Au revoir.

Difficile de rédiger un billet quand on sait, finalement, qu’il sera l’un des derniers, si ce n’est le dernier. Fin février, cela a fait deux ans que je n’ai rien publié sur Luminophore. J’ai décidé, à cette époque, d’arrêter le blog ou au moins, de faire une pause. Je n’étais pas certaine de mon choix, me répétant que j’allais probablement finir par changer d’avis, que cela allait me manquer. Force est de constater que ce n’est pas le cas ; je suis convaincue depuis plus de douze mois que je ne compte pas revenir. Avant que ce blog ne s’en aille, je souhaite remercier et dire au revoir aux quelques rares lectrices et lecteurs demeurant dans les parages.

Il y a plus d’un an, je pensais que j’allais expliquer clairement la raison de cette disparition. Il s’avère que je n’en ai plus la foi, en tout cas pas dans le détail. Pour faire très simple, courant 2015, à l’instar d’autres personnes (blogueurs, journalistes, universitaires), j’ai été sollicitée par une maison d’édition que je ne nommerai pas. On m’a proposé d’écrire un ouvrage sur les séries japonaises. De prime abord, j’avoue ne pas avoir pris très au sérieux cette demande, car je ne voyais pas trop où ça me mènerait, sans même parler de mon sentiment d’illégitimité, du temps monstrueux que ça requerrait. Mon contact étant toutefois sensé et convaincant, tout comme la maison d’édition, j’ai fini par accepter et signer un contrat. Le livre en question a été rédigé, dans les délais impartis. Ensuite, pendant plusieurs mois, j’ai répondu de mon mieux aux changements suggérés par la maison d’édition. Alors qu’il devait entrer en édition et par conséquent, sortir en librairie quelques mois plus tard, nous, les auteurs, avons appris à la rentrée 2017 que cette maison d’édition annulait toutes les commandes. Les trois livres déjà publiés ne se vendaient manifestement pas assez à son goût.

(suite…)

Par |2020-04-06T21:47:47+02:00avril 6th, 2020|Annonces en tous genres|9 Commentaires

The Last Kingdom (saison 1)

Comme toujours, l’appel des séries historiques fut le plus fort et je n’ai pas résisté à The Last Kingdom. Pour l’heure, cette fiction britannique, adaptant le cycle littéraire The Saxon Stories de Bernard Cornwell, possède deux saisons, mais une troisième a été annoncée. Celle nous intéressant ce jour, la première, comporte huit épisodes diffusés sur BBC Two entre octobre et novembre 2015. Aucun spoiler.

Fin du IXè siècle, alors que l’actuelle Angleterre est séparée en différents royaumes, les guerres s’y multiplient. En quelques jours, le jeune Uhtred voit les Danois surgir sur ses terres, les conquérir, assassiner son père le Roi et le kidnapper. D’abord assimilé à un esclave, le petit Saxon réussit rapidement à s’attirer les grâces de son ravisseur, Ragnar, et à devenir un membre à part entière de cette famille scandinave. Au décès tragique de ce dernier une dizaine d’années plus tard, il choisit toutefois de quitter les Danois et de retourner auprès de son peuple dans le but de récupérer la couronne qui lui est due. Mais rien n’est aussi simple surtout qu’il est perpétuellement partagé entre les deux univers l’ayant poussé à évoluer.

Pour être honnête, les débuts de Last Kingdom ne m’ont guère enthousiasmée. Le long épisode d’introduction s’avère assez maladroit et brouillon, avec des scènes d’exposition certes nécessaires, mais mal amenées et peu palpitantes. D’ailleurs, force est d’admettre qu’après avoir regardé Vikings surfant quelque peu sur les mêmes thématiques, il n’est pas aisé de ne pas comparer. Le budget plus restreint, avec une esthétique moins léchée, des figurants parfois limités et une reconstitution peut-être plus modeste, ne joue pas non plus en sa faveur. Or, la série parvient assez vite à prendre ses marques et à faire oublier les productions voisines. La distribution se révèle solide, le rythme va crescendo, les aspects politico-historiques et romanesques ne s’étouffent pas mutuellement, les différents peuples sont traités sur un pied d’égalité et les personnages gagnent en intérêt grâce à une écriture plus fine qu’à première vue. La seconde partie de la saison mérite réellement le coup d’œil et laisse penser que The Last Kingdom maîtrise son sujet et ses envies futures.

Uhtred (Alexander Dreymon) est un homme coléreux, impulsif, opportuniste, mais non dénué d’une étonnante naïveté, d’humour, d’intelligence et de sentiments. Derrière cette assurance se cachent des meurtrissures et des doutes, car au final, il ne sait pas vraiment à quel monde il appartient. Après avoir été enlevé et élevé par les Danois, il a probablement cru qu’il poursuivrait avec eux surtout qu’il s’y sentait manifestement bien. Mais l’assassinat de son père adoptif (Peter Gantzler), à l’instar du biologique (Matthew Macfadyen – Spooks), le force à prendre une nouvelle route. Cette fois, il ne peut se reposer que sur lui-même, bien qu’il soit accompagné de sa fidèle amie, Brida (Emily Cox). Dès le début de la saison, il quitte les Scandinaves et retrouve sa terre natale. Il y découvre que personne ne l’attend, que tous se fichent de cet individu ressemblant à un de ces sauvages Danois, si ce n’est peut-être le prêtre Beocca (Ian Hart – Dirt) l’ayant connu quand il était petit. Au bout du chemin, Uhtred est supposé monter sur son trône, mais avant cela, il doit passer par moult épreuves et dans sa quête, il va là où le vent lui semble le plus bénéfique. Pour l’instant, l’érudit et pieux roi du Wessex, Alfred, paraît être la meilleure solution…

La première saison de The Last Kingdom explore au long cours la relation entre son héros et plusieurs figures, dont notamment le fameux Alfred (David Dawson – Ripper Street). Ce souverain à la santé fragile essaye de rallier les peuples face à l’invasion viking, mais se retrouve pieds et poings liés devant les ambitions de chacun, dont celles d’Uhtred. En dépit d’une durée assez courte, avec seulement huit épisodes, les intrigues touchent à divers sujets tels que ceux de l’identité personnelle, de la religion, des ravages de la guerre, des sacrifices, de l’éthique, de fraternité ou encore de loyauté. La série ne cherche pas la facilité, ne se contente pas de batailles insipides et sait parfois se poser, prendre le temps et ne pas favoriser la surenchère, le spectacle gratuit. Pour autant, les occasionnelles scènes de combat n’en déméritent pas moins, comme celle en toute fin de parcours. Les différents personnages disposent de moments propres, chacun ayant en plus de multiples teintes à sa palette. Les frontières sont souvent troubles entre ennemis et amis. Même le héros agace autant qu’il fédère. Des figures comme Skorpa (Jonas Malmsjö) aux canines acérées et maints chefs Danois ne manquent pas de prestance, tout comme les anciens camarades d’Uhtred et les nouveaux, dont le sympathique Leofric (Adrian Bower) et ses répliques piquantes.

Pour résumer, les débuts de The Last Kingdom illustrent avec une agréable et rare simplicité une période complexe et décisive de ce qui devra devenir plus tard l’Angleterre. En alliant à la fois le fond historique et une touche plus intime grâce au parcours de son protagoniste attachant à sa manière, la production ne déçoit pas, voire surprend positivement. Effectivement, aussi branlants que ses premiers épisodes puissent être, les autres gagnent en intensité et s’offrent parfois un souffle épique bienvenu. Le récit ne s’éternise jamais, les dynamiques sont en constante évolution et l’approche finement réaliste fait mouche. Maintenant que les cartes ont été savamment placées, la suite de cette fiction sentant bon l’authenticité ne peut que persévérer de la sorte.

Par |2020-04-05T22:32:04+02:00juin 8th, 2020|Séries britanniques, The Last Kingdom|0 commentaire

Doctor Who – The Return of Doctor Mysterio (Christmas Special 2016)

Les téléspectateurs auront dû attendre un an avant d’avoir un nouvel épisode de Doctor Who à se mettre sous la dent. Effectivement, alors que le dernier en date, The Husbands of River Song, remonte à Noël 2016, nous voici déjà à l’année suivante, à la même période. Cette fois, place à The Return of Doctor Mysterio, scénarisé par Steven Moffat et diffusé sur BBC One le 25 décembre 2016 le temps d’une heure. Aucun spoiler.

New York, 1992, tandis qu’il est coincé sur Terre par un de ses propres pièges, le Docteur rencontre un petit garçon prénommé Grant, grand amateur de comics. Suite à de rocambolesques circonstances, cet enfant reçoit de fantastiques pouvoirs qu’il promet de ne pas utiliser. Plusieurs décennies défilent et le Seigneur du Temps revient en 2016 dans la Grosse Pomme et y découvre l’existence d’un superhéros masqué pourchassant les méchants. Cela tombe à pic puisque de vils extraterrestres semblent vouloir s’approprier la planète.

Bien qu’il s’agisse dans les faits d’un épisode de Noël, The Return of Doctor Mysterio n’emploie guère ce contexte en dehors de quelques rares décorations. Quand on le regarde à une autre période, cela ne gêne pas du tout, mais ceux qui espèrent justement retrouver la magie de ces fêtes seront peut-être déçus. Il n’empêche que cet unitaire ressemble aux précédents en proposant surtout une histoire divertissante, familiale et sachant appuyer sur les bons boutons pour simultanément amuser et émouvoir. Difficile de ne pas non plus y voir une sorte d’hommage, voire de pastiche de l’univers des superhéros et plus particulièrement de Superman. Les clins d’œil foisonnent, autant sur le plan du scénario que du visuel. Entre les lunettes, la romance avec une journaliste, la double identité, le type de capacités, il y a de quoi remarquer de sympathiques similitudes. Même si son récit s’avère indépendant de l’intrigue principale de la série, il n’oublie pas non plus ce qui s’est déjà passé, avec de nombreuses références aux récentes pérégrinations et probablement à ce qui nous attend dans la prochaine saison. Et cerise sur le gâteau, l’épisode veille par moments à détourner les clichés et stéréotypes, quitte à mettre de côté un Docteur davantage spectateur. D’aucuns regretteront toutefois peut-être l’absence de franche densité scénaristique au profit de rebondissements classiques, presque anecdotiques.

The Return of Doctor Mysterio, c’est surtout l’histoire de Grant (Justin Chatwin). Aux yeux de tous, il est doux, tranquille et ne ferait pas de mal à une mouche. Mais en vrai, il est en mesure de voler, d’aller très vite ou encore de se montrer indestructible, ce qui l’amène à endosser les nuits un costume un peu ridicule. Il travaille comme nounou pour Lucy (Charity Wakefield) dont il garde la fille et rêve en secret de la conquérir. L’irruption inopinée du Docteur dans sa vie lui offre l’occasion de sortir de sa zone de confort. Dans l’ombre, Harmony Shoals, une mystérieuse multinationale scientifique, mène des opérations discutables et réussit à prendre contrôle du corps de certains humains. Sans aucune surprise, leurs intentions sont mauvaises et Twelve tente d’enrayer cette menace avec l’aide de Nardole, rencontré lors des aventures avec River Song. En dépit de quelques touches plus nostalgiques, légitimes compte tenu du décès de la flamboyante rousse, le ton est à la rigolade et à la romance, quitte à se contenter d’une formule mécanique, bien que parfaitement rodée. Comme les personnages du jour ne manquent pas de sympathie, à défaut de se révéler mémorables, l’heure défile à toute vitesse.

En bref, cet épisode de Noël de Doctor Who n’en est pas vraiment un, mais il atteint son objectif de divertissement léger avec des protagonistes ravis d’être là et d’évoluer au sein d’un univers coloré fourmillant de détails à la culture populaire.

Par |2020-04-05T22:27:09+02:00juin 1st, 2020|Doctor Who, Séries britanniques|0 commentaire