilote qui, avec ce minutieux sens du rythme ralentissant ou s’emballant, copie quasiment le solide film The Grandmaster. Outre un thème musical composé par Mike Shinoda, la photographie n’est pas non plus en reste grâce à une jolie lumière et un soin sur les paysages et décors. Les champs de coquelicot, la chaleur des couleurs et l’atmosphère générale apportent une plus-value considérable, une réelle identité à cette série au charme original. Les références à l’Asie sautent au visage, mais elles ne sont pas les seules, l’époque féodale, dont une servilité glaçante, et l’attrait pour les motos se taillant également la part du lion. Certes, le probable budget limité ne permet pas à l’ensemble de tirer pleinement profit de son potentiel, mais pour l’heure, le résultat reste très honorable, convaincant et souvent jouissif pour qui aime ce parti pris. Et finalement, heureusement que ces épisodes peuvent justement compter sur cet univers rétrofuturiste parce que l’écriture, elle, demeure bien plus prévisible.

Dans un futur ancestral, le monde a bien changé. La géopolitique actuelle a disparu depuis fort longtemps, laissant sa place à un système fermé, dangereux et où les droits des individus ne semblent plus qu’un souvenir révolu. Le placide Sunny travaille pour son baron, Quinn, et dispose du plus haut poste possible pour sa condition. D’aussi loin qu’il se rappelle, il a subi un entraînement précoce et dur pour le former aux arts martiaux, pour se dédier à son maître à qui il doit fidélité, loyauté et obéissance. Sunny est un Clipper, un de ces hommes de main veillant sur le dirigeant de leur territoire. Soumis à des règles de vie strictes, ils ne sont guère libres de leur destin et de toute manière, la question ne se pose pas, surtout dans un univers aussi hostile que les Badlands. L’existence de Sunny se poursuit assez tranquillement, lui qui partage ses journées entre la protection de Quinn et ses nuits avec une femme qu’il fréquente en secret, Veil (Madeleine Mantock). Le héros a la chance d’être interprété par un remarquable et charismatique Daniel Wu. Cerise sur le gâteau, pour une rare fois, un Asiatique détient le rôle principal d’une série. Laconique et insondable, Sunny dégage une classe folle avec son long manteau rouge, son sabre et ses talents de combattant. De façon assez grossière, le scénario distille quelques éléments amenant à penser qu’il n’est pas qu’un excellent Clipper. L’irruption du jeune et tempétueux M.K. ravive d’anciennes réminiscences, comme cette légende racontant qu’au-delà de ces régions se situent d’autres, plus pacifiques et égalitaires. Les épisodes s’intéressent ainsi à la rencontre de ces deux personnages et à cette tentative que de se détacher de fers décidément fort accrochés. Sans surprise, rien ne se passe comme prévu, avec des serpents logeant à chaque recoin. Cela ne fait effectivement nul doute, dans Into the Badlands, les luttes de pouvoir, les manigances et les secrets font la loi.

Au sein même de la baronnie phare, Ryder (Oliver Stark), le fils héritier se sent lésé et commet des erreurs les unes après les autres dans l’espoir de s’attirer la sympathie et l’attention d’un père exigeant et peu chaleureux. Quinn (Marton Csokas – Xena: Warrior Princess) dirige ses quartiers d’une main de fer et tente de cacher la nature de ses migraines de plus en plus rapprochées, de crainte de perdre son assise jadis acquise dans le sang. La vénéneuse Lydia (Orla Brady), son épouse, souffre de voir son enfant aussi méprisé par son mari, mais également de constater que sa place de conseillère et d’amante est progressivement remplacée par celle de la future seconde femme de Quinn, la jeune Jade (Sarah Bolger – The Tudors). L’ambiance n’est donc pas au beau fixe dans leur belle résidence dorée. Surtout qu’en dehors, malgré des années de paix, la terrible baronne surnommée la Veuve (Emily Beecham) paraît tout mettre en œuvre pour terrasser les autres et s’arroger tous les territoires. Elle pourchasse en plus M.K. (Aramis Knight), que Sunny a recueilli en dissimulant à Quinn les compétences hors normes du garçon. Suite à certaines circonstances, ce dernier entre dans une sorte de transe, dans une rage meurtrière impossible à canaliser. Qui est-il en vérité ? L’apprentie de la Veuve, Tilda (Ally Ioannides) s’attache à lui, elle qui porte aussi un lourd bagage sur ses épaules. Notamment en raison de sa courte durée, la saison ne répond pas à grand-chose et se contente de poser les bases de ce qui nous attend ou de survoler des thèmes comme la prostitution, la dictature, le féminisme, etc. Le scénario reste tristement traditionnel, avec les rancœurs, disputes et autres rebondissements habituels dans les récits de cette trempe, là où la violence ne disparaît jamais totalement. Progressivement, les pions sur l’échiquier s’installent, avec de nouveaux personnages surgissant, parfois interprétés par des visages connus dans le petit écran, et une distribution satisfaisante dans son ensemble.

Pour conclure, les six premiers épisodes d’Into the Badlands s’apparentent à un amuse-bouche. En effet, ils servent essentiellement à introduire le contexte et, en dépit d’un sens du spectacle décoiffant, ne réussissent pas à convaincre pleinement. La série ne cache pas son ambition avec un cocktail unique en son genre alliant les arts martiaux à une ambiance rétrofuturiste. Les séquences de combats tourbillonnants se révèlent enthousiasmantes par leur richesse et leur nombre. Sauf que la forme, aussi surprenante soit-elle, ne fait pas tout, car dans le fond, l’intrigue et les caractérisations des personnages s’avèrent beaucoup plus convenues, voire prévisibles. Pour l’heure, le scénario ne fait que reprendre les ingrédients d’une dystopie complotiste classique même s’il finit à la longue par élever le niveau et développer ses enjeux principaux. Il n’empêche que le divertissement répond encore à l’appel grâce à cette identité marquée, bien qu’évidemment pas au goût de tous. C’est plus la suite qui nous dira si oui ou non, la série mérite l’investissement.

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