Aishiteiru to Itte Kure | 愛していると言ってくれ

Publié par | 29 mai 2012

Retournons du côté des vieilleries japonaises avec Aishiteiru to Itte Kure, soit le j-drama le plus vieux qu’il m’ait été donné de voir pour le moment. Composé de douze épisodes de 45 minutes, il fut diffusé entre juillet et septembre 1995 sur TBS. Son titre signifie approximativement « dis-moi que tu m’aimes« . C’est sa scénariste, Kitagawa Eriko qui est à l’origine d’Orange Days, Sora Kara Furu Ichioku no Hoshi, Beautiful Life, Love Story ou encore plus récemment Sunao ni Narenakute, qui m’a donné envie de m’y intéresser. À noter ses audiences assez extraordinaires car elles furent d’une moyenne de 21,3%, avec même une pointe à 28,1% pour le dernier épisode. Aucun spoiler.

Mizuno Hiroko a quitté sa campagne pour tenter sa chance en tant qu’actrice à Tôkyô. En attendant de décrocher le rôle de sa vie, elle cumule les petits jobs et suit des cours de théâtre où travaille en tant que technicien son ami d’enfance, Yabe Kenichi. Un jour, elle rencontre par hasard un artiste, Sakaki Kôji et est immédiatement attirée par lui. Comme si le destin voulait les réunir, ils tombent l’un sur l’autre à de multiples reprises. Ce que Hiroko ne réalise pas tout de suite, c’est que Kôji est sourd et ne parle plus depuis qu’il a perdu l’audition. Alors que tout les oppose, elle veut apprendre à le connaître et pour cela, elle commence déjà par apprendre la langue des signes.

 

 

Orange Days n’était pas la première série de Kitagawa Eriko sur la surdité puisque la scénariste avait au moins déjà traité cette thématique grâce à Aishiteiru to Itte Kure. Ici, elle ne change pas non plus de son genre favori, à savoir l’histoire d’amour. Mine de rien, autant il est assez facile de trouver des j-dramas romantiques adultes datant de plusieurs années, autant il est bien plus ardu d’en citer spontanément qui soient sortis ces derniers temps. Les séries actuelles semblent moins s’attarder sur les relations humaines qu’autrefois. C’est peut-être un sentiment faussé cela dit. Quoiqu’il en soit, Aishiteiru to Itte Kure paraît assez peu connu dans la sphère des dramaphiles mais au Japon, il a eu son petit succès à l’époque. En le visionnant, on comprend aisément pourquoi.
Les situations de handicap étaient apparemment quelque peu à la mode à la télévision japonaise dans le courant des années 1990. Si le risque est toujours de sombrer dans la surenchère voire dans le misérabilisme, ce n’est jamais le cas de cette série. C’est même tout le contraire tant l’accent n’est pas réellement mis sur la surdité du héros. Il est vrai que le fait qu’il soit sourd est handicapant mais ce qui est davantage pointé du doigt est la difficulté de compréhension d’un couple. Pour cela, il n’est pas nécessaire d’être sourd ou muet. Deux personnes ayant toutes les facultés pour discuter et échanger ont également de fortes possibilités de pas réussir à se comprendre. Il n’est pas non plus nécessaire de parler ou d’écouter pour communiquer. Beaucoup de non-dits et d’autres éléments importants peuvent passer par des gestes, une attitude ou encore un regard. Comme il est explicité dans la série, lorsque l’on perd un sens, on le compense avec les autres. Le héros ici a la possibilité de savoir ce que ressent une personne en regardant sa manière de se tenir ou l’expression de son visage. Quoiqu’il en soit, si la surdité de Kôji est le point de départ de l’histoire, elle n’en est clairement pas le moteur. Le j-drama est toutefois l’occasion de pointer quelques problèmes liés à une situation de handicap comme le regard des autres ou la notion de dépendance. Et de manière plus romantique, on en vient parfois à penser que pour être plus proche de quelqu’un, on aimerait tout simplement pouvoir entendre sa voix et se l’approprier. Comme le titre le suggère et comme le prouvera à plusieurs reprises l’héroïne, d’une manière égoïste, on a certainement envie d’entendre un je t’aime, même si l’autre nous l’a déjà prouvé à de très nombreuses reprises via d’autres moyens.

Aishiteiru to Itte Kure le dit avant même de commencer, il sera question d’une histoire d’amour. Ce qu’elle ne révèle pas par contre c’est qu’elle sera à l’état brut. Mizuno Hiroko a la vingtaine, est pétillante, optimiste, a besoin de s’exprimer et est semblable à un véritable livre ouvert. Ses émotions transpirent sur son visage et elle ne peut rien cacher à qui que ce soit tant elle est naturelle et vraie. Que l’on se rassure de suite, elle n’a rien d’irritant au départ car l’interprétation de Tokiwa Takako (Long Love Letter) est tout en fraîcheur. Candide, Hiroko ne se pose pas trop de questions sur son futur et vivote en attendant de percer un jour en tant qu’actrice. Elle est jeune, elle a encore toute la vie devant elle. En rencontrant Sakaki Kôji, elle perd quelque peu ses repères car tout ce qu’elle désire à ce moment est de le découvrir, de le comprendre et de l’aimer. En réalisant qu’il est sourd, elle commence à apprendre la langue des signes et fait des progrès spectaculaires en très peu de temps. À ce sujet, les acteurs sont extrêmement convaincants et donnent l’impression de maîtriser cette langue particulière. Kôji a une dizaine d’années de plus que Hiroko et traîne un passé douloureux, en partie lié à son handicap mais ne se limitant évidemment pas à lui. Taciturne, coupé du monde par choix et faisant peu d’efforts pour s’intégrer, il peint comme il respire. Le sourire de Hiroko associé à son dynamisme et sa joie de vivre le troublent. Bien qu’il se refuse d’abord à ressentir pour elle quoique ce soit, il ne peut ensuite plus faire machine arrière tant la jeune femme lui devient aussi importante que de la nourriture. Ce ne doit pas être facile d’interpréter un homme sourd-muet renfermé sur lui-même mais ici, le très charismatique Toyokawa Etsushi qui lui offre ses traits fait preuve d’un magnétisme intense.  Impossible de ne pas le remarquer, lui qui est immense, toujours vêtu de tongs et de pulls deux fois trop grands pour lui, et semblant tellement détaché de tout. Alors qu’il souhaite passer inaperçu, on ne voit que lui.

Si les deux personnages sont intéressants séparément, c’est surtout lorsqu’ils sont ensemble qu’ils en deviennent fascinants. Kôji et Hiroko se découvrent, s’apprivoisent et finissent par tomber amoureux l’un de l’autre. La première partie du j-drama est magnifique. La seconde l’est nettement moins car l’intrigue se dilue et malheureusement, la série n’évite pas quelques écueils franchement dispensables comme une jalousie mal placée et disproportionnée, une réaction impulsive consécutive à cette jalousie ou encore le retour d’un ancien amour incarné par Asô Yumi (JIN). Hiroko finit d’ailleurs par être assez désagréable bien que ce soit surtout sa fragilité, son insécurité permanente et son besoin d’être rassurée qui la font agir de manière aussi peu raisonnée. Ce comportement paraît toutefois quelque peu hors caractère. C’est donc un petit peu dommage mais cela n’annihile pas les qualités des épisodes du début et de toute manière, même durant ces épisodes il reste de bons points. La grande force d’Aishiteiru to Itte Kure se situe ainsi dans l’écriture de son histoire d’amour et plus particulièrement, dans sa construction. Les sentiments des protagonistes sont mis à nu avec une telle maîtrise et un tel réalisme que l’on se sent parfois mal à l’aise, comme si nous étions un voyeur. La caméra semble effectivement parfois presque de trop et donne l’impression d’être une intruse. Le personnage de Kôji ne parle pas si ce n’est en voix-off où il exprime ses pensées et sa vision d’être. Ses paroles sont loin d’être redondantes avec ce que l’on voit et permettent généralement de mieux appréhender cet artiste assez difficile à approcher. En fait, il en ressort principalement un sentiment de mélancolie accentué par un rythme lent et une absence d’éléments sortant de l’ordinaire.
Le couple n’ayant que peu de possibilités de communiquer et la série se déroulant en 1995, ils utilisent un fax pour s’envoyer de très nombreuses lettres. Leur contenu reflète à merveille la personnalité des personnages. Tandis que l’un est dans l’instantané et n’est pas habitué à s’exprimer, l’autre s’étale et est légèrement poussif. Pour en revenir à l’absence de communication verbale, il est évidemment superflu de préciser la possibilité d’interagir via d’autres moyens lorsque l’on s’aime et la série montre justement plusieurs scènes de baisers et de sexe. Encore une fois, c’est là que l’on réalise le gouffre entre les séries des années 1990 et celles de la fin des années 2000 / début des années 2010.

Qui dit histoire d’amour dit généralement obstacles. Aishiteiru to Itte Kure ne déroge pas à la règle mais encore une fois, la série prône le réalisme avec des difficultés naturelles et non forcées bien que parfois discutables. Kôji a ainsi une petite sœur avec qui il ne partage aucun lien du sang et qui a toujours veillé sur lui. Elle n’apprécie guère de voir Hiroko lui tourner autour, notamment parce qu’elle a peur de le voir blessé. Celle-ci est jouée par la alors très jeune Yada Akiko (Last Christmas, Voice) dont ce fut le premier rôle à la télévision. Du côté de Hiroko, elle a pour ami d’enfance Ken (Okada Kôki) veillant sur elle depuis toujours. Alors qu’elle ne voit en lui qu’un ami, lui ressent plus que des sentiments platoniques pour elle mais préfère ne pas les lui montrer. Le personnage est franchement sympathique tout au long de la série et l’écriture de sa personnalité est on ne peut plus solide. Autrement, dans des rôles secondaires on peut noter la présence de Yo Kimiko (Churasan, Yankee Bokou  ni Kaeru) en tant qu’agent de Kôji, Aijima Kazuyuki (JIN, BOSS) comme un peintre jaloux ou encore Namase Kutsushita (Gokusen, Ashita no Kita Yoshio) en ancien camarade de classe de Kôji.

Aishiteiru to Itte Kure a pour personnage principal un homme malentendant et joue ainsi énormément avec la bande-son. Il n’est pas rare que la musique, les paroles et tous les autres sons soient coupés et que l’on n’entende plus qu’un silence profond parfois presque perturbant. De même, il est possible de noter un effort particulier au niveau de sonorités anodines comme le chant des cigales, la pluie, les feuilles qui bougent dans les arbres, etc.. Le silence de Kôji est contrebalancé par le bruit de Hiroko. La musique de Nakamura Masato est en revanche plus banale et ne marque pas particulièrement. Autrement, c’est Love Love Love de d’extrêmement populaire groupe Dreams Come True que l’on entend à plusieurs reprises au cours des épisodes. La chanson est plutôt agréable et elle s’est vendue à l’époque à plusieurs millions d’exemplaires.

En définitive, Aishiteiru to Itte Kure est une belle histoire d’amour qui sort du classicisme grâce à son traitement hypersensible et intimiste. Avant de parler d’un homme sourd interprété par un excellent Toyokawa Etsushi, la série s’attarde sur les difficultés de communication dans un couple et sur la question qui est de savoir si l’amour suffit pour construire une relation. On peut s’aimer mais ne pas réussir à se comprendre en raison d’une multitude d’éléments comme une différence d’âge et de maturité, un passé trop lourd pour ses épaules ou une manière de vivre fondamentalement opposée. Il est vrai que la série finit par se répéter et devenir lassante en multipliant les incompréhensions et la jalousie irrationnelle de Hiroko mais son début et sa tonalité mélancolique méritent à eux seuls le déplacement. Bien que son rythme assez lent et son absence d’évènements extraordinaires ne plairont pas à tout le monde, ceux appréciant les histoires tranquilles et chargées d’un point de vue émotionnel pourraient peut-être y trouver leur compte.

Merlin -BBC- (saison 4)

Publié par | 26 mai 2012

C’est un petit peu plus tardivement que d’habitude que nous allons reprendre le chemin de Pierrefonds sur Luminophore mais il est évident qu’il ne fut pas oublié. Il est donc question de Merlin, la série en partie tournée dans le fameux château de l’Oise. Sa quatrième saison fut diffusée sur la BBC entre octobre et décembre 2011 et comporte encore une fois treize épisodes. Une saison cinq est d’ores et déjà prévue et serait peut-être la dernière. Aucun spoiler.

Pour la première fois depuis les débuts de la série, la saison trois donna l’impression d’être homogène et sortant presque du cadre pourtant balisé du divertissement familial. C’est donc sous de très bons auspices que les nouveaux épisodes arrivèrent sur mon écran. Malheureusement, l’enthousiasme est vite retombé et la flamme n’a jamais réussi à être rallumée. La saison quatre est d’une banalité et d’une platitude à faire peur. Fondamentalement, elle n’est pas désagréable car on ne souffre généralement pas trop devant les épisodes. On est plutôt désolé de voir la série redevenir aussi insipide alors qu’elle a le potentiel pour être bien meilleure que cela. Un de ses problèmes est de faire du surplace. La saison trois s’était terminée sur la mise à sac de Camelot par Morgana, elle qui révélait en plus sa véritable nature. Cette nouvelle saison débute un an plus tard. Uther n’est plus que l’ombre de lui-même suite à la trahison de celle qu’il considérait comme sa propre fille tandis qu’Arthur tente d’assurer l’organisation du royaume avec son oncle maternel, Agravain. Morgana, elle, s’enferme dans sa tanière parmi les bois, adopte un maquillage plus charbonneux et a oublié sa brosse à cheveux dans sa chambre. (Ou alors, elle n’avait jamais appris à l’utiliser jusque-là.) Ce nouveau look va à ravir à Katie McGrath d’ailleurs. Du côté de Merlin, il cache encore son secret, sauve la vie d’Arthur à de très nombreuses reprises et se sent souvent lésé parce que personne ne sait qui il est. Point. Arrivé en fin de saison, le résultat est exactement le même qu’un an plus tard et pire, le scénario est quasi identique. D’aucuns diront qu’il y a tout de même un changement de taille -ou plutôt de tête royalement faite- en début de saison mais il n’apporte au final rien de neuf. Pour faire simple, on pourrait quasiment ne pas regarder les treize épisodes de 2011 et passer immédiatement à ceux de la future prochaine saison sans être trop dépaysé. Un comble. Il est de plus grandement temps que le secret de Merlin soit découvert par Arthur et/ou Morgana. C’est beaucoup trop facile de tomber dans les pommes toutes les cinq secondes.

Outre cette absence d’avancée significative dans la mythologie de Merlin, la saison ne travaille pas ses personnages. Bien sûr, Merlin est toujours aussi attachant, l’interprétation de Colin Morgan autant subtile, sa relation avec Arthur sympathique bien que peu évolutive (encore…) sauf que cela ne fait pas tout. Diable, où sont donc passés les chevaliers de la future table ronde ? Dire qu’ils sont supposés être la force du royaume… Nous savons qu’ils sont là, ils ont le droit à quelques dialogues sans grand intérêt, on les voit sauter sur leur cheval et parcourir Camelot du côté d’Arthur et Merlin mais ils ne servent à rien. Même certains comme Gwaine ont à peine la possibilité d’échanger une réplique avec le jeune sorcier. Dire qu’en saison trois ils était copains comme cochons. Percival qui avait à peine été effleuré précédemment ne nous est pas davantage familier. Enfin sauf si on ne le considère que comme un géant musclé n’ayant rien d’autre à apporter. Quelle amère déception. Quelques autres nouvelles figures apparaissent telles qu’Agravain, l’oncle d’Arthur extrêmement mal joué par Nathaniel Parker, ou encore vers la fin les fameux tristement légendaires Tristan (Ben Daniels) et Isolde  (Miranda Raison).
Ne parlons pas non plus de Gwen qui n’est pas exploitée une seule seconde. Elle ressemble à une potiche ayant oublié d’utiliser son cerveau. Il existe autour d’elle beaucoup trop d’incohérences et d’approximations. Lorsque son frère est dans la garde rapprochée d’Arthur, que l’on aime le futur roi, que l’on a été la servante d’une grande amie devenue sorcière et paria, on ne se conduit pas comme si de rien n’était. C’est aussi plus ou moins le cas d’Arthur qui semble ne jamais apprendre de ses leçons et qui se laisse berner par tout le monde. Heureusement pour lui qu’il est entouré de Merlin car autrement, on peut douter que l’on aurait eu connaissance de sa grâce royale. Tout cela n’est donc clairement pas en faveur de cette nouvelle saison de Merlin tant elle est cousue de platitude ne faisant pas réellement avancer l’histoire principale.

Si l’on regarde dans le détail, à part quelques très rares exceptions, les épisodes ne sont pas non plus trépidants, passionnants voire même plus simplement réellement agréables. Le premier d’entre eux, en deux parties, The Darkest Hour, est ennuyant car dénué de tout enjeu. Il s’agit en réalité d’un souci récurrent dans cette saison. Les personnages sont très fréquemment confrontés à de multiples dangers. Évidemment, c’est un bon moyen d’augmenter la tension et le suspense sauf qu’ici, ça ne fonctionne pas. Nous savons tous qu’Arthur et Merlin ne vont pas mourir donc il est difficile de se sentir concerné lorsque l’on connaît la finalité de l’arc en cours. Les intrigues finissent par devenir mécaniques et simplistes. Avec cette saison, la série a tenté d’assombrir ses thématiques et d’être donc plus grave. Encore une fois, les épisodes n’évitent pas de nombreux écueils, avec un certain manichéisme par exemple, et sont rarement totalement convaincants. Pourtant, la série pourrait demeurer quelque peu drôle et mêler des évènements plus sombres. Il faut tout simplement qu’elle trouve une juste mesure, chose qu’elle semble avoir plus ou moins adoptée dans les deux derniers épisodes qui ne forment qu’une entité, The Sword in the Stone. La première partie est ainsi grave tout en étant par moment hilarante. Là, oui, c’est du bon Merlin. Quant au reste, difficile de citer des épisodes donnant envie de s’y attarder plus que de raison. Le 4×06, A Servant of Two Masters, avec un Merlin transformé en assassin obnubilé par Arthur, est sympathique malgré une certaine prévisibilité et permet à la série de retrouver sa fraîcheur et son ton humoristique. Il est dommage sinon que la magie vienne jouer un rôle aussi important dans le 4×09, Lancelot du Lac, qui aurait gagné à approfondir le lien entre Gwen et Lancelot sans user d’un artifice aussi grossier. La découverte de la fameuse Excalibur plus tard dans la saison est certes attendue bien que là encore, on pourrait chipoter sur l’utilisation de la magie et non pas de la véritable destinée d’Arthur. Notons sinon la présence de quelques sympathiques invités comme Lindsay Duncan (Rome) en reine charismatique ou James Callis (Battlestar Galactica) en ancien élève de Gaius assez retors.

Sur la forme, la saison est en revanche toujours aussi maîtrisée avec cette mise en scène travaillée et une très bonne utilisation de jolies couleurs presque fantasmagoriques. La musique de Rob Lane sait également se faire épique, intimiste ou aventureuse. Les effets spéciaux ne sont pas excellents mais cela n’est pas problématique. Par contre, ce n’est pas le cas pour l’unique cascade apparemment en vogue au cours de ces treize épisodes. Oui, le vol plané. Une fois ça va, deux fois on se commence à se poser des questions, trois fois et plus, on en a marre. Voir Morgana lancer les personnages dans les airs avec un ralenti qui va bien finit par irriter. Il y a d’autres moyens pour être mis hors course.

En définitive, la quatrième saison de Merlin est faible et donne l’impression d’avoir rangé son identité au placard. En voulant aborder de manière plus sombre son histoire, elle se perd quelque peu au passage et finit par en devenir ronflante. Par ailleurs, l’absence de réels enjeux, le non-développement des personnages et le surplace de l’intrigue générale sont monnaie courante au fil des épisodes. Le principal reproche serait qu’en fait, en plus de manquer de rythme, la saison est routinière et ne sort que rarement des sentiers battus. Sans être mauvaise ou insupportable, elle déçoit lorsque l’on a en tête la précédente qui était bien plus maîtrisée. Heureusement pour elle, elle se termine sur une bonne note et fait espérer que la prochaine saison saura réparer ces erreurs et afficher un visage sachant gérer une tonalité plus adulte saupoudrée d’une certaine légèreté et d’une grande fraîcheur.

Tumbling | タンブリング

Publié par | 23 mai 2012

Il y a de ces séries japonaises que l’on croit damnées. Tout commence pourtant bien. Une équipe de qualité débute le sous-titrage, les sous-titres sortent certes doucement mais sûrement et on attend sagement parce que de toute manière, on a déjà une liste de j-dramas longue comme ses deux bras réunis bien au chaud dans ses dossiers. Alors que l’on se dit que l’on finira bien par la voir, cette série, la machine s’enraye. L’équipe pourtant solide disparaît et ne fait plus rien. Les mois passent, les années aussi et on pleure en dedans. De temps en temps, on ose aller faire un petit tour pour voir si quelqu’un n’a pas repris le sous-titrage, si l’équipe n’est pas revenue à la vie telle le phénix mais non, rien à faire. Et on pleure à nouveau en dedans. On en vient à penser que finalement, même les séries avec une distribution taillée pour la fangirl peuvent subir ces aléas. Un jour, alors qu’on a fait son deuil, voilà que par hasard, suite à la recherche de nouveaux dealers en raison de la fermeture d’un fameux site en janvier 2012, on remarque qu’une team française a tout traduit. Oh. Et finalement, une autre team anglophone, de qualité assez discutable, avait en fait déjà repris le flambeau. À peine a-t-on le temps de réfléchir -et parce qu’on est quelque peu effrayé à l’idée de retourner du côté des torrents-, on décide de se contenter de la VOSTF, chose devenue rarissime. Tumbling, je croyais ne jamais te voir. Merci d’avoir été entièrement disponible, même si la VOSTF est très mauvaise pour les derniers épisodes ; il y a eu un changement de team française tout comme pour la version anglaise. Bon, sur ces considérations peu intéressantes, arrêtons ce verbiage et soyons sérieux.

 

 

Fait très rare pour être noté, s’il existe bien un manga Tumbling, réalisé par Mizukami Wataru, c’est lui qui est une adaptation de la série et non pas l’inverse. Il a effectivement commencé à sortir lors de la diffusion de la version télévisée et est apparemment toujours en cours. Le j-drama comporte quant à lui onze épisodes ; comme souvent, le premier épisode est plus long que les autres car il dure 96 minutes au lieu de cinquante. Tumbling fut diffusé sur TBS entre avril et juin 2010. Sinon, il existe au moins une pièce de théâtre se déroulant cinq années après la fin de la série avec notamment le personnage joué par Daitô Shunshuke, alors devenu professeur. Il semblerait qu’il y ait eu aussi d’autres pièces. Un des scénaristes de Tumbling n’est autre qu’Egashira Michiru, celle-là même qui a commis Gokusen mais qui est également derrière Ichi Rittoru no Namida. Pour ceux qui ont du mal avec l’anglais, sachez que tumbling signifie acrobatie. Aucun spoiler.

Takenaka Yûta est un lycéen en dernière année rêvant de participer à une compétition de gymnastique rythmique en groupe. Malheureusement pour lui, le petit club dont il est le capitaine ne comporte pas suffisamment de membres pour le lui permettre. Les choses ne s’arrangent décidément pas le jour où il est obligé d’accepter dans son club le pire délinquant du lycée, Azuma Wataru. Celui-ci n’est pas motivé pour un sou mais est contraint de participer à une activité extrascolaire s’il ne veut pas redoubler. Yûta est alors mis à rude épreuve car il doit continuer de subir les moqueries des autres élèves en plus de supporter Wataru et l’ensemble de ses congénères tout aussi violents et marginaux que lui.

Difficile de le nier, l’affiche de Tumbling fait peur. Et ce n’est pas non plus le synopsis qui sera là pour rassurer. Pour autant, ayant envie de voir quelque chose de kitsch et d’idiot, j’ai décidé de lui donner sa chance. C’est parfois dans ces moments-là, qu’une fois arrivé au bout des épisodes, on se répète qu’il faut toujours se méfier des apparences. Le renzoku fait partie de ces séries scolaires japonaises sortant à la pelle. En plus, il mêle également le genre sportif ayant la cote au pays du Soleil Levant. En d’autres termes, on pourrait à juste titre penser que l’on va se farcir des épisodes ne sortant pas des sentiers battus et difficiles à digérer. S’il est indubitable que Tumbling n’est pas la série du siècle ni même probablement de la saison de l’époque, elle réussit parfaitement à s’affranchir de ses codes pour proposer un honnête divertissement éminemment sympathique. Ceux ayant un petit faible pour les séries sur l’amitié et n’ayant pas de difficulté avec le surjeu japonais et les grandes envolées quelque peu naïves bien que mignonnes devraient être convaincus assez facilement.

Tumbling, c’est un condensé de paillettes, de bagarres, de rose, de sueur, de cabrioles dans tous les sens, de bains collectifs, d’omurice et de séances plus ou moins longues de larmes contagieuses. Sur certains points, elle ressemble à Water Boys, cette série mettant en avant un groupe de jeunes voulant à tout prix faire de la nage synchronisée. Là aussi, dans Tumbling, il est question d’un sport peu commun pour les garçons puisque ça parle de gymnastique rythmique. Pour être transparente avec vous, j’avouerai que je ne connaissais même pas l’existence d’une discipline masculine. Elle n’a pas grand chose à voir avec la féminine qui consiste, en faisant de gros raccourcis, à lancer des ballons en l’air et gesticuler avec un ruban. Chez les hommes, ce sont vraiment les acrobaties en rythme qui priment et à l’écran, c’est extrêmement impressionnant. La série a pris les choses au sérieux car elle a engagé quelques équipes professionnelles n’ayant clairement pas usurpé leur statut tant elles nous laissent bouche-bée. Toutefois, ce ne sont pas elles les héroïnes, non, c’est le petit club de Karasumori à l’honneur. Et là, pas de triche possible si le renzoku veut être convaincant. Les acteurs doivent absolument y mettre du leur. Ce n’est pas donné à n’importe qui de pouvoir faire des saltos arrière et autres sauts périlleux, de les enchaîner et de suivre un entraînement intensif. La distribution principale est tout simplement épatante. Tous ne sont pas au même niveau, ce qui est normal, mais on sent une volonté sincère de se dépasser de la part des personnages et de leurs interprètes. De ce côté-là, la série est très réussie et plutôt spectaculaire. Que l’on soit amateur de sport ou pas, la question ne se pose même pas car tout le monde peut être ébloui par ces chorégraphies où l’huile de coude transpire de partout. Les séances d’entraînement et les quelques compétitions ne sont en aucun cas répétitives, notamment parce qu’elles ne se ressemblent pas et que des éléments viennent toujours bouleverser le supposé ordre ambiant.

Le principal souci des séries ayant pour toile de fond un sport est qu’elles n’arrivent que rarement à se départir de quelques thématiques bien spécifiques provocant chez certains des réactions épidermiques. Tumbling ne déroge pas à cette règle. Il est effectivement question du dépassement de soi, de l’importance de l’équipe, de la difficulté à toujours travailler dur, des sacrifices nécessaires pour rester à un niveau correct ou encore de l’acceptation de ses propres limites. En cela, la série aurait pu être agaçante car bien trop standardisée. De même, puisqu’elle se déroule en plus dans un lycée où quelques délinquants ont un rôle important, elle n’évite pas les intrigues sur leur passé et présent chaotiques. On pense immédiatement à Gokusen, de la même scénariste, bien que Tumbling lui est très nettement supérieure. Pourquoi ? Parce que chaque épisode n’est pas dédié à un personnage en particulier et parce qu’elle évite notamment de centrer ses intrigues sur un épisode. La série développe en effet ses personnages au long cours et ne charge pas trop la mule du côté de leur environnement socio-familial. Il est dommage par contre que des éléments mis en exergue dans un épisode en particulier finissent par n’avoir aucun impact sur la suite. C’est un peu comme si on pointait du doigt quelque chose et qu’à partir de ce moment-là, il n’existait plus. Là où le renzoku fait plaisir est qu’il joue avec le côté féminisé et très stéréotypé de ce sport. À grand renfort de blagues jamais douteuses mais toujours légères et drôles, certaines situations sont désamorcées et montrent que la série est plus fine qu’elle n’en a l’air. Plusieurs membres ont par exemple du mal au départ à assumer de faire partie d’un club de gym, de porter des justaucorps et de se trémousser.  C’est d’autant plus difficile pour eux car ils sont adolescents. En outre, c’est assez rare pour le noter dans une série japonaise, l’homosexualité masculine est abordé de plein front dans un épisode et le traitement est difficilement critiquable. En revanche, là aussi il est dommage qu’en dehors de ce passage, on n’y revienne plus par la suite. Ceci étant, c’est au final peu de critiques négatives car, sans être non plus d’une profondeur inégalée, la série finit par surprendre agréablement et réussit à aller plus loin que celles surfant sur des registres plus ou moins similaires. Les bons sentiments sont certes de la partie et il y a toujours un petit côté naïf et consensuel mais tout cela est contrebalancé par l’enthousiasme des personnages et le fait que la série alterne entre les moments sportifs et ceux en lien avec la vie quotidienne. Sinon, bien que vers la fin les flashbacks finissent par devenir redondants, le rythme est généralement maintenu à un niveau tout à fait correct ce qui fait que l’on  ne s’ennuie pas. Il aurait même été préférable que la série comporte quelques épisodes de plus tant certains éléments et évolutions sont trop rapidement expédiés.

Une des forces de Tumbling est sans conteste sa galerie de protagonistes assez hauts en couleur et dynamiques. Bien que la série mette surtout en avant le délinquant aux cheveux rouges du lycée, Azuma Wataru, tous les membres du club sont aussi importants que lui. Wataru est donc un petit caïd violent bien que non fondamentalement agressif. Il ne sait s’exprimer que par la violence qui est le résultat de sa frustration quotidienne. Au final, il est surtout impétueux et a besoin d’être canalisé. Suite à un concours de circonstances, il est obligé d’intégrer le club de gymnastique rythmique et contre toute attente, il adore. Il se rend compte qu’il n’a jamais eu de réel but dans sa vie et a l’impression de passer à côté d’elle. Wataru se passionne alors pour ces acrobaties et veut à tout prix pouvoir les maîtriser. C’est le très sympathique Yamamoto Yûsuke (Atashinchi no Danshi, Hanazakari no Kimitachi e) qui lui offre ses traits. Il se montre généralement bon dans ce registre et ce n’est pas ici que l’on dira le contraire. Wataru passe certes plus de temps à brailler qu’à se taire mais il demeure attachant. Néanmoins, il a beau faire le fort, il s’écrase toujours face à sa mère et ses méthodes de yakuza jouée par Ôtsuka Nene (Yasha). Celle-ci est courtisée par le personnage joué par Satô Jirô (JIN, Gokusen 3) alimentant à merveille la comédie de situation. De même, Wataru se transforme en monsieur oui-oui dès qu’il est amoureux.

En entrant dans le club de gym, Wataru apporte sans le vouloir quelques autres recrues tout aussi marginales que lui. Arrivent ainsi Tsukimori Ryôsuke incarné par Miura Shôhei (Gokusen 3) et Nippori Keiji interprété par Kaku Kento (Asukô March!) qui en fait peut-être un peu trop bien qu’il fasse rire. N’oublions pas non plus le délicieux Daitô Shunsuke (Crows Zero) offrant ses traits à Kiyama Ryûichirô, ado ayant décidé de rester dans son coin suite à un évènement tragique. Ces quatre garçons, bien qu’en-dehors des clous, n’ont fondamentalement rien de méchant et c’est là où la série est évidemment naïve. Ils sont menacés par un de leur congénère, Akabane (Isaka Tatsuya), bien décidé à pimenter la série.

Ces délinquants côtoient donc les membres déjà présents du club et si les débuts sont désastreux et à l’origine de nombreuses disputes, l’amitié finit évidemment par arriver. S’il y a bien un sujet que les Japonais maîtrisent sur le bout des doigts, c’est l’amitié. Il n’est pas rare que les séries réussissent à vous donner envie d’être ami avec la bande vue à l’écran et que l’on se se sente justement presque faire partie intégrante de cette petite équipe. Là encore, le résultat répond à l’appel. Le capitaine du club, Yûta, est au départ peu ravi de recevoir Wataru mais il est bien obligé de plier. C’est aussi l’occasion pour lui de commencer à rêver aux compétitions en groupe car il faut un nombre de participants spécifique, condition qui n’était pas réunie jusque là. C’est l’impeccable Seto Kôji (Atashinchi no Danshi, Otomen) qui incarne Yûta et si le personnage n’est pas désagréable, c’est peut-être lui le moins attachant car il est le plus sobre. Il est entouré de ses amis : Tsuchiya Satoshi joué par Tomiura Satoshi (Hana Yori Dango) et sa voix très particulière,  Mizusawa Taku (Yanagishita Tomo) et Kaneko Atsushi (Tamoto Soran). À leurs côtés gravite l’excellent mais individualiste Hino Tetsuya incarné par Nishijima Takahiro, le chanteur / leader du chouette groupe AAA.

Il y a par conséquent beaucoup de personnages d’autant plus qu’à eux s’ajoutent le prof un peu à côté de ses pompes en charge du club ou encore la manager psychorigide et en apparence très sévère du club de GRS féminine. Le premier est incarné par AKIRA, un danseur du groupe EXILE, tandis que la seconde est jouée par la fort charmante Kuninaka Ryôko (Churasan, Kekkon Dekinai Otoko, Shiawase ni Narou yo). En invité on pourra reconnaitre Jinbo Satoshi (Yasha, Bloody Monday) ou encore Takahashi Tsutomu (Crows Zero). Malgré cette galerie importante de visages, chacun réussit à se faire sa place sans que cela soit forcé. Dans l’ensemble l’interprétation n’est pas parfaite, loin s’en faut, si ce n’est que cela ne dérange pas trop.

Si la réalisation n’a pas grand chose de spectaculaire, c’est la musique qui permet à la série d’avoir une forme un peu plus travaillée. Composée par Wada Takashi qui a déjà travaillé sur celles de BOSS, elle est franchement agréable. Il en est de même pour la chanson de fin, Manazashi de Honey L Days, que l’on adore entendre bien que cela signifie que l’on arrive justement au terme d’un épisode fort agréable à suivre.

En définitive, Tumbling n’a vraiment rien de révolutionnaire et n’est assurément pas fait pour tout le monde. Ceux qui par contre ont un petit faible pour les histoires d’amitié voire de bromance, de dépassement de soi et qui aiment regarder des personnages passionnés s’entraider et se disputer pour mieux avancer d’eux-mêmes devraient peut-être lui donner sa chance. L’ensemble est léger bien qu’il n’en soit pas simpliste tant il utilise plusieurs clichés pour mieux se les approprier. D’ailleurs, le fait que la série ose parler de l’homosexualité masculine est un argument de poids pour prouver qu’elle sort quelque peu de la routine habituelle. Les épisodes distillent un climat de bonne humeur et font la part belle à l’humour sans jamais oublier les difficultés inhérentes à la vie en société et au monde sportif. Autrement dit, on rit, on est ému et on passe du bon temps malgré une certaine prévisibilité et une mise sur la touche des points soulevés précédemment dans les intrigues. Il est aussi important de saluer la performance physique des acteurs tellement elle est fascinante et spectaculaire. À vrai dire, le renzoku réussit à trouver un équilibre entre son mélange de genres car il n’en fait jamais trop ou pas assez, que ce soit dans le registre de la comédie ou des instants plus dramatiques. Et pour toutes ces raisons, malgré quelques défauts non-rédhibitoires à condition d’avoir une sensibilité pour ce type d’histoire, Tumbling peut être une surprise  franchement agréable.

The Cape (série complète)

Publié par | 20 mai 2012

Les super-héros et moi avons toujours été grands amis. C’est donc sans surprise que The Cape me fit de l’œil dès son arrivée aux États-Unis. Puisqu’elle a été annulée, je m’y suis penchée plus rapidement que prévu et cela, malgré les critiques négatives. Diffusée sur NBC dès le 9 janvier 2011, elle comporte dix épisodes de quarante minutes. À noter que le dernier n’est pas passé sur la chaîne mais fut disponible en ligne. D’ailleurs, la première saison devait être composée de treize épisodes à l’origine. Au final la chaîne l’a amputée de trois épisodes et n’a jamais reconduit la série. Eh oui, encore une victime de la loi impitoyable des chaînes américaines. Aucun spoiler.

Vince Faraday est un des rares policiers encore intègre travaillant à Palm City. La ville est effectivement corrompue et plus personne ne peut avoir confiance en son voisin ou pire, en la justice. Alors qu’il tente de se battre contre du vent, un mystérieux méchant, Chess, perpètre des crimes à travers la ville. Suite à un malheureux concours de circonstances, Vince est accusé d’être Chess et laissé pour mort. Afin de réhabiliter son honneur et retrouver sa famille qui le croit six pieds sous terre et coupable, il décide alors de mener une nouvelle vie et endosse le costume d’un super-héros sortant tout droit d’un comic lu par son fils, celui de The Cape.

En lisant le synopsis, on se rend immédiatement compte du classicisme de l’histoire de The Cape et ce ne sont pas les dix épisodes qui vont nous prouver le contraire. Pour autant, ce n’est pas parce qu’un scénario n’est pas original qu’il ne peut être réussi. Enfin ça, c’est en théorie car là encore, ce n’est pas cette série qui renversera réellement la donne. Vince Faraday est donc un homme simple, un bon père de famille, un époux aimant et un ami loyal. En somme, il est parfait si l’on comprend bien. Il est parfaitement ennuyeux, oui. Son unique défaut est de ne pas avoir de chance car il se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment. Toutes les chaînes de télévision le font passer pour le grand vilain à abattre, Chess. Alors que tout le monde le croit mort, abattu d’abord par la police puis réduit en miettes dans une explosion, il est recueilli par les membres d’un cirque très particulier qui passent plus de temps à se remplir illégalement les poches qu’à pratiquer leur art. C’est ainsi que grâce à eux, il se requinque et décide de ne pas se laisser faire. Ce qu’il y a de relativement intéressant et qui change quelque peu la donne est que Vince n’a aucun pouvoir particulier. Il ne vole pas, ne devient pas invisible ou quoique ce soit dans ce genre. Non, il est humain avec tout ce que cela signifie. Ceci étant, il utilise une cape spéciale et apprend quelques tours de passe-passe lui permettant de donner le change. Dommage que son apprentissage de tours de magie comme la disparition dans la fumée soit beaucoup trop rapide pour être convaincant. À vrai dire, les deux premiers épisodes qui furent diffusés le même soir placent le contexte et vont extrêmement vite. En deux coups de cuillère à pot, tous les éléments sont en place et ils ne bougeront pas d’un iota jusqu’à la fin de la série. Quid de l’évolution ? Elle est inexistante et les personnages restent de véritables caricatures ambulantes. C’est là où The Cape ne réussit pas à décoller car en plus d’être convenue, elle n’est ni attachante ni enthousiasmante.

Le supposé super-héros, Vince, incarné par un David Lyons (ER) peu charismatique n’attire jamais la sympathie. Pourtant il le pourrait car sa vie a littéralement explosé le jour où il s’est approché d’un peu trop près de Chess. On pourrait être ému par son désespoir, par le fait qu’il soit obligé de se cacher et de ne pas approcher de sa famille sous risque de la voir assassinée, etc. Mais rien de tout cela n’arrive. La faute à une écriture beaucoup trop consensuelle et stéréotypée. Il faut aussi avouer que les nombreux flashbacks mettant en avant sa vie avec son épouse ou avec son fils sont lourds et sonnent presque faux. Ne parlons justement même pas de sa femme que l’on suit se reconstruire et qui passionne autant que la vie des vers de terre. Non, franchement, le soi-disant point culminant de l’histoire, à savoir la tragédie des Faraday, est insipide et traité de toute manière avec superficialité. De ce côté-là la série se prend littéralement les pieds dans le tapis et ne réussit pas une seule fois à convaincre.

Nous sommes d’accord, Heroes a certainement échaudé les chaînes américaines par son scénario faussement complexe. La volonté fut probablement cette fois-ci de reprendre la recette basique des comics. Le résultat aurait pu être réussi car il ressort par moment un côté old school qui plaira peut-être aux lecteurs de DC Comics. La série semble en outre assumer son côté presque ridicule et kitsch au possible. Les méchants sont tous très méchants, ils ont généralement une caractéristique particulière comme une peau de serpent, un œil de verre ou ceci cela. Cependant, il semble important à un moment donné d’offrir de l’épaisseur à ses protagonistes et de ne pas les accumuler les uns à la suite des autres. Et là aussi, The Cape ne parvient pas à tirer parti de son potentiel. Les plans se suivent et sont juxtaposés les uns à la suite des autres sans réel liant. On finit dès lors par assister à la mise au placard d’un méchant monstrueux par semaine. Ce qu’il y a d’autant plus dommage est que le némésis de Vince, le fameux Chess qui n’est autre que le grand homme d’affaires Peter Flemming, n’est pas développé une seule seconde. Nous comprenons dès le départ que les deux sont supposés se combattre et se rencontrer indéfiniment mais il n’y aucune profondeur à ce sujet et surtout, Flemming n’a pas la possibilité d’en mettre plein la vue. Quand on sait que c’est le génial James Frain (The Tudors, True Blood) qui lui offre ses traits, on a de quoi être sacrément déçu. Il en est de même pour Orwell, le fameux sidekick de Vince, élément obligatoire d’un scénario de ce genre. Orwell, contrairement à ce que son nom l’indique, est une femme œuvrant dans l’ombre pour faire tomber Flemming et sa société de terribles méchants. Elle est jouée par la délicieuse Summer Glau (Terminator : The Sarah Connor Chronicles, Firefly, Dollhouse) qui, certes, est toujours agréable à voir, si ce n’est qu’elle n’a pas non plus grand chose d’intéressant à nous montrer outre sa technologie et son argent. Et comme par hasard, elle cache un lourd secret devinable dès le départ mais que l’on se plaît à ne pas révéler afin d’en faire des tonnes à ce sujet. La série est très mal montée et au lieu de ménager des plages de suspense afin d’opter pour un climat mystérieux, préfère appuyer avec maladresse ses propos au moyen de la caméra.

Bizarrement, malgré l’histoire écrite à la truelle, des dialogues idiots et sans fond, des personnages tellement nuancés que l’on en frémit d’avance, les dix épisodes se laissent regarder sans trop de souffrance. C’est étonnant, c’est vrai, mais c’est pourtant le cas. Quelques éléments sauvent effectivement la série du désastre comme des personnages secondaires en imposant. Mention spéciale par exemple à Max Malini, interprété par un Keith David assez incroyable dans son genre, l’illusionniste dirigeant le cirque et aidant Vince à sa manière. Rollo, le nain incarné par Martin Kleba (Scrubs), est également agréable et est le véritable moteur humoristique de la série. Autrement, Scale, le méchant avec des écailles dorées joué par Vinnie Jones est stupidement sympathique. Et puis il y a un générique travaillé et globalement correct. Miracle ! C’est un fait tellement rare qu’il faut le noter. Le fait que chaque épisode soit découpé, avec un titre annonçant la partie à venir, est sinon un procédé réussi et analogue à une véritable bande-dessinée. Au niveau du traitement de l’image, les couleurs sont assez sombres et tentent de prolonger le climat de malaise des habitants de Palm City. Il y donc de l’idée et une volonté de réaliser quelques clins d’œil. En fait, pour faire simple, il faut regarder la série au second degré et on se sent immédiatement mieux. The Cape ne cherche en aucun cas à révolutionner le genre, elle cherche… quoi, difficile à dire, mais au moins elle n’ennuie pas (trop) et ne se montre pas prétentieuse à l’instar de séries du genre qui ont tendance à se croire investies d’un pouvoir divin.
Pour la petite anecdote, la série a recours a quelques guest stars comme Mena Suvari (Six Feet Under), Chad Lindberg (Supernatural), Illeana Douglas (Action) ou encore Grant Bowler (Ugly Betty).

C’est un fait, les séries actuelles ne mettent plus à l’honneur les super-héros en costumes. Trop kitsch, trop connotés, toutes les excuses sont bonnes. The Cape aura ainsi tenté d’inverser la tendance mais avec le résultat que l’on connaît désormais. Difficile de le nier, elle n’a pas grand chose à apporter avec ses personnages principaux fades et sans aucune épaisseur, son aspect caricatural multiplié par dix associé à la prévisibilité des intrigues, son côté freak of the week, son absence total d’impact émotionnel, ses dialogues risibles ou encore son montage maladroit. En outre, elle a la mauvaise idée de finir par tourner en rond au bout de dix petits épisodes. Un comble. En dépit de tout ça, elle assume son classicisme et ses limites et rien que pour ça, elle en devient presque inoffensive et ne donne pas envie de trop taper sur elle. À réserver par conséquent aux fans purs et durs du genre à condition de laisser le premier degré au placard.
Bonus : le générique qui est vraiment pas mal

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Kaibutsu-kun Kanzen Shinsaku Special!! | 怪物くん完全新作スペシャル!! (Épisode Spécial)

Publié par | 17 mai 2012

Avant de parler du film de Kaibutsu-kun qui ne devrait plus trop tarder à sortir en DVD au Japon, et donc à être disponible chez nous, il est nécessaire de traiter du second épisode spécial. Intitulé Kaibutsu-kun Kanzen Shinsaku Special!!, soit grossièrement traduit en le dernier final spécial, il fut diffusé sur NTV le 15 octobre 2011 et dure 65 minutes. Aucun spoiler.

Quelques mois après avoir réussi l’entraînement mis au point par son père, Kaibutsu-kun est de retour dans le monde des démons. Alors qu’il s’apprête à monter enfin sur le trône, il ne parvient pas à être content. Ce qu’il veut lui, ce n’est plus gouverner son peuple mais retourner voir Utako et Hiroshi ou encore manger du curry. Comme il s’entête et qu’il n’est décidément pas aussi mature que ce qu’il aimerait faire croire, son père décide de l’aider à retrouver les humains. Mais ce que Kaibutsu-kun ne sait pas c’est que ce voyage n’est pas aussi réel que ce qu’il en a l’air.

 

 

Autant le premier épisode spécial, Mô Kaette Kita Yo !! Kaibutsu-kun Subete Shinsaku, n’est pas nécessaire pour comprendre l’univers de Kaibutsu-kun car il ne s’y passe rien, autant celui-ci l’est. Il débute effectivement probablement en partie l’intrigue du film et change quelque peu la donne sur les occupations de l’anti-héros.
Nous retrouvons donc Kaibutsu-kun qui bougonne dans son coin, qui hurle sur ses laquais, à savoir Franken, Dracula et Werewolf et qui n’en rate pas une pour se montrer insupportable. Ceci étant, il souffre ! Il ne réalise pas pourquoi parce qu’il n’est pas une lumière mais nous savons tous que ses amis humains lui manquent. Évidemment, ce n’est pas non plus maintenant qu’il est altruiste et il n’a donc aucune idée que ses trois compères sont rejetés par leurs congénères. En effet, en raison de leur apparence modifiée depuis leur voyage chez les humains mais aussi parce qu’ils doivent s’occuper du monstre monstrueusement égoïste, plus personne ne veut d’eux. Ajoutons à tout ça le père de Kaibutsu-kun qui décide de prendre le taureau par les cornes, Kaiko encore et toujours énamourée et cet idiot d’Akkuma qui a bien envie de faire souffrir le martyre celui qu’il juge responsable de tous ces maux. Mélangeons le tout et nous avons la recette de ce spécial survolté bien qu’assez ennuyant, surjoué à l’extrême et régulièrement stupide sur les bords. Par chance, les humains sont quasi absent et on ne s’en plaindra pas.

À l’instar du renzoku l’humour est donc de la partie, les blagues fusent dans tous les sens et la morale détournée par Kaibutsu-kun n’est pas oubliée. Elle a tout particulièrement trait à l’amitié qui sera mise à mal dans ce spécial. Comme souvent avec les Japonais, cette thématique touche la corde sensible et sait se montrer intéressante bien qu’elle soit quand même amenée avec autant de subtilité que le ferait un éléphant. Certes, cette morale déborde de bons sentiments mais elle est jolie et prouve que certaines personnes auront beau nous embêter, nous taper sur les nerfs ou avoir une multitude de défauts, on continuera à les aimer et à considérer cette relation comme importante. C’est tout. Il n’y a pas d’explication particulière, c’est juste comme ça. L’épisode à ce niveau est simple et efficace comme ce fut généralement le cas dans le renzoku.

Ne ne nions pas, le spécial ne fait absolument pas fi des défauts du renzoku. En bref, le surjeu est à son paroxysme, certaines situations sont complètement débiles, le rythme est aléatoire et l’histoire n’a vraiment rien d’extraordinaire. S’il est vrai que le but est d’amorcer le fil rouge du film avec Demokin ayant retrouvé ses esprits et Demorina désormais semblable à la Belle au Bois Dormant, on ne voit pas trop l’intérêt de cet épisode. Restent heureusement l’attachement que l’on peut éprouver pour les personnages, la bonne humeur ambiante, la morale détournée d’une jolie manière ou encore l’esthétique soignée. Espérons que le film saura compenser ses lacunes- parce que oui, il y en aura !- en ayant des qualités plus concrètes.

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